Les vacances d’été se terminent

Comme chaque année depuis que nous sommes en expatriation et que nous rentrons en France, nous avons l’impression que l’été passe bien vite. Nous voilà déja entrain d’attendre notre premier avion qui nous emmènera jusqu’à Paris, avant de prendre celui qui nous fera traverser presque la moitié du monde pour rentrer chez nous, à Shanghai.

L’été pour les expatriés, c’est toujours une multitude d’émotions et de sentiments qui se bousculent. La joie de retrouver la famille après une longue séparation. Le bonheur de fouler à nouveau le sol du pays qui nous a vu naître ou grandir. L’émerveillement face aux paysages familiers qui nous ont manqué. Et en parallèle, c’est souvent seule avec les enfants alors que le mari travaille encore dans le pays d’expatriation que nous passons l’été. Et ça, c’est vraiment une des choses qui me pèse. Bien sûr, si Papa Lou rentrait plus longtemps, nous n’aurions plus de vacances pour profiter de l’Asie au courant de l’année. Alors le choix est difficile, mais finalement vite fait. Cette année, pour profiter à fond des dernières vacances avant que je ne reprenne le travail, nous avons donc choisi tous ensemble que je rentrerai deux mois complets avec les enfants.

Nous avons très largement profité de notre été. Surtout les enfants. Ils n’ont laissé que peu de répit aux grands-parents. Ils ont voulu tout faire, tout voir et surtout jouer, jouer sans cesse avec eux. De mon côté, j’ai passé près de six semaines à bosser pour la rentrée. Régulièrement. Au moins deux à trois jours par semaine. Papa Lou nous a manqué, beaucoup. Et puis quand il est enfin arrivé en France, au bout de près de sept semaines, il a encore dû travailler. Difficile à comprendre pour les enfants. Et j’avoue que même pour moi, ça n’est pas évident. Il aura donc été deux semaines en France, mais aura tout de même travaillé quatre jours.

En contre partie, nous allons pouvoir profiter à fond de l’Asie cette année, puisque nous avons déja prévu une semaine dans le XiShuangBanna en octobre, ainsi que deux week-ends durant ce même mois (les montagnes du Phénix et les rizières près de Shanghai), une semaine de roadtrip sur l’île de Kyushu au Japon en novembre, une semaine au Japon (lieu exact à définir) avec Nonna et GrandPapa à Noël, une semaine dans le XinJiang avec Papapa et Mamama pour le Nouvel An Chinois et deux semaines de vacances en France en avril à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Devraient encore s’ajouter quelques week-ends supplémentaires en fonction de nos disponibilités, de notre fatigue et de nos finances!

C’est donc le coeur heureux et léger, la tête plein de beaux souvenirs d’été, les valises pleines de livres et la tête déja à la rentrée et à nos prochaines vacances que nous reprenons ce matin l’avion vers Shanghai.

En route vers notre quatrième année d’expatriation! 

[Expatriation] La difficulté du décalage horaire en famille (2)

Lors de notre premier voyage de retour vers la France, il y a à peine un peu plus d’un an, je vous faisais part de la difficulté de gérer le décalage horaire en famille. Je vous parlais également de ma peur de notre prochain voyage hivernal vers la France avec un bébé de quelques mois.

A ce jour, nous avons effectué d’autres voyages, à trois et à quatre, et j’ai donc quelques expériences en plus à partager.

Le choix de l’horaire de départ est un des critères important pour bien gérer le décalage horaire en famille. Malheureusement, nous n’avons pas des tonnes de choix quand à nos horaires de départ et d’arrivée entre Shanghai et l’Alsace. Le départ de Shanghai s’effectue habituellement le soir tard. Et c’est une bonne chose. Tout le monde est fatigué et s’endort relativement vite dans l’avion. L’arrivée à Paris est plus compliquée puisqu’il est très tôt le matin et que nous devons patienter 4 à 5h à l’aéroport. Nous en profitons habituellement pour prendre un petit déjeuner et acheter une babiole ou deux à chacun d’entre nous (livre de coloriage, sucrerie, livre, magazine,…) Nous reste alors 1h d’avion et 1h de trajet en voiture pour enfin arriver dans nos familles. Nous avons pris l’habitude de déjeuner tous ensemble – avec Papapa, Mamama, Nonna et GrandPapa – et de sortir faire une promenade tout de suite après le repas. Ce qui nous évite de nous endormir. Et les enfants, même s’ils dorment dans le porte-bébé ou la poussette ont aussi le bénéfice d’une promenade au grand air. Cette promenade est vraiment ce qui nous sauve d’un décalage horaire trop difficile à gérer en arrivant en France. 

