[Expatriation] Vers une nouvelle aventure?

En quittant la France pour la Chine, en 2014, nous partions  pour cinq ans.

En 2019, nous voilà au bout de ce contrat. Ceux qui nous suivent régulièrement le savent, mais nous avions très envie de prolonger cette aventure chinoise quelques années encore. L’idée était vraiment de permettre à Little Smiling Buddha de finir sa maternelle bilingue en Chine ou de clore l’aventure de l’école élémentaire et de la section internationale chinois pour Little Miss Sunshine.

Nous avions eu une première alerte l’été dernier, durant notre séjour en amoureux en Ecosse. De mauvaises nouvelles étaient tombés et en quelques heures, c’est toute notre vie en Chine qui a été remise en question. On avait même craint de devoir quitter la Chine quasiment sur le champ. Et puis finalement, on a eu de la chance, l’année est passée. Et on nous a même donné à espérer que les problèmes avaient été résolus et que nous pourrions rester.

Mais dans les premiers jours du mois de mars, Papa Lou est rentré du travail en nous annonçant qu’il y avait très peu de chance que nous puissions rester en Chine. Grosse déception! On a mis quelques jours à réaliser que l’aventure s’arrêtait là. Et puis Papa Lou est tombé très malade, il a été une semaine à la maison et nous avons dû attendre pour voir comment les choses allaient évoluer.

Une fois le choc passé, nous avons réussi à en discuter objectivement. Il était temps pour nous deux de remettre nos priorités et nos plans pour l’avenir à jour:

      • Nous ne sommes pas prêts pour rentrer en France. Pour tout un tas de raison, mais surtout parce que rentrer en France signifierait un retour à Paris et qu’il n’est actuellement pas envisageable pour nous retourner vivre dans cette ville stressante et stressée. Les mouvements pendulaires entre la grande banlieue et Paris ne nous font pas rêver non plus et nous y perdrions de notre idéal de vie de famille. Notre priorité absolue est et restera notre vie de famille.

C’est difficile de parler de ce genre de choses dans un tel contexte. On a un peu l’impression de chipoter, de se compliquer la vie. Mais c’est primordial et ça fait énormément de bien. Quel bonheur de se sentir à nouveau plus proche, plus en phase, plus sûr de soi, de son couple et de notre famille après une telle remise en question. A mon sens, fixer ses priorités et ses objectifs de vie est vraiment une étape importante de l’expatriation.

Une semaine après l’annonce et après en avoir clairement discuté ensemble, voilà dans l’ordre de nos préférences les options qu’il nous restait:

  1. Un dernier espoir de rester en Chine. Nous avons d’ailleurs confirmé l’inscription des enfants dans leurs écoles respectives à Shanghai 
  2. Une nouvelle expatriation dans le réseau de l’entreprise de Papa Lou. Mais nous avions peu d’espoir compte tenu des délais très courts.
  3. Un retour à Paris temporaire, le temps de trouver une nouvelle expatriation vers un autre pays.

En parallèle, Papa Lou a contacté les différentes personnes qui pouvaient l’aider dans le réseau de son entreprise pour lui trouver un nouveau poste. Une quinzaine de jours après, et suite à ses discussions, deux nouvelles portes se sont ouvertes. Nous étions vraiment heureux de ces nouvelles.

Mais depuis début avril, les choses avancent vraiment tout doucement. Une destination ressort. Mais l’attente est longue. Nous espérons une confirmation rapide. Nous craignons toujours la même nouvelle que nous avions déja eu aux portes de l’expatriation il y a 5 ans et demi maintenant… 

Tout ce que nous savons donc deux mois après l’annonce de la fin de notre expatriation en Chine est que nous quitterons effectivement la Chine dans 8 semaines environ. Nous n’avons toujours pas de confirmation qui nous dirait que nous quitterons la France pour une nouvelle expatriation dans un autre pays à la fin de l’été. Nous ne savons toujours pas comment va se passer l’été, ni où. Nous ne savons pas où envoyer notre conteneur.  Nous ne savons pas où nous devons inscrire les enfants pour la rentrée de septembre.

Vous pouvez l’imaginer, mais la situation n’est pas simple. Nous espérons fort que nos nouveaux projets d’expatriation se concrétisent. En attendant, nous vivons au jour le jour. Nous profitons de ce que la Chine a encore à nous offrir, sans penser au lendemain. Mais parfois, au détour d’une conversation anodine, le stress revient à la charge.

L’expatriation est loin d’être une situation facile, calme et reposante. Nous sommes constamment mis hors de notre zone de confort. Et c’est très enrichissant, même si c’est également fatiguant. Je me découvre plus calme et patiente que je ne l’aurai pensé. Moins stressé. Plus dans l’instant présent. Moi qui ai toujours eu besoin de tout prévoir, savoir, organiser…

Quant aux enfants, ils sont au courant de la situation depuis le début. Ils font partis de nos projets et ils ont le droit de savoir – même si nous n’entrons pas dans les détails. Ils savaient que nous avions de grands risques de quitter la Chine. Ils savent où nous avons des chances d’aller après la Chine. Ils savent que rien n’est joué et que les plans peuvent encore être modifié. Mais au quotidien, sauf si ils ont des questions, nous n’en parlons pas. Nous en parlons très peu devant eu. Nous essayons plutôt de nous contacter par téléphone en journée quand ils sont à l’école pour en parler quand quelque chose de nouveau survient. Et nous leur faisons part, à froid, des dernières avancées quand elles sont susceptible de leurs parler. Ces nouveaux projets à venir doivent rester une joie pour toute la famille, quel qu’ils soient finalement, et nous ne voulons pas qu’ils voient de trop près la partie stressante, même si c’est, en partie, inévitable.

Alors nous croisons très fort les doigts et nous espérons très rapidement avoir d’autres nouvelles à vous annoncer! 

Et vous, comment se sont passés les entre-deux expatriations? Des conseils? 

[Lecture inspirante] Grandir librement

Je suis Eve Hermann au travers de son blog depuis plusieurs années. J’aime également son univers, sincère, doux, naturel sur Instagram. Sa manière de penser et d’élever ses filles m’inspirent.

Ce livre, il attendait sur ma pile à lire depuis un bon bout de temps. Et j’ai pris tout mon temps pour le savourer, chapitre après chapitre. Pour prendre le temps de réfléchir à ma manière de faire, à ce que je pourrai apporter de plus, de différent, à mes enfants.

