Les vacances d’été se terminent

Comme chaque année depuis que nous sommes en expatriation et que nous rentrons en France, nous avons l’impression que l’été passe bien vite. Nous voilà déja entrain d’attendre notre premier avion qui nous emmènera jusqu’à Paris, avant de prendre celui qui nous fera traverser presque la moitié du monde pour rentrer chez nous, à Shanghai.

L’été pour les expatriés, c’est toujours une multitude d’émotions et de sentiments qui se bousculent. La joie de retrouver la famille après une longue séparation. Le bonheur de fouler à nouveau le sol du pays qui nous a vu naître ou grandir. L’émerveillement face aux paysages familiers qui nous ont manqué. Et en parallèle, c’est souvent seule avec les enfants alors que le mari travaille encore dans le pays d’expatriation que nous passons l’été. Et ça, c’est vraiment une des choses qui me pèse. Bien sûr, si Papa Lou rentrait plus longtemps, nous n’aurions plus de vacances pour profiter de l’Asie au courant de l’année. Alors le choix est difficile, mais finalement vite fait. Cette année, pour profiter à fond des dernières vacances avant que je ne reprenne le travail, nous avons donc choisi tous ensemble que je rentrerai deux mois complets avec les enfants.

Nous avons très largement profité de notre été. Surtout les enfants. Ils n’ont laissé que peu de répit aux grands-parents. Ils ont voulu tout faire, tout voir et surtout jouer, jouer sans cesse avec eux. De mon côté, j’ai passé près de six semaines à bosser pour la rentrée. Régulièrement. Au moins deux à trois jours par semaine. Papa Lou nous a manqué, beaucoup. Et puis quand il est enfin arrivé en France, au bout de près de sept semaines, il a encore dû travailler. Difficile à comprendre pour les enfants. Et j’avoue que même pour moi, ça n’est pas évident. Il aura donc été deux semaines en France, mais aura tout de même travaillé quatre jours.

En contre partie, nous allons pouvoir profiter à fond de l’Asie cette année, puisque nous avons déja prévu une semaine dans le XiShuangBanna en octobre, ainsi que deux week-ends durant ce même mois (les montagnes du Phénix et les rizières près de Shanghai), une semaine de roadtrip sur l’île de Kyushu au Japon en novembre, une semaine au Japon (lieu exact à définir) avec Nonna et GrandPapa à Noël, une semaine dans le XinJiang avec Papapa et Mamama pour le Nouvel An Chinois et deux semaines de vacances en France en avril à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Devraient encore s’ajouter quelques week-ends supplémentaires en fonction de nos disponibilités, de notre fatigue et de nos finances!

C’est donc le coeur heureux et léger, la tête plein de beaux souvenirs d’été, les valises pleines de livres et la tête déja à la rentrée et à nos prochaines vacances que nous reprenons ce matin l’avion vers Shanghai.

En route vers notre quatrième année d’expatriation! 

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…

[Education] Parler de sa journée

Avec le retour à l’école, j’entends à nouveau tout un tas de parents se plaindre du fait que leurs enfants ne leur racontent pas ce qu’il se passe à l’école. J’avoue, avec Little Miss Sunshine, je n’ai pas trop de problème. Elle papote énormément, du matin au soir et ça en devient même parfois fatiguant – vous savez, quand à minuit on est tous dans la même chambre et qu’elle n’arrive plus à arrêter de raconter tout ce qui lui passe par la tête! Je l’ai vécu tout l’été! 😉

Little Miss Sunshine, dès son entrée à l’école maternelle, à 33 mois, parlait très bien et elle nous a toujours raconté ce qui se passait à l’école. Surtout les moments marquants de sa journée évidement, mais c’était déja beaucoup! Evidement, à certaines périodes, la fatigue aidant, elle parle moins, est plus évasive… Mais ce qui est sûr, c’est que si je lui demande: « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école? ». J’ai invariablement droit à la même réponse: « Je ne sais pas. »

Tout d’abord, je pense qu’il faut qu’on garde en tête que nous, parents, et nos enfants, n’avons pas les priorités. Si nous cherchons à savoir ce que nos enfants ont mangé à midi ou quelles leçons ils ont apprises / quels activités ils ont réalisées, ils retiennent surtout les anecdotes rigolotes avec les copains ou les moments marquants pour eux (ceux qui sortent de l’ordinaire: les pleurs d’un enfant, les disputes entre deux autres, le maître qui gronde quelqu’un…) Ce qui est vraiment important, c’est d’accorder la même importance à ce que l’on pense être des anecdotes qu’à ce qu’on cherche effectivement à savoir. Ce n’est que si l’enfant se sent écouté qu’il va parler. Et ces anecdotes sont le meilleur moyen de rentrer en communication.