Pour le retour, c’est plus compliqué. Aucun vol ne nous semble vraiment faciliter le décalage horaire. Le plus gérable pour nous est de quitter l’Alsace par un vol en soirée, de patienter 4 ou 5h à Paris  – d’y dîner et de se promener un peu dans l’aéroport – et de reprendre le vol de nuit direction Shanghai. Avec la fatigue des vacances, tout le monde dort relativement bien dans l’avion. Le plus difficile est l’arrivée à Shanghai vers 17h. Nous ne sommes pas de retour chez nous avant 19h et il fait donc déjà nuit. Impossible de sortir se promener. Impossible de se recoucher a 21h ou 22h alors que nous venons de nous réveiller quelques heures auparavant. On étire la soirée tant que possible, on est fatigué, on s’endort, on se réveille en plein milieu de la nuit et la lutte contre le décalage horaire débute…

Et je n’ai malheureusement pas encore trouvé de solutions pour ce vol retour. Les réveils se multiplient en plein milieu de la nuit durant la semaine qui suit notre retour. Toute la famille fini par se retrouver à papoter au lit à 3h du matin quasiment tous les jours. Finalement, au bout d’une semaine, l’effet du décalage horaire s’estompe…

Ce que nous avons donc retenu de notre premier retour en France en famille, c’est qu’il ne faut jamais faire de sieste l’après-midi suite à un retour en France matinal. La seule solution pour se remettre tous ensemble le plus vite possible à l’heure française, est de sortir s’aérer au moins une heure tout de suite après le repas.

 

[Parentalité bienveillante] Vivre à son rythme

Comme je vous le disais, je viens de passer dix jours complets avec Little Miss Sunshine. Les premiers jours n’ont vraiment pas été facile. Ce n’est jamais facile de partager les journées de quelqu’un de malade. Que ce soit un adulte ou un enfant. Mais j’ai pourtant vraiment apprécié ce temps que je viens de passer avec elle.

Little Miss Sunshine n’est habituellement pas une grande dormeuse. Elle ne l’est pas plus quand elle est malade et saute très souvent la sieste. Par contre, dès qu’elle n’a plus de fièvre, elle rattrape son sommeil. A chaque lendemain de fortes fièvres, elle me fait une sieste immense. Cinq heures de sieste dans un après-midi cette fois-ci. Mais c’est la seule et unique sieste qu’elle aura fait de la semaine, ou presque…

Mais elle est quand même plus calme qu’à l’ordinaire. Bien qu’elle ait, notamment en soirée, des accès d’énergie non dépensés qu’il faut arriver à accueillir de manière bienveillante. Nous avons trouvé la parade. Quand je la sens agitée, je l’emmène dans notre chambre et lui dit qu’elle peut sauter sur le lit, faire des galipettes et crier aussi fort qu’elle veut dans les coussins, aussi longtemps que nécessaire. Au bout d’une dizaine de minutes, tout est rentré dans l’ordre.

Les premières journées ont donc été très calme. Nous avons beaucoup lu, regardé des dessins animés, fait beaucoup de câlins. Nous sommes restés couchés l’une dans les bras de l’autre sur le canapé sous sa couette pendant de longues heures. Nous avons profité des moments où ça allait mieux pour faire du dessin, jouer aux légos ou avec ses animaux.

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Puis progressivement, nous avons recommencé à sortir pour de courtes promenades et jeux à l’extérieur. Nous avons recommencé à faire de la cuisine et de la pâtisserie à sa demande. Et cuisiner à quatre mains, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Ce n’est pas facile tout le temps de vivre au rythme d’un enfant, et encore moins d’un enfant malade. Il n’est pas forcément prêt pour les mêmes choses que nous au même moment. Il faut parfois décaler de plusieurs heures, voire d’une journée ce qu’on avait initialement prévu. J’avoue que mon ménage a pris un gros coup durant ses dix jours. Je me suis contentée de faire le strict nécessaire, quand Little Miss Sunshine m’en laissait l’occasion.

J’ai particulièrement adoré les dernières journées que nous avons passé toutes les deux. Quand elle était totalement rétablie et que nous avons vraiment pu vivre à nouveau comme nous l’avons fait pendant près d’un an, toutes les deux. Je ne sais pas si c’est le temps que nous avons eu l’occasion de passer ensemble qui en a été le déclencheur ou si elle était tout simplement prête à passer à de nouvelles étapes de sa vie, mais ses quelques jours auront mis mes hormones de femme enceinte et de maman à rude épreuve.

