Ma première rentrée

Nous sommes rentrés de nos vacances françaises à la mi-août. Le lendemain, le quotidien reprenait déjà le dessus. C’est fou comme il nous rattrape vite celui-ci, même après deux mois de vacances… Mais la routine, après un temps aussi long loin de chez nous, ça fait aussi du bien. 

Le lendemain donc était dédié au repos pour récupérer du décalage horaire, au rangement des valises et à la lessive. Le surlendemain, nous sommes allés faire refaire le passeport de Little Miss Sunshine. Et les démarches sont longues et compliquées quand il faut en plus remettre à jour le nouveau passeport auprès des autorités chinoises et refaire le permis de résident…  Le jour suivant, je faisais ma pré-rentrée. 

C’est donc Ayi qui s’est occupé des enfants à plein temps durant dix jours, alors que je travaillais. J’ai commencé à plein temps pour organiser ma classe et mon programme.

La première semaine était donc consacrée à la préparation de la salle de classe, à la rencontre avec mon équipe (nous sommes trois pour six enfants: une maîtresse française, une maîtresse chinoise et une Ayi – assistante de vie), à l’organisation des premières semaines, au remplissage des papiers administratifs, aux réunions pour organiser l’année scolaire, à la première rencontre avec les parents. Et la semaine a été bien remplie. Je suis rentrée touts les soirs vers 18h.

J’en ai notamment profité pour fabriquer un grand tableau sensoriel, des bouteilles sensorielles aux couleurs de l’arc-en-ciel et aussi créer une cabane dans la salle de classe. J’ai préparé de la pâte à modeler maison non toxique pour les premières semaines.

J’ai créé un coin retour au calme dans la cabane. Un espace où les enfants peuvent lire des livres, s’asseoir et jouer avec les bouteilles sensorielles arc-en-ciel ou encore s’isoler du reste de la classe s’ils en ressentent le besoin.

J’ai également organisé un coin construction: avec des Lego duplo, des cubes en bois et des cubes en mousse géant. Un coin garage en bois et petites voitures en bois. Un coin poupées et cuisinière en bois.

J’ai privilégié des objets en bois aux couleurs douces. Bien que je trouve les Lego inégalables. Je voulais vraiment créer une ambiance douce et chaleureuse, ou tout le monde peut se sentir bien, les enfants comme les adultes.

Enfin, un coin puzzle et jeux de société, ainsi qu’un coin dessin (feuilles de papier brouillon et crayon de couleur) rangés dans les étagères près des tables. Le but étant d’apprendre progressivement aux enfants que ce type de jeux restent sur les tables. J’y ajouterai à terme notre coin manipulation (pâte à modeler, sable magique…) et motricité fine en autonomie (des plateaux avec des jeux de transvasement ou d’enfilage par exemple).

J’ai aimé la coopération qu’il y a pu y avoir durant cette semaine, entre les anciens et les nouveaux, les Chinois et les étrangers, l’émulation autour de projet de décor de portes.

Et puis le 1er septembre, ça a été la première rentrée pour tous. Pour moi, et pour les enfants. Six enfants. Deux filles et quatre garçons.

Une des filles à beaucoup pleuré, pendant plusieurs jours. Au point de se faire vomir au départ de sa maman ou de son Ayi à plusieurs reprises. Malgré notre présence bienveillante. Mais aujourd’hui, deux semaines après la rentrée, c’est une petite fille qui vient avec plaisir à l’école et qui communique autant avec moi qu’avec la maîtresse chinoise. Une belle victoire!

L’autre petite fille est la plus âgée de la classe. Elle a deux ans et demi. C’est presque une grande. Elle avait déjà passé une partir de son été au camp d’été de l’école et elle a tout de suite été à l’aise.

Un des garçons est le plus jeune de la classe. 19 mois à peine. Mais il n’est vraiment pas en retard en terme de motricité, de motricité fine et de concentration. Il me fait un peu penser à Little Smiling Buddha. Et à finalement tout à fait sa place dans cette classe.