Ensuite, il faut également garder en tête que pour un enfant de maternelle ou de début de l’école primaire, il est vraiment difficile de reparler de quelque chose de passé, sans n’avoir rien qui leur rappelle ce moment (photos, mots clefs, …) Pour faciliter les échanges à la maison, c’est aussi à l’école que ça se prépare. L’an dernier, nous avons eu la chance d’avoir chaque jour des photos de nos enfants à différents moments de la journée. Il était alors beaucoup plus facile d’entrer en communication avec Little Miss Sunshine. Il suffisait de lui montrer la photo pour qu’elle nous raconte la moitié de sa journée! Malheureusement, ce n’est pas toujours possible d’avoir des photos de l’école, et c’est bien dommage. Cette année, nous aurons des photos à chaque fin de semaine normalement. Mais c’est également aux maîtres et maîtresses de prendre le temps de créer des moments-clefs de regroupement pour faire le bilan de leurs activités. Cela permet aux enfants de reconstruire mentalement leur journée et donc facilite les échanges avec les parents le soir venu. Je l’ai remarqué l’an dernier, avec son maître français les regroupements étaient systématique à la fin de leur journée et elle me parlait toujours de ces journées avec une grande facilité. Alors qu’avec sa maîtresse chinoise, les rassemblements étaient loin d’être systématique et elle m’en parlait avec beaucoup plus de mal. Bien qu’il faut également prendre en compte la différence de langues dans ce cas-là (vécu en Chinois et expliqué en Français).

Il faut également garder en tête que poser une question trop généraliste ne mène à rien. Au mieux, on obtient la réponse qu’ils pensent que nous attendons. Au pire, on a droit à l’éternel « Je ne sais pas. » Il vaut donc mieux cibler précisément les questions. Poser des questions sur des moments précis de la journée, sur des ressentis bien particuliers, aident l’enfant à s’y retrouver. Si je demande à Little Miss Sunshine quel a été son moment préféré de la journée ou quel a été le moment où elle a le plus rigolé dans sa journée, elle me répond très facilement. En cas d’échec, c’est moi qui commence par répondre à ma question en lui racontant mon moment préféré. Et c’est là l’astuce qui fonctionne le mieux. Parler de sa journée à soi. On ne s’aidera jamais assez du pouvoir d’imitation des enfants pour se faciliter la tâche!Si quand elle rentre, je commence par lui raconter les chouettes moments de ma journée, assez facilement elle va prendre la suite pour me raconter la sienne, sans que je ne lui pose aucune question…

Il faut enfin relativiser! On n’a jamais accès à toutes les informations qui nous intéressent, mais il faut aussi savoir laisser une part d’intimité à l’enfant et accepter que certains enfants raconteront plus de choses que d’autres.

Et chez vous, ça se passe comment au retour de l’école? Ils vous racontent beaucoup de choses ou vous nagez dans le mystère? 

[Expatriation] La difficulté du décalage horaire en famille (2)

Lors de notre premier voyage de retour vers la France, il y a à peine un peu plus d’un an, je vous faisais part de la difficulté de gérer le décalage horaire en famille. Je vous parlais également de ma peur de notre prochain voyage hivernal vers la France avec un bébé de quelques mois.

A ce jour, nous avons effectué d’autres voyages, à trois et à quatre, et j’ai donc quelques expériences en plus à partager.

Le choix de l’horaire de départ est un des critères important pour bien gérer le décalage horaire en famille. Malheureusement, nous n’avons pas des tonnes de choix quand à nos horaires de départ et d’arrivée entre Shanghai et l’Alsace. Le départ de Shanghai s’effectue habituellement le soir tard. Et c’est une bonne chose. Tout le monde est fatigué et s’endort relativement vite dans l’avion. L’arrivée à Paris est plus compliquée puisqu’il est très tôt le matin et que nous devons patienter 4 à 5h à l’aéroport. Nous en profitons habituellement pour prendre un petit déjeuner et acheter une babiole ou deux à chacun d’entre nous (livre de coloriage, sucrerie, livre, magazine,…) Nous reste alors 1h d’avion et 1h de trajet en voiture pour enfin arriver dans nos familles. Nous avons pris l’habitude de déjeuner tous ensemble – avec Papapa, Mamama, Nonna et GrandPapa – et de sortir faire une promenade tout de suite après le repas. Ce qui nous évite de nous endormir. Et les enfants, même s’ils dorment dans le porte-bébé ou la poussette ont aussi le bénéfice d’une promenade au grand air. Cette promenade est vraiment ce qui nous sauve d’un décalage horaire trop difficile à gérer en arrivant en France. 

