La Fête de l’automne

Le dernier jour du mois d’octobre et le premier du mois de novembre a eu lieu la fête de l’automne à l’école.

Cette année, à chaque changement de saison, une équipe composée des professeurs chinois et étrangers d’une classe d’âge seront chargé d’organiser une grande fête pour tous les enfants de l’école. Et c’est la classe d’âge des 2 ans qui a ouvert le bal. Je me suis donc retrouvée, dès la rentrée, avec le projet d’organiser une fête à l’occasion d’Halloween et de l’automne.

Il y a trois classes d’enfants de 2 ans à l’école. Deux classes anglaises gérées par la même maîtresse anglaise et deux maîtresses chinoises. Ainsi que la classe française de TPS, gérée par moi-même et L. ma collègue chinoise. Nous étions donc cinq personnes pour organiser cette grande fête qui se déroule sur deux jours.

Dans les jours qui ont précédés la fête, nous avons demandé à chaque classe de décorer un parapluie avec un symbole de l’automne ou d’Halloween. Quelle belle idée nous avons eu là! Quand tous les parapluies ont été accroché, le rendu était vraiment superbe!

Les petites classes (11 élèves maximum) représentaient un seul groupe par classe, les plus grandes classes (17 élèves maximum) étaient divisés en deux groupes. Nous avions donc 16 groupes et 8 activités par jour à proposer aux enfants. Chaque activité se déroulaient dans une salle différente, pour une durée de 25 minutes.

Les enfants ont ainsi pu jouer au Ghost Bowling ou faire une course avec un ballon de baudruche coincé entre les jambes dans la cour de récréation.

Ils ont pu découvrir un parcours sur un balai à travers une forêt magique dans une des salles du basement.

Ils ont pu lancer des cerceaux sur des chapeaux de sorcières ou lancer des balles remplies de riz dans la bouche d’une citrouille dans l’autre salle du basement.

Ils ont pu cuisiner des sablés à la cannelle dans la cuisine et les recouvrir de glaçage aux couleurs de l’automne

Et dans la salle de danse, ils ont pu préparer une soupe de sorcière avec des légumes de saison et danser autour du chaudron… Le décor était un peu plus effrayant que ce que j’aurai aimé (j’avais dans l’idée de faire une forêt et des petits animaux de la forêt, les professeurs chinois ont voulu ajouter la maison de la sorcière et puis…)

Nous avions également écrit une histoire automnale, prenant en compte les trois personnages des trois classes (P’tit Loup, Froggy et Spot the dog). Et c’est tout naturellement dans la bibliothèque que chaque classe est passée lire cette jolie histoire

Et puis chaque classe avait également deux créneaux horaires dans sa propre salle de classe pour créer quelques oeuvres automnales: utiliser une feuille d’automne comme tampon et créer un attrape-soleil avec des feuilles d’automne pour les plus jeunes, créer une toile d’araignée à l’aide de colle et de sable coloré, créer un hérisson en argile et créer toutes sortes de figures avec des feuilles d’automne pour les plus âgés.

Et puis, toute l’école était décorée. L’ambiance était vraiment très chouette.

Les parents des classes organisatrices ont été invité à participer à l’événement avec leurs enfants. Et tout le monde a été très heureux de participer!

J’ai adoré voir les enfants découvrir cet univers un peu magique qui était sorti de terre en une seule nuit le premier matin… Ils avaient les yeux qui brillaient, se demandaient ce qui avait bien pu se passer au courant de la nuit. Parce qu’en plus, quand les enfants ont quitté l’école à 16h, nous n’avions préparé que le basement. Ils n’avaient donc rien vu… Nous avons tout installé après leur départ!

Ce projet nous aura tenu en haleine pour un gros mois. Quel boulot! Mais nous sommes fières de l’avoir mené à terme avec mes collègues.

Ma première rentrée

Nous sommes rentrés de nos vacances françaises à la mi-août. Le lendemain, le quotidien reprenait déjà le dessus. C’est fou comme il nous rattrape vite celui-ci, même après deux mois de vacances… Mais la routine, après un temps aussi long loin de chez nous, ça fait aussi du bien. 

Le lendemain donc était dédié au repos pour récupérer du décalage horaire, au rangement des valises et à la lessive. Le surlendemain, nous sommes allés faire refaire le passeport de Little Miss Sunshine. Et les démarches sont longues et compliquées quand il faut en plus remettre à jour le nouveau passeport auprès des autorités chinoises et refaire le permis de résident…  Le jour suivant, je faisais ma pré-rentrée. 