Ce livre est d’une douceur incomparable. A certains moments, on a vraiment l’impression de partager l’enfance de l’auteur ou de ses deux filles. On a un peu l’impression d’être là, juste à côté, à les observer, pour nous aider à prendre du recul sur notre propre manière de faire. C’est un magnifique témoignage qui nous amène vraiment à réfléchir. 

Eve Hermann aborde son propre changement de regard sur l’enfance, sa propre remise en question en devenant maman pour la première fois, puis pour la deuxième fois. Elle nous parle de l’influence de Maria Montessori et de sa manière de penser sur sa manière d’accompagner ses filles. Elle nous explique pourquoi il est important à ses yeux de laisser les enfants prendre leur temps, de prendre nous-même le temps d’apprécier les petits plaisirs que nous offre la vie, les choses simples de notre quotidien. Elle nous parle des apprentissages de ses filles, de sa détermination à garder intact leur étincelle de curiosité sur le monde, qui est malheureusement trop souvent mis à mal à l’école. Elle nous confie ses réflexions sur l’importance de la transmission de certaines valeurs à nos enfants pour espérer un changement dans notre monde. Enfin, elle termine en parlant de l’instruction en famille en particulier, de leur choix de parents, de notre choix face à l’éducation de nos enfants.

Je ne fais pas l’instruction en famille à mes enfants. Pas pour le moment. Peut être ne le ferai-je jamais. Mais je suis sensible à cette manière de faire. Mes enfants vont tous les deux à l’école et j’essaie à ma manière de leur apporter chaque jour un peu de cette douceur, de cette liberté, de cet amour de la nature et de la vie qui transparaissent à toutes les pages de ce livre. 

J’y ai trouvé de nouvelles idées à essayer mais aussi des outils concrets à mettre en place. J’ai réfléchi beaucoup. J’ai vraiment pris le temps de savourer chaque page, chaque paragraphe. Mes réflexions m’ont amenée à de nouvelles choses à expérimenter. J’aime ces livres qui nous poussent à entrer en réflexion, à se remettre en question, sans donner une réponse toute faite, qui serait la seule possible. Nulle impression d’être jugée ou de culpabilisation à sa lecture, même si on ne pratique pas l’instruction en famille. Mais une foule d’idées à mettre en place et de réflexions sincères sur l’enfance qui mettent vraiment du baume au coeur et font espérer qu’un avenir plus positif, bienveillant, responsable est possible, à travers eux, au travers des valeurs que nous transmettons à nos enfants.

Un livre inspirant pour booster sa confiance en son rôle de parents, mais aussi la confiance que nous avons en nos enfants. Un livre que je vais garder sous la main et que je prendrai plaisir à re-feuilleter régulièrement.

L’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé?

[Expatriation] [Choc culturel] Les toilettes en Chine

Voici un article que je veux écrire depuis longtemps et que je ne me suis jamais pris le temps d’écrire… et pourtant ce n’est pas faute de ne rien avoir à dire.

Little Miss Sunshine a beaucoup ri quand je lui ai parlé de cet article, elle m’a même dit que les gens qui lisent mon blog allaient me prendre pour une folle. Et pourtant, je trouve que les toilettes montrent bien un grand nombre de différences culturelles entre la Chine et la France – ou d’ailleurs tout l’Occident.

Alors tout d’abord, sachez que les toilettes dont je vais vous parler, ce sont 90% des toilettes que vous trouverez en Chine. Évidement, si vous êtes dans un lieu plus occidentalisé, vous aurez peut-être des toilettes qui ressemblent plus à ceux dont vous avez l’habitude, mais il n’empêche que certaines différences perdurent

Les toilettes traditionnelles en Chine, c’est un trou entre deux murets bas. Un simple trou dans le béton ou dans un plancher de bois et en-dessous tout s’amoncelle en tas. Je vous laisse imaginer l’odeur sous la chaleur humide de l’été en Chine…

C’est ce type de toilettes que l’on trouve encore beaucoup sur les lieux touristiques, au milieu de la forêt ou dans la montagne. C’est également les seuls toilettes qu’il y avait dans le village de producteurs de thé au fin fond des montagnes jaunes. 

Une des spécificités de la Chine – que je n’ai vu nul part ailleurs pour le moment – c’est le fait que la porte des toilettes soit optionnelle. On le comprend facilement quand on sait que les murets entre les toilettes ou même des toilettes elles-mêmes sont souvent des murets bas. Et on comprend aisément également que le rapport au corps n’est pas le même dans la culture chinoise que dans la culture judéo-chrétienne. 

Mais la plupart du temps, il y a au moins une porte à l’entrée de la « salle » de toilettes et ensuite plusieurs toilettes séparés par des murets bas. Les hommes et les femmes sont toujours bien séparés. 

L’habitude est donc restée de se rhabiller devant la porte. J’avais été très surprise à Pékin, quand dans les toilettes de la place Tian An Men, qui ont pourtant des portes, les femmes sortaient pour se rhabiller au milieu de la « salle » de toilettes. La plupart du temps, la porte ne se ferme donc pas, et rarement à clé. 

Pour la petite histoire, à l’époque où Ayi venait d’arriver chez nous, je me suis retrouvée nez à nez avec elle assise sur les toilettes plus d’une fois. Elle laissait la porte de la salle de bain grande ouverte alors qu’elle était aux toilettes. Aujourd’hui, elle a compris que nous fermons la porte des toilettes, mais ça a été un sacré choc culturel pour moi. 

J’ai rencontré, notamment à Shanghai, des toilettes avec une rivière d’eau qui passe au milieu et juste des murets bas, sans porte, au-dessus. L’eau coule en continu, donc pas besoin de tirer la chasse d’eau. Une dame ou un monsieur pipi ajoute de temps en temps un peu d’eau pour tout évacuer…

Autre spécificité chinoise que vous retrouverez dans TOUS les toilettes: il n’y a pas de papier. Jamais. Il faudra donc toujours vous armez d’un paquet de mouchoirs en papier durant vos promenades en Chine. Parfois, quand il y a une dame pipi, elle en vend pour 1 kuai ou moins. 