L’un des garçons vient d’avoir 2 ans hier. Il a beaucoup pleurniché les premiers jours. Pas vraiment pleuré, mais pleurniché à chaque changement dans la classe (quand quelqu’un sort, quand quelqu’un rentre, quand on passe dans une autre salle..) Il est vraiment dans la découverte de tout. Il va sortir tous les jeux, tout mettre parterre mais dès que cette étape est passée, il ne s’y intéresse plus… c’est assez déroutant! Il a été pas mal absent en deux semaines, il est enrhumé. Il a donc toujours autant de mal quand il revient…

Le dernier garçon va avoir deux ans également. Il est dans une phase où il parle beaucoup avec ses mains… Nous avons eu beaucoup de mal à gérer avec lui la frustration durant les premiers jours. Il nous tapait systématiquement. Il avait également du mal avec les camarades de classe qui s’approchaient de lui et les tapaient systématiquement. C’est pourtant un petit garçon très attachant. Après une réelle collaboration avec ses parents, et la décision de ne le mettre à l’école que jusqu’à 14h dans un premier temps, les journées se passent déja mieux pour lui et pour nous.

Enfin, il y a Little Smiling Buddha. 27 mois. Il est à l’aise. Il évolue dans l’école comme s’il était chez lui ou presque. Il reste proche de moi quand je rassure ses petits copains qui pleurent, mais semble comprendre que je reste sa maman, même si à ce moment-là, je suis la maîtresse. Par contre, c’est plus difficile au moment de notre séparation: le temps de la sieste. C’est à moi de l’endormir, il n’accepte personne d’autres. Il dort une trentaine de minutes – ce qui me laisse le temps de manger – et pleure pour me rejoindre dès qu’il se réveille. Je me retrouve donc à tous les meetings avec lui ou je dois faire mes préparations tout en m’occupant de lui. Je compte sur le fait qu’il va finir par prendre le rythme, comprendre que je reste là pour l’attendre et que je le retrouve à son réveil.

Voilà donc mes six P’tits Loups. Je suis déja très attaché à ses enfants. C’est un bonheur de les voir évoluer de jour en jour et de les aider dans leurs nouvelles acquisitions. De ce côté-là, mon emploi correspond exactement à ce que j’imaginais. Là où je ne m’attendais pas à avoir autant de travail, c’est du côté administratif. Entre la gestion du matériel (quand je commande quoi pour l’avoir au bon moment pour ma programmation), la gestion des meetings (hebdomadaire voire deux fois par semaine), le blog de la classe, la préparation du résumé de la semaine pour le cahier de vie que les enfants ramènent à la maison chaque vendredi, le rangement et l’organisation de la salle de classe (alors que je ne suis présente que de 8h à 14h tous les jours), les programmations hebdomadaire, mensuelle, semestrielle à rendre, les mails aux parents, les préparations journalières pour les activités du lendemain… et le fait que les ordinateurs soient entièrement en Chinois… J’ai l’impression de perdre un temps immense. Mais je suppose qu’une fois que j’aurai pris le rythme, ça sera plus simple…

Encore quelques semaines, et je serai définitivement dans le bain! 

Les vacances d’été se terminent

Comme chaque année depuis que nous sommes en expatriation et que nous rentrons en France, nous avons l’impression que l’été passe bien vite. Nous voilà déja entrain d’attendre notre premier avion qui nous emmènera jusqu’à Paris, avant de prendre celui qui nous fera traverser presque la moitié du monde pour rentrer chez nous, à Shanghai.

L’été pour les expatriés, c’est toujours une multitude d’émotions et de sentiments qui se bousculent. La joie de retrouver la famille après une longue séparation. Le bonheur de fouler à nouveau le sol du pays qui nous a vu naître ou grandir. L’émerveillement face aux paysages familiers qui nous ont manqué. Et en parallèle, c’est souvent seule avec les enfants alors que le mari travaille encore dans le pays d’expatriation que nous passons l’été. Et ça, c’est vraiment une des choses qui me pèse. Bien sûr, si Papa Lou rentrait plus longtemps, nous n’aurions plus de vacances pour profiter de l’Asie au courant de l’année. Alors le choix est difficile, mais finalement vite fait. Cette année, pour profiter à fond des dernières vacances avant que je ne reprenne le travail, nous avons donc choisi tous ensemble que je rentrerai deux mois complets avec les enfants.

Nous avons très largement profité de notre été. Surtout les enfants. Ils n’ont laissé que peu de répit aux grands-parents. Ils ont voulu tout faire, tout voir et surtout jouer, jouer sans cesse avec eux. De mon côté, j’ai passé près de six semaines à bosser pour la rentrée. Régulièrement. Au moins deux à trois jours par semaine. Papa Lou nous a manqué, beaucoup. Et puis quand il est enfin arrivé en France, au bout de près de sept semaines, il a encore dû travailler. Difficile à comprendre pour les enfants. Et j’avoue que même pour moi, ça n’est pas évident. Il aura donc été deux semaines en France, mais aura tout de même travaillé quatre jours.

