[Expatriation] Vivre dans une grande ville polluée

La pollution était une de mes principales craintes quand nous avons emménagé à Shanghai. Je vous en avais parlé dès le mois de mars avant notre départ, mais aussi peu de temps après notre arrivée alors que nous n’avions pas encore vécu de réels pics de pollution.

Alors il faut tout de même le dire, mais depuis que nous sommes arrivés à Shanghai, la situation ne fait que s’améliorer. Nous avons eu le dernier grand pic de pollution l’hiver où nous sommes arrivés: trois semaines à près de 500. Heureusement, c’était les vacances de Noël, nous les avons passé en France et nous n’avons eu à vivre que les quelques derniers jours de ce pic. Depuis, nous avons eu un pic à 500 durant deux jours en janvier dernier et sinon des pics à 250 maximum mais juste sur une journée de temps à autre.

Cet hiver, avec le froid, la pollution stagne au-dessus de Shanghai. Depuis début janvier les taux étaient assez élevés (régulièrement 180), mais depuis près d’une semaine la pollution est vraiment élevée, les taux sont montés à 280 et même la nuit rien n’a changé. Après trois jours au-delà de 250, je commence vraiment à en sentir les effets. 

Les effets de la pollution ne sont pas très agréable: je me sens fatiguée, las, je n’ai envie de rien, j’ai les membres lourds, j’ai mal à la tête, j’ai la tête qui tourne quand les taux sont vraiment élevés et que je dois faire un effort (escaliers, ménage, vélo) même avec un masque, je me sens nauséeuse. Dès que le taux baisse en-dessous de 100, je me sens tout de suite mieux. Le souci est vraiment qu’on ne connaît pas les effets de cette pollution à long terme, ou plutôt qu’on s’en doute compte tenu du taux de cancer respiratoire dans des pays comme la Chine…

Protéger les enfants est une de mes priorités. Quand j’étais encore maman au foyer, j’ai toujours gardé Little Miss Sunshine à la maison les jours de forte pollution. Chez nous, nous avons un purificateur dans chaque pièce qui tourne 24h/24 365 jours par an. Les jours de forte pollution, je les pousse au maximum pour abaisser les taux le plus rapidement possible en-dessous de 100 à l’intérieur de la maison. Le problème est que l’isolation en Chine est vraiment extrêmement mauvaise. On sent l’air qui passe partout au niveau des portes et des fenêtres et c’est partout pareil. Donc dès qu’une porte ou une fenêtre est mal fermée, les taux montent extrêmement rapidement et tardent à redescendre. Je me bats quotidiennement avec Ayi dans ces cas-là pour qu’elle n’ouvre pas les fenêtres, n’accroche pas mon linge à l’extérieur, ferme les portes le plus rapidement possible. Mais malheureusement les Chinois ne se soucient que peu de la pollution. Ils sont relativement défaitistes et pensent que c’est ainsi et qu’ils doivent vivre avec…

Chez nous, la routine est relativement bien réglée en cas de pollution. Nous avons un moniteur qui calcule en temps réel le taux de particules dans la pièce principale. Nous savons donc toujours exactement quel niveau de pollution nous atteignons à l’intérieur de la maison.

Nous allumons les purificateurs à fond, nous évitons au maximum les sorties et nous croisons les doigts pour que les taux baissent rapidement. Le souci étant que depuis septembre je travaille. Je ne peux donc plus simplement garder les enfants à la maison à surveiller les taux de pollution.

Personnellement, je suis obligée d’aller à l’école en vélo pour arriver à l’heure. Je suis donc contrainte de mettre un masque qui filtre les particules fines (ce qui n’est pas le cas de tous les masques) et de rouler dans la pollution et la circulation shanghaienne. J’ai choisi un masque de la marque vogmask, mais nous utilisons également régulièrement les masques avec filtres à particules jetables de 3M. Ces masques sont pour la plupart équipé d’un filtre à charbon et doivent être changé plus ou moins régulièrement en fonction des marques et des modèles. Je dois bien avouer que je n’aime pas porter ce type de masque. Je trouve qu’il est difficile de respirer à l’intérieur, puisque le masque va venir se plaquer contre le visage au moment de l’inspiration ce qui rend plus difficile le remplissage des poumons et se décoller légèrement au moment de l’expiration. Je suis très facilement en hyper-ventilation avec ce type de chose sur le nez…