C’est donc Ayi qui s’est occupé des enfants à plein temps durant dix jours, alors que je travaillais. J’ai commencé à plein temps pour organiser ma classe et mon programme.

La première semaine était donc consacrée à la préparation de la salle de classe, à la rencontre avec mon équipe (nous sommes trois pour six enfants: une maîtresse française, une maîtresse chinoise et une Ayi – assistante de vie), à l’organisation des premières semaines, au remplissage des papiers administratifs, aux réunions pour organiser l’année scolaire, à la première rencontre avec les parents. Et la semaine a été bien remplie. Je suis rentrée touts les soirs vers 18h.

J’en ai notamment profité pour fabriquer un grand tableau sensoriel, des bouteilles sensorielles aux couleurs de l’arc-en-ciel et aussi créer une cabane dans la salle de classe. J’ai préparé de la pâte à modeler maison non toxique pour les premières semaines.

J’ai créé un coin retour au calme dans la cabane. Un espace où les enfants peuvent lire des livres, s’asseoir et jouer avec les bouteilles sensorielles arc-en-ciel ou encore s’isoler du reste de la classe s’ils en ressentent le besoin.

J’ai également organisé un coin construction: avec des Lego duplo, des cubes en bois et des cubes en mousse géant. Un coin garage en bois et petites voitures en bois. Un coin poupées et cuisinière en bois.

J’ai privilégié des objets en bois aux couleurs douces. Bien que je trouve les Lego inégalables. Je voulais vraiment créer une ambiance douce et chaleureuse, ou tout le monde peut se sentir bien, les enfants comme les adultes.

Enfin, un coin puzzle et jeux de société, ainsi qu’un coin dessin (feuilles de papier brouillon et crayon de couleur) rangés dans les étagères près des tables. Le but étant d’apprendre progressivement aux enfants que ce type de jeux restent sur les tables. J’y ajouterai à terme notre coin manipulation (pâte à modeler, sable magique…) et motricité fine en autonomie (des plateaux avec des jeux de transvasement ou d’enfilage par exemple).

J’ai aimé la coopération qu’il y a pu y avoir durant cette semaine, entre les anciens et les nouveaux, les Chinois et les étrangers, l’émulation autour de projet de décor de portes.

Et puis le 1er septembre, ça a été la première rentrée pour tous. Pour moi, et pour les enfants. Six enfants. Deux filles et quatre garçons.

Une des filles à beaucoup pleuré, pendant plusieurs jours. Au point de se faire vomir au départ de sa maman ou de son Ayi à plusieurs reprises. Malgré notre présence bienveillante. Mais aujourd’hui, deux semaines après la rentrée, c’est une petite fille qui vient avec plaisir à l’école et qui communique autant avec moi qu’avec la maîtresse chinoise. Une belle victoire!

L’autre petite fille est la plus âgée de la classe. Elle a deux ans et demi. C’est presque une grande. Elle avait déjà passé une partir de son été au camp d’été de l’école et elle a tout de suite été à l’aise.

Un des garçons est le plus jeune de la classe. 19 mois à peine. Mais il n’est vraiment pas en retard en terme de motricité, de motricité fine et de concentration. Il me fait un peu penser à Little Smiling Buddha. Et à finalement tout à fait sa place dans cette classe.

L’un des garçons vient d’avoir 2 ans hier. Il a beaucoup pleurniché les premiers jours. Pas vraiment pleuré, mais pleurniché à chaque changement dans la classe (quand quelqu’un sort, quand quelqu’un rentre, quand on passe dans une autre salle..) Il est vraiment dans la découverte de tout. Il va sortir tous les jeux, tout mettre parterre mais dès que cette étape est passée, il ne s’y intéresse plus… c’est assez déroutant! Il a été pas mal absent en deux semaines, il est enrhumé. Il a donc toujours autant de mal quand il revient…

Le dernier garçon va avoir deux ans également. Il est dans une phase où il parle beaucoup avec ses mains… Nous avons eu beaucoup de mal à gérer avec lui la frustration durant les premiers jours. Il nous tapait systématiquement. Il avait également du mal avec les camarades de classe qui s’approchaient de lui et les tapaient systématiquement. C’est pourtant un petit garçon très attachant. Après une réelle collaboration avec ses parents, et la décision de ne le mettre à l’école que jusqu’à 14h dans un premier temps, les journées se passent déja mieux pour lui et pour nous.