Enfin, on ne jette jamais le papier dans les toilettes, mais dans la corbeille ou le carton qui est a côté. Les toilettes en Chine sont très régulièrement bouchés, c’est vraiment une horreur. Ne vous avisez pas de mettre un morceau de papier dans vos toilettes à l’hôtel, il sera bouché et vous devrez faire intervenir quelqu’un. Je pense qu’ils n’utilisent tout simplement pas la même taille de tuyau que nous.  

Les toilettes publiques sont globalement sales en Chine, parce qu’énormément de monde y passent, mais pas dégoutants, comme ils peuvent souvent l’être en France malheureusement. Il y a régulièrement quelqu’un qui passe ou est là pour nettoyer, même si le nettoyage reste superficiel. Finalement, on n’a besoin de toucher à rien donc c’est bien plus pratique que nos toilettes à l’occidental. Ce qui me gêne le plus, c’est qu’il n’y a pas toujours d’eau pour se laver les mains.

Autre spécificité chinoise: que je n’ai longtemps pas compris, notamment pour avoir vu des panneaux l’interdisant au Japon – mais je n’avais pas encore rencontré de Chinoises – quand les femmes chinoises qui ont donc l’habitude de n’avoir que des toilettes traditionnelles chinoises se retrouvent face à des toilettes occidentales, elles grimpent dessus avec leurs chaussures pour s’accroupir au-dessus des toilettes...

Deuxième petite histoire: mes deux enfants sont devenus continents en Chine. Par certains aspects, ça a été plus simple. Les Chinois pratiquent ce que nous appelons l’hygiène naturelle infantile traditionnellement. Les bébés ne portent donc pas de couches. Et quand les parents / grands-parents / ayi savent que le bébé a besoin de faire ses besoins, ils le tiennent juste au-dessus d’une poubelle ou au bord de la route dans le caniveau. Du coup, je n’avais pas d’état d’âme pour les petites urgences. C’est ainsi que l’on a rapidement appris comment et où placer le pantalon des filles pour éviter de tout arroser.  Ca a été moins évident pour les toilettes traditionnelles chinoises: écarter les jambes avec le pantalon et s’accroupir pour une enfant de trois ans, c’est vraiment galère. Pour les garçons, il n’y a pas à dire cette étape est bien plus simple! 

Et vous, des expériences de toilettes insolites durant vos voyages? votre expatriation? 

Objectifs 2019 – Bilan d’avril

C’est l’heure de faire un bilan de mes objectifs sur le mois passé. Si jamais vous avez loupé l’article sur mes objectifs 2019, je vous invite à lire cet article d’abord.

Premier objectif: faire baisser notre consommation globale.  Le mois d’avril a débuté avec un gros achat de ma part: une table de massage. Mais j’espère bien que cet achat sera utilisé sur le long terme. Je n’ai pas l’intention d’en racheter une avant de nombreuses années mais celle-ci me semblait tout à fait indispensable pour pratiquer le massage tuina sur mes trois amours et éviter de me casser le dos. La table de massage permet de m’installer vraiment comme je le souhaite et au mieux pour mon dos, pendant les massages. J’ai également craqué sur un petit coffret de figurines d’animaux – dont les enfants raffolent et qu’ils utilisent depuis des années – quand Little Smiling Buddha me l’a demandé au Muséeum d’Histoire Naturelle de Shanghai et un coffret pour faire grandir des cristaux pour Little Miss Sunshine. Durant notre séjour au Japon, nous avons également acheté une figurine de samouraï à Little Smilng Buddha et une nouvelle kokeshi porte-clef pour Little Miss Sunshine. Papa Lou m’a également offert une nouvelle yukata en coton. Le reste n’était que de l’alimentaire. Pas un mois O achat donc, mais nous sommes restés relativement raisonnables.

En ce qui concerne le linge, nous avons vécu un mois un peu chaotique. Little Miss Sunshine a eu la gastro début du mois, nous sommes partis en vadrouille et en décalé, ce qui m’a obligé à faire des machines rapprochées à chacun de nos retours pour avoir de quoi emmener à chaque nouveau départ. Mais finalement, contrairement à ce que je pensais, nous ne nous en sortons vraiment pas trop mal: 16 machines et le sèche-linge n’a tourné que deux fois. Sachant que je n’ai pas fait particulièrement attention sachant que nous avions déja plusieurs machines « de trop » au début du mois, je trouve qu’on s’en sort bien. Et ça me confirme le fait que nous sommes tout à fait capable désormais – hors petits accidents de parcours – de limiter le nombre de machines que nous faisons tourner.

Deuxième objectif: continuer la rédaction de mon livre sur notre expatriation. Je pense que c’est l’objectif que j’ai le moins tenu ce mois-ci. J’ai été très productive au début du mois – près de 8 000 mots en une semaine – mais j’ai complètement lâché ensuite.

Entre Little Miss Sunshine a la maison pour cause de gastro, nos différents voyages et finalement les vacances des enfants, je n’ai plus du tout eu le temps d’écrire. Il me faut vraiment le calme complet pour pouvoir me concentrer et c’est trop compliqué à trouver quand tout le monde est à la maison. Je reste sur les mêmes objectifs pour le mois prochains: trois séances d’écriture par semaine et 10 000 mots par mois (qui sont largement dépassable si je m’y mets vraiment!)

Troisième objectif: une sortie quotidienne de trente minutes par jour avec les enfants pour leur permettre de jouer librement, sans intervention d’un adulte. Le bilan n’est toujours pas et de loin à la hauteur de mes attentes. Dès que nous sommes en vacances, nous sortons plus, que ce soit avec des jeux libres ou non, mais dès que le rythme de l’école reprend le dessus, on est coincé. Et comme le temps est pluvieux, pollué et frais, personne n’a envie de passer plus de temps dehors. Seul point positif, à chaque fois que nous étions à l’extérieur, nous y étions pour au moins une heure ou deux.

J’espère encore ce mois-ci que le beau temps nous permettra de sortir plus souvent au mois de mai! Deux sorties par semaine hors week-end seraient déja pas mal…

Quatrième objectif: lire plus et plus régulièrement. Les vacances me permettant toujours de lire plus, c’est certainement l’objectif que j’ai le mieux rempli ce mois-ci! J’ai très régulièrement lu entre 30 minutes et 1 heure, et c’est déja pas mal pour moi.