J’ai les même types de masque pour les enfants. Et ils n’aiment pas les porter. Tout comme moi, je ne vais donc pas leur en vouloir. Et les enfants passent chaque matin et chaque soir 1h10 dans le bus scolaire au milieu de la circulation et donc de la pollution. Et rien n’est fait de la part de l’école dans le bus. Ils ont donc régulièrement un masque (qu’ils perdent ou ne portent pas ou abîment…) ce qui me semble totalement inefficace. Tant que la pollution n’atteint pas des sommets, j’essaie de ne pas trop y penser. Mais depuis quelques jours, ce n’est juste pas possible. J’ai donc apporté mes enfants en taxi (quinze minutes) pour leur éviter ce temps dans le bus. Et nous leur avons acheté un modèle de purificateur d’air portatif qui se porte autour du cou. Il s’agit d’un filtre à charbon et/ou un ionisateur suivant les marques qui va éliminer les particules fines aux alentours des voies respiratoires. J’imagine bien que ce n’est pas magique, mais j’espère que les effets sont assez importants pour au moins abaisser légèrement le taux de pollution. Nous avons acheté une marque chinoise, air angel. Nous attendons de voir si les enfants les portent vraiment et s’ils ne les abîment pas trop rapidement avant d’investir dans quelque chose de plus cher.

A l’école, les normes sont claires, mais parfois difficilement applicables avec le personnel chinois. Ils ne comprennent pas toujours l’intérêt de fermer une porte ou alors sont persuadés que quoi qu’il arrive l’air extérieur est toujours meilleur que l’air intérieur… Nous avons des purificateurs dans tous les salles qui sont allumés dès que la pollution est supérieure à 150. Quand la pollution est supérieure à 180, nous ne sortons plus à l’extérieur, nous avons un espace de jeu souterrain avec de nombreux purificateurs. Mais il n’empêche, les taux de pollution dû au va-et-vient du personnel entre l’intérieur et l’extérieur, à la mauvaise isolation voire à l’absence de portes ou de fenêtres dans certains espaces, demeurent trop élevés à mon sens. Et c’est quelque chose qui m’inquiète parce que j’ai réussi à protéger Little Miss Sunshine jusqu’à présent en la gardant systématiquement à la maison, mais que je ne pourrai pas faire pareil avec Little Smiling Buddha. Et c’est donc un réel combat que je vais essayer de mener de l’intérieur avec les parents d’élèves.

Si vous avez les mêmes problématiques, n’hésitez pas à me donner votre avis, vos idées! 

[Expatriation] Deux ans à Shanghai

Deux ans. J’ai du mal à réaliser. Je me vois encore trépigner d’impatience de partir enfin pour la Chine et de rejoindre Papa Lou au mois de juillet 2014.

Et puis si je jette vraiment un oeil par-dessus mon épaule, je me rends bien compte de ce temps écoulé. La « surprise » de la grossesse de Little Smiling Buddha, le suivi de la grossesse en Chine, mon accouchement dans un hôpital international, la première année de Little Smiling Buddha, ses premiers pas, plusieurs voyages en Chine et ailleurs, deux rentrées scolaires pour Little Miss Sunshine, un an de vie commune avec Ayi, mon apprentissage du chinois,…

Après deux ans, nous sommes toujours encore en phase de découvertes. C’est avec le même plaisir que je me promène aujourd’hui dans les rues de Shanghai. La seule différence, c’est qu’en arrivant à Shanghai, c’est Little Miss Sunshine qui était lové dans le Boba et qu’aujourd’hui c’est Little Smiling Buddha.

Nos liens familiaux sont toujours aussi serrés. Comme lors de chaque naissance, notre vie de couple a été chamboulé, mais nous espérons que nous allons bientôt pouvoir reprendre un peu de temps pour nous et profiter un peu de Shanghai by night.

