[Recette] Sirop cru maison

Nous avons découvert la recette des sirop cru en Chine. C’est une tradition dans toute l’Asie où on ne fait pas cuire les sirops contrairement à notre habitude occidentale. On connait souvent la version japonaise, le fameux Koso, ou la version coréenne, mais l’équivalent existe en Chine.

L’avantage de ne pas cuire le sirop est de conserver toutes les propriétés et les nutriments des plantes et des fruits que l’on met dans le sirop et également les levures qui y sont naturellement présentes. De plus, le goût est absolument divin et colle exactement au goût du fruit ou de la fleur cru, rien à voir avec le goût modifié d’un sirop cuit.

Après des années de pratique, je vous livre ma recette du sirop cru :

Pour les ingrédients, on aura besoin:

  • d’un fruit juteux: citron, orange, fraise, prune, pêche…
    ET 
  • d’une fleur comestible: violettes, lilas, sureau, rose, lavande,…
  • OU d’une herbe aromatique: menthe, mélisse, thym, origan…
  • ET  du sucre

On peut ainsi varier les plaisirs à l’infini ou presque!

  • Alterner les couches de fruit, de fleurs ou d’herbes et de sucre. Terminer par une couche de sucre pour recouvrir l’ensemble.
  • Laisser à température ambiante une journée, jusqu’à ce que les sucs des fruits aient fait fondre le sucre et que les premières bulles de fermentation apparaissent.
  • Mélanger avec une cuillère propre si nécessaire en veillant toujours à ce que les fruits et fleurs restent sous le sucre.
  • Quand les premières bulles sont apparues, mettre au frigo pour une meilleure conservation.

On peut filtrer pour une meilleure conservation, mais chez nous on le consomme si vite que la plupart du temps je retire le sirop à la cuillère dès qu’il apparaît. Mais il se conserve de longues semaines voire plusieurs mois au frigo.

Délicieux dans les cocktails, en sirop à l’eau ou avec de la limonade, on peut même l’utiliser en coulis sur une glace ou une crêpe par exemple.

Mes favoris du printemps: violettes et citron ET fleurs de sureau et fraises 

Mon favori de l’hiver: orange amère et cannelle

Avez-vous déjà testé? Quelle est votre recette favorite?

[Recette] Sirop de violettes maison

Chaque printemps à partir de la fin février, notre jardin se couvre de milliers de violettes odorantes pour quelques semaines.

Voici quelques indications sur la violette sauvage pour commencer. Les violettes odorantes commencent à tapisser les sous-bois ou les coins frais des jardins dès la fin février. On connaît souvent l’utilisation de ses fleurs, mais c’est une plante dont même les feuilles se mangent.

C’est une fleur commune sous nos latitudes, une petite plante vivace d’une dizaine de centimètres qui n’a pas de tige. Comme le fraisier, elles se multiplient grâce à ses stolons, des rejets rampants qui s’enracinent et forment de nouvelles plantes. C’est ainsi qu’elles se retrouvent souvent à tapisser tout un espace.

Quelques indices pour reconnaître la violette odorante, Viola odorata L. Malvaceae de son nom scientifique:
– C’est une plante vivace dont les fleurs apparaissent tôt dans la saison, dès la fin du mois de février. Elles peuvent être violette ou blanche.
– Elle est facilement reconnaissable à son odeur typique.
– Ses feuilles évoluent au fil des saisons, de recourbées sur elles et glabre au début du printemps, elles prennent une forme de cœur velu à l’été.

Attention tout de même la règle numéro 1 du cueilleur est d’être absolument sûr de ce qu’il cueille!

Les fleurs de violettes font d’excellents sirop, mais on peut aussi faire des fleurs au sucre ou des glaces.

La violette odorante est également une plante médicinale réputée pour être un antitussif et un expectorant efficace. On peut préparer un macérât huileux à appliquer en massage. En application locale de ses feuilles, notamment grâce au mucilage, elle peut également soulager les démangeaisons, les gerçures et autres irritations de la peau.

On peut utiliser les feuilles fraîches pour les intégrer à une salade. On peut également les faire cuire, elles donnent une consistance onctueuses aux sauces et aux soupes.

Pour profiter au maximum de ce délicat parfum, je prépare chaque année plusieurs bouteilles de sirop de violettes.

