[Week-end] Team building dans les montagnes Anji

Mi-janvier, j’ai participé à mon premier week-end de team building avec tout le personnel de l’école. Tous les ans, l’école propose à son personnel, deux weeks-ends – l’un avant le Nouvel An Chinois, l’autre à ma fin de l’année scolaire – tout frais payé pour renforcer le lien des équipes et prendre du bon temps tous ensemble. Cette pratique est très courante dans les entreprises chinoises.

Cette année, le premier week-end a eu lieu à la mi-janvier dans les montagnes Anji, à trois heures de bus de Shanghai, et le but était d’apprendre à faire du ski et découvrir les sources chaudes chinoises. Tout le personnel de l’école a été convié: personnel de cuisine, l’équipe enseignante, personnel administratif, les ayis, les gardiens, l’infirmière,… Malheureusement tous n’ont pas pu se joindre à nous, mais nous étions tout de même une cinquantaine de personnes. Evidemment, il y avait beaucoup plus de Chinois que d’étrangers (cinq étrangères seulement pour être exact, les autres ayant d’autres obligations)

La semaine précédente, j’ai cru ne pas pouvoir me joindre à cette expérience. En effet les enfants ont tous les deux eu la grippe et ont été à la maison toute la semaine dans un état de fatigue impressionnant. Je n’avais pas trop espoir d’y réchapper alors que je dormais avec eux, que j’ai passé ma semaine à les câliner, et que ma gorge piquait dès jeudi. Mais… j’ai bouclé mon sac à dos vendredi soir, sans y croire encore. Et samedi matin, après un réveil à 5h45, un petit-déjeuner en solo dans la pénombre, j’ai quitté la maison sur la pointe des pieds à 6h45…

Arrivés devant l’école, un bus nous attendait. Nous avons attendu tout le monde et nous avons pris la route pour trois heures. Nous avons fait une pause pipi après 1h30 de route. Et puis nous nous sommes arrêté pour déjeuner un peu avant midi.

Je vous l’avais déja raconté là-bas, mais les voyages organisés en Chine sont particulier. Les guides adorent parler. Et c’est donc dans un flot constant de paroles que l’on voyage…

Après le déjeuner, nous nous sommes rendus dans la fameuse station de ski. La guide ne cessait de répéter qu’il y avait de la belle neige naturelle là-haut. Et pourtant, nous avions beau grimper la montagne avec le bus, pas la moindre trace de neige… mais de magnifiques paysages brumeux.

Arrivés à la station de ski, nous n’avons que pu constater que la neige ne risquait pas d’être naturelle… La guide a alors consenti à nous révéler (à nous les étarngers dubitatifs) qu’il n’avait effectivement pas neigé le jour précédent (et les autres jours auparavant non plus d’ailleurs, hein!)

J’avoue qu’à ce moment-là, je me suis demandé ce qui nous attendait. J’étais un peu déçue. Le programme avait l’air vraiment chouette, mais finalement à peine arrivé rien ne semblait correspondre…

Et puis au détour d’un chemin, dans un épais brouillard, nous avons découvert la piste de ski. Une petite piste (la moitié était fermée puisqu’il n’y avait pas de neige), avec deux tapis-roulants en guise de tire-fesses.

L’école nous offrait une heure de ski. A nous ensuite de compléter si nous voulions en faire plus. Mais après avoir observer de loin cette piste solitaire dévorée par le brouillard avec de la neige artificielle et une tonne de chinois qui, ne sachant absolument pas skier, tombaient les uns sur les autres au milieu de la piste, je me suis dit qu’une heure allait être largement suffisante.

Nous avons commandé nos chaussures de ski et nos skis et me voilà déja à chausser mes skis pour la deuxième fois de ma vie. En effet, je n’ai fait qu’une seule fois du ski dans ma vie (et encore c’est Papa Lou qui avait insisté pour m’initier à un sport qu’il apprécie beaucoup) et je n’ai jamais réussi à vraiment me déplacer, sans compter que j’avais une peur bleue des tire-fesses.