L’objectif pour le mois prochain serait de lire  au moins quatre fois par semaine durant une demi-heure… 

Dernier objectif: parler couramment Chinois, apprendre à le lire et à l’écrire. Je vous le disais le mois dernier, mais je vous parkerai bientôt d’une nouvelle inattendue qui est venue bouleverser notre mois de mars. Je n’ai toujours pas pris de décision face à cet objectif que je m’étais fixé en début d’année, je continue donc à me focaliser sur l’oral pour le moment. 

J’ai vraiment bien travaillé cet objectif le temps où j’étais en immersion totale. Je suis fière de mes progrès. L’objectif sera re-fixé en fonction des derniers évènements au courant du mois de mai… 

En ce qui concerne le dernier objectif non quantifiable de travailler sur ma confiance en moi, le mois d’avril à encore été un mois très riche.

Au milieu du mois, c’est avec énormément de plaisir que je suis retournée à l’école et que j’ai pris la charge de la moitié de la classe de Little Smiling Buddha (8 enfants de PS et TPS) pour passer une magnifique journée sur le thème de Pâques et du Printemps avec eux. J’ai pris énormément de plaisir à être à nouveau au contact des jeunes enfants, c’est quelque chose qui me manque au quotidien, c’est sûr.

J’ai repoussé mes limites en voyageant seule pour la première fois de ma vie, je suis partie quatre jours en immersion totale dans la langue chinoise, au fin fond des montagnes, dans des conditions digne du XIXème siècle par pas mal d’aspect, et j’ai adoré!

A la fin du mois, j’ai rencontré une maman fraîchement arrivée à Shanghai (coucou si tu passes par là!), avec ses trois enfants, qui m’a contacté à travers ce blog, et ça a été un plaisir de partager du temps avec elle et ses enfants et d’essayer de lui fournir des pistes et des conseils pour leur nouvelle vie en Chine.

Pour terminer, je me suis ré-inscris à deux formations de poterie, l’une pour perfectionner ce que j’ai déja appris, l’autre pour apprendre à utiliser un tour électrique.

Le mois de mai s’annonce également riche! 

[Education] Transformer l’absence en souvenirs

Nous sommes rentrés de notre voyage au Japon en famille jeudi soir tard. Dès vendredi matin, Papa Lou est parti en train pour les montagnes jaunes afin de vivre son expérience auprès d’une famille de producteurs de thé.

Papa Lou est régulièrement en déplacement. Pas trop souvent, mais assez régulièrement. Je suis rarement absente, mais c’est tout de même arrivé l’une ou l’autre fois, notamment lors de mon week-end de team building dans les montagnes Anji ou lors de ma fantastique expérience dans un village de producteur de thé. Et dans quelques jours, ce sera au tour de Little Miss Sunshine de nous quitter pour quelques jours pour la première fois à l’occasion de son premier voyage scolaire. 

Et j’ai noté ce week-end, que nous avions finalement la même manière de répondre à ces absences, Papa Lou et moi. Nous avons envie de créer de beaux souvenirs à trois avec nos enfants, et de ne surtout pas nous focaliser sur l’absence de l’autre. Son absence pour le week-end m’a inspiré une photo sur Instagram qui vous a beaucoup parlé aussi. Alors je me suis dit qu’il serait intéressant de développer mon point de vue ici dans un article. 

Ces moments d’absence sont des moments un peu hors du quotidien que nous voulons leur créer. Nous nous efforçons de toujours faire des choses inhabituelles. Rien de bien compliqué à mettre en place, mais des petites choses qui font plaisir, qui créent et ancrent des souvenirs d’enfance. Le but étant vraiment de ne pas se focaliser sur l’absence, le manque, mais de créer des moments privilégiés dans une autre configuration. L’absence de l’autre nous fait de toute manière sortir du quotidien, de nos habitudes, de notre train-train, donc la meilleure façon d’en profiter et de ne pas se morfondre est de surfer sur la vague. Ca fait du bien aux enfants et au parent qui reste seul à s’en occuper. 

Assez naturellement, nous nous sommes par exemple retrouvé à dormir tous les trois ensemble dans le lit parental lorsque l’un des parents est absent. Ainsi, la plupart du temps, quand Papa Lou est absent ou que je suis absente, les enfants dorment dans notre lit. Et c’est toujours un plaisir pour eux… même si l’endormissement est souvent un peu plus tardif du fait de l’excitation. 

Quand l’absence a lieu un week-end, c’est souvent pour nous l’occasion de faire ce que nous appelons « une soirée pyjama ». A savoir que nous installons les matelas au sol dans le salon devant la télévision et que nous nous endormons tous ensemble devant un film. Cela provoque également un chamboulement le lendemain matin, alors que certains dorment encore – souvent Little Miss Sunshine – nous prenons le petit-déjeuner dans la salle de jeux pour éviter de les réveiller. 

Encore plus simple, c’est l’occasion de préparer un repas que l’absent n’apprécie pas forcément, d’écouter de la musique que l’absent n’aime pas beaucoup, de faire des choses qu’on ne fait pas habituellement – les enfants se retrouvent souvent assis sur la table à m’aider à préparer le repas du soir, alors qu’ils ne montent habituellement pas sur la table pour m’aider -, un bricolage sur un thème qui nous tient à coeur pendant l’absence,… Les repères sont remis en question, on sort de notre zone de confort et on découvre de nouvelles manières de faire. Ca fait également du bien aux enfants qui voient qu’on peut faire différemment, que Papa ne gère pas comme maman, mais que ça fonctionne tout aussi bien. 

Et ça fait un bien fou de remettre les habitudes en question… On est d’autant plus content de revenir aux vieilles habitudes ou de les changer… 

Et chez vous, comment ça se passe quand l’un des parents ou des enfants est absent? 

[Voyage] Trois jours dans un village de producteurs de thé au cœur des montagnes jaunes

Quand Papa Lou m’a dit il y a un peu plus d’un an, qu’un de ces amis des HuangShan – les montagnes jaunes -, Laolu, à qui il achète régulièrement du thé, nous invitait chez lui pour venir voir les plantations et la fabrication du thé, j’ai été enchanté.

Mais la réalité est qu’avec les enfants, c’est bien compliqué à organiser. Nous avons tourné le problème de diverses manières, mais je ne me voyais pas laisser les enfants plusieurs jours à Ayi – même s’ils l’adorent et que je lui fais confiance, je sais que ça aurait été trop difficile pour eux. Et impossible de passer une journée dans les champs de théiers, avec le risque qu’il y ait des serpents ou qu’ils tombent en montagne sans réelle surveillance. Nous avions donc mis cette proposition dans un coin de nos têtes.