Cette deuxième année à Shanghai aura été marqué par:

  • Ma compréhension du chinois qui aujourd’hui change complètement ma manière d’appréhender cette expatriation et la culture chinoise. Je profite beaucoup plus des « spécificités » chinoises, je peux débattre des différences culturelles avec Ayi ou nos amis chinois, je peux poser des questions sur ce qui m’intrigue et avoir des réponses à mes questions.
  • Trois retours en France. Suite à la naissance de Little Smiling Buddha, nous avions passé notre premier été à Shanghai. C’est donc au mois de septembre/octobre que nous avons fait notre premier voyage retour à quatre. Nous sommes ensuite revenu en France pour Noël et enfin à la fin du mois de juin pour les deux mois d’été. Nous avons finalement bien profité de ces moments en France, et nous n’avons pas trop ressenti le manque de la famille, même si ce manque reste évidement présent dans de nombreuses occasions.
  • Nous n’avons pas eu beaucoup de visite cette année. Seuls mes parents sont venus passer deux semaines avec nous au mois d’avril.
  • Trois voyages en Chine. Le premier à l’occasion du Nouvel An chinois à Harbin, pour aller voir le festival de glace. Le deuxième juste après le Nouvel An chinois où nous avons réalisé une semaine de roadtrip dans le Fujian. Le troisième lors du festival des bateaux-dragons à Pékin.
  • Deux journées de visite autour de Shanghai. La première dans la jolie ville d’eau de Qibao. La seconde dans la très belle Suzhou, où nous aurions finalement aimé passer plus de temps.
  • Les premiers pas de Little Smiling Buddha au contact de petits camarades chinois dans le parc de notre résidence.
  • La première fête d’anniversaire de Little Miss Sunshine avec les copains et copines de sa classe…
  • La rencontre de nouveaux amis chinois autour de notre résidence: tout d’abord la jolie amitié qui lie Little Miss Sunshine et LiangLiang, son petit camarade chinois qui a un an de plus qu’elle et qui vient de temps à autre passer la soirée chez nous. Et puis l’amitié qui s’est liée entre Little Miss Sunshine et TianZhen, un petit garçon de 8 ans dont les parents sont chinois, mais qui va au lycée français et qui est ravi de retrouver quelqu’un qui parle français dans la résidence. Et puis plus récemment, la nouvelle amitié qui s’est liée entre Little Miss Sunshine et Eva, une petite taïwanaise de 8 ans qui habite dans la résidence en face de chez nous. De notre côté, nous avons lié une belle amitié avec les responsables et employés de notre petite maison de thé favorite où nous passons quasiment tous les week-ends. Nous y sommes accueillis comme si nous faisions partis de la famille. Nous sommes liés par notre passion du thé, mais également par la joie de voir grandir nos enfants respectifs. Nous nous échangeons régulièrement des « cadeaux » et autres recettes de nos pays respectifs. Ma nouvelle amitié avec Anna, la maman de la petite Eva, taïwanaise expatriée à Shanghai et maman au foyer comme moi. Entre nous, la langue de communication est souvent l’anglais, parce que contrairement à beaucoup de Chinois, elle la maitrise très bien, mais il n’empêche que nous parlons de temps à autre chinois toutes les deux.
  • Notre découverte d’un bain coréen proche de Qibao, où nous aimons passer régulièrement du temps en famille dans des bains brûlants…

Contrairement, à ce que j’ai pu entendre des autres expatriés autour de moi, au bout de deux ans, nous sommes toujours dans une phase de lune de miel avec Shanghai et la Chine. Nous nous sentons bien, nous nous sentons à notre place dans cette grande ville cosmopolite. Nous nous y voyons bien encore quelques années…