Little Miss Sunshine s’habille quasiment toute seule. Elle mettait déja ses chaussures, ses vestes et ses gilets seule. Depuis quelques semaines, elle se déshabillait seule – si ce n’est qu’elle a encore besoin d’un peu d’aide pour les hauts à manches longues. Elle met désormais ses t-shirt, ses pulls et ses pantalons seule. Elle n’a besoin d’aide que pour les chaussettes, les collants et les robes.

Little Miss Sunshine a également spontanément commencé à écrire les trois premières lettres de son prénom. Ensuite, elle est venue me voir pour que je lui écrive son prénom . Elle est reparti avec sa feuille et son stylo pour terminer d’écrire son nom. Les bras m’en sont tombés. Je me demande bien où est passé mon bébé?

Je ne sais pas si c’est le temps que nous avons passé ensemble qui a déclenché ses nouveaux apprentissages ou si je n’avais simplement pas encore eu l’occasion de les constater, mais elle m’a épaté. Elle m’a donné envie, encore une fois, de la garder avec moi à la maison, de lui faire l’école à la maison, façon unschoolingTiphanya du blog Avenue Reine Mathilde en parle si bien.

C’est un peu ce que nous avons fait spontanément ses derniers jours. Tous les jours, selon ses envies du jour et mes envies du moment, nous avons appris plein de choses en vaquant simplement à nos occupations.

  • Nous avons cuisiné ensemble quasiment tous les midis et tous les soirs. Ce sont des moments qu’elle aime partager avec nous et qui lui apprennent beaucoup. Apprentissage autour des 5 sens: odorat lors de jeux avec les épices, développement du goût ou du toucher par les différentes textures des aliments, sans oublier les divers apprentissages moteurs qui permettent de manipuler les différents instruments de cuisine, ou l’apprentissage de recettes simples, …
  • Nous avons fait de la pâtisserie à quatre mains: des rochers à la noix de coco et au citron, ainsi qu’une tarte aux pommes. Little Miss Sunshine a approfondit sa technique pour couper des pommes et sait désormais utiliser un couteau à bout rond en toute sécurité.

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  • un peu par hasard, parce que ma prof avait emmené une sorte de jeu de cartes pour enfant afin de me faire travailler le vocabulaire des fruits et légumes, Little Miss Sunshine, qui était alors encore bien malade, a pu participer à mon cours de chinois et a donc pu elle-même approfondir ses connaissances de cette langue.
  • Nous avons appris une nouvelle comptine « Petit escargot » et nous avons fait quelques activités autour de cette comptine: identification du lieu de vie de différents animaux, jeu autour des lettres qui composent le mot « escargot », quel animal vit dans le jardin, classer les escargots du plus grand au plus petit …

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  • Nous avons fait un grand tour en trottinette, nous avons rencontré d’autres enfants chinois en allant faire du toboggan et approfondit encore nos talents dans la langue…

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  • Nous nous sommes amusés de différentes manière avec les lettres de son prénom. Et je pense que c’est ces jeux qui ont déclenché son envie d’écrire son prénom pour la première fois…

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  • Nous avons préparé ensemble un bac sensoriel sur le thème de la banquise, avec de l’eau et des glaçons, ce qui l’a tenue occupé pendant un long après-midi…

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  • Little Miss Sunshine m’a fait plusieurs spectacles de marionnettes. Et l’écouter s’inventer des histoires est une de mes grandes passions actuellement!

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  • Nous avons fait de magnifiques construction en légo duplo. Little Miss Sunshine créé même ses propres univers en toute autonomie depuis cette semaine… Un grand pas en avant dans la manipulation des légo et le développement moteur.
  • Little Miss Sunshine a beaucoup colorié et dessiné… Et je l’ai toujours observé du coin de l’oeil pour voir si une main semblait prendre le dessus sur l’autre
  • Nous avons remis à jour la poutre du temps du mois de février et réalisé celle du mois de mars. Nous l’avons changé de place pour une utilisation quotidienne et dorénavant Little Miss Sunshine dépose chaque matin un aimant coloré sur la date du jour. J’ai ajouté des informations qui lui semblaient importantes, comme par exemple les déplacements de Papa Lou et les journées d’école avec la maîtresse française ou la maîtresse chinoise. Elle est donc beaucoup plus autonome sur la compréhension de ses journées et l’anticipation des grands événements.