Enfin, il y a Little Smiling Buddha. 27 mois. Il est à l’aise. Il évolue dans l’école comme s’il était chez lui ou presque. Il reste proche de moi quand je rassure ses petits copains qui pleurent, mais semble comprendre que je reste sa maman, même si à ce moment-là, je suis la maîtresse. Par contre, c’est plus difficile au moment de notre séparation: le temps de la sieste. C’est à moi de l’endormir, il n’accepte personne d’autres. Il dort une trentaine de minutes – ce qui me laisse le temps de manger – et pleure pour me rejoindre dès qu’il se réveille. Je me retrouve donc à tous les meetings avec lui ou je dois faire mes préparations tout en m’occupant de lui. Je compte sur le fait qu’il va finir par prendre le rythme, comprendre que je reste là pour l’attendre et que je le retrouve à son réveil.

Voilà donc mes six P’tits Loups. Je suis déja très attaché à ses enfants. C’est un bonheur de les voir évoluer de jour en jour et de les aider dans leurs nouvelles acquisitions. De ce côté-là, mon emploi correspond exactement à ce que j’imaginais. Là où je ne m’attendais pas à avoir autant de travail, c’est du côté administratif. Entre la gestion du matériel (quand je commande quoi pour l’avoir au bon moment pour ma programmation), la gestion des meetings (hebdomadaire voire deux fois par semaine), le blog de la classe, la préparation du résumé de la semaine pour le cahier de vie que les enfants ramènent à la maison chaque vendredi, le rangement et l’organisation de la salle de classe (alors que je ne suis présente que de 8h à 14h tous les jours), les programmations hebdomadaire, mensuelle, semestrielle à rendre, les mails aux parents, les préparations journalières pour les activités du lendemain… et le fait que les ordinateurs soient entièrement en Chinois… J’ai l’impression de perdre un temps immense. Mais je suppose qu’une fois que j’aurai pris le rythme, ça sera plus simple…

Encore quelques semaines, et je serai définitivement dans le bain! 

Les vacances d’été se terminent

Comme chaque année depuis que nous sommes en expatriation et que nous rentrons en France, nous avons l’impression que l’été passe bien vite. Nous voilà déja entrain d’attendre notre premier avion qui nous emmènera jusqu’à Paris, avant de prendre celui qui nous fera traverser presque la moitié du monde pour rentrer chez nous, à Shanghai.

L’été pour les expatriés, c’est toujours une multitude d’émotions et de sentiments qui se bousculent. La joie de retrouver la famille après une longue séparation. Le bonheur de fouler à nouveau le sol du pays qui nous a vu naître ou grandir. L’émerveillement face aux paysages familiers qui nous ont manqué. Et en parallèle, c’est souvent seule avec les enfants alors que le mari travaille encore dans le pays d’expatriation que nous passons l’été. Et ça, c’est vraiment une des choses qui me pèse. Bien sûr, si Papa Lou rentrait plus longtemps, nous n’aurions plus de vacances pour profiter de l’Asie au courant de l’année. Alors le choix est difficile, mais finalement vite fait. Cette année, pour profiter à fond des dernières vacances avant que je ne reprenne le travail, nous avons donc choisi tous ensemble que je rentrerai deux mois complets avec les enfants.

Nous avons très largement profité de notre été. Surtout les enfants. Ils n’ont laissé que peu de répit aux grands-parents. Ils ont voulu tout faire, tout voir et surtout jouer, jouer sans cesse avec eux. De mon côté, j’ai passé près de six semaines à bosser pour la rentrée. Régulièrement. Au moins deux à trois jours par semaine. Papa Lou nous a manqué, beaucoup. Et puis quand il est enfin arrivé en France, au bout de près de sept semaines, il a encore dû travailler. Difficile à comprendre pour les enfants. Et j’avoue que même pour moi, ça n’est pas évident. Il aura donc été deux semaines en France, mais aura tout de même travaillé quatre jours.

En contre partie, nous allons pouvoir profiter à fond de l’Asie cette année, puisque nous avons déja prévu une semaine dans le XiShuangBanna en octobre, ainsi que deux week-ends durant ce même mois (les montagnes du Phénix et les rizières près de Shanghai), une semaine de roadtrip sur l’île de Kyushu au Japon en novembre, une semaine au Japon (lieu exact à définir) avec Nonna et GrandPapa à Noël, une semaine dans le XinJiang avec Papapa et Mamama pour le Nouvel An Chinois et deux semaines de vacances en France en avril à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Devraient encore s’ajouter quelques week-ends supplémentaires en fonction de nos disponibilités, de notre fatigue et de nos finances!

C’est donc le coeur heureux et léger, la tête plein de beaux souvenirs d’été, les valises pleines de livres et la tête déja à la rentrée et à nos prochaines vacances que nous reprenons ce matin l’avion vers Shanghai.