Les enfants se sont tout à fait bien habitué à cette vie. Ils ont leurs camarades chinois, leurs camardes français et puis des camarades de tas d’autres nationalités avec lesquels ils communiquent en Chinois ou en Anglais. Ils sont à l’aise avec les voyages, les changements d’horaires, de cultures,… Les observer dans leurs découvertes de l’autre avec toute l’innocence des yeux d’enfants est un vrai bonheur. Little Miss Sunshine est totalement à l’aise avec un planisphère. Elle connaît tous les continents, les pays que nous visitons, sait replacer la Chine, Shanghai, la France, Paris et le Japon, nous parlons très régulièrement différences de cultures ou de conventions sociales. C’est une richesse immense dont nous n’,entr’apercevons pour l’instant qu’une infime partie compte tenu de la jeunesse de nos enfants…

J’ai profité à fond de mon temps avec Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Je leur offre du temps en quantité et en qualité grâce à l’aide incommensurable d’Ayi. C’est exactement ce que j’espérais en devenant maman au foyer et en vivant en expatriation.

Cette nouvelle année qui s’ouvre, j’ai envie de faire un peu plus de choses pour moi: j’ai beaucoup de projets en attente que je veux concrétiser ou tout du moins commencer à concrétiser. Je veux aussi réussir à reprendre du temps en couple. Papa Lou est peut être le plus grand perdant dans cette histoire!

C’est avec bonheur que nous entamons cette troisième année d’expatriation à Shanghai…

Un an

Il y a tout juste un an, tu posais sur moi tes beaux yeux bleus pour la première fois.

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Et je me suis de suite noyée dans cet océan d’amour. Toutes mes interrogations de maman enceinte d’un second bébé se sont envolés d’un seul coup. Mon cœur de maman s’est agrandit pour toi. Tu t’y ais fait une place, sans que je m’en rende compte… De jour en jour plus grande.

Tu as passé le premier mois collé à moi. Couché sur moi, dans l’écharpe ou dans les bras. Au point que je ne t’ai jamais entendu pleurer. Je savais exactement quand te donner le sein ou quand changer ta couche. De jour comme de nuit. Une véritable osmose… La première fois que nous t’avons entendu pleurer, tu avais un mois et c’était pour une prise de sang.

Depuis, tu t’es bien rattrapé! Tu as besoin de pleurer le soir pour décharger tes émotions de la journée. J’avais connu cela avec ta sœur, mais sur une période plus courte, quelques mois seulement. Toi, c’est depuis tes un mois et ça arrive encore régulièrement aujourd’hui. Et puis, tu t’exprimes haut et fort quand quelque chose ne te conviens pas. Tu as la voix qui porte. Tu t’énerves avec une rapidité déroutante quand quelque chose ne va pas comme tu veux. Tu passes du rire aux larmes en un quart de seconde quand un de tes jouets reste coincé pendant que tu joues!

Tu as été un bon dormeur durant les premiers mois: 13h de nuit quasi-sans réveil et 3 ou 4h de sieste dans la journée. Et puis peu après tes quatre mois, tout a basculé. Les dents ont commencé à te chatouiller les gencives et depuis, elles ne nous ont pas laissé beaucoup de répit. Même si quatre seulement ont pointé leur nez… 3 à 5 réveils par nuit, un réveil définitif aux alentours de 5h que je tente chaque matin de contenir en te donnant le sein le plus longtemps possible, et puis deux fois 30 minutes de sieste dans la journée… Mais tu es un couche tôt. Tu t’es longtemps endormi exténué entre 19h et 20h. Aujourd’hui, tu t’endors vers 21h, au même moment que ta soeur. Et ce rythme nous convient très bien…

Tu as un besoin de mes bras que je n’arrive même pas à assouvir certains jours. Malgré les heures passées couché sur moi sur le canapé, malgré le cododo, malgré le portage, malgré les innombrables tétées…

Et puis en parallèle tu as une indépendance déroutante. Depuis tes 5 mois, tu peux passer plus de trente minutes à jouer seul, sans aucune intervention de ma part… Et aujourd’hui c’est même parfois 45 minutes durant lesquelles tu sais t’occuper seul à la découverte de l’appartement et de tes jouets…