Première surprise: je ne suis pas tombée dans les premières minutes après avoir chaussé mes skis. J’arrive même à avancer doucement mais sûrement… Et puis j’ai vite remarqué que c’était pareil pour tous mes autres collègues, chinois ou étrangers, nous montions tous sur des skis pour la première fois ou presque.

Deuxième surprise: je me suis vite prise au jeu et j’ai suivi mes collègues sur l’espèce de tapis-roulant qui nous menait au milieu de la piste. Et là encore, je ne suis pas tombée.

Je suis montée sans encombre et j’ai même pris beaucoup de plaisir à descendre doucement en chasse-neige pour la première fois. Et puis de nombreuses fois encore, avec de plus en plus d’assurance. Quel plaisir! Finalement, nous avons oublié l’heure, nous nous sommes éclatés et nous avons largement dépassé l’heure initialement prévue.

Trosième surprise: j’ai passé un excellent après-midi à faire du ski et nous n’avons finalement payé que 60 yuans supplémentaires (moins de 10 euros) alors qu’on nous avait dit 4 yuans par minutes supplémentaires (ce qui n’est déja pas cher à la base!). Bref, une belle expérience!

Après le ski, il a été l’heure d’aller dîner. Le bus nous a conduit dans un restaurant au bord de l’eau.

Enfin, le bus nous a déposé à l’hôtel où nous allions passer la nuit et profiter des sources chaudes. L’hôtel était beau et grand (allez voir là-bas pour plus de photos). Il y avait de nombreux espaces de jeux pour les enfants, de nombreux bains, des piscines, … bref un vrai « resort », ce dont je n’ai pas du tout l’habitude…

Nous étions deux françaises dans l’équipe, nous avons donc eu le droit de nous partager cette jolie chambre…

Après nous être rapidement installée, nous sommes partis à la découverte des sources chaudes à la chinoise. Ayant l’habitude des bains chauds japonais ou coréen, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. La seule chose que je savais c’est que le maillot de bain est nécessaire dans les bains chinois.

Photo empruntée sur Ctrip.com

Il y avait une bonne vingtaine de petits bains qui peuvent accueillir maximum une dizaine de personnes. Les bains sont plus ou moins chauds (je dirai de 35° à 42°C) On se promène dans un joli parc, d’un bain à l’autre avec sa serviette et on se relaxe dans les bains. Les bains chinois sont mixtes. Le lieu était plutôt familial.

Au début tout s’est donc bien passé. Nous étions entre collègues à patauger dans l’eau chaude, à profiter de la nuit et des volutes de vapeur qui dansaient au-dessus de nos têtes. Et puis, un groupe de Chinois éméchés est passé près de notre bain, et un Chinois bien alcoolisé a décidé de nous rejoindre. Et iI n’a plus arrêté de nous suivre de bains en bains et de nous parler dans un mauvais chinois/ mauvais anglais tout en nous crachant la fumée de sa cigarette dessus… C’est assez déçus et passablement saoulés que nous sommes finalement sortis de l’eau peu avant la fermeture des bains (22h). Je n’ai donc de loin pas un avis aussi positif des sources chaudes chinoises que de leurs homologues japonaises, mais j’espère que je pourrai me faire un autre avis à une prochaine occasion.

Le lendemain matin, nous nous sommes régalés d’un grand buffet petit-déjeuner. Moi qui aime manger au petit-déjeuner, j’ai été servi. Sucré, salé, plat chinois ou western style, il y en avait pour tous les goûts.

Et puis nous avons quitté l’hôtel avec nos bagages pour reprendre la route. Une heure plus tard, nous arrivions dans un endroit où nous avons vraiment eu l’impression d’être seuls au monde (ce qui est rare en Chine!): le Zhejiang Grand Canyon Scenic Area. Nous avons eu de la chance, il ne pleuvait pas et finalement le brouillard a donné un aspect un peu magique et très poétique à notre promenade.