En route vers notre quatrième année d’expatriation! 

[Expatriation] Trois ans à Shanghai

Trois ans. Je me revois encore trépigner d’impatience de partir enfin rejoindre Papa Lou à Shanghai. Le temps passe finalement bien vite. Le premier contrat, de trois ans, de Papa Lou est déja terminé. Dorénavant c’est annuellement que son contrat sera renouvelé, ou non. Nous étions théoriquement parti pour 5 ans. Il devrait donc nous rester encore deux ans à Shanghai. Mais rien n’est moins sûr… Rentrerons-nous en France plus tôt que prévu? Resterons-nous finalement en Chine plus longtemps que ce que nous pensions au départ? Poursuivrons-nous cette expatriation en Chine par une autre dans un autre pays? Il n’y a pour l’instant que des questions qui se profilent devant nous. Et nous avons bien l’intention de profiter du moment présent et de nous laisser guider par les mois à venir…

Pour nous, rien à changer quant à notre plaisir de vivre à Shanghai en Chine. Nous sommes toujours dans cette phase de lune de miel, avec le plaisir en plus de comprendre la langue et parfois l’agacement face à certains comportements des Chinois qui nous dérangeaient déja il y a trois ans et qui n’on pas vraiment évolué! Si nous pouvions y rester encore plusieurs années, nous le ferions volontiers…

Cette troisième année aura été un peu particulière, j’ai presque envie de dire que je la vois comme une année de transition. Notamment en ce qui me concerne. Après trois ans à la maison, j’ai ressenti un vif besoin de reprendre une activité à l’extérieur qui me permette de continuer à m’épanouir auprès de mes enfants tout en nous laissant à tous un peu plus de « liberté ». Cette transition, c’est donc Ma transition entre la vie de maman au foyer que j’ai si fortement désirée et une vie un peu plus active. Ma reconversion professionnelle m’aura occupé une belle partie de l’année et m’aura largement convaincu que je prends la bonne voie…

Cette troisième année à Shanghai aura été marqué par:

Cette quatrième année s’annonce bien différente des précédentes. Je vais retravailler. Et les enfants iront tous les deux à l’école. Little Miss Sunshine rentre au CP. Avec toutes les contraintes que cela nous posent, notamment au niveau des vacances. Nous y avons déja bien réfléchi. Nous ne rentrerons pas en France à Noël, pour la première fois. Mais Nonna et GrandPapa viendront nous rejoindre et ensemble nous feront un voyage. Pour le Nouvel An Chinois, c’est Papapa et Mamama qui vont venir nous rendre visite et nous voyagerons alors avec eux. Au mois d’avril, nous rentrerons deux semaines en France, à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Nous allons donc passer quelque huit mois sans rentrer en France. Et nous avons dores et deja programmé toutes nos vacances et les différentes destinations pour cette année à venir.

Cette année s’annonce donc très riche et pleine de nouveautés. Et j’ai déja hâte de rentrer à Shanghai et de m’y lancer! 

[Sortie] Shanghai Wild Animal Park

Voilà un parc animalier, situé à une quarantaine de kilomètres de Shanghai, que nous avions envie de visiter il y a longtemps déjà avec les enfants. Le problème à Shanghai, c’est le temps et la température. Et je sais par expérience combien il est fatiguant pour toute la famille de se promener dans un parc, même ombragé, par 40 degrés. Nous avions donc prévu d’aller le visiter au printemps ou à l’automne, quand les températures sont encore clémentes et le temps au beau fixe. Finalement, entre nos week-ends et le temps, il aura fallu attendre un bon bout de temps! Mais c’est enfin chose faite!

Il y a deux zoos à Shanghai. Le premier est assez vieux, en partie rénové seulement, mais facilement accessible (30 minutes du centre-ville) près de l’aéroport de HonqQiao. Nous nous y sommes rendus très régulièrement depuis que nous sommes à Shanghai, parce qu’il est facile d’accès, que le tarif est très raisonnable (l’équivalent de 5€ pour un adulte et les enfants ne paient pas jusqu’à 1,20m). Le second – dont je vous parle aujourd’hui – est plus grand, plus neuf et les animaux plus nombreux, mais il est également plus loin de Shanghai (proche de l’aéroport de Pudong, il faut compter quasi 50 minutes de taxi à partir du centre-ville).  

Un samedi matin du début du mois de mai (oui vous remarquez comme je suis à jour dans mes articles!), nous avons donc pris le taxi en famille un peu avant 10h. Nous sommes arrivés au parc un peu avant 11h. Le temps d’acheter les billets (compter 130RMB par adulte – gratuit pour les enfants de moins de 1,30cm), de passer aux toilettes et de faire la queue pour entrer dans le parc, il était presque 11h30.