Tu observes le monde et les objets qui t’entourent avec l’envie d’en connaître les moindres recoins. Tu as soif de connaître comment les choses fonctionnent, comment on les utilise. Tu as une sorte d’instinct pour savoir comment faire avec tes jouets. Tu adores les balles. Tu as spontanément commencé à lancer les balles en l’air et à partir à leur recherche vers tes 8 mois… Depuis quelques semaines, on peut jouer à la balle avec toi. On la fais rouler devant toi, tu l’attrapes et tu nous la renvoie. C’est un bonheur de te voir ainsi t’amuser! La première fois que tu as eu une petite voiture en main, tu l’as spontanément fait rouler comme on le fait avec un jouet. Si je te donne un instrument de musique en main, tu vas l’observer et très rapidement trouve comment t’en servir. Tu trouves le moyen de transformer n’importe quoi en instrument de musique actuellement: un tube de papier toilette vide, un couvercle de casserole, un entonnoir,…

Les balles et la musique. Pour tes un an, ce sont les deux choses qui te passionnent.

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A un an:

  •  Tu manges seul, avec tes mains ou ta petite cuillère. Tu as un goût prononcé pour la cuisine chinoise et notamment les soupes d’Ayi. Ton légume préféré est le maïs. Tes fruits préférés le raisin et la banane. Tu adores les raisins secs. On en a toujours sur nous quand on part en promenade en cas de petite faim. Tu ne bois quasiment rien d’autres que mon lait. Mais tu aimes goûter les boissons que nous consommons avec une paille.
  • Tu déteste qu’on te change la couche. Tu ne peux t’empêcher de pleurer et de te tourner sur le ventre. Ni les chansons, ni les jouets ne font diversion. Et tu adores te promener sans couche.
  • Tu rampes depuis tes 4 mois. Tu es parti à quatre pattes, tu t’es assis seul et tu t’es mis debout la même semaine à 7 mois et demi. Aujourd’hui tu pars à quatre pattes à une folle vitesse, tu marches en te tenant aux meubles ou en poussant des objets. Tu t’essaie depuis quelques semaines à te relever sans appui. Et tu parviens de plus en plus régulièrement à tenir debout seul, sans appui.
  • Tu as deja parcouru le monde avec à ton actif plus de 40 000km en avion. Tu t’es baigné dans des bains coréens à 40 degrés, tu as fait quelques pas sur la muraille de Chine, tu as tété sur les bords du Rhin, tu t’es promené contre moi le long de la Marne, tu as bu du thé au coeur des plantations du Fujian, tu as observé attentivement les lumières des marchés de Noël alsacien…
  • Nous avons partagé un an de tétées et je nous en souhaite encore au moins un an. Avec toi, l’allaitement a été tellement facile, tellement naturel. J’ai découvert comment endormir un bébé au sein ou comment il est possible d’avoir plusieurs montées de lait successives sur le même sein, malgré 17 mois d’allaitement celui que j’ai partagé avec ta sœur était totalement différent!
  • Un an de nuits partagées. Partagées avec nous, tes parents, mais aussi avec ta sœur. Et toujours cette certitude d’être sur le bon chemin le matin au réveil…
  • Tu as noué une très jolie relation avec Ayi depuis que vous avez passé huit matinées seuls tous les deux alors que je faisais une formation. Tu l’appelles, tu lui demande de te porter. Tu l’empêche de partir le soir en bloquant la porte et en lui demandant de te prendre encore une fois dans les bras… Elle te fait rire, tu la fait rire. Tu t’endors contre elle quand je ne suis pas là…
  • Tu regarde ta soeur avec un regard plein d’amour, de fierté et d’envie. Tu l’adore. Tu pleurniche chaque matin au départ de son bus et tu l’attend avec une impatience non dissimulé à partir de 15h30 tous les jours. Il faut voir ton visage se décomposer quand elle ne veut pas jouer avec toi et qu’elle ferme la porte de sa chambre. Tu es alors inconsolable pour de longues minutes…
  • Tu parles un langage bébé fait d’onomatopées et des différentes syllabes depuis tes 6 mois. Tu dis très peu de mots en Français: « Maman » et « Papa ». Mais tu dis quelques mots en chinois « Mama » (妈妈)et « Baba » (爸爸)- et il y a une réelle différence entre tes prononciations française et chinoise de ses deux mots! -, de temps à autre « Ayi »(阿姨). Mais surtout « Bao » (抱) pour qu’on te porte, et puis « JieJie » (姐姐)pour ta grande soeur. Le plus souvent quand tu veux attirer notre attention tu pousses de grands « Ahh ». Tu montres avec deux doigts ce que tu veux en disant des « Tah ».