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  • Nous avons fait de la peinture pour décorer une jolie boite à sa demande. Elle a ensuite peint spontanément sa première mappemonde…
  • Little Miss Sunshine a beaucoup joué librement avec ses animaux – son jouet préféré depuis de long mois – et je lui ai notamment mis de l’eau dans une bassine à sa demande pour leur donner un bain. Un régal d’écouter son imagination qui vagabondait…
  • Little Miss Sunshine a ressorti notre ancien appareil photo numérique. Nous lui avons racheté un chargeur et elle prend désormais des photos en toute autonomie. Je lui ai appris à utiliser l’appareil en mode automatique et elle se débrouille vraiment bien pour cadrer ses photos depuis cette semaine. Encore une fois, ce type de manipulation demande un réel travail de motricité. Mais également d’observation.

[Éducation bienveillante] Le temps des monstres et l’angoisse de séparation #2

Voilà un peu plus d’une semaine que nous avons mis en place une première alternative, qui nous a semblé la plus bienveillante et la plus gagnant-gagnant pour tous les trois qui nous soit venu à l’esprit, en place. Elle n’est pas idéale, car basée sur un gros compromis, mais elle a déja eu le mérite d’apaiser nos soirées à tous les trois.

Comme je vous l’expliquais dans mon dernier billet à ce sujet, Little Miss Sunshine a intégré notre chambre avec un petit lit d’appoint et dort depuis dans notre chambre. Cela a permis d’apaiser les cris, les pleurs et les angoisses de Little Miss Sunshine. Le rituel du coucher est à nouveau en place et l’endormissement n’est plus trop long – 5 à 30 minutes après le dernier « Bonne nuit ». Little Miss Sunshine ne nous quitte pas et peu se remplir son réservoir affectif de notre présence à toute heure du jour ou de la nuit. Elle ne s’endort plus dans le noir. Nous retrouvons un semblant d’intimité dans notre lit. Et nous passons à nouveau des soirées plus agréables et moins stressantes pour tous. C’est déja un début…

Mais le fond du problème demeure. Little Miss Sunshine a toujours peur du noir ou plus exactement de la solitude – angoisse de séparation quand tu nous tiens!  La lumière principale de notre chambre doit rester allumer jusqu’à ce qu’elle s’endorme et la porte de la chambre ouverte. Cela ne lui permet clairement pas d’être dans de bonnes dispositions pour l’endormissement. En parallèle, elle n’a pas encore réussi à combattre sa peur par ses propres moyens – même si elle est active dans cette étape et propose elle-même des solutions.

Nous n’avons pas baissé les bras pour autant. Je continue de mon côté à chercher mille solutions sur Internet – au passage merci à toutes les mamans qui parlent de ce passage compliqué dans la vie des petits et de leurs solutions, bienveillantes ou pas, mais ça donne des idées et surtout on se sent moins seul! Mais aussi dans ma bibliothèque…

Little Miss Sunshine a elle-même trouvé une solution que nous avons rapidement mis en place. Elle a reçu deux jolies poupées « monstres » à colorier avec des feutres lavables à Noël de la part de Mamama et Papapa. Elle m’a un soir demandé de les colorier. Elle a choisi une couleur pour chacun et une seule. C’était important pour elle, bien que je n’ai pas compris pourquoi. Puis elle a voulu les poser sur le rebord de la fenêtre. Un dans sa chambre, l’autre dans la nôtre. Et elle m’a dit que ces deux poupées la protègeront des monstres et les empêcheront de rentrer. Un grand pas en avant! Si ce n’est qu’au moment du coucher, ça n’a malheureusement rien changé.

Bien évidement, nous continuons à essayer de rassurer Little Miss Sunshine sur la normalité de la peur du noir et des monstres. Nous continuons à lui expliquer que les monstres n’existent que dans les livres et les films. Nous continuons à chercher des solutions ensemble pour lui faire accepter une petite lumière ou une veilleuse seulement, pour la faire réintégrer sa chambre et son lit. Mais nous sommes déja plus serein. Nous avons déjà réglé certaines questions, c’est rassurant et nous prouve que ce n’est qu’une question de temps pour la suite…

J’ai encore quelques idées glanées ça et là lors de mes recherches sur Internet à mettre en place. Inspiré par la lecture ce billet sur ce blog que je ne connaissais pas et que je m’empresse d’ajouter à ma blog-roll (à droite), je pense introduire l’idée de la faire rassurer un de ses doudous pour la rendre active à ce moment-là et donc moins désemparée face à sa peur.

Je suis également tombée sur cette vidéo qui propose une méthode qui me convient tout à fait, puisque totalement dans le respect des émotions de l’enfant et dans l’aide à surmonter sa peur seul. Je ne sais pas encore exactement si je dois l’introduire avant ou après une tentative de réintégration de sa chambre, il faut que j’y réfléchisse plus sérieusement, mais ça me parait vraiment intéressant et efficace comme méthode.