Je vous laisse savourer les photos.

Nous avons marché une bonne heure jusqu’à la cascade qui marque la source de la rivière HuangPu et puis nous avons fait demi-tour. Nous avons vraiment passé un très beau moment!

Et puis nous avons déjeuné avant de reprendre le bus pour un peu plus de quatre heures de route pour rentrer à Shanghai. Nous sommes arrivé assez tardivement – vers 18h – à l’école. Je me suis dépêchée de rentrer rejoindre Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha, qui pour la première fois de leur vie avaient passé un week-end sans moi, juste avec leur père. Mais  ils ont eu l’air d’apprécier!

J’ai beaucoup apprécié cette expérience! J’ai passé un bon week-end, le premier en 6 ans, seule et sans enfant. J’ai passé ma première nuit complète en plus de trois ans! Bref, j’ai vraiment pu souffler et ça m’a fait beaucoup de bien!

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…

[Expatriation] Un an à Shanghai

Little Miss Sunshine et moi avons quitté la France avec 26kg de bagages le 15 août, il y a un an. Ce départ nous l’attendions depuis des années, mais surtout depuis dix semaines que Papa Lou avait déja pris le chemin de la Chine.

A Paris, plus rien ne nous retenait. La ville, magnifique pour un week-end, nous semblait de plus en plus fade et angoissante au bout de sept ans. Professionnellement parlant, nous avions fait le tour de ce que nous faisions à l’époque. Et aucune opportunité, que ce soit en terme d’emploi ou de déménagement, ne s’était présentée à nous. Nous quittions donc la France, le coeur léger, prêt à vivre un nouveau départ.

Un an plus tard, où en sommes nous? 

Nous avons découvert une ville fantastique, entre tradition et modernité, entre culture chinoise et culture occidentale, où le dépaysement est à chaque coin de rue. Nous avons reconstruit notre quotidien, pas si différent de celui que nous vivions en France et pourtant totalement neuf, dans notre magnifique appartement de 160m2.

Déja fusionnels, nos liens familiaux se sont encore re-serrés. Par la force des choses, parce que nous sommes juste tous les trois – tous les quatre maintenant -, mais aussi parce que nous avons enfin l’occasion de passer beaucoup de temps ensemble, chaque soir, chaque matin et les week-end qui ne sont plus amputés par mon travail. Nous en profitons pour faire de la pâtisserie, de la cuisine, visiter la ville, faire du shopping, organiser des sorties, nous reposer, regarder des films et des dessins animés, aller au restaurant, boire du thé, … Passer ensemble du temps de qualité en quelque sorte.

Papa Lou s’épanouit dans son nouveau travail. Il travaille finalement moins qu’à Paris et on peut donc plus profiter de lui. Il est plus régulièrement en déplacement mais pas trop non plus.

Je suis enfin maman au foyer sans culpabiliser. Personne pour me juger – la plupart des femmes d’expat le sont – et pas de question financière. J’ai le temps de me consacrer totalement à l’éducation de mes enfants. Et c’est un choix que je n’arrivais ni à assumer, ni à mettre en place de manière viable en France, bien que nous étions tous les deux d’accord sur le principe. Aujourd’hui, je suis heureuse d’être disponible à 100% pour mon fils et de pouvoir m’occuper de ma fille dès qu’elle sort de l’école.