Pour le retour, c’est plus compliqué. Aucun vol ne nous semble vraiment faciliter le décalage horaire. Le plus gérable pour nous est de quitter l’Alsace par un vol en soirée, de patienter 4 ou 5h à Paris  – d’y dîner et de se promener un peu dans l’aéroport – et de reprendre le vol de nuit direction Shanghai. Avec la fatigue des vacances, tout le monde dort relativement bien dans l’avion. Le plus difficile est l’arrivée à Shanghai vers 17h. Nous ne sommes pas de retour chez nous avant 19h et il fait donc déjà nuit. Impossible de sortir se promener. Impossible de se recoucher a 21h ou 22h alors que nous venons de nous réveiller quelques heures auparavant. On étire la soirée tant que possible, on est fatigué, on s’endort, on se réveille en plein milieu de la nuit et la lutte contre le décalage horaire débute…

Et je n’ai malheureusement pas encore trouvé de solutions pour ce vol retour. Les réveils se multiplient en plein milieu de la nuit durant la semaine qui suit notre retour. Toute la famille fini par se retrouver à papoter au lit à 3h du matin quasiment tous les jours. Finalement, au bout d’une semaine, l’effet du décalage horaire s’estompe…

Ce que nous avons donc retenu de notre premier retour en France en famille, c’est qu’il ne faut jamais faire de sieste l’après-midi suite à un retour en France matinal. La seule solution pour se remettre tous ensemble le plus vite possible à l’heure française, est de sortir s’aérer au moins une heure tout de suite après le repas.

 

[Education bienveillante] Vivre au rythme d’un nourrisson

Près de deux mois déja que notre Petit Poisson est entrée dans la famille. Deux mois que nous prenons énormément de plaisir à l’observer. Deux mois que nous essayons tant bien que mal de nous habituer à son rythme, sans perdre complètement le nôtre.

Vivre au rythme d’un nourrisson n’a rien de facile. En tout cas pour moi. Adapter son rythme à celui d’un nourrisson demande d’accepter de lâcher-prise. Cela demande également de l’aide et du soutien – au moins dans la « logistique ». Vivre au rythme d’un nourrisson quand on a une ainée en pleine forme et très en demande de la présence de sa Maman, c’est encore moins facile. Mais pas impossible.

Pour cette naissance, j’ai l’immense chance d’avoir l’aide de notre Ayi. C’est elle qui s’occupe d’une grande partie de la logistique et du ménage. Je n’ai donc à me soucier ni de la vaisselle, ni du repassage, ni de cinq repas de midi et deux dîners par semaine, ni du ménage en général. Ce qui est déja énorme. Et je dois bien le dire, ça change la vie. A la naissance de Little Miss Sunshine, j’étais seule pour assurer tout cela, mais débordée, je m’étais rapidement résolue à prendre quelqu’un pour le ménage superficiel, un peu de repassage et l’entretien de la salle de bain. Cette personne passait deux heures chez nous toutes les deux semaines. Avec le recul, je sais bien que ce n’était pas suffisant. Il faut bien dire que ce soit aujourd’hui ou à l’époque, impossible pour nos familles de nous soutenir puisque nous vivions et vivons toujours bien trop loin. Alors on doit trouver du soutien ailleurs.

Et c’est à mon sens primordial d’être soutenu durant cette période. Cela permet à la Maman de se reposer au maximum en même temps que bébé. Il est facile de dire à une Maman de dormir quand bébé fait la sieste, mais quand on a pas encore mangé, quand on a rien préparé à l’avance, quand la vaisselle s’accumule et rend la préparation du repas encore plus longue, quand on voit le linge à laver et/ou à repasser s’accumuler, qu’on arrive enfin à prendre une douche et qu’on se rend compte que cela fait deux semaines voire plus que celle-ci n’a pas été nettoyé et que les cheveux – parce que oui, des cheveux on en perd après un accouchement! – s’accumulent dangereusement sur la bonde de la douche, et je ne parle même pas du lit qui sent le lait caillé à plein nez et qu’il faudrait changer quasiment tous les jours… Résultat, il est tout simplement impossible de dormir à ce moment-là pour la maman.

Alors je vous promets que j’apprécie hautement l’aide constante d’Ayi au courant de la journée. Et c’est encore plus vrai depuis quelques jours que Little Miss Sunshine est également à la maison et en demande constante de jeux, d’activités, de câlins, de promenades… Certaines nuits ont beau être compliqué, jusqu’à la fin du mois de juillet – Little Miss Sunshine ayant participé au Camp d’été de son école et ayant de ce fait garder les mêmes horaires que durant l’année scolaire – je pouvais me recoucher dès 8h30 et me reposer sans me poser de questions avec Petit Poisson sur mon ventre. Pareil quand Petit Poisson n’était pas bien, il suffisait que je m’allonge sur le canapé, un livre à la main ou une série à la tv avec lui sur mon ventre pour qu’il s’apaise, sans avoir à penser au déjeuner ou à la vaisselle. Chaque maman devrait être ainsi soutenue que ce soit par sa famille ou par quelqu’un d’extérieur. Et en Chine, ils l’ont bien compris. A la naissance d’un enfant, les mères et belle-mères s’installent chez le couple pour prendre soin de la maman et du bébé, en parallèle quelqu’un est embauché pour gérer la logistique de la maison (repas, courses, vaisselle, ménage, lavage, repassage,…) Je trouvais ça contraignant – et je le trouve toujours car les deux mamans restent en général vivre chez les jeunes parents jusqu’à ce que l’enfant aille à l’école, à 4 ou 5 ans en Chine – mais en même temps, c’est un sacré soutien.