Le parc se divise en deux parties. Une première partie qui se visite à pied, comme tous les zoos. Et une sorte de safari qu’il faut visiter en bus. Avec le billet d’entrée, un bus de tourisme classique est compris dans le prix pour visiter cette partie du parc. Mais l’attente est longue! Il y en avait au moins pour une heure d’attente le jour où nous y étions et finalement assis dans un bus classique, on ne voit pas grand chose, puisque les animaux sont vraiment au bord de la route au pied du bus (et non au loin).

Après avoir visité une petite partie du zoo qui se visite à pied et avoir déjeuner d’un burger et de frites (pour faire plaisir aux enfants), nous avons choisi, mais un peu par hasard, il faut bien le dire, de payer un billet supplémentaire (20RMB par adulte) pour prendre le bus grillagé qui nourrit les animaux. Et c’était finalement un très bon choix car les enfants ont été émerveillé de voir les animaux juste à leur pied.

Bien installé devant les grilles, les enfants étaient aux premières loges pour observer les animaux. Régulièrement le bus s’arrêtait, le guide lançait quelques morceaux de nourriture au travers de trappes et on pouvait observer les animaux de très très près!

La partie safari est divisée en plusieurs zones. Dans la première, on rencontre entre autres, des paons, des chèvres ou des chameaux. Le bus fait un arrêt pour nourrir les animaux. Là ce sont les chèvres qui sont venus voir ce qu’il y avait à manger…

La seconde partie est la partie « savane », sans les carnivores. Les animaux sont clairement habitué à recevoir de la nourriture, ils attendent le bus le long de la route… Et puis il faut dire que les bus se succèdent et à quelques minutes d’écart à longueur de journée.

Mais c’est tout de même impressionnant de les voir de si près. On pourrait presque les toucher.

Ensuite on passe dans les espaces des grands animaux et des carnivores qui se succèdent les uns les autres: les lions, les ours, les tigres, les léopards… A chaque nouvel enclos, le bus s’arrête et lance de la nourriture aux animaux. Pour augmenter le côté « impressionnant », ils narguent parfois les animaux avec de la nourriture au bout d’une pique. Résultat un ours était accroché aux barreaux du bus pendant toute une partie de notre passage dans l’enclos des ours… Les enfants ont adoré!

Le bus fini par nous ramener à notre point de départ après avoir réaliser une sorte de boucle dans le parc.

Et puis nous avons poursuivi notre promenade à pied à travers le zoo. Les enclos sont beaux et grands. On recroise tous les animaux que l’on a vu durant notre safari. Je suppose que les soigneurs font tourner les animaux entre ceux qui sont dans les enclos à l’intérieur du zoo et ceux qui sont dans le safari.

A chaque enclos ou presque, pour quelques RMB, on peut entrer, toucher, nourrir et se photographier avec les animaux. Que ce soit les kangourous, les aras, les hippopotames ou les singes. Nous avons d’ailleurs essuyé une grosse crise de larmes et d’incompréhension de la part de Little Miss Sunshine quand nous lui avons expliqué que nous ne voulions pas qu’elle caresse les kangourous. Nous lui avons longtemps expliqué nos raisons, en la prenant en point de comparaison, elle, qui ne supporte plus que les Chinois la touchent systématiquement quand ils passent à côté d’elle. Mais il n’empêche que ça a été un moment difficile.

Ici, un soigneur accompagnait un touriste pour nourrir un hippopotame et faire des photos.

Son petit était installé à l’abri dans un plus petit enclos juste à côté de sa maman qui se faisait photographier.

 

Les animaux sont beaux, ils semblent vraiment bien soigné et les enclos sont plutôt bien conçu. 

Il n’empêche que j’ai été très mal à l’aise dans ce zoo durant toute ma visite. Le principe d’accepter qu’on touche les animaux contre rémunération me met particulièrement mal à l’aise. Peut être que si j’avais eu plus d’informations sur ce zoo avant d’y aller, je n’y aurai pas été. Surtout pas avec les enfants.

En Chine, dans les zoos, les Chinois  lancent tout et n’importe quoi à manger aux animaux: carottes, chips, gâteau, paquet plastique… malgré les interdictions. Ils tapent contre les vitres, hurlent ou font des flash avec leurs appareils juste pour réveiller les animaux. Ces comportements m’insupportent particulièrement. Je comprend tout à fait l’intérêt pour ce nouveau zoo d’offrir une solution intermédiaire. Nous n’avons vu personne lancer de la nourriture dans les cages. Les gens ont eu l’air de respecter le fait de ne les toucher, les nourrir que contre rémunération. Mais il n’empêche que ça me gêne.