En contre partie, nous allons pouvoir profiter à fond de l’Asie cette année, puisque nous avons déja prévu une semaine dans le XiShuangBanna en octobre, ainsi que deux week-ends durant ce même mois (les montagnes du Phénix et les rizières près de Shanghai), une semaine de roadtrip sur l’île de Kyushu au Japon en novembre, une semaine au Japon (lieu exact à définir) avec Nonna et GrandPapa à Noël, une semaine dans le XinJiang avec Papapa et Mamama pour le Nouvel An Chinois et deux semaines de vacances en France en avril à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Devraient encore s’ajouter quelques week-ends supplémentaires en fonction de nos disponibilités, de notre fatigue et de nos finances!

C’est donc le coeur heureux et léger, la tête plein de beaux souvenirs d’été, les valises pleines de livres et la tête déja à la rentrée et à nos prochaines vacances que nous reprenons ce matin l’avion vers Shanghai.

En route vers notre quatrième année d’expatriation! 

[Sortie] Le ranch du moulin Saint Martin

Nous venons de passer une chouette semaine dans la région parisienne, chez Parrain, Tata et Petit O. Ces vacances ont été pour nous l’occasion de découvrir, entre autres, une région que nous ne connaissons que très peu. C’est donc avec beaucoup de plaisir que nous avons suivi Tata et Petit O dans la découverte du Ranch du moulin Saint Martin.

Il s’agit d’une ferme pédagogique dont le cadre est inspiré par l’Ouest américain. Le tarif est unique pour tous à partir de 2 ans: 3,50€ pour la visite. A cela, on peut ajouter des activités payantes (2€ par enfant) comme l’orpaillage, la fabrication d’attrape-rêve ou la découverte de l’art navajo, activités qui varient selon les jours. Comme c’était notre première visite, nous nous sommes contentés de découvrir le lieu, mais l’activité orpaillage nous a beaucoup intrigué…

Le cadre est sympathique. Tout est dans le thème western. On y découvre la vie des animaux de la ferme. Et à 16h, on peut assister à leur nourrissage, en découvrir plus sur les animaux et parfois les toucher.

 

Il y a de très nombreuses activités pour les enfants. Nous avons beaucoup aimé le « touchatout et devinequoi ». Little Miss Sunshine a d’ailleurs été très forte à ce jeu!

Les enfants se sont amusés à lancer leur lasso de cowboy sur de jolis vaches peluches.

Ils ont fait du karting à travers la forêt.

Little Smiling Buddha a adoré l’aire de jeux, et surtout le bac à sable rempli de nombreux tracteurs et autres pelles-mécaniques.

Pendant que les enfants jouaient tranquillement dans le bac à sable, Tata et moi avons pu profiter d’une tisane offerte par le ranch…

On a visité de beaux tipis d’indien colorés.

Et Little Miss Sunshine, qui vient de passer un an dans la classe des Indiens, était intarissable sur le sujet, et aux anges de découvrir un vrai tipi.

Nous avons passé un très bel après-midi. Et si l’occasion se présente s’est avec grand plaisir que nous y retournerons! 

[Promenade] Un après-midi à la Ménagerie du Jardin des Plantes

Depuis que nous vivons en Chine, lorsque nous rentrons en France l’été, nous prenons toujours le temps de passer quelques jours dans la région parisienne, chez Parrain, Tata et Petit O. Cette année n’y a pas fait exception.

Et chaque année à cette occasion, je programme une journée à Paris avec les enfants. L’an dernier, nous sommes montés tout en haut de la Tour Eiffel à la demande de Little Miss Sunshine. Cette année, le temps étant relativement incertain, j’avais prévu une sortie au Jardin des Plantes. Avec suivant, la clémence ou non des cieux, la visite de la Ménagerie ou du Muséum d’Histoire Naturelle. Finalement, après un voyage vers Paris sous la grisaille, le soleil nous a accueilli à la Gare de l’Est. C’est donc à la Ménagerie du Jardin des Plantes que nous avons passé une grande partie de la journée.

C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotions que j’ai passé cette journée, me souvenant comme si c’était hier, de la dernière journée que nous avions passé Little Miss Sunshine et moi à la Ménagerie, juste avant notre départ pour la Chine.