Autre caractéristique de la vie avec un nourrisson, et qui me perturbe toujours autant, on a aucune régularité. Je m’explique. Durant deux jours, Petit Poisson fait la sieste de 10h à 11h30. Le troisième jour, je prends donc mon temps avec lui jusqu’à cette heure en me disant que je ferai ce que j’avais prévu de faire au moment de cette sieste. Sauf que la-dite sieste n’arrivera jamais. Avec un nourrisson, il ne faut jamais rien prévoir à l’avance. En tout cas, chez moi, que ce soit avec Petit Poisson ou avec Little Miss Sunshine, ça n’a jamais fonctionné. Au contraire, ça a toujours été un motif d’échec. Et j’ai beau le savoir, je me fais encore régulièrement avoir. Le tout est de prévoir ce qu’on a besoin ou envie de faire à la journée, en étant pas trop optimiste, et de profiter des moments de calme du bébé. Sans se fixer d’horaires. Et j’ai beau le savoir, je n’arrive pas toujours à m’y tenir!

Que ce soit Petit Poisson ou Little Miss Sunshine, entre deux semaines et trois mois (on verra pour Petit Poisson, mais c’est bien parti!), la tombée de la nuit est vraiment le moment difficile de la journée. Passé 17 ou 18h heures, impossible de poser bébé. Il réclame les bras en permanence, si ce n’est pas le sein. Les pleurs sont quasi-incessant même en le berçant, en chantant des chansons, en changeant de position,… C’est l’heure où on ne sait pas s’il s’agit de coliques, de mal de dents, de pleurs de décharge, de faim,… Alors j’essaie tant bien que mal de me dire que l’essentiel est qu’il se sente entouré, qu’il ne soit pas seul, que les pleurs finiront par cesser. Et ils cessent en général à l’heure où bébé s’endort vers 21h. Mais comme c’est l’horaire où Papa Lou rentre du travail, où il faut préparer le repas, manger, gérer la frustration de fin de journée de Little Miss Sunshine parce que je ne peux pas ou difficilement la prendre dans les bras, l’horaire aussi où tout le monde commence à fatiguer, ce n’est pas toujours évident.

Et la nuit finalement répond au même schéma. Ne pas faire de prévisions. Un nourisson n’a pas de rythme de sommeil. Il peut donc très bien dormir une nuit et très peu la suivante. Et ce n’est pas parce que bébé passe sa journée ou presque à dormir qu’il dormira moins bien la nuit et inversement, ce n’est pas parce qu’il n’a quasiment pas dormi de la journée qu’il fera une bonne nuit.  Il faut se laisser porter par les événements et espérer que la nuit se passera au mieux. Mais je dois bien dire qu’ayant été habitué à me réveiller toutes les heures ou toutes les deux heures pendant un an par Little Miss Sunshine, les deux ou trois réveils par nuit de Petit Poisson me semblent presque reposant! Même si à la longue ça reste fatiguant 😉

En résumé, la vie au rythme d’un nourrisson est vraiment difficile à rendre compatible avec nos propres rythmes de vie. Et pourtant, c’est essentiel pour être à l’écoute des besoins de son bébé. Il faut donc savoir lâcher prise et ne pas hésiter à se faire aider, le soutien durant cette période reste essentiel! 

Et vous, comment avez-vous vécu la période nourrisson de vos enfants?

[Education bienveillante] Le lâcher prise

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de quelque chose de pas évident à mettre en place mais qui, à mon sens, fait toute la différence dans l’éducation que nous donnons à nos enfants et qui nous aide vraiment au jour le jour: le lâcher prise.

C’est pour moi, un des points essentiels de l’éducation bienveillante. En effet, la grande majorité d’entre nous a reçu une éducation « classique », et si l’on combine cela au poids du regard de la société, nous nous retrouvons à avoir de nombreux automatismes pas toujours bienveillants envers nos enfants et notre entourage dont nous ne savons souvent pas exactement d’où ils sortent, mais qui sont bels et bien présent au quotidien.

Le lâcher prise permet de prendre du recul et de remettre les choses à plat. Ce n’est pas simple à mettre en place, et je l’ai encore vécu il y a quelques semaines, mais cela peut être vraiment salvateur pour l’équilibre familial. Un des points essentiels du lâcher prise à mon sens est la remise en question. Quand on arrive à se remettre en question, c’est qu’on a déja fait un beau chemin vers le lâcher prise.