  

En parallèle, les animaux sont aussi mis en scène avec des spectacles comme celui de la nourriture des fauves où l’on fait délibérément sauter un tigre sur les vitres pour assouvir les envies des spectateurs.

Ou alors on peut faire un tour sur les éléphants…

Et puis il y a un spectacle plusieurs fois par jour, avec de la musique très forte, où de nombreux animaux sont présentés sur scène, mais nous ne sommes pas allés le voir.

Vous comprendrez que je suis mitigée sur ce zoo et que nous n’y retournerons certainement pas. Même si nous avons passé une belle journée. Leurs principes sont trop contraire aux nôtres.

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…

Vacances d’été

Ce soir, je prends l’avion seule avec les enfants. Je ne suis pas inquiète. Ils savent comment ça se passe et ils dormiront une grande partie du trajet. En plus, à deux ans, Little Smiling Buddha aura son propre siège et trois sièges à trois, c’est juste le méga luxe! Ces voyages en solo avec les enfants sont fatiguant, mais pas insurmontables.

Nous profitons de la dernière année où je ne travaille pas pour rentrer en France deux mois complets. Comme l’an dernier, Papa Lou ne viendra en France qu’une courte période (deux semaines au mois d’août). Nous avons fait le choix de rentrer à deux à Shanghai pour éviter que je n’ai l’aller-retour à effectuer seule avec les enfants. Mais pour la peine, nous serons séparés cinq semaines.

Nous allons passer une grande partie de l’été en Alsace, logeant alternativement chez Papapa et Mamama ou chez Nonna et GrandPapa. Nous avons également prévu d’aller passer une semaine en région parisienne chez Parrain, Tata et Petit O.

Cette année, je n’ai pas de grand programme. L’année dernière, nous avions envie de faire tellement de choses, nous en avons fait tellement, mais finalement nous n’avons de loin pas fait tout ce que nous avions prévu. Donc pour éviter les déceptions, je ne prévois rien. Ou plutôt si. Je me prévois deux impératifs: une soirée et une nuit en amoureux avec Papa Lou pendant ses vacances et l’organisation de mon année scolaire 2017/2018 en TPS.

J’ai donc prévu de laisser les enfants aux grands-parents tous les matins, pour m’organiser. Evidement je m’autoriserai quelques sorties sur des journées complètes. Et puis, je ne travaillerai pas le week-end, mais j’ai vraiment envie d’en faire un maximum cet été – alors que mes enfants peuvent profiter de leurs grands-parents – afin d’avoir le temps de profiter de mes enfants durant toute l’année scolaire!

J’ai pas mal de billets en attente, comme toujours. Certains devraient rapidement être publié – nos efforts pour réduire nos déchets, la place de la nature dans nos vies citadines, le choc culturel des toilettes en Chine,… – d’autres prendront un peu plus de temps, mais devraient être publié cet été – nos différents voyages de cette année (Angkor, le Sichuan,Hangzhou, Pékin, les montagnes jaunes )-, sans compter les billets plein des nouveautés de cet été que j’espère partager avec vous! N’hésitez pas à me dire si certains billets vous intéressent plus que d’autres!

Je vous souhaite à toutes et tous un bel été!

[Expatriation] [Choc culturel] Passer une visite médicale en Chine

Depuis que nous sommes en Chine, j’ai eu l’occasion de passer deux visites médicales. La première, juste après mon arrivée, était celle nécessaire pour l’obtention d’un permis de résidence. La deuxième, que je viens de passer il y a quelques jours, était celle nécessaire avant mon embauche par mon nouvel employeur.

Rien de nouveau sous le soleil, mais les Chinois sont quelque peu nombreux. Et s’il y a bien quelque chose que les Chinois craignent par-dessus tout, ce sont les maladies qui se propagent. Tout est donc fait pour que les Chinois soient le moins malade possible. Et d’ailleurs la Médecine Traditionnelle Chinoise est une médecine qui est avant tout destinée à prévenir les maladies. Quand ils sont malades, les arrêts de travail ou même les fermetures d’école pleuvent. Pour une grippe, c’est trois semaines d’arrêt avec interdiction de sortir de chez soi. Pour six enfants avec une maladie infantile comme pied-main-bouche ou quelque chose d’aussi banal que des poux dans une école, c’est toute l’école qui risque la fermeture (une classe peut être fermée si deux enfants ont la même maladie contagieuse ou des poux). Bref, on ne rigole pas avec la contagion.