Voici la recette que j’utilise après en avoir testé des dizaines:

– 250 fleurs de violettes odorantes
– 1/2 citron
– 50 cl d’eau
– du sucre blanc (important pour conserver et le goût et la couleur) en fonction du poids final

  • Ramasser les fleurs, séparer les fleurs des brindilles et assurez vous d’avoir le moins de tige possible – elles développent de l’amertume.
  • Mettez les à infuser pendant 24h dans une eau filtrée à température ambiante.
  • Le lendemain, filtrez l’eau à travers une étamine ou un torchon propre, assurez vous de bien presser les fleurs, c’est à ce moment là que la couleur ressort.
  •  Ajouter le jus d’un demi citron ou un peu moins (plus il y aura de citron, plus le sirop sera rose et moins on sentira la violette, c’est un juste équilibre à trouver, mais il en faut au moins quelques gouttes pour stabiliser le sirop)
  • Peser le poids du liquide ainsi obtenu, et y mettre l’équivalent en sucre. (Exemple: 480 grammes de liquide, je mets 480 grammes de sucre)
  • Faire chauffer dans une casserole à feu doux, quand de petits bouillons apparaissent surveiller la texture du sirop, dès que le liquide devient légèrement sirupeux, c’est prêt! Il faut compter environ une dizaine de minutes.
  • En parallèle, stérilisez une bouteille à l’eau bouillante ou au four et verser le sirop bouillant dans la bouteille que vous refermez tout de suite.

Dès que le sirop a refroidit, il est prêt à être consommé!

 En fonction de la quantité de violettes, du pressage des fleurs, de la quantité de “parties vertes”, de la quantité de citron votre sirop ira du rose pâle au violet clair en passant par du verdâtre. Il est bon dans tous les cas, mais vous saurez quels ajustements faire pour les prochains sirops!

Alors, prêt à tester?

[Recette] Tepache

Ces dernières semaines, suite à mes stories Instagram vous avez été plusieurs à me demander la recette du Tepache. Il s’agit d’une sorte de « bière » d’ananas. Il suffit de laisser fermenter la peau du fruit dans de l’eau et du sucre pour obtenir une boisson proche d’un soda, très forte en goût du fruit, et très légèrement alcoolisée. 

C’est une super recette anti gaspillage puisqu’on utilise la peau de l’ananasaprès avoir consommé le fruit. Il ne reste plus qu’à récupérer la tête de l’ananas pour en faire une jolie plante d’intérieur et tout aura été utilisé. J’ achète rarement un ananas, mais les dernières semaines de vacances, j’ai fait les courses avec ma grande qui adore ça et qui m’en a redemandé. L’occasion donc de refaire du Tepache! 

Avec la peau d’un ananas vous pourrez faire 2 litres de boisson. Personnellement, j’utilise deux bocaux Le Parfait d’1,5L mais on peut tout aussi bien le préparer dans une bouteille de jus de fruit en verre. 

Ingrédients:

  • la peau d’un ananas
  • deux litres d’eau 
  • un bâton de cannelle
  • une badiane
  • 200 grammes de sucre brun

J’ai choisi de faire ma recette en deux bocaux, mais vous pouvez utiliser une grande cruche ou trois bouteilles en verre d’un litre. Il suffit de mettre la peau coupé grossièrement dans le bocal, d’y ajouter le sucre, les épices et enfin l’eau. Veillez toujours à laisser de l’espace dans votre bocal ou votre bouteille. Ensuite, on referme le bocal (sans mettre de joint!) ou la bouteille avec un morceau de tissu et un élastique. C’est une boisson qui va fermenter, ne fermez surtout pas hermétiquement votre bouteille/bocal, il risque d’exploser! 

Laissez reposer tranquillement sur le plan de travail de votre cuisine là où vous pourrez facilement l’observer. Au bout de quelques heures, un jour maximum, des petites bulles vont commencer à se former. La fermentation débute. 

Quelques jours plus tard, quand la fermentation battra son plein et que de belles bulles apparaîtront, voire une légère mousse sur le dessus, il sera temps de filtrer et de mettre en bouteille avant de le mettre au frigo. Pensez à ne pas fermer hermétiquement votre bouteille, le Tepache continue de fermenter, même au frigo, et le risque d’explosion existe encore. 

Astuce pour éviter que le mélange ne tourne (surtout en été quand il fait très chaud), pensez à bien recouvrir les fruits qui doivent être sous l’eau, quitte à les couper plus fin. Si jamais votre mélange tourne, vous le remarquerez tout de suite à l’odeur (vraiment nauséabonde) et/ou à la moisissure qui apparaîtra. 