Je vous en parlais il y a quelques semaines sur la page Facebook du blog, mais entre l’accouchement imminent et les soucis de sommeil de Little Miss Sunshine, j’étais totalement dépassée par le retour de son angoisse de séparation. Je pensais avoir fait le tour de mes ressources en éducation bienveillante, avoir épuisée toutes mes idées, avoir fait tout ce que je pouvais faire pour elle: lui offrir du temps, de l’attention, des jeux, du réconfort, de l’écoute, mais rien n’y a fait. Little Miss Sunshine passait, et passe toujours ses soirées avec nous, pas possible de discuter directement avec Papa Lou car elle était toujours dans nos pattes, je ne savais plus quoi faire. J’ai lancé un appel sur la page Facebook du blog et sur Instagram et vous avez été plusieurs à me répondre. J’avais besoin de réconfort, de me sentir soutenue, de trouver peut-être d’autres idées, d’autres astuces. Et vous avez répondu présentes. Et pour ça, je vous remercie du fond du coeur! C’est vous toutes qui m’avez aidé à prendre du recul…

Le soir même, avec Papa Lou, nous avons réussi à parler, à remettre des choses au clair. Entre ce que vous avez pu me conseiller et les remarques de Papa Lou, j’ai réussi assez rapidement à me remettre en question. Mon attitude y était certainement pour beaucoup dans l’angoisse de séparation de Little Miss Sunshine. Je ne m’en étais pas rendu compte. Un week-end au calme, dans la douceur de notre foyer, tous les trois, m’a rendu mon objectivité. 

Le dimanche soir, Little Miss Sunshine se couchait dans son petit lit d’appoint à une heure raisonnable. Le lundi matin, elle partait enthousiaste à l’école. Mon changement d’attitude, mon lâcher prise y était pour beaucoup, j’en suis sûre. A force de se focaliser sur ce que l’on estime être un problème, on fini par l’amplifier au lieu de le régler.

Une fois qu’on a réussi à lâcher prise, à se remettre en question, je pense qu’il est important de trouver à qui appartient réellement le problème: est-ce un problème pour moi ou est-ce réellement un problème pour l’enfant? En fonction de la réponse, on pourra modifier son point de vue ou sa vision des choses, aborder la chose sous un autre angle et réussir à régler le problème presque naturellement. C’est ce qui s’est passé dans mon cas, il y a quelques semaines.

Les problèmes de coucher que nous avons eu avec Little Miss Sunshine au courant du mois de janvier en sont également un exemple. Depuis que nous avons lâcher prise, que nous avons vu que ce n’est finalement que le poids de la société et de notre éducation qui nous empêche d’être serein en dormant ensemble tous les trois, les couchers sont beaucoup plus facile. Tout le monde dort bien et est rassuré. Little Miss Sunshine est d’autant moins anxieuse. Et depuis la naissance de Petit Poisson, notre chambre s’est vraiment transformée en suite familiale. Ils prendront chacun leur envol vers leur chambre quand ils seront prêts… Dans la plupart des pays d’Asie, les parents dorment avec les enfants jusqu’au moins quatre ou cinq ans. La question récurrente qu’on se pose en France: Est-ce qu’il fait ses nuits? N’existe pas ici. Ils ont une autre manière de voir les choses! L’expatriation, les voyages, ont également ça de bon qu’ils nous aident à lâcher prise sur certains points.

Dernier exemple, les petits soucis d’alimentation que nous rencontrons avec Little Miss Sunshine depuis près de trois mois. Ils sont certainement liés à l’arrivée de Petit Poisson également. Little Miss Sunshine a toujours mangé de tout et surtout goûté à tout. Je lui ai toujours fait confiance sur son alimentation et tout c’est toujours très bien passé. Mais depuis quelques mois, elle refuse systématiquement de goûter ce qu’on lui propose – je pense que c’est également lié au changement d’alimentation français/chinois suite à son entrée à l’école -, elle refuse la plupart du temps de manger des légumes et ne mange que du riz et de la sauce soja ou des pâtes si on n’insiste pas un peu. Après une période où je ne me suis pas trop inquiétée, j’ai fini par m’en faire un peu plus en voyant qu’elle ne mangeait vraiment plus de légumes, ni à l’école, ni à la maison. Mais ce n’est pas en insistant et en la braquant que j’allais la convaincre. J’ai finalement lâcher prise. Elle ne va pas se laisser mourir de faim et même si elle ne mange pas ou peu de légumes, elle adore toujours les fruits. Alors on s’adapte. Elle aime les soupes. Donc une ou deux fois par semaine, quand je sais qu’elle ne mangera pas ce qu’on va manger nous, je lui prépare une soupe aux légumes. Et le week-end quand c’est Papa Lou qui cuisine, elle mange toujours bien. Voilà donc près de trois mois que ça dure et on commence enfin à voir des améliorations. Ne pas la forcer, la laisser maître de ses envies (tout en veillant tout de même un minimum à son équilibre alimentaire) a porté ses fruits. Elle ne goûte plus systématiquement ce qu’on lui propose comme auparavant, mais elle goûte de nouveau plus volontiers les nouveaux aliments. Elle ne mange toujours que peu de légumes, mais ça aussi, ça reviendra, j’en suis convaincu.

Et vous, pratiquez-vous le lâcher prise? 