Vous pouvez donc bien vous douter que les visites médicales sont assez complètes en règle générale.

Pour la première, j’y étais allée seule. Je prenais d’ailleurs le taxi seule à Shanghai pour la première fois. C’était quelque trois jours après mon arrivée. Un samedi matin. La visite médicale avait lieu dans un hôpital spécialisé. Tous les étrangers qui demandent un permis de résidence y passent. En arrivant, après quelques questions d’ordre administrative, on m’a envoyé vers un numéro de salle. Là-bas, je découvre des vestiaires. On me dit de me mettre en culotte et d’enfiler un peignoir mis à disposition pour l’occasion. Nous sommes nombreuses dans les vestiaires et chacune attend qu’une cabine (avec une porte qui se ferme d’ailleurs à clef, un luxe! Je l’apprendrais plus tard, mais c’est spécial pour les étrangers ça!) En ressortant, en peignoir, on m’envoie vers une autre salle, devant laquelle hommes et femmes en peignoir et chaussons prêtés pour l’occasion attendent déjà. C’est une salle d’examens. Chaque examen a lieu dans une salle différente, et on passe les uns après les autres, à la queue leu leu, la porte grande ouverte, le suivant déjà debout dans la salle et souvent au moins deux ou trois personnes qui passent le même examen côte à côte. À chaque fois que l’on termine un examen, on nous donne un autre numéro de salle. Les médecins et infirmières ne parlent pas. Ils nous examinent machinalement. En fait, en voyant faire le précédent, on sait ce qu’il va falloir faire… j’ai l’impression d’être totalement déshumanisé, cette désagréable impression de n’être qu’un numéro. Et finalement, c’est exactement ce que je suis. Ni homme, ni femme, juste un numéro à examiner.

Les examens sont très rapide. Prises de sang, radio des poumons, auscultation générale, électrocardiogramme, … tout y passe de salle en salle. Et toujours la même attente. Le même schéma.

Papa Lou ayant passé cet examen quelques semaines avant moi m’avait prévenu. Heureusement. Pour un premier contact avec la Chine, il m’a plutôt déstabilisé. Cette impression de déshumanisation, cette impression de devoir faire comme tout le monde, de n’avoir aucun libre arbitre, aucune considération de la part des médecins et infirmières qui ne nous ont jamais ou presque adressé la parole. Et en même temps, cette efficacité dans la gestion du nombre. Nous étions des centaines. Les examens se faisaient à la chaîne, avec une rapidité hallucinante. Ca a été mon premier choc culturel.

Je ne m’attendais pas à revivre une visite médicale en Chine. Je prend toujours grand soin d’accompagner les enfants quand ils doivent faire une visite dans un hôpital chinois ou qu’un médecin chinois vient à l’école pour les vérifications annuelles. J’ai trop peur de les traumatiser, je ne veux pas qu’il ressentent cette impression de n’être qu’un numéro parmi d’autres…

Il s’avère donc que pour se protéger en Chine, l’employeur demande une visite médicale très poussée à celui qu’il emploie. Les examens pratiqués sont à la discrétion de l’employeur, mais demeurent assez standardisés. Il faut vérifier que la personne est apte à travailler, mais surtout qu’elle n’a pas de maladies qui pourrait être transmises à d’autres. Si quoi que ce soit est découvert tout est mis en œuvre, avec l’aide de l’employeur, pour remédier au « problème ». On m’a raconté qu’un jour c’est ainsi qu’un employé a découvert qu’il était atteint de la syphilis lors d’un de ces contrôles et que l’employeur avait été obligé de lui « offrir » trois semaines de traitement dans un centre spécialisé.

Je ne pensais pas remettre les pieds dans un hôpital chinois de si tôt, mais finalement, pour nos dernières années en Chine, j’y aurai le droit tous les ans. Et cette nouvelle expérience ne m’a pas franchement donné envie d’y retourner tous les ans…

C’est avec une grande partie de mes collègues féminines chinoises et étrangères que j’y suis allée. Nous étions plusieurs étrangers pour qui une visite médicale dans le cadre d’un emploi était une première. Mais les blagues et autres allusions des collègues masculins la veille ne nous avait pas rassurées. On se demandait un peu à quelle sauce on allait être mangé.