Au bout de 3/4 jours et après un passage au frigo pour le rafraîchir, vous pourrez déguster un délicieux Tepache! 

Variante: préparer exactement la même recette avec la peau d’un melon. C’est également délicieux et rafraichissant!

Et vous, avez-vous déja testé les sodas/boissons fermentées maison?

[Recette] Thé glacé

Depuis de longues années, chaque été, c’est le même rituel: je prépare du thé glacé chaque matin ou presque – parfois je prépare plutôt des eaux de fruits – pour nous rafraichir tout au long de la journée.

Vivre en Chine et sous sa chaleur humide dès le mois de mai et jusqu’en novembre à encore accentué cette habitude. Ca m’a aussi permis de tester d’autres recettes, d’autres manière d’infuser en observant la manière de faire des Chinois. Bon, le thé glacé n’est pas une de leur habitude ancestrale, la médecine traditionnelle a plutôt tendance à se méfier de tout ce qui est glacé. Mais il n’empêche qu’ils ont une certaine habitude de faire du thé glacé.

Je vous livre donc, après des années de tâtonnements et d’hésitations entre plusieurs types d’infusion, la manière que je préfère pour préparer mon thé glacé.

Pour le matériel, j’ai trouvé la carafe idéale chez Ikea il y a quelques années. Elle est d’ailleurs toujours en vente sur leur site, c’est la carafe d’un litre avec bouchon en liège Ikea +365. J’en ai deux pour ne jamais être à cours, mais je pense qu’à terme nous en achèterons une troisième. Ensuite, il faut un filtre. J’utilise un filtre chinois pour le thé fabriqué à partir d’une courge spécifique séchée.

Pour le thé, vous pouvez utiliser ce dont vous avez envie. Un thé vert, un thé noir ou un Pu Er, un wulong ou un thé blanc… L’astuce vient de son infusion. Pour obtenir un thé vraiment très doux, ni amer, ni astringent et que l’on peut boire toute la journée, il va falloir pratiquer une infusion à froid. 

Ingrédients:

  • 10g de feuilles de thé
  • 1 litre d’eau fraîche 
  • un fruit coupé en morceaux (facultatif)
  • une herbe ou une fleur (facultatif)

On va donc mettre les feuilles de thé dans la carafe avant de verser dessus l’eau fraîche.

Si vous voulez ajouter une herbe ou une fleur à votre thé glacé, c’est le moment de le faire. On peut y ajouter de la menthe, des pétales de rose, de la lavande, de la verveine ou de la sauge.

Ensuite, on place sa bouteille au réfrigérateur pour au moins deux heures, mais on peut également le laisser toute la nuit et il aura d’autant plus de goût. On peut goûter l’infusion à différent stade pour qu’elle colle exactement à son goût.

Quand on estime que l’infusion est prête, on va filtrer le thé vers la seconde carafe.

On va pouvoir déguster l’infusion telle quelle ou y ajouter un fruit. Dans un thé noir, nous aimons beaucoup mettre quelques tranches de citron, de citron vert ou quelques calamansi coupés en deux. Nul besoin de presser le jus des agrumes, il suffit d’y déposer les tranches de fruits et en quelques heures, le mélange est parfait. On peut également y mettre des morceaux de pêches, de melon ou de pastèque. On peut également y mettre des fruits séchés comme des baies de goji ou des morceaux d’ananas ou de mangue séchés sans sucre. Ca va particulièrement bien avec un thé vert. Ca donnera un thé délicieusement et naturellement fruité. 

Pour ne rien gâcher, on remet les feuilles de thé dans la première carafe, on y ajoute 5g de feuilles de thé, un litre d’eau fraîche et c’est reparti pour un tour dans le réfrigérateur. Quand l’infusion sera prête, on filtre à nouveau dans la seconde carafe dans laquelle on peut laisser les fruits. On peut conserver les fruits pour deux infusions (et donc deux jours) si le thé est resté au réfrigérateur. On a ainsi du thé glacé en continu…

On en consomme aussi bien au petit-déjeuner qu’au goûter ou à l’apéro. C’est frais et désaltérant. Idéal à l’époque des grosses chaleurs.

Pourquoi privilégier une infusion à froid? Tout simplement parce que c’est l’infusion la plus douce qui soit. Le thé ne développera ni amertume, ni astringence et il n’y aura nul besoin d’y ajouter un sucre quelconque.

Et vous, avez-vous l’habitude de préparer vos boissons vous-même? Quelles sont vos recettes chouchous?