En attendant, je suis toujours preneuse de vos idées et conseils, de vos trucs et astuces si vous en avez! Et je vous en reparle dès qu’il y a du neuf…

[Expatriation] La difficulté du décalage horaire en famille

C’est la première fois que nous venons d’effectuer un voyage aller-retour entre la France et la Chine. Et il va sans dire que ces voyages étaient particulièrement éprouvant, notamment au niveau du décalage horaire. Nous avons actuellement 7h de décalage avec la France. Nous sommes 7h en avance sur la France. En été, il s’agit de 6 heures de décalage.

Le décalage horaire n’est jamais une chose facile à gérer. Tout dépend de son état de fatigue au moment du voyage, de l’heure de départ et d’arrivée, de la manière dont on arrive à dormir dans l’avion,… Bref de nombreux facteurs entrent en jeu. Mais cette fois-ci, j’ai trouvé ce décalage particulièrement violent. Enceinte et malade moins d’une semaine avant notre départ, j’étais exténuée au départ, il faut bien l’avouer. Et ça a été pareil pour Little Miss Sunshine et Papa Lou. Nous avons mis plus d’une semaine à nous en remettre à l’aller. Et il va sans dire que les horaires de coucher décalés dus aux fêtes n’ont rien arrangé.

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Survol des Vosges enneigées le 2 janvier 2015.

Mais j’ai l’impression que ça a été pire au retour. Les horaires de vol n’étaient de loin pas idéaux, mais nous n’avons pas vraiment eu le choix. Nous avons quitté l’Alsace en avion en fin de matinée. Nous avons dû courir à Paris pour rattraper notre avion en partance pour Shanghai qui a été obligé de nous attendre… Merci Air France! Ne nous restait plus qu’à passer une bonne nuit de sommeil dans l’avion avant d’arriver à 8h du matin à Shanghai. Mais ni Papa Lou, ni moi n’avons réussi à fermer l’oeil de la nuit et Little Miss Sunshine a très mal dormi également. Elle était d’ailleurs tellement déphasée à notre arrivée qu’elle a vomit deux fois. Nous avons donc passé notre journée à comater sur le canapé sans pouvoir nous réveiller vraiment. Nos bagages avaient été « oublié » à Bâle-Mulhouse par Air France et l’aéroport de Shanghai a choisi de nous les livrer ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là à 2h du matin. On était content de les retrouver, mais impossible de nous rendormir ensuite…

Dimanche, il nous a été impossible de nous lever avant 11h du matin. Nous nous sommes ensuite forcés à sortir manger et aller faire quelques courses pour la semaine. Mais j’ai eu de grosses chutes de tension régulièrement. Papa Lou a repris le travail lundi matin. Il n’a pas encore réussi à dormir plus de quelques heures d’affilés la nuit. Heureusement, j’avais prévenu l’école de Little Miss Sunshine qu’elle ne reviendrait que le mardi. Ca nous laisse une journée de répit.

Nous sommes lundi matin, et nous sommes encore loin d’avoir rattrapé la moindre heure de sommeil. Les prochains jours risquent d’être encore bien difficile, notamment le réveil à 7h demain matin pour aller à l’école…

Notre prochain voyage en France aura lieu cet automne. Nous aurons alors un bébé de quelques mois seulement en plus. Je ne m’imagine même pas la fatigue que je vais ressentir suite au décalage horaire. A ce stade, j’en suis quasiment paniquée!

Si certains d’entre vous ont des trucs ou des astuces à partager, ou même juste leur expérience, je suis preneuse! 

[Expatriation] Nouveau rythme de vie

Voilà un peu plus de quatre mois que nous sommes installés à Shanghai et nous commençons seulement à prendre notre rythme. Plusieurs raisons à cela.

Dans un premier temps, Little Miss Sunshine et moi n’avons pas vraiment changé nos habitudes par rapport à notre dernière période en France. Nous étions juste toutes les deux, toute la journée, nous avons continué nos sorties, nos promenades au parc, nos piques-niques, nos petites activités que je mettais en place tout le long de la journée,… Nos journées ont donc largement ressemblées à celles que nous avions pu vivre en Alsace durant deux mois, la découverte de la Chine en plus.