Mais cette année, je me suis dit qu’il fallait qu’on trouve une solution. Cette année, vous l’aurez certainement compris, car j’en ai déjà parlé ici, j’ai fait le choix de réaliser mes rêves et d’arrêter d’attendre, surtout quand l’opportunité se présente ainsi. Alors on a décidé de faire différemment. Je partirai en semaine, quelques jours, et Papa Lou prendrait soin des enfants. Et puis Papa Lou partira un week-end de trois jours et c’est moi qui m’occuperais des enfants. Nous aurions aimé partager ce moment, mais c’est également une belle aventure que de le vivre seul et de partager ensuite avec l’autre.

J’ai donc quitté la maison et embrassé fort mes trois amours un dimanche d’avril en fin d’après-midi. C’est le première fois de ma vie que je voyageais totalement seule. Pas par peur de voyager seule, mais plutôt par manque d’opportunité. J’ai pris un taxi et je me suis rendue à la gare de Shanghai Hongqiao. Et puis j’ai pris le train pour HuangShan Nord. Trois heures plus tard, j’arrivais à la gare.

J’ai tout d’abord été surprise du temps que j’avais eu dans le train pour dîner tranquillement et lire – c’est ça de toujours voyager avec les enfants. J’ai aussi été agréablement surprise par mon calme, alors que je ne savais toujours pas vraiment qui allait venir me chercher à la gare. Laolu avait apriori tout organisé, mais ne m’avait donné aucun détail. Et si vous me connaissez un peu, vous savez à quel point j’aime être organisée et parer à toutes les éventualités.

Arrivée à la gare, j’ai eu un coup de téléphone d’un chauffeur qui était là pour me chercher et qui était persuadé que nous étions deux. Finalement, je suis montée dans la voiture où attendaient déjà trois autres personnes et nous sommes partis…

Un peu plus d’une heure plus tard, le chauffeur me déposait dans une rue sombre, avec ma valise, en me disant d’appeler Laolu. Je dois dire que je n’en menais pas large à ce moment-là, car j’aurai été bien incapable de lui dire où je me trouvais. Et que c’est à ce moment que j’ai commencé à stresser un peu. Heureusement, en lui disant juste que j’étais arrivée, il s’avérait que le chauffeur m’avait déposé juste en face de sa boutique…

Il m’a invité à prendre un thé, avant de m’accompagner à l’hôtel juste à côté. Là-bas, ils n’avaient jamais vu de passeport et ne pouvaient pas prendre d’étrangers –  il faut un système d’enregistrement à la police pour tous les étrangers, ce qui est loin d’être le cas de tous les hôtels en Chine, même dans les grandes villes et même dans les lieux touristiques. Mais avec un joli sourire, l’insistance de mon hôte et en déposant sa carte d’identité en assurance, j’ai reçu une chambre pour la nuit.

Comme souvent en Chine, les draps étaient lavés de frais, mais le reste de la chambre n’avait pas été nettoyé depuis un moment. Le lit était confortable et c’est tout ce qu’il me fallait. Laolu m’a dit qu’il m’appellerait le lendemain matin et qu’on monterait au village après avoir pris le petit-déjeuner ensemble. Je lui ai demandé des précisions sur l’heure, il m’a dit entre 7 et 8h.

J’ai encore lu un peu et je me suis rapidement endormie. Le lendemain, à 5h40, j’étais réveillé. J’ai parfois l’impression d’avoir un réveil dans la tête. Impossible de me rendormir. J’ai donc contacté Papa Lou et les enfants qui se préparaient à partir pour l’école.

Et puis vers 8h, Laolu m’a enfin contacté pour me dire de venir à la boutique, que nous allions prendre le petit-déjeuner ensemble. Je les ai rejoint à la boutique, une de ses filles, la plus grande, étant malade, elle a passé la journée avec nous. Il est allé acheter une soupe de wonton – sorte de ravioli chinois – que nous avons mangé dans un sachet plastique. En Chine, on s’embarrasse rarement de détail dans la nourriture à emporter: le sachet plastique convient à tout et pas sûr que ce soit du plastique alimentaire…

Après ce rapide petit-déjeuner, nous avons rempli nos tasses à emporter de thé, et nous avons pris la route.

Pour joindre le village, il nous aura fallu environ une heure trente, hors pause, sur des petites routes de montagnes pas plus larges que la voiture, et qui se terminent par une piste en terre. Rien que de joindre ce village, un peu au bout du monde, c’était déjà l’aventure.

Sur le chemin, on voit partout des champs de théiers, des petits villages reculés dont la seule occupation est le thé et la montagne, magnifique.

Nous avons fait une pause à mi-chemin pour saluer des cueilleuses qu’ils connaissaient et prendre quelques photos. Laolu et sa femme travaillent principalement sur les réseaux sociaux chinois pour vendre leur thé, même si ils ont également une boutique physique. Ils prennent donc régulièrement des photos et s’enquièrent régulièrement de l’avancée des récoltes.

Nous sommes là, dans la région de production du célèbre thé vert Tai Ping Hou Kui. Un thé à très grande feuille, large et marquée d’un fin dessin quadrillé, reconnaissable entre tous. Et voilà donc les bourgeons et jeunes pousses verts tendres qui sont récoltés.

Et puis nous avons repris la route vers le village. A la fin du trajet, on se retrouve pour deux kilomètres environ sur une simple piste de terre pour accéder au village. Difficile de croiser une autre voiture dans ces conditions.

Arrivés au village, on m’a présenté toute la famille. Le père et la mère, chez qui je vais loger. La grand-mère, toujours à rire et à essayer de me parler dans son patois du haut de ses 85 ans. Le frère qui habite dans une maison un peu plus haut. Mais également les cueilleuses et quelques voisins curieux de voir arriver une étrangère. Ce n’est pas la première fois, Papa Lou y est déja passé il y a deux ans au cours de l’été et mon amie Manuela y a également passé quelques heures par l’intermédiaire de Papa Lou l’année dernière. Ils accueillent ponctuellement des étrangers, mais surtout des Chinois, qui veulent voir comment leur thé est produit. Ils sont très fiers de leur savoir-faire et de la qualité du thé qu’ils proposent. Et ils ont bien raison. 