Ce que j’ai envie de retenir aujourd’hui, ce sont tes sourires et tes éclats de rire, ta manière de tout poser sur sa tête depuis quelques semaines, les jours où tu ne veux pas quitter le sein, et où tu me laisses à peine quelques minutes à moi et puis les jours où tu prends ton indépendance et où tu joues des heures seul… Et puis tous ses moments que je savoure à t’observer en

Joyeux premier anniversaire mon bébé!

[Activités] Eveil des tout-petits (0-3 mois)

Notre Petit Poisson – que nous surnommerons dorénavant Little Smiling Buddha – est né quelques jours avant le solstice d’été. Cet été passé à Shanghai, dans la chaleur moite de la ville, m’a donc incité à chercher diverses activités d’éveil à proposer à mon tout-petit afin de profiter de jolis moments avec lui, même si on ne pouvait pas vraiment sortir. Il a trois mois aujourd’hui, je vous partage donc toutes les idées que nous avons mis en pratique…

  • Le massage.

Après la naissance de Little Miss Sunshine, nous avions eu la chance de participer à un atelier de massage bébé avec une gentille instructrice. Et encore aujourd’hui, à 3 ans et demi passé, je masse régulièrement Little Miss Sunshine.

Mais le massage bébé peut se pratiquer dès la naissance. Les gestes doux, la sensation d’enveloppement des mains de Papa ou Maman permet à bébé d’être rassuré et de prendre conscience de son corps, petit à petit. Le massage des tout-petits les aide également à déplier ce petit corps tout recroquevillé après neuf mois passés à l’étroit dans le ventre de Maman.

C’est un moment privilégié entre le masseur (Papa ou Maman) et le bébé. Un moment où l’on sent l’amour et l’énergie qui passe au travers de nos mains. Le massage bébé se pratique donc à des moments bien précis. Il faut que le masseur soit calme et posé, que le bébé soit dans une phase d’éveil. Pour Little Smiling Buddha, le moment privilégié, c’est le matin après son deuxième réveil vers 9h. Il apprécie alors tout particulièrement ce moment câlin…

  • Les images contrastées

A cet âge, les bébés ne voient pas bien loin. Il n’empêche que l’on peut commencer à leur montrer des images très contrastées, notamment des images noires et blanches  ou noires, blanches et rouges dans les premiers mois.

Nous pratiquons la motricité libre – ou tout du moins nous nous y essayons – et Little Smiling Buddha passe donc du temps durant ses phases d’éveil sur son tapis d’éveil. Pour l’aider à faire des découvertes concernant son corps, sa motricité et le monde, nous lui proposons donc régulièrement des images en noir et blanc. Vous trouverez sur le blog de S’éveiller et s’épanouir de manière raisonnée des idées à mettre en place, ainsi qu’un bel article et de nombreuses images à imprimer sur le blog Montessori et Cie.

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Nous feuilletons également des livres d’images contrastés et notamment Noir sur blanc de Tana Hoban que nous apprécions beaucoup. Mais il en existe beaucoup d’autres…

  • Chanter

Chanter pour bébé est une des activités que nous pratiquons le plus. Que se soit moi, Papa Lou ou Little Miss Sunshine, nous chantons beaucoup et nous adorons tous chanter pour Little Smiling Buddha. Même Ayi chante spontanément en Chinois quand elle l’a dans les bras. C’est un joli moment privilégié que l’on passe avec bébé et qui peut être réalisé à n’importe quel moment et n’importe où. Et notre voix apaise spontanément Little Smiling Buddha.