Mi-octobre, nous avons subi un premier changement de rythme avec la rentrée de Little Miss Sunshine. Du lundi au vendredi, je devais emmener Little Miss Sunshine à l’école en taxi et la rechercher le soir de la même manière. L’école se situe à 15 minutes en voiture de chez nous. Mais les 15 minutes peuvent vite se transformer en 30 minutes en cas de bouchon. Sans compter le délai d’attente du taxi, qui pouvait aussi bien être de quelques minutes que de plus d’une heure, surtout le matin. Nous quittions la maison à 8h le matin, j’y revenais entre 9h et 9h45 puis je repartais vers 15h pour y revenir toutes les deux vers 16h30. Je passais donc entre 50 minutes et 2h10 à apporter Little Miss Sunshine à l’école le matin et environ 1h15 pour la rechercher le soir. Un temps conséquent qui ne me permettait pas  d’organiser ma journée comme je l’aurai souhaité.

Enfin, depuis début décembre, Little Miss Sunshine a accès au bus de l’école. Chaque matin, ils viennent donc la chercher au pied de notre immeuble à 8h10 et la ramène au pied de l’immeuble le soir à 16h10. Et je dois bien l’avouer, ça le change la vie! Je n’aurai jamais pensé être heureuse de laisser Little Miss Sunshine, même pas trois ans, partir seule à l’école en bus, mais c’est le cas. Et quand je vois son sourire le matin, quand elle retrouve ses petits camarades dans le bus, je me dis que cette solution lui convient bien aussi! Pour elle, c’est à ce moment-là que la journée avec les copains débute et c’est une bonne chose. Je sais si parlent entre eux, jouent et chantent ensemble dans le bus. Pour le retour, l’adaptation a été un peu plus difficile. La fatigue, la hâte de retrouver Maman, la frustration de ne pas toujours comprendre le personnel chinois qui s’occupe d’eux, la frustration de ne pas encore arriver à communiquer en Chinois et le fait qu’elle soit la dernière à être déposé à la maison y ont certainement contribué. Je l’ai récupéré en pleurs deux fois. Je l’ai récupéré fâchée, frustrée, sans qu’elle ne veuille rien me dire deux ou trois fois. Mais depuis ca va mieux. Dès que je la récupère, elle me saute dans les bras et me raconte sa journée avant même que j’ai eu le temps de récupérer le sac d’école que me tend l’Ayi

Alors voilà, j’ai une petite fille de presque trois ans qui part à l’école en bus le matin à 8h, mange à la cantine tous les jours – mais ça c’est systématique en Chine – et rentre seule en bus à 16h le soir. Du lundi au vendredi. Tout le contraire de ce que j’aurai pu espérer il y a quelques mois encore. Et pourtant ce rythme très régulier lui convient très bien. Je ne peux même pas dire qu’elle est fatiguée par ce rythme. Elle est souriante, rarement grognon, se couche toujours d’elle-même vers 21h et me réclame régulièrement des activités qui demandent de la concentration en rentrant – jeux de société, coloriage, divers apprentissages,… Les réveils le matin sont relativement simples – une fois qu’on a compris qu’elle n’est pas du matin, comme sa maman…

Voilà un rythme que je n’aurai jamais pensé devoir imposer à un enfant de trois ans, mais qui finalement convient très bien à toute la famille… Comme quoi…

 

[Expatriation] Le déménagement international Part.II

Voilà bien longtemps que j’avais prévu de vous parler de notre déménagement international. J’aurai dû commencer à vous en parler dès la réception de nos affaires en Alsace, mais je ne voulais pas réagir trop à chaud, le déménagement s’étant mal passé. J’ai voulu attendre la résolution complète du déménagement pour me faire une idée globale sur le sujet, mais cette date n’arrivera finalement peut être jamais.

Nous venons d’apprendre aujourd’hui que nos affaires en provenance de France sont arrivées à Shanghai par voie aérienne dans une caisse en bois non-homologué pour le déménagement international. Pour les douanes, il n’y a que deux solutions: la destruction ou la quarantaine. Pour rappel, nous n’avons emmené que des choses auxquelles nous tenions vraiment, des choses qui font un peu partis de nous et dont nous ne voulions pas être séparé durant plusieurs années. Nos meubles et une grande partie de nos affaires sont restés en Alsace. Se retrouve donc dans cette caisse nos souvenirs de voyage,  les jouets et les livres de Little Miss Sunshine, nos affaires de thé, nos albums de mariage, notre cocotte en fonte, nos plats alsaciens, notre table basse chiné chez un brocanteur et vieille de plus de 100 ans, un coffre en cuir chinois d’une centaine d’années également que nous nous étions offert pour la naissance de Little Miss Sunshine… Des biens qui ont une valeur matériel, bien sûr et nous avons dû détailler cette valeur lors de l’inventaire valorisé exhaustif, mais surtout des biens irremplaçables qui font partis de nos vies et de nos souvenirs… La décision tombera certainement dans les jours qui viennent.