Le village est tout petit, il compte une quinzaine de maisons. Tous sont producteurs de thé, ici.

Arrivés en fin de matinée, les cueilleuses étaient déja de retour de la cueillette et étaient en plein façonnage des feuilles de thé. C’est donc avec grand plaisir que j’ai passé la journée à les observer, puis à participer aux différentes étapes du façonnage.

Les feuilles de thé ainsi obtenues sont juste parfaites et magnifiques. Un thé d’une qualité rare. 

Vers midi, nous avons déjeuné tous ensemble. Et puis quelques trente minutes plus tard, nous avons repris le façonnage des feuilles. C’est un travail minutieux. Pas particulièrement difficile, mais répétitif et fatiguant. 

Un peu avant de partir, Laolu et sa femme m’ont emmené dans les champs de théiers pour faire quelques photos pour les réseaux sociaux.

Vers 16h, ils sont repartis vers la ville, me laissant au village. Les cueilleuses et moi avons reçu un petit goûter à grignoter tout en continuant notre travail.

Vers 18h30, nous avons dîné tous ensemble. Et puis nous avons repris le façonnage des feuilles. Il faut que toutes les feuilles récoltées le jour-même soient traités dans la journée. Nous avons travaillé jusqu’à 23h. 

Et puis ça a été l’heure de se laver et d’aller se coucher. J’ai voulu aller aux toilettes -qui sont communes à tout le village et qui ne sont en fait qu’un trou -, et c’est là que j’ai remarqué que ni le village, ni les toilettes n’étaient éclairés. A mon retour, mes hôtes m’ont apporté un pot de chambre pour la nuit. J’avoue que j’ai été assez amusée par la situation, et surtout je me suis dit que j’espérais bien ne pas en avoir besoin. Ils ont insisté pour que je me lave en me proposant deux bassines, une pour le visage et une pour les pieds, m’a-t-on précisé. C’est donc au milieu de la cuisine que j’ai dû faire une rapide toilette. Et puis, je suis allée me coucher.

J’avais la chance d’avoir une chambre pour moi et un grand lit deux personnes pour moi toute seule. Les cueilleuses, logés également sur place, dormaient à deux dans un grand lit. Je demande à quelle heure elles se lèvent le lendemain et on me dit, départ à 6h. Je mets donc mon réveil à 5h30 – ça ne me change finalement pas de d’habitude – et je m’endors rapidement exténuée et heureuse de cette première journée.

Le lendemain, ce sont les voix des cueilleuses qui se préparaient qui m’ont réveillé un peu avant que mon réveil ne sonne. Je me suis rapidement préparée et je suis descendue. On m’a tendu un bol de soupe de nouilles au chou et des baguettes. Dehors, il pleuvait. Je me suis assise à l’entrée de la maison et j’ai regardé tomber la pluie en mangeant.

Une trentaine de minutes plus tard, alors que tout le monde était prêt à partir, le patron nous a annoncé que nous n’irons pas à la cueillette. Il pleuvait et les bourgeons pouvaient attendre. Il a proposé à tout le monde de retourner se coucher. J’ai décidé de m’installer dehors, à l’abri de la pluie et de lire un peu.

J’ai été assez surprise de constater qu’ils ne partaient pas à la cueillette à cause de la pluie. Je pensais qu’ils sortaient par tous les temps. Et je me demandais déja comment j’allais me protéger de cette pluie battante. Les cueilleuses sont repartis se coucher.

Vers 11h, le soleil était de retour. Mais il était trop tard pour partir à la cueillette. Je décidai donc de faire une promenade dans le village et dans les montagnes alentours. Il y avait de magnifiques oiseaux, des vols entiers de faisans gris bleu qui passaient au-dessus du village. Mais je n’ai pas réussi à les photographier, j’ai juste pu apprécier leur vol.

Les cueilleuses se sont levés pour déjeuner. Nous avons déjeuné tous ensemble et elles sont retournées se coucher. En effet, il n’y avait pas eu de cueillette le matin et donc pas de feuilles à façonner l’après-midi. Mon hôte m’a dit qu’il allait partir dans les champs de théiers pour vérifier la taille des bourgeons et voir quelle parcelle nous pourrons récolté le lendemain. Je lui ai demandé si je pouvais l’accompagner, il a été ravi.

Nous avons grimpé à flanc de montagnes, sur plusieurs parcelles. Nous avons croisé d’autres cueilleuses, qui étaient en pleine cueillette, et je me suis joint à elle pour un moment. Elles ont toutes fait l’effort de parler le Mandarin, tant bien que mal. Elles étaient ravis de pouvoir discuter avec moi et m’ont posé plein de questions. Elles étaient étonnés de me voir voyager seule. Elles m’ont trouvé courageuse.  Elles m’ont demandé si j’avais des enfants, et ont été encore plus étonnés de savoir que oui. Elles me donnaient tout juste 25 ans. Elles m’ont demandé où sont les enfants, si mes parents les gardaient. Je leur ai répondu que non, que mes parents étaient en France et que c’est mon mari qui s’occupent d’eux. Elles m’ont demandé qui leur fait à manger et elles ne voulaient pas croire que c’est mon mari qui s’en charge. J’ai eu ces quelques mêmes questions de la part de quasiment tout le monde durant ces quelques jours…

Puis j’ai rejoint mon hôte qui était dans un champ en face. Il m’a expliqué que ce champ n’était pas encore prêt à être récolté, mais que certaines pousses avaient déja la bonne taille, donc nous devions les récolter en avance. Nous avons passé une bonne heure dans ce champs à cueillir les jeunes pousses.

J’arrivais très bien à communiquer en Mandarin avec mon hôte. Mais parfois, il me manquait simplement le vocabulaire, alors il prenait un bâton et m’écrivait le caractère au sol, en le recopiant sur Pleco je trouvais sa signification exacte. Mes hôtes ont vraiment été adorables et aux petits soins pour moi. Au passage, cette application est un indispensable si vous venez en Chine et le meilleur dictionnaire de Chinois que je connaisse.