[Grossesse] Le projet de naissance

Lors de la première grossesse, nous n’avions pas préparé de projet de naissance. En effet, pour la naissance de Little Miss Sunshine, beaucoup de choses étaient bien trop flou dans ma tête, j’ai envie de dire par manque d’expérience… La seule chose que je désirais par-dessus tout était de pouvoir avoir le soutien de Papa Lou à tout moment. Ce que j’ai eu la chance d’avoir. J’avais décidé de faire confiance à l’équipe médicale sur place le jour J. Compte tenu de la manière dont c’est déroulée la naissance de Little Miss Sunshine, je pense que de toute façon, se tenir à un projet de naissance aurait été quasi-impossible…

Avec le recul, je peux dire que j’ai mal vécu le début de mon accouchement. Ma prise en charge chaotique lors de mon arrivée à l’hôpital, la panique du personnel hospitalier à plusieurs reprises au cours de mon accouchement, les nombreux toucher vaginaux et la pose d’une sonde urinaire, le fait d’être branché à cinq produits différents répartis dans deux bras, sans compter la péridurale et le tensiomètre en continu… Finalement l’expulsion, elle, s’est plutôt bien passé si ce n’est que j’étais épuisée.

Pour diverses raisons, il y a des choses que j’aimerai ne pas revivre pour cette deuxième naissance, et d’autres que j’aimerai au contraire pouvoir vivre ou vivre différemment. Pour ce deuxième bébé, nous avons donc décidé de créer un projet de naissance. Pour moi, ce projet de naissance est avant tout une manière de communiquer mes angoisses et mes attentes à l’équipe médicale (surtout la gynécologue qui me suit et qui sera présente le jour J). C’est une manière pour moi de parler avec ma gynécologue de ce que je désire ou pas, de ce que j’attends d’un accouchement ou pas pour qu’on apprenne à mieux se connaître et que si des choses se passent vraiment différemment en Chine, je puisse m’y préparer. Je le considère avant tout comme un outil de communication pour éviter tout énervement ou incompréhension inutile le jour J.

Je suis en pleine rédaction de notre projet de naissance. Nous en avons parlé avec Papa Lou. Il estime avant tout que pour tout le côté « technique » et les « soins » que l’on peut me porter, c’est à moi de choisir et de décider. Le jour J, il sera là pour défendre mes attentes. Nous avons parlé ensemble des sujets qui concerne le bébé ou le Papa et nous sommes d’accord sur la manière dont nous voulons accueillir ce deuxième bébé.

La difficulté réside plutôt dans le fait qu’une fois mon projet de naissance rédigé en français, je vais devoir le traduire en anglais. Ensuite, il faudra que j’arrive à en parler ouvertement avec ma gynécologue, mais de ce côté-là je ne suis pas inquiète, elle a l’air plutôt ouverte. J’espère ne pas être trop étonné par certaines pratiques dans les hôpitaux chinois. Dans tous les cas, en en parlant bien avant, j’aurai au moins le temps de m’y préparer ou d’en rediscuter plus tard avec ma gynécologue pour essayer de faire évoluer les choses en ma faveur…

Et vous, avez-vous rédigé un projet de naissance? Et avez-vous réussi à vous y tenir le jour J? 

[Education bienveillante] Le temps des monstres et l’angoisse de séparation

Depuis une dizaine de jours, alors que nous étions encore en Alsace, Little Miss Sunshine s’est mise à refuser de dormir dans son lit. Impossible de la coucher vers 21h comme nous en avions l’habitude. Soit elle finissait par s’endormir sur le canapé et nous la couchions dans son lit ainsi endormie, soit elle finissait par dormir dans notre lit après une « bataille » aussi fatigante qu’inefficace à 23h.

Je n’ai pas eu les ressources nécessaires pour trouver une solution bienveillante entre la fatigue et la famille où chacun y va de son commentaire et de son conseil, impossible de réfléchir clairement et de prendre du recul sur la situation. J’avais le faible espoir que la situation s’arrangerait d’elle-même avec notre retour à Shanghai, ce qui a par le passé déja été le cas. Mais au fond de moi, je savais qu’on était passé dans une autre phase, que Little Miss Sunshine grandit et que de nouveaux défis se présentent à nous.