Je vous ai raconté notre déménagement en juin dernier. Le départ de nos affaires de Paris. Laissez moi déja vous raconter leur arrivée en Alsace

Quinze jours après le départ de nos affaires de Paris, j’ai réceptionné la partie nationale du déménagement en Alsace chez mes beaux-parents. Ce n’était pas le déménageur avec lequel nous avons signé notre contrat, à savoir Grospiron International qui a effectué la livraison, mais un sous-traitant alsacien. Les déménageurs étaient très symptaiques, ils ont emmené les cartons là où nous leur demandions dans les différentes pièces de la maison, on remonté les meubles, ou plutôt tenté de remonter les meubles. Car dans la précipitation du déménagement parisien, l’équipe de Grospiron International a perdu toute la visserie de notre lit. Au déballage des cartons, qui a eu lieu sous l’oeil de l’équipe de déménageurs, les cartons de vaisselle, très bien protégé étaient tous intact. Pas un verre, pas une assiette n’a été abîmé. Et pour cause, je suis restée le plus possible à surveiller la personne qui s’occupait de l’emballage ne voyant que le côté fragile de ces objets. Par contre, comme je ne pouvais pas être à côté de six déménageurs en même temps, je n’ai pas pu superviser le rangement de nos bibelots, décoration de Noël, affaires de bricolage,… Quand nous avons ouvert ses cartons, ça a été le choc. Mes tubes de peintures, sans aucune protection, avaient explosé dans mes sacs à mains et mes chaussures, ma décoration de Noël avait été broyé sous une pile de papiers administratifs divers, la poubelle de la salle de bain et nos tabourets pliants ont été écrasé dans un carton,… Les dégats étaient important, mais sur des objets quelconques et pas très chers. Après un échange de mails intense et de nombreux appels téléphoniques, Grospiron International a décidé de faire venir un ébéniste à ses frais pour que notre lit soit à nouveau mis en état et ils ont accepté de nous rembourser les objets dégradés. Mais pour moi, la question n’était pas là. Je n’avais plus confiance. J’ai demandé à ce que nos affaires en partance pour Shanghai soient ré-emballés le plus rapidement possible avant leur départ de manière conforme à ce qu’on nous avait promis lors de la visite de leur commercial. On m’a rit au nez, me disant que tout était très bien emballé comme c’était. Nous avons dû passer par la menace de ne pas faire envoyer nos affaires à Shanghai et en demandant à l’employeur de mon mari de ne plus travailler avec Grospiron International pour avoir enfin une réponse positive au bout de près de deux semaines. Nos cartons ont été ré-emballé selon leur norme, photos à l’appui. L’épisode du déménagement national était clos.

On nous avait promis une livraison quinze jours après que mon mari ait fourni à Grospiron International son permis de travail en règle. Ce qui aurait dû faire arriver notre déménagement à Shanghai avant nous, vers la fin juillet. Mais bizarrement, à cette date, on nous a dit que comme notre déménagement contenait des « baby items », comprenez des affaires de bébé, l’arrivée sur le sol chinois de notre déménagement dépendait du permis de résident dudit bébé… Nous avons donc dû attendre fin septembre et l’obtention de nos papiers à Little Miss Sunshine et moi. Dès que nous avons trouvé les quatre jours ouvrés sans nos passeports – enfin surtout sans le passeport de Papa Lou qui est très régulièrement en déplacement – nécessaires pour les douanes, notre déménagement a été envoyé de Paris à Shanghai. Notre déménagement est donc arrivée juste après la semaine des congés de la Fête nationale en Chine. Et depuis, alors qu’on nous avait promis une livraison sous quinze jours, plus de nouvelles.

Nous avons relancé le sous-traitant de Grospiron en Chine au début de la semaine pour connaître notre date de livraison. Aujourd’hui, on nous a répondu qu’après investigation il s’avère que nos affaires sont arrivées sur le sol chinois dans une caisse non homologuée pour un déménagement international. Comment cela a-t-il pu être possible? De la part d’un déménageur international? Je ne comprend pas. Je n’ai pas de mot pour qualifier ce manque de professionalisme, cette faute grave, ce manquement à notre contrat. Grospiron International vient de briser le contrat qui nous liait à lui par son manque de professionalisme. Je suis révoltée. Aujourd’hui, notre contact chez Grospiron International ne pourra pas me dire que c’est de la pure malchance, qu’ils avaient mis leur meilleure équipe sur notre déménagement. Les erreurs se sont cumulées tout au long de ce déménagement et je regrette amèrement d’avoir fait le choix d’emmener ses affaires…