Quand nous sommes redescendu de la montagne, je suis repartie en vadrouille dans le village. Nous n’avions pas assez de feuilles pour lancer le façonnage, mon hôte m’a donc précisé que nous les traiterions le lendemain seulement. J’ai rencontré des voisins, certains qui n’ont que peu osé communiquer avec moi – certainement un peu par timidité et un peu par peur de l’étranger -, mais certains qui ont vraiment pris plaisir à me parler, à me poser des questions et à m’expliquer leur métier et leur savoir-faire. C’est un vrai bonheur d’en apprendre autant de la bouche même de ceux qui font le thé que nous buvons chaque jour.

C’est ainsi que j’ai pris connaissance des différents grades de Tai Ping Hou Kui que l’on trouve sur le marché, de la partie manuelle et de la partie mécanisée utilisés pour chaque grade et donc la qualité et le prix de chaque grade. C’était vraiment très intéressant.

A 16h, mon hôtesse est venue me chercher pour me donner une banane et une mandarine pour le goûter. Les cueilleuses dormaient toujours pour la plupart. Une d’entre elles en a profité pour laver son linge à la main. Une autre s’est levée peu après pour se laver les cheveux avec une bassine au milieu de la cuisine.

Et puis, j’ai fini ma journée chez des voisins qui traitaient encore du Tai Ping Hou Kui à la main, à les observer, à écouter leur conversation. Je suis vraiment pleine de gratitude pour ces moments qu’ils m’ont tous offert.

Vers 18h-18h30, une camionnette vendant des fruits, des légumes, de la viande, des oeufs et du tofu arrive dans le village à grand renfort de musique et de « Machia » – comprendre « mai cai » dans leur patois, à savoir vente d’alimentation. C’est ce moment que la plupart des producteurs choisissent pour terminer cette deuxième partie de la journée. Les cueilleuses stoppent leurs travaux. Tout le monde se rassemble autour de la camionnette pour acheter de quoi préparer le dîner et le petit-déjeuner du lendemain. Ils passent commande de choses spécifiques qu’ils aimeraient le lendemain. Ce vendeur, c’est leur seul lien avec la ville une grande partie de la semaine. Il vient tous les jours de l’année depuis huit ans. Et un autre venait certainement auparavant. Certains jours, une autre camionnette vient le matin, vers 11h. Mais ce n’est pas aussi régulier que celle de 18h. Enfin, les enfants partis vivre à la ville pour vendre le thé fabriqué au village viennent le week-end et ramènent d’autres produits que ceux disponibles au quotidien.

Nous avons dîner tous ensemble, nous avons un peu discuté et nous sommes tous allés nous coucher. Il n’y avait plus de pluie annoncé le lendemain, le patron nous a donc dit que nous partirions dès 6h du matin à la cueillette. Ce soir-là, pour me laver sommairement avec mes bassines, j’ai découvert qu’ils avaient une sorte de buanderie où je suis allée me réfugier.

Le lendemain, j’avais mis mon réveil à 5h30, mais j’ai été réveillé dès 5h par le bruit des cueilleuses qui se préparaient. Je suis descendue assez rapidement pour prendre le petit-déjeuner. Mon hôtesse avait préparé du Zhou – une sorte de soupe de riz que les Chinois adorent manger au petit-déjeuner et que je trouve absolument insipide – avec des pickles au piment et un pain vapeur pour chacun.

Un peu avant 6h, j’ai contacté Papa Lou et les enfants pour leur souhaiter une bonne journée avant qu’ils ne partent pour le travail et pour l’école. Et puis nous sommes partis. Nous nous sommes divisé en deux groupes. Un premier groupe de quatre cueilleuses est parti avec l’ouvrier. Je suis partie avec le patron et quatre autres cueilleuses.

Les paysages étaient magnifiques en montagne. La brume matinale s’accrochait encore au sommet des arbres, les oiseaux commençaient tout juste à pépier. Au fur et à mesure que le soleil se faisait plus chaud, les insectes ont commencé à nous tourner autour. Surtout des papillons de toutes les couleurs et des sortes de bourdons. Le paysage autour de la parcelle que nous avons récolté était vraiment splendide. Je me suis sentie vraiment bien à cet endroit, à cueillir les feuilles de thé. J’étais juste là, ici et maintenant. Concentré sur mon geste et les bruits de la nature, les rires et les conversations lointaines des autres cueilleuses. J’ai passé trois magnifiques heures dans ce champs.

Au bout de deux heures environ, le patron est redescendu au village, nous laissant avec quelques consignes, pour aller allumer les feux et tout préparer pour notre retour. Nous avons terminé notre cueillette et nous sommes aussi redescendu. Sur la descente, à plusieurs endroits, les cueilleuses m’ont montré des pousses de bambous qu’elles ont récolté pour que je les ramène à Shanghai et les fasse goûter à ma famille. Je suis donc revenu les bras chargé de pousses de bambou! Ayi s’est d’ailleurs fait un plaisir de nous les préparer le jour de mon retour: une soupe de poulet au bambou et du poulet à la sauce brune, au bambou et au piment.

Une fois redescendu, nous nous sommes mis au façonnage des feuilles de thé que j’avais récolté la veille avec le patron. C’est un travail minutieux et fatiguant, mais qui n’est pas particulièrement pénible.

Vers 11h, le deuxième groupe de cueilleuses est arrivé. Elles se sont assises avec nous pour se mettre au façonnage des feuilles de thé. A midi, la patronne est venue nous chercher pour déjeuner. Elle avait tout préparé, et nous avons juste eu à nous servir un bol de riz chacun. Trente minutes plus tard, nous reprenions le façonnage. A 16h, nous avons reçu un petit goûter à manger tout en travaillant. A 18h, le vendeur ambulant est arrivé: la deuxième partie de la journée prenait fin. Ca marquait aussi la fin de mon séjour à la montagne.

La patronne a invité le vendeur à dîner avec nous, en échange de quoi, il a accepté de me redescendre à la ville jusqu’à la boutique de nos amis. Nous avons dîné et puis vers 19h, j’ai dit merci et au revoir à tout le monde. Je venais de passer trois jours absolument magique, merveilleux, hors du temps et tellement riche. Je suis profondément reconnaissante à ces gens de m’avoir ainsi accueilli à bras ouverts, plein de bienveillance et avide de partager leur vie avec moi, une étrangère. Ils m’ont appris la signification profonde du mot « hospitalité ».