  • Les chansons de mains

Il existe de nombreuses chansons à mimer avec les mains. Et les mains qui bougent, ça intéresse rapidement les bébés. Alors quoi de mieux que de chanter et de signer… Nos préférés actuellement: La famille tortue, Meunier tu dors et Vole papillon. Sur certains groupe Facebook, comme Signer avec bébé, les mamans partagent des vidéos de comptines signées. De quoi avoir toujours de l’imagination…

  • Signer

Quelques mois après la naissance de Little Miss Sunshine, nous avions réalisé un atelier pour apprendre à Signer avec Bébé. Nous avons signé jusqu’au 18 mois de Little Miss Sunshine environ, jusqu’au moment où la parole à pris le dessus sur les signes. C’est un merveilleux moyen de communiquer avec bébé. Tout le monde autour de nous avait été impressionné par ce moyen de communication qui évite bien des crises de pleurs et d’incompréhension à bébé.

Je signe avec Little Smiling Buddha depuis sa naissance. De manière plus ou moins intensive suivant les jours. Le but étant de signer à chaque fois que l’on dit le mot. Pour l’instant, je ne signe que quelques mots: changer la couche (deux mots), lait, Papa, Maman, soeur, tante (pour Ayi). Le but étant d’ajouter progressivement des mots au fur et à mesure de leur utilité. Ce site est génial pour trouver tous les mots que l’on ne connait pas en langue des signes française.

  • Le tapis d’éveil

Pratiquant la motricité libre, nous avons acheté un tapis épais en mousse pliable chez Ikea. Cela me permet de le déplacer aussi souvent que je veux. Nous pouvons ainsi déplacer le tapis d’éveil de Little Smiling Buddha dans la chambre de Little Miss Sunshine quand nous y jouons ou dans la cuisine quand nous y sommes. Dans le bureau, j’utilise nos tatamis pour le laisser découvrir son environnement. Il y passe plusieurs moments dans la journée, à chaque phase d’éveil ou presque, de quelques minutes seulement à près de 20 minutes.

  • Les balles

De temps à autre, pour donner envie à Little Smiling Buddha de découvrir le monde plus avant, je lui propose des balles de différentes textures et de différentes couleurs. J’ai des balles à picot, une balle alvéolée à attraper facilement, des balles en mousse. Il me manque des balles en tissu. Pour l’instant, Little Smiling Buddha les observe et donne des coups incontrôlés dedans.

  • Les vocalises

Répéter les vocalises de bébé est un moyen facile de le voir sourire et de l’inciter à poursuivre ses gazouillis. C’est quelque chose que nous faisons beaucoup avec Little Smiling Buddha… Et ça peut durer des dizaines de minutes!

  • Les histoires

Nous avons commencé à lire des histoires à Little Miss Sunshine dès sa naissance. Et c’est un peu pareil avec Little Smiling Buddha puisqu’il écoute les histoires que nous lisons à Little Miss Sunshine. La voix de ses proches apaisent le bébé, avant de comprendre une histoire, c’est une musique, un timbre de voix qui les bercent et les rassurent.

D’autres idées que nous n’avons pas encore mis en place mais qui ne saurait tarder.

  • L’eau qui coule

Cette idée m’a été soufflé par un article du site Naître et Grandir. Laisser couler de l’eau sur toutes les parties du corps de bébé pendant son bain me semble une douce manière de lui faire prendre conscience de son corps.

  • Le miroir

Dès notre retour en Chine, je vais mettre en place un miroir dans le bureau afin d’offrir la possibilité à Little Smiling Buddha de bouger et de s’observer en même temps. Encore une jolie manière de prendre conscience de son corps et de ses possibilités.

  • Les mobiles

N’ayant pas de petit lit pour Little Smiling Buddha, puisqu’il dort avec nous, je n’ai finalement pas mis en place de mobiles Montessori comme j’en avais pourtant l’envie. Mais peut être le ferai-je tout de même un de ses jours…

Et vous, avez-vous des idées d’activités d’éveil à pratiquer avec les plus petits? 

[Education bienveillante] Alimentation des tout-petits

Grâce à l’allaitement, je ne me suis jamais vraiment demandée quelles quantités de lait pouvait bien boire Little Miss Sunshine, et je pense que cela m’a vraiment conditionné dans ma manière d’appréhender l’alimentation de Little Miss Sunshine de manière très détendue.