De retour à Shanghai, le problème ne s’est pas arrangé tout seul. Il a bien fallu que je me penche sérieusement sur la question. En prenant un minimum de recul sur la situation, j’ai bien compris que Little Miss Sunshine a vécu beaucoup de fortes émotions ces derniers temps. Sa première rentrée scolaire mi-octobre, prendre le bus seule depuis début décembre, le stress de voir régulièrement partir Papa Lou en déplacement, l’annonce de l’arrivée d’un petit frère, le retour en Alsace pour les fêtes de fin d’année, le changement de chambre et de lit réguliers en Alsace. Sans compter la difficulté de récupérer suite au décalage horaire…

Premièrement, j’ai essayé et réussi à nouer le dialogue avec Little Miss Sunshine. Elle m’a parlé d’un monstre qu’elle a vu dans sa chambre chez Papapa et Mamama – et dont elle m’avait parlé au moment même de l’événement. Un événement qui l’a plus marqué que ce que j’avais pensé au départ, même si j’avais tout de suite pris le problème au sérieux. Je n’ai malheureusement pas réussi à savoir s’il s’agissait d’un cauchemar ou de la peur d’une ombre dans la chambre. De manière plus générale, j’ai également essayé de la faire parler des moments importants qu’elle a passé ces derniers temps. Elle m’a parlé de ses grands-parents qui sont loin, de son futur petit frère, de Paris qui lui manque, …

Ensuite, nous avons choisi de lui proposer une petite lumière dans sa chambre, une veilleuse. Nous sommes allés ensemble acheter une petite veilleuse que Little Miss Sunshine a choisi elle-même. En parallèle, nous avons choisi une nouvelle tétine lumineuse pour la nuit et nous avons ressorti un petit éléphant lumineux que j’avais déja quand j’étais petite. Comme elle m’a parlé de la peur du noir, je pensais pouvoir la soulager un peu de cette manière.

Puis, nous avons décidé de dédramatiser la situation en créant une « chasse aux monstres ». Nous avons commencé par lui ré-expliqué que les monstres n’existent que dans les dessins animés et les histoires, que le monstre qu’elle avait cru voir n’était que le fruit de son imagination. Nous avons donc organisé une chasse aux monstres qui devait à l’origine se limiter à la chambre de Little Miss Sunshine, mais qui c’est finalement étendu à tout l’appartement à la demande de cette dernière. Je lui demandais simplement « Où te cacherais-tu si tu étais un monstre? » Et elle me nommait un endroit avant de courir vérifier qu’aucun monstre ne s’y trouvait. De temps à autre, j’ajoutais « Alors moi, si j’étais un monstre, je me cacherai ici ou là » et nous partions vérifier toutes les deux. Ce jeu a duré une bonne vingtaine de minutes, dans la joie et la bonne humeur. A la fin, nous avons conclu qu’il n’y avait effectivement pas de monstres dans la maison.

J’ai également ressorti les deux livres qui m’inspirent et m’aident le plus Au coeur des émotions de l’enfant et J’ai tout essayé d’Isabelle Filliozat. J’ai relu les parties traitant des peurs en général et de la peur des monstres en particulier. Ca m’a permis de relativiser, de me rappeler que tous les parents ou presque sont confrontés à cette peur des monstres.

Enfin, nous avons essayé de remettre en place un rituel du coucher qui avait été mis à mal depuis le début de ma grossesse et la fatigue intense que j’éprouvais tous les soirs. Notre rituel commence avec le repas du soir. Suit un premier moment calme durant lequel nous regardons un dessin animé court ou nous faisons un jeu. Puis nous mettons une couche, un pyjama et Little Miss Sunshine prend son lait sur le canapé. Enfin, nous prenons le chemin de sa chambre pour un second moment calme, elle choisit une ou deux histoires à lire, nous nous installons tous dans son lit et nous lisons les histoires. Après un dernier câlin et un dernier bisou, nous quittons la chambre et éteignons la lumière. Ce rituel a vraiment bien fonctionné jusqu’au mois d’octobre. Depuis, c’est Papa Lou qui a pris le relais seul – m’ôtant de fait du rituel parce que je dormais déja la plupart du temps – ou alors elle allait carrément se coucher seule parce que je dormais déja…Une petite fille très raisonnable en somme. Nous tentons donc de remettre ce rituel en place en y ajoutant l’allumage de la veilleuse et un dernier moment calme ou je me couche avec elle quelques minutes, le temps pour elle de se rassurer et de commencer à s’endormir, avant de quitter la pièce sur la pointe des pieds.

Little Miss Sunshine connait très bien nos limites en ce qui concerne le co-dodo. Chacun son lit, mais si elle a besoin de nous, si elle a un souci, elle sait qu’elle peut venir nous rejoindre à n’importe quel moment la nuit. Le souci est juste qu’elle est en pleine phase d’angoisse de séparation. Le bébé à venir, l’absence régulière de Papa Lou, le fait que nous nous soyons un peu effacé au profit des grands-parents durant ses quinze jours, on fait naître cette angoisse. En parallèle, Little Miss Sunshine est également en pleine recherche de nos limites.