Cette année en Chine, c’est aussi

  • la première rentrée de Little Miss Sunshine, dans une magnifique école que nous n’aurions jamais pu nous offrir en France.
  • l’apprentissage d’une nouvelle langue pour toute la famille: le Chinois. Et il faut bien dire que suivant les membres de la famille, la facilité d’apprentissage et le niveau d’apprentissage n’est pas le même!
  • l’utilisation de l’anglais au quotidien – sauf entre nous où nous gardons bien évidement le Français! Little Miss Sunshine sera trilingue, c’est sûr!
  • deux voyages en Chine. Un roadtrip dans le Yunnan avec Papapa et Mamama, suivi d’un week-end prolongé à Xi’an avec Nonna et GrandPapa. Et un roadtrip hivernal dans les Alpes japonaises.
  • une grossesse et un accouchement à Shanghai dans un hôpital international. Et un magnifique bébé dont l’acte de naissance est écrit en chinois…
  • la découverte de la vie avec une gouvernante à la maison. Et qui plus est qui ne parle que Chinois! Et par la même occasion la découverte de la cuisine traditionnelle chinoise et surtout sichuanaise.

Et puis toutes ses petites découvertes qui rythment nos sorties. Le dépaysement n’est jamais très loin. On garde au quotidien les yeux grands ouverts, on s’émerveille régulièrement comme des enfants, et pour le bonne humeur et le bonheur familial, il n’y a rien de mieux!

Bien sûr, il y a les moments plus difficile où notre famille et nos amis nous manque. La naissance de Petit Poisson, la naissance toute récente de mon premier neveu, les fêtes de famille dont on reçoit des photos… Mais nous avons eu la chance de rentrer deux semaines en Alsace pour les fêtes de fin d’année, Papapa et Mamama ainsi que Nonna et GranPapa sont venus nous voir deux fois (en octobre/novembre et en avril/mai) et la Marraine de Little Miss Sunshine a également passé une semaine avec nous au mois de mars. Après huit mois sans retour en France, nous sommes impatient de rentrer au mois de septembre, de revoir tout le monde, de passer du temps avec eux.

Quoiqu’il en soit, cette première année a été vraiment très épanouissante pour toute la famille. Et nous entamons notre deuxième année en Chine avec un large sourire sur les lèvres…

[Bien-être de Maman] Bilan des huit mois

Avant de partir pour Shanghai, et de changer radicalement de vie, j’avais envie de faire un dernier bilan de ce qu’aura été ma vie de « mère au foyer » en France. Rappelez-vous, il y a huit mois de celà, j’ai arrêté de travailler. A ce moment-là, pour ne pas oublier les raisons qui m’ont poussé à rester à la maison, j’ai les ai noté ici. Ce que j’ai surtout envie de retenir de ce billet, c’est que j’avais envie de remettre ma vie de couple et ma vie de maman au coeur de mes réflexions.

Pour commencer, j’ai envie de dire que je n’ai pas vu passer le temps. Huit mois! Regarder en arrière me donne presque le vertige tant nos vies ont été chamboulé en l’espace de ce temps. Je me rend compte que j’ai offert énormément de mon temps à Little Miss Sunshine, que j’ai réussi a créer avec elle une relation absolument magique dans le respect et la bienveillance. Nous avons donné la possibilité aux grands-parents de profiter au maximum de leur petite-fille. Nous avons d’ailleurs passé presque trois de ces huit mois en leur compagnie. Ils ont ainsi pu se construire une vraie relation et créer de vrais beaux souvenirs en commun. J’ai réussi à me reposer, à prendre un peu de temps pour moi, régulièrement. Que ce soit en allant chez l’esthéticienne ou chez le coiffeur ou en m’occupant à nouveau plus régulièrement de mon blog.

Le seul qui ai été lésé dans cette histoire, c’est Papa Lou. Entre notre absence, – puisque nous avons passé beaucoup de temps en Alsace -, son travail, – qui l’a tenu loin de nous un bon moment le temps de clôturer ses dossiers à Paris -, et son départ anticipé à Shanghai, nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous retrouver.  C’est donc mon objectif principal pour les prochains mois: remettre ma vie de couple au coeur de mes réflexions. E j’ai hâte de le rejoindre enfin à Shanghai!