Nous sommes arrivés au Jardin des Plantes à l’heure du déjeuner. Nous avons donc commencé notre excursion par le repas. Nous nous sommes installés à une table d’un des points de ventes du Jardin des Plantes, juste à côté des wallaby. J’ai donné de quoi dessiner aux enfants et je suis allée passer ma commande. J’ai trouvé les prix exorbitants, mais je n’allais pas emporter le pique-nique avec deux enfants en bas âge dont un à porter en quasi-continu…

Après le repas, nous avons prix nos tickets pour la Ménagerie. Là encore, j’ai trouvé le prix exagéré pour ce que c’est: 13€ pour un adulte et 9€ pour les enfants de 3 à 25 ans. A noter, que si l’on passe plusieurs jours à Paris, ou qu’on y vit, on peut revenir dans les trois mois avec ce ticket pour visiter gratuitement un second lieu du Jardin des Plantes. Je me rappelle m’être déja fait la réflexion quand nous vivions à Paris, que ça valait vraiment le coup de prendre un abonnement annuel.

Les enfants ont été ravis de découvrir / redécouvrir ce lieu. Les beaux bâtiments, les animaux, la promenade à travers la Ménagerie…

Little Miss Sunshine a été impressionné par les orang-outangs qui lui ont semblé immense.

Little Smiling Buddha, comme à son habitude dans un zoo, a été un as pour débusquer les animaux cachés… Il a un sacré sens de l’observation ce petit!

Nous avons découvert pour la première fois le kangourou arboricole…

… ou le rat des nuages.

Les enfants ont adoré se prêter au jeu des questions-réponses éparpillés dans tout le zoo et traitant de toutes sortes de sujet. Ils ont appris beaucoup de chose durant cette journée.

Les enfants ont aussi aimé voir les crocodiles, les serpents et autres reptiles… Ils ont quelque chose de fascinant.

Après un bel après-midi à la Ménagerie, nous sommes repartis heureux et fatigués d’avoir tous bien marché…

Mais en passant devant une aire de jeux rempli de bateaux pirates, impossible de ne pas y faire un tour…

Les enfants se sont éclatés. Je n’ai quasiment pas vu Little Miss Sunshine pendant une heure. Elle a trouvé des copines pour jouer dès notre arrivée.

Bref, j’aime ces journées de découvertes et de voyage seule avec les enfants! J’en apprends à chaque fois un peu plus sur eux, et surtout sur moi. On repousse un peu ses limites, on se met en difficulté, mais c’est toujours payant.

[Sortie] Le vaisseau à Strasbourg

La semaine dernière, par une journée pluvieuse, nous sommes allés à Strasbourg avec Nonna et GrandPapa, pour aller visiter un lieu que nous avions envie de visiter depuis longtemps: Le Vaisseau

Le Vaisseau, c’est un chouette endroit totalement dédié aux enfants pour apprendre les sciences en s’amusant. Il y a différents espaces, présentant différents thèmes.

Dans l’espace Être humains, on peut entre autre rechercher quelques unes de nos caractéristiques génétiques avant de les comparer à celles de tout ceux des autres visiteurs qui se sont déja prêtés à l’expérience pour voir à quel point nous sommes tous différents. J’ai trouvé cette expérience vraiment très intéressante.

Dans l’espace Les animaux, on peut entre autre observer une fourmilière, partir à la chasse des traces des petits animaux/bêtes qui peuvent peupler nos maisons ou toucher les plumes, poils ou écailles qui recouvrent les différents animaux.

Dans l’espace Je fabrique, on peut, entre autres, construire un igloo, un escalier avec des cubes ou encore s’amuser sur un chantier à taille d’enfants pour les plus jeunes.

Dans l’espace L’eau, on peut, entre autres, faire des vagues, faire tenir une balle sur un jet d’eau, découvrir comment fonctionne un barrage.

Dans le Lab’Oh, on créé de chouettes oeuvres collectives évolutives au gré des ajouts des visiteurs.

Mais le gros coup de coeur de toute la famille, c’est l’espace Log’Hic. Encore une fois, l’espace est divisé en deux pour les enfants de 3 à 6 ans et pour les + de 7 ans. Nous y avons passé un long moment à nous mettre au défi les uns les autres. Nous avons tenté absolument tous les défis de l’espace. Et même Little Smiling Buddha, 25 mois, a relevé certain défi, dont celui qui était de faire un carré et une croix à base de pièces de toutes formes. Et il l’a réalisé plus vite que moi!