Pour ma part, je suis donc redescendue à la ville pour une dernière nuit à l’hôtel, avant de reprendre le train le lendemain pour Shanghai et retrouver mes trois amours qui m’ont beaucoup manqué. Le vendeur ambulant m’a fait quelques confessions sur le chemin du retour. Il n’aime pas rouler de nuit dans ses montagnes, sur ses chemins dangereux, et je le comprends. Les cueilleuses et mes hôtes ont repris leur travail après le dîner. Ils ont certainement travaillé jusque tard dans la nuit pour terminer de façonner toutes les feuilles récoltés.

C’est une aventure que je garderai toute ma vie gravée dans mon coeur. Une belle aventure humaine! 

Petit séjour dans le Kansai

Je viens de rentrer de mon magnifique séjour dans les montagnes jaunes – deux articles sont d’ailleurs en cours de préparation -, et nous reprenons déja la route, en famille cette fois, pour un petit séjour d’une courte semaine au Japon. 

Nous avions prévu ces vacances de longues dates. Ce sont les vacances de printemps pour les écoles françaises et nous profitons donc de cette période pour passer voir nos amis au Japon, dans la région d’Osaka et profiter un peu pour nous reposer en famille dans les onsen – bain thermal chaud japonais

Nous partons donc dès cet après-midi pour le Kansai. Nous passerons le week-end à visiter nos amis, puis nous profiterons de la semaine, de lundi à jeudi pour visiter la région de Wakayama que nous n’avons pas encore eu l’occasion de découvrir dans son entier.

Vous pourrez nous suivre pour cette nouvelle aventure en direct sur Instagram et je vous préparerai également quelques articles sur le blog.

A la cueillette des feuilles de thé

Ce soir, je quitte Shanghai pour trois jours dans les montagnes jaunes. Je suis vraiment très impatiente, car je vais réaliser un rêve! Je vais passer ces quelques jours dans une famille de producteurs de thé, des amis de Papa Lou, qui nous ont invité. Je vais participer à la cueillette des feuilles de thé avec les cueilleuses.

C’est un rêve qui se réalise et également un joli défi pour moi. C’est la première fois que je vais voyager seule, totalement seule. J’ai déja eu l’occasion de voyager seule, seule avec les enfants, mais là, c’est Papa Lou qui va prendre soin d’eux pendant quelques jours. Et je vais donc avoir trois jours et quatre nuits pour moi toute seule. Je sens que ça va me faire un bien fou. Laisser les enfants, voyager seule, aller passer ces quelques jours en totale immersion dans la langue chinoise, dans la campagne… 

Je vous embarque avec moi sur Instagram en direct si vous voulez m’y rejoindre et je ferai également un article sur le blog de cette fantastique expérience.

Je suis vraiment ravie et excitée comme un enfant à la veille de Noël.

[Recette] Guacamole

Il y a maintenant plusieurs semaines, je m’étais promis de mettre en ligne nos recettes incontournables dans la famille Kangourou. Je commence donc avec la recette du guacamole, que nous prenons aussi bien à l’apéro, qu’en accompagnement. Voici donc ma recette de base, ainsi que les variantes que nous réalisons de temps à autre.

Ingrédients pour 4 personnes:

    • 2 avocats
    • Un citron jaune OU un citron vert 
    • Une cuillère à soupe d’huile d’olive
    • 1/2 bouquet de coriandre fraîche OU une cuillère à café de poudre de coriandre  
    • Une cuillère à café de paprika en poudre OU une cuillère à café de paprika fumé
    • 1/2 cuillère à café de poudre de cumin (facultatif)
    • Une tomate coupée en très petits dés (facultatif)
    • Quelques gouttes de tabasco ou d’huile pimentée (facultatif)

Préparation:

    • Lavez les feuilles de coriandre fraîche (si c’est l’option que vous avez choisie) et émincez-les finement
    • Lavez la tomate et émincez-la finement (si c’est l’option que vous avez choisie)
    • Coupez les avocats en deux, retirez le noyau et mettre la pulpe dans un saladier.
    • Ecrasez la pulpe des avocats à la fourchette si ils sont bien mûrs et que vous voulez un guacamole avec plus de texture OU mixez la pulpe des avocats pour obtenir une texture très lisse.
    • Pressez le jus du citron et ajoutez-le à la pulpe d’avocat.
    • Ajoutez les dés de tomates, l’huile d’olive, la coriandre, le paprika, le poivre, le cumin (facultatif) et le piment (facultatif).
    • Mélangez et c’est prêt à être dégusté! 

Nous aimons en prendre à l’apéritif avec des tortillas chips, en accompagnement avec des tacos, en verrine avec un tartare de tomate et de la mozzarella ou avec du saumon ou encore avec du fromage de chèvre frais ou comme sauce dans nos burgers.

Bref, le guacamole fait vraiment partit de nos incontournables!

Et vous avez-vous des recettes incontournables?  


Autres recettes incontournables chez nous:

[Recette] Cookie géant

Voici une recette que j’ai vu passer sur Instagram à plusieurs reprises, qui m’avait fait de l’oeil, mais que j’ai mis du temps à tester. Je l’ai enfin faite la semaine dernière et je l’ai refaite cette semaine, car toute la famille a validé.

C’est très rapide à préparer – encore plus rapide que les cookies -, et c’est délicieux à manger, plus moelleux et bien croustillant en même temps. Bref, c’est une recette idéale quand on veut préparer un goûter maison rapidement.

Pour préparer un cookie géant, il vous faudra:

  • 70g de sucre 
  • 10g de sucre vanillé
  • 1 oeuf 
  • 125g de beurre
  • 140g de farine 
  • 200g de pépites de chocolat 

Préparation:

Commencez par préchauffer votre four à 180°C.

Faites fondre le beurre.

Pendant ce temps, battez l’oeuf et les sucres dans une jatte, jusqu’à faire blanchir le mélange.

Quand le beurre est fondu, ajouter au mélange.

Puis ajoutez la farine en deux fois, en remuant bien pour éviter les grumeaux.

Pour terminer, ajouter les pépites de chocolat.

Mettez la pâte dans un plat à tarte recouvert de papier sulfurisé et enfournez pour 15 minutes à 180°C.

Laissez refroidir quelques minutes si vous y arrivez et dégustez! C’est encore meilleur tiède avec les pépites de chocolat toujours fondantes…

Variante: nous avons également testé une version avec seulement 150g de pépites de chocolat et 50g de noix .

Et vous, des solutions pour des goûters rapides de dernière minute?