Avec notre départ en expatriation, j’ai vécu beaucoup de choses auxquelles je ne m’attendais pas forcément il y a quelques mois encore, la gestion de notre déménagement international et les soucis qui en ont découlé – il faut d’ailleurs que je vous raconte! -, les montagnes de papiers administratifs qui s’accumulent et que je déteste régler – mais je n’ai pas le choix – , l’absence forcé de l’autre, l’adaptation constante à la perte de repères de Little Miss Sunshine,…

Je porte sur ces mois un regard bienveillant. J’ai fait tout ce que je pouvais. Je me suis donnée à fond pour le bien-être de Little Miss Sunshine. J’ai commencé à reprendre du temps pour moi. Ne reste plus qu’à retrouver Papa Lou dans quelques semaines. Mais je suis sûre que nous nous retrouverons avec autant de fougue si ce n’est plus qu’il y a quinze ans…

[Bien-être de Maman] Trois mois

Voilà prêt de trois mois déja que je suis mère au foyer. Et j’ai envie de faire un bilan à ce moment de cette expérience. Le jour où j’ai arrêté de travailler, j’ai eu à coeur d’écrire ce que j’attendais de cette parenthèse.

Notre aventure a débuté au début du mois de décembre. Le premier mois n’a pas été tel que je me l’été imaginé. Little Miss Sunshine et moi nous nous sommes beaucoup reposé, nous avons fait de nombreuses siestes, nous avons fait de belles grasses matinées. Il semble bien que nous avions du sommeil à rattraper.

Les deux mois suivants ont été vraiment très riches en nouvelles expériences pour Little Miss Sunshine et c’est exactement ce que j’attendais de cette période. De mon côté, très entourée, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

Nous avons bricolé, dessiné, peint, et beaucoup rigolé avec Little Miss Sunshine. Nous nous sommes promenés dans des tas d’endroit. Nous avons joué dans la neige, nous avons visité une ferme, nous avons passé un après midi dans un merveilleux château, nous avons fait de belles promenades dans le vignoble alsacien,… J’ai pu faire tout un tas de nouvelles expériences en pâtisserie pour le goûter de Little Miss Sunshine. J’ai eu un peu de temps pour m’occuper de moi, avec notamment une demi-journée de détente dans un magnifique institut de beauté. Je me suis bien reposé, et un an après la fin de nos nuits entrecoupées par Little Miss Sunshine, je peux dire que je n’ai plus de sommeil en retard! J’ai pris le temps de m’occuper un peu de Papa Lou et surtout de nous offrir un moment rien qu’à nous.

Mes objectifs ont bien avancé. Je suis vraiment heureuse de la manière dont se déroule cette période jusqu’à présent.

Ce week-end encore, j’ai vu à quel point j’étais bien maintenant. Little Miss Sunshine et moi étions malade. Mais je n’ai pas eu à m’en faire pour un arrêt maladie. J’ai pu resté assise sur le canapé, avec Little Miss Sunshine dans les bras, à dormir sur moi, sans me poser d’autres questions. Le reste pouvait attendre. Pas de nounou à prévenir et à payer quand même. Pas de médecin à retourner voir pour prolonger mon arrêt maladie. Pas de travail à prévenir de mon absence et pas d’alternative à trouver pour arranger tout le monde. Papa Lou n’a pas eu à s’en faire que nous soyons malade, j’avais le temps de gérer. La vaisselle et le rangement ont attendu ce lundi matin. Je n’ai pas eu a réveillé Little Miss Sunshine alors qu’elle s’était enfin endormi. Je n’ai pas eu à me forcer à faire quoi que ce soit. Il n’y a pas si longtemps, j’expliquai ici ou ici, ce que vive la plupart des parents, le stress de l’imprévu. Aujourd’hui, je me félicite d’avoir trouver une autre voie, qui correspond tout à fait à mes envies actuelles.

Pour l’instant, être mère au foyer pour moi, ce n’est que du bonheur! Ou presque 😉

Et vous, dans quelles situations vous trouvez-vous actuellement?