Ce genre de lieu où tout est fait pour les enfants, où tout peut être touché, manipulé, observé de près, où des expériences intéressantes et facilement compréhensibles par tout le monde sont proposées, est juste génial. Nous y avons passé un extraordinaire après-midi, et la prochaine, c’est toute la journée qui nous y irons, c’est certain!

 

[Sortie] Le Musée d’histoire naturelle et d’ethnographie de Colmar 

Hier, nous avons passé une grande partie de notre journée à Colmar. Nous avions quelques petites choses à y faire et nous avons donc décidé de lier l’utile et l’agréable et de faire profiter les enfants, et nous aussi, de ce passage à Colmar.

Nous avons commencé par déjeuner au restaurant. Little Miss Sunshine avait très envie de manger des pâtes, nous avons donc fini par nous arrêter au restaurant La Romantica situé à côté de l’ancienne douane. J’y avais déja dîner il y a bien longtemps, sans en garder un souvenir exceptionnel, mais aujourd’hui j’ai été plutôt agréablement surprise par la qualité des plats. Je me suis régalée de mes tortelini fraîches à la crème de pesto.

Ensuite, nous sommes partis pour une petite promenade vers la Petite Venise. Nous avons croisé de très nombreux touristes, dont pas mal de Chinois, avant de nous arrêter au Musée d’Histoire Naturelle et d’Ethnographie. Little Miss Sunshine a été surpris car le Musée lui semblait minuscule par rapport à celui de Shanghai. Mais finalement, on y a aussi découvert quelques petites perles… 

Le musée n’est effectivement pas très grand, trois petites salles au premier étage – les animaux d’Alsace, les animaux et les oiseaux en général et les animaux marins et les insectes – et sept toutes petites salles au deuxième étage, dont une salle d’exposition temporaire où nous avons découvert l’exposition La nature trompe son monde, avec des insectes prêtés par le Vivarium du Moulin (que nous adorons aller visiter!)

Ce qui nous a vraiment enthousiasmé, c’est de pouvoir voir de nombreux animaux « bizarres » d’Océanie, que nous aimons beaucoup dans la famille Kangourou et qu’on ne trouve pas dans le grand Muséum d’Histoire Naturelle de Shanghai. C’est ainsi que nous avons pu voir pour la première fois un Wombat (que je pensais beaucoup plus petit!). Ou de pouvoir observer de très très près un kiwi, un ornithorinque et un echnidé.

Pour le reste, les animaux ne sont pas très nombreux, mais suffisant pour un Musée d’une petite ville.

Et puis au détour d’une salle, nous avons découvert des momies! Grand coup de coeur de Little Miss Sunshine de la part de qui j’ai eu des tas de questions. Nous avons lu les affichages, parlé de la momification. Je pense que nous allons faire un thème sur l’Egypte quand nous serons de retour à Shanghai…

Autre surprise, une tête réduite! Et j’ai eu la chance de croiser une jeune femme du musée qui m’a expliqué comment les indiens Jivaros réduisaient les têtes de ceux qu’ils avaient tué avant de les accrocher à leur ceinture.

En prime, il y a quelques chouettes espaces pour les enfants, et globalement les enfants peuvent tout voir sans être porté (à part certaines vitrines un peu haute). Au deuxième étage, Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha ont pu apprendre en s’amusant avec quelques jeux mis à disposition.

Nous avons vraiment passé un agréable moment au Musée d’histoire naturelle de Colmar.

[Bac sensoriel] Nourir les oisillons

Cette idée de bac sensoriel, je l’ai eu bien avant de le réaliser, je crois que ça remonte à cet hiver. Mais je le gardais en tête pour une saison qui se prêterait plus à sa création et un moment où les enfants y seraient vraiment sensible. Alors quand j’ai vu qu’à l’école, les enfants s’étaient lancé sur le thème des animaux, qu’en parallèle, j’ai retrouvé des graines de courges, tout s’est enchaîné. J’ai d’abord créé le bac pour Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Et puis, comme l’idée collait parfaitement au thème des animaux de l’école, j’ai tenté le même bac, ou presque avec ma classe de TPS.

Avec mes enfants, l’atelier s’est déroulé en deux étapes: la création des oisillons puis la présentation du bac sensoriel. J’avais prévu de faire la même chose avec mes TPS, mais finalement le temps m’a manqué, et c’est finalement mes enfants qui ont également préparé les oisillons pour l’école.