Nous étions 15 femmes. 4 étrangères et 11 chinoises. Le plus long a été à notre arrivée de faire enregistrer nos noms d’étrangères dans la base de données. Je pense qu’ils y ont bien passé 10 à 15 minutes. Les Chinois ne savent absolument pas faire la différence entre un nom et un prénom (pourtant ils ont la même chose) et je ne vous raconte pas quand il y a deux noms de famille ou plusieurs prénoms sur votre passeport…

Ensuite, nous avons eu droit, dans la file d’attente, à la prise de notre tension avec un appareil électronique. On nous a ensuite donné deux étiquettes avec nos noms et on nous a envoyé vers un autre numéro de salle. Devant la-dite salle, on nous a donné un tube à essai avec un long coton-tige. C’est là qu’on croit comprendre à quel type d’examen on va avoir droit…

Il y a plusieurs femmes qui attendent devant deux portes. Les infirmières nous dispatchent entre les deux portes. Les portes ne sont pas complètement fermées. Dès qu’une femme sort, la suivante entre. C’est à mon tour, j’entre. C’est effectivement un examen gynécologique auquel nous allons avoir droit. Mon premier réflexe, fermer la porte derrière moi. Le médecin me tend une feuille de plastique nouée au milieu. C’est là que je lève les yeux et que je me rend compte qu’en fait nous sommes deux dans la salle, une de mes collègues est juste à côté avec un autre médecin. Les deux portes menaient dans la même salle… Le médecin grommelle. Je suppose que je suis trop lente à son goût. Je lui demande à quoi sert le plastique qu’elle vient de me tendre. Elle me montre qu’il faut que je le pose sous mes fesses pour protéger le siège d’examen. Sans même m’adresser la parole, alors que je viens de lui parler en Chinois. Bref, je ne prend pas le temps d’enlever mes habits, je laisse mon pantalon sur mes chevilles et je m’exécute rapidement, histoire de sortir de là au plus vite. Durant le temps que j’ai passé dans la salle d’examen, qui a duré au plus deux minutes, la porte s’est ouverte au moins trois fois… Je me rhabille en quatrième vitesse, le médecin me râle dessus pour que je jette mon fameux plastique dans la poubelle en sortant, et me rend le tube à essai avec le coton-tige. En sortant, je remarque que la femme suivante ne ferme pas la porte. On m’envoie vers une autre salle.

La salle suivante est en fait le laboratoire où déposer le prélèvement. On m’envoie encore vers une autre salle. J’y retrouve mes collègues étrangères. Deux qui sont entrain de se faire piquer pour prélever leur sang, une autre qui attend comme moi dans la salle. On blague sur l’examen gynécologique qu’on vient de vivre, histoire de détendre l’atmosphère. Une des collègues que l’on vient de piquer crie « Aïe! ». On vient d’en parler, elle a pourtant l’habitude de donner son sang. J’apprendrai plus tard que l’infirmière ne trouvait pas sa veine et farfouillait dans son bras avec l’aiguille. A mon tour. L’infirmière me réclame la deuxième étiquette qu’elle colle sur un tube à essai pour le prélèvement. Elle me pique. Puis me renvoie vers le laboratoire pour déposer mes prélèvements. Et encore vers une autre salle. On est de nouveau ensemble avec mes collègues. Toutes dans la même salle pour l’examen de palpation du médecin. Tour à tour, on se couche sur la table d’examen le temps que le médecin nous tripatouille le ventre. On nous informe que c’était le dernier examen. On se retrouve toutes les quatre dans la grande salle où tout à commencer. On est toutes soulagé que ce soit terminé. Finalement, ce type d’expérience, ça rapproche!

Niveau efficacité par contre, rien à redire. 15 personnes: 30 minutes. Entre notre arrivée et notre départ. Dont facilement 10 minutes de perdues pour écrire nos noms d’étrangers…

Je tiens à souligner que l’expérience n’a pas été traumatisante non plus. Je ne suis pas pudique (heureusement!) et je me doutais de ce qui nous attendait, même si personne ne nous en avait informé. Je commence à connaître un peu le système chinois. Il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas des expériences agréables. Et que ma première envie quand je me suis retrouvée dans la salle d’examen gynécologique a été de prendre mes jambes à mon cou et ensuite un sentiment de révolte en me disant que ce n’était quand même pas normal de nous imposer ça. Et quasiment en parallèle un immense sentiment d’impuissance. De toute façon, si je veux l’emploi, pas d’autres alternative… Quand je pense que j’ai toujours refusé de faire pipi dans un pot lors de mes visites à la médecine du travail en France…

Tiens, si j’y pense, je vous parlerai une fois des toilettes en Chine… Sans porte, avec des murets bas… Si,si…

L’expatriation est une merveilleuse aventure, où l’on doit chaque jour repousser un peu ses limites, mais c’est vrai qu’on se passerai bien de certaines expériences!