Le premier soir a été difficile. Le début du rituel s’est très bien passé. Nous avons expliqué et ré-expliqué plusieurs fois au courant de la journée le déroulement de notre soirée et le rituel du coucher. Elle a approuvé à plusieurs reprises de dormir dans son lit suite à la chasse aux monstres et à l’allumage d’une veilleuse ce qui était déja une grande avancée en soi. Là où ça s’est compliqué, c’est au moment de mettre le pyjama et de prendre le lait. Refus catégorique. Elle nous a clairement dit que c’est parce qu’elle ne voulait pas se coucher seule dans son lit. Nous avons longuement négocié, nous l’avons laissé choisir le moment, elle a même fini par accepter de mettre son pyjama, prendre son lait et a choisi deux histoires. Mais il a été impossible de la faire entrer dans sa chambre. Les négociations, l’attente, rien n’y a fait. Finalement, Papa Lou l’a porté jusque dans son lit et c’est là que le bras de fer a commencé. Pleurs, cris, coups, hurlement, colère, elle nous a tout fait. Je n’ai pas réussi à gérer ses émotions. J’ai dû sortir de la pièce. Papa Lou a très bien réagi. Il s’est assis devant la porte fermée, dans la chambre avec elle et l’a laissé crier, hurler et tenter de le déloger en lui répétant qu’il l’aimait jusqu’à ce qu’elle finisse par se calmer. Ca a pris une bonne quinzaine de minutes. Elle a fini par se calmer. Elle m’a alors réclamé. Je lui ai demandé de se mettre au lit et lui ai promis de lui lire ses deux histoires dès qu’elle y serait. Et ça a marché! Nous avons lu les deux histoires, fait beaucoup de câlins, elle a accepté que l’on éteigne la lumière et que je reste quelques minutes à côté d’elle. Elle s’est endormie en un temps record. J’ai quitté la chambre sur la pointe des pieds… Rien n’était gagné, mais c’est un début. Elle est finalement venu nous rejoindre en pleurs dans notre lit 2h plus tard.

Le jour suivant, nous n’avons jamais réussi à la mettre dans son lit. Encore une fois, au moment de lire l’histoire tout s’est compliqué. Cris, hurlements, coups… Impossible de la faire entrer dans sa chambre. Je me suis finalement enfermée dans sa chambre avec elle, assise devant la porte pour la bloquer et j’ai essayé de lui parler. Elle semblait terrorisée. Elle a réellement peur du noir et des monstres. Elle a fini par s’apaiser dans mes bras, mais j’ai réussi à lui faire dire pas mal de choses. La veilleuse ne lui suffit pas. Elle m’a réclamé une lampe de poche – découverte chez GrandPapa – en me promettant de dormir dans son lit le jour où elle en aurait une. Je ne pense pas que ce sera une solution miracle, mais comme c’est elle qui l’apporte, je l’ai acheté dès le lendemain. Malheureusement, elle a encore passé la nuit dans notre lit…

Le troisième jour, elle a repris l’école. Elle est donc rentrée bien fatigué de sa journée. Je lui a tout de suite montré sa nouvelle lampe de poche qu’elle s’est empressée d’essayer. Nous avons joué toutes les deux. J’ai essayé de mettre en scène une situation équivalente à la nôtre chaque soir alors qu’elle jouait à Papa et Maman avec ses peluches. Je lui ai demandé où dort son bébé, si il reste tout le temps avec elle et le Papa dans le lit, comment ils font quand ils ont envie d’être juste tous les deux, si son bébé accepte de dormir dans son lit… Elle a très bien répondu à chacune des questions. Pour la dernière, elle m’a dit que le bébé avait un peu peur du noir, qu’il venait souvent les rejoindre et que c’est le Papa qui lui explique qu’il faut dormir dans son lit car elle est trop fatiguée… Mais encore une fois, après son lait, il a été impossible de la mettre dans son lit. En désespoir de cause, j’ai tenté une nouvelle alternative. Une alternative qui nous permet d’être seul Papa Lou et moi dans notre lit, mais pas dans notre chambre. Nous avons installé un lit de fortune avec des matelas à même le sol à Little Miss Sunshine. Elle a été ravie. Mais au moment d’éteindre la lumière vers 21h30, elle ne voulait toujours pas rester seule dans la chambre. Même avec la lampe de chevet allumée, la porte ouverte et sa lampe de poche. Elle a veillé jusqu’à 23h. Mais a fini par rester dans la chambre après une dizaine d’aller-retour vers le salon. Inutile de vous dire la difficulté du réveil le lendemain à 7h…

Je dois bien avouer que je suis un peu désemparée face à cette situation. Je crois que j’ai essayé tout ce que je pouvais et que rien n’y fait. J’ai fini par croire qu’il faut que nous lâchions prise et que nous la laissions dormir avec nous quelques temps. Le temps qu’elle se rassure, qu’elle se sente à nouveau en sécurité. Mais j’ai peur que ça n’empire que les choses, qu’elle ne veuille plus du tout aller dans son lit et que le bébé arrive. J’ai peur aussi de ne pas lui rendre service en ne l’aidant pas à vaincre sa peur, en la surprotégeant. Et puis c’est clairement un besoin pour Papa Lou et moi de nous retrouver à deux dans notre lit, pour avoir un minimum d’intimité avant l’arrivée du nouveau bébé.

Si vous êtes passé par là, si vous avez des conseils, des idées, je suis preneuse…