Pour préparer nos oisillons, j’ai donné à chacun des enfants une boule de pâte à modeler auto-durcissante de couleur. Ils ont formé de belles boules pour faire des oiseaux, puis y on placé deux yeux, un bec – découpé dans du papier cartonné orange -, des pattes – découpées dans des pailles de couleurs – et enfin ils ont piqué trois plumes pour faire une belle queue.

Une fois les oisillons prêts, nous les avons laissé sécher deux jours avant de les utiliser dans notre bac sensoriel.

En proposant ce bac sensoriel, j’avais deux idées derrière la tête. Un peu de biologie, en faisant comprendre aux enfants que chez les oiseaux, comme chez tous les animaux, les parents prennent soin de leurs enfants en leur apportant ou donnant à manger le temps qu’ils sont bébés.

Et un peu de motricité fine, en utilisant une pince à linge pour attraper les vers de terre avec lesquels nous allions nourrir les oisillons.

Après leur avoir lu la jolie histoire de l’oiseau de la collection Petite Nature d’Amaterra, je leur ai expliqué qu’ils allaient pouvoir jouer à la maman oiseau qui apporte à manger à ses bébés oisillons. Pour cela, ils pouvaient utiliser la pince à linge, comme un bec, pour aller attraper les vers de terre – des morceaux de filin chenille – et les déposer dans le nid.

Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha ont adoré ce bac sensoriel. C’est le premier bac que je leur ai préparé pour eux deux. D’habitude, je préparai toujours deux bacs pour éviter les disputes et surtout que chacun puisse découvrir à son rythme. Mais compte tenu du succès de ce bac, je vais peut être leur donner un bac commun plus souvent dorénavant. Nous l’avons gardé plusieurs semaines à disposition et pour une fois ils n’y ont rien ajouté. Ils aimaient jouer avec les oiseaux, leur donner des graines ou des vers de terre.  J’ai admiré la façon dont Little Smiling Buddha manipulait sa pince à linge du haut de ses 2 ans.

Le matériel utilisé pour le bac sensoriel de mes enfants:

  • Des graines de courges colorés
  • Des morceaux de filins chenille,
  • Des plumes, 
  • Quatre oiseaux, 
  • Des coquilles d’oeuf vident
  • Deux nids fabriqués avec un sac en carton
  • Deux pinces à linge

Pour poursuivre sur le thème des oiseaux, nous avons lu plusieurs histoires sur le thème. Et puis Little Miss Sunshine a choisi un beau coloriage d’oiseau-mouche pour clore notre thématique.

Quant à Little Smiling Buddha, il a collé des gommettes en toute autonomie pour colorier un oiseau.

Avec ma classe de TPS, le bac sensoriel était moins élaboré. J’avais mis de la paille dans le fond de mon bac et j’ai préparé des nids avec des protections que l’on trouve autour des fruits à Shanghai. Chaque enfant avait son oiseau, son nid et sa pince à linge.

Pour le bac sensoriel mes 7 TPS, j’ai utilisé:

  • 7 oiseaux
  • Des plumes
  • Des morceaux de filins chenille
  • Des protections pour les fruits transformés en nid 
  • 7 pinces à linge

Avant de proposer le bac aux enfants – que j’avais placé dans la cour de récréation pour profiter du beau temps – je leur ai lu l’histoire de l’Oiseau. Comme à mes enfants, je leur ai expliqué l’activité et j’ai précisé à leur maîtresse habituelle que je voulais qu’ils puissent manipuler le matériel sans intervention de notre part.

Malheureusement, ils n’ont pas accroché du tout, ou alors pas du tout de la manière dont je m’imaginais. En cinq minutes, ils avaient détruit tous les nids, tous les oiseaux, ils avaient arrachés tout ce qu’ils pouvaient et étaient entrain de se lancer la paille après. J’ai eu du mal à les faire remettre la paille dans le bac en leur rappelant la règle: « ce qui est dans le bac reste dans le bac ». Et j’ai finalement opté pour aller les défouler au toboggan plutôt que de poursuivre l’activité!

Un succès mitigé donc avec les enfants de la classe, dont il faut bien le dire, la patience est parfois proche de zéro en ce qui concerne une activité! Mais je garde en mémoire la jolie réussite de mon bac de la ferme avec eux Et j’en proposerai rapidement à ma classe l’année prochaine!

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…