Je l’ai toujours laissé décidé de ce qu’elle voulait manger, que ce soit en quantité – dès sa naissance avec l’allaitement à la demande – ou en sortes d’aliments – à partir de la diversification.

Bien sûr, j’essaie de limiter le sucre (chocolat, bonbons, gâteaux …) mais pour le reste c’est à volonté et quand elle le désire. J’ai trouvé une astuce qui fonctionne très bien avec Little Miss Sunshine en ce qui concerne le chocolat et les bonbons, dès qu’elle a commencé à en manger, je lui ai expliqué qu’on ne pouvait en manger qu’un par jour. Quand elle me réclame un chocolat par exemple, je lui demande combien de chocolat on peut manger par jour et spontanément elle me répond: « un par jour ». Suivant le moment de la journée, elle change elle-même d’avis suite à sa réponse et me dit par exemple: on prend un chocolat au goûter, OK?

Si elle me réclame à manger, un fruit, un gâteau ou un légume, je ne ne lui refuse jamais. Je pense que si elle le demande, elle en ressent le besoin et ça ne l’a jamais empêché de vider son assiette.

A table, j’essaie de lui servir des quantités raisonnables dans son assiette. Je la laisse se resservir si elle en ressent le besoin. Nous avons instauré une petite phrase clef, quand je trouve qu’elle mange peut être un peu trop: « Est-ce que tu as assez mangé? Qu’est-ce qu’il te dit ton petit ventre? » Et ca marche très bien. Elle s’écoute bien.

Little Miss Sunshine n’a jamais été difficile jusqu’à aujourd’hui. Elle mange de tout et régulièrement. Il y aura bien évidement des jours où elle va préféré les féculents, d’autres où elle mangera plus de sucré et puis finalement le troisième elle me fera une cure de fruits et légumes, alors je lui fais confiance. Depuis ces deux ans, au moment de préparer le repas, elle m’annonce souvent qu’elle n’a pas l’intention de manger quelque chose: « Maman, je veux pas les champignons! » Alors que le champignon reste son légume préféré. Mais ce jour-là impossible de lui en mettre dans l’assiette et je ne parle même pas de lui faire goûter. Alors je propose, et puis je laisse tomber. Elle a besoin de savoir qu’elle a le droit de faire des choix…

Depuis toute petite, elle participe à l’élaboration de quasiment tous les repas. Elle prend les aliments en main, les mets dans les différents plats, m’aident à jeter les épluchures à la poubelle, part me chercher une bouteille dans le frigo, m’aide à mélanger les ingrédients… Elle est très curieuse des ingrédients qui composent son repas. Sa participation permet également de lui offrir le choix de ce que nous préparons à manger chaque jour. Elle m’aide même à élaborer ma liste de courses en fonction de ses envies.

Les jours où pour une raison quelconque elle ne touche même pas à son assiette, c’est extrêmement rare, mais ça arrive, je lui propose de goûter plusieurs fois, j’essaie de changer de tactique (« Tu veux manger dans l’assiette de Maman? », « Tu veux manger avec une cuillère/fourchette/les mains? ») et puis si rien n’y fait je laisse tomber. Je ne lui propose jamais de changer de plat. Par principe. Si elle ne veut pas manger, je respecte son choix. Au sortir du repas, je lui propose un laitage comme à mon habitude, ce qu’elle s’empresse d’accepter. Au réveil de la sieste, je reste à son écoute au cas où elle ressentirait le besoin de manger quelque chose avant l’heure du goûter. Je lui propose alors un fruit ou une compote en règle générale.

Je ne me suis jamais inquiétée de la quantité de nourriture que Little Miss Sunshine avale. Il y a des jours où elle mange plus, d’autres moins, des périodes un peu plus difficile que d’autres, mais je ne veux surtout pas que le moment du repas devienne un moment de tension, alors je l’écoute et je respecte ses choix, tout en restant intransigeante sur mes propres choix (ne pas proposer un repas alternatif).

Et chez vous, ça se passe comment à l’heure du repas?