=> Mise à jour du 11/11/2014:

Nous venons d’apprendre que la douane chinoise, qui ne pratique pas la destruction systématique, vient de relâcher nos affaires  après plusieurs semaines de quarantaine. Nous avons eu beaucoup de chance. Suite à d’intenses communications par mail, et quelques menaces de notre part, la livraison de notre déménagement est prévue demain! Je n’ose y croire… et n’ose penser à l’état de nos affaires suite à toutes ses péripéties…

[Vivre en Chine] Les joies de l’Internet en Chine

Ce n’est de loin pas la première chose dont j’avais envie de vous parler, mais compte tenu de notre expérience de ce matin avec Instagram, j’ai vraiment envie de faire un article sur Internet et les réseaux sociaux en Chine.

C’est quelque chose dont on a tous entendu parler. On s’est tous étonné en apprenant que Google, le puissant, l’omniprésent Google, était bloqué en Chine. Que quelques 1,3 milliards de personnes sur 7,5 échappent totalement ou presque aux réseaux sociaux… Enfin non, ça c’est pas tout à fait vrai puisqu’ils ont les leurs propres de réseaux sociaux et ils y sont au moins aussi accroc que nous! Mais en tout cas, ils échappent totalement ou presque à une gigantesque source d’informations. D’informations non contrôlées, on s’entend.

Le savoir, vaguement, s’en émouvoir cinq minutes, et le vivre, c’est deux choses bien différentes. Et je dois bien dire que je ne pensais pas en être autant affectée.

Premier choc en arrivant: pas d’accès à ma boite Gmail. Heureusement, le dieu Apple à une connexion sur un serveur spécifique qui permet de récupérer ses mails sur son iPhone quel que soit sa boite mail. Je me suis donc dit que j’allais faire sans boite mail sur mon PC. Mais pour donner des nouvelles à la famille – et satisfaire leur curiosité -, je me suis vite heurtée à un autre problème. Comment faire passer les photos de mon appareil photo vers mon téléphone puisque je ne peux utiliser que mon téléphone pour envoyer des mails… Et puis il va sans dire que j’ai aussi dû renoncer à Google+ que j’utilisais beaucoup avec la famille pour envoyer des photos rapidement à tout le monde…

Papa Lou et Parrain ayant mis en place un VPN, nous pensions pouvoir régler le problème de l’accès à ses sites bloqués. Que nenni! Parce que, quand le VPN veut bien se connecter, c’est la connexion qui pose problème. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, les soucis d’Internet des expats en Chine. Alors on fait avec. On trouve d’autres moyens de communiquer avec la famille, le reste du monde. J’avais trouvé Instagram. Et à ma très grande surprise, ça fonctionnait bien et facilement. Sauf que ce matin, plus moyen de se connecter. Le gouvernement chinois est passé par là. Papa Lou nous a donc installé le VPN sur les portables… Et ouf, ça a marché!

Par le plus grand des hasards, j’ai pu me connecter également au VPN sur mon PC. Et Ô Miracle! j’ai pu me connecter à Facebook. C’est la deuxième fois que ça arrive en six semaines. Autant vous dire que j’en ai abusé de Facebook et de la page du blog ce matin! C’était la bonne nouvelle du jour!

Et c’est en farfouillant sur Facebook justement, que j’ai compris pourquoi le gouvernement chinois a bloqué l’accès à Instagram. Il y a de nouveau des manifestations étudiantes à Hong Kong pour la démocratie… Voilà. Ca m’a fait un petit choc. Entre le lire dans nos journaux et le vivre, il y a une énorme différence. Je me suis sentie vraiment brimée dans ma liberté d’accès à l’information.

Je ne sais pas du tout comment les Chinois le vivent. Ils font très certainement avec… Se résignent en attendant un jour ou deux qu’Instagram soit débloqué… ou pas. Ils se rabattent certainement sur les réseaux sociaux chinois. Sauf que pour communiquer avec le reste du monde, pour moi, cette solution n’est pas possible. Alors quand ni Instagram, ni Facebook, ni Google ne fonctionnent, j’avoue je me sens coupée du monde. Heureusement il me reste le blog!

En attendant de trouver une solution convenable, je blogue quand la connexion Internet veut bien fonctionner, j’envoie des photos sur Instagram quand ce dernier n’est pas bloqué ou que le VPN fonctionne et j’accède à Facebook une fois par mois en moyenne quand tous les Dieux de l’Internet ont décidé de me bénir de leurs grâces…

Mais il n’empêche… Je ne m’y fait pas…