Préparer bébé à l’absence de Papa #2

Comme je vous le disais hier, dimanche midi, Papa Lou nous a quitté pour rentrer sur Paris. Car oui, il faut bien qu’il y en ait qui travail! Little Miss Sunshne et moi l’avons accompagné à la gare et avons couru après le train au moment du départ.

Papa Lou passe une semaine de déplacement en Chine et ne reviendra nous voir en Alsace que dans deux semaines. Little Miss Sunshine l’a bien compris. Et cette fois, ça l’a plus chamboulé que la dernière.

Little Miss Sunshine grandit. Elle comprend de plus en plus de choses, réfléchit de plus en plus. Automatiquement, le moment du départ devient plus compliqué. Il faut qu’elle sache que Papa reviendra. Mais deux semaines dans la tête d’un tout-petit, ça ne correspond à rien d’autre qu’à une éternité. Je pense que lorsque Papa Lou sera parti et revenu plusieurs fois – ça ne fait que deux fois que je vois que Little Miss Sunshine comprend vraiment son absence -, elle saura à quoi s’attendre et ce sera peut être moins difficile pour elle.

Pour l’instant, on lui explique que Papa part travailler loin. Qu’il est parti en Chine. On a cherché sa destination exacte sur un immense poster du monde accroché sur un mur chez Papapa et Mamama. Et depuis son départ, Papa Lou a fait un véritable reportage photo qu’il envoie chaque jour à Little Miss Sunshine pour la rassurer.

La première nuit a été difficile. Impossible de laisser Little Miss Sunshine dans son lit, dans sa chambre. Malgré les séances de câlins, d’explications, rien ne l’a calmé. Elle a fini dans mes bras,  sur le canapé, puis dans le grand lit de Papa et Maman. Ses derniers mots au moment de s’endormir ont été « Papa parti tout seul! ». Ce furent également ses premiers mots le lendemain matin.

La sieste suivante a encore été un peu difficile et puis finalement j’ai trouvé une bonne manière d’entamer le dialogue avec elle, de la faire parler de son angoisse. Juste avant de la quitter, après l’histoire, je lui demande si elle a encore envie de me parler de quelque chose. Les deux premiers jours, elle m’a systématiquement parlé de l’absence de Papa Lou. Puis elle a fini par me parler de Totoro.

Cette manière de procéder est particulièrement efficace pour Little Miss Sunshine. Elle peut exprimer les points marquants de la journée. Un de ses soirs, elle m’a raconté un épisode que nous avons vécu au supermarché. Une petite fille de 18 mois se faisait sans cesse réprimander par sa mère à priori exténuée et a fini par se coincer les doigts dans un panier. Tout le monde autour a fini par se moquer d’elle. J’ai été atterrée par le comportement des adultes. Ce que je n’avais pas compris, c’est que Little Miss Sunshine aussi a été marqué par cet épisode. Mais nous avons pu en reparler le soir…

Depuis le troisième jour, l’absence se fait moins lourde pour Little Miss Sunshine. Et puis hier soir, elle a eu la chance de pouvoir communiquer directement avec Papa Lou via Skipe. Un pur bonheur! Elle n’a cessé de lui repéter « Papa je t’aime! ».

Reste une dizaine de jour à tenir. Ensuite, on le reverra un week-end. Et puis il retournera à Paris pour trois semaines d’astreinte. Une éternité… avant de le revoir enfin… Reste à savoir comment Little Miss Sunshine réagira.

Et vous, avez-vous des astuces, des manières de faire pour préparer vos enfants à l’absence d’un des parents? 

Belle année 2014!

Toute la famille Kangourou vous souhaite à tous et à toutes une très belle année 2014. Nous vous la souhaitons remplie de joie, de bonheur et d’amour.

Voir arriver une nouvelle année, c’est aussi se replonger dans l’année passée…

Cette année 2013 qui vient de passer aura été bien remplie et pourtant elle me semble un peu vide. L’an dernier à la même période nous nous attendions à quitter la France à l’été 2013. Finalement, les choses ont évolué différemment de ce à quoi nous nous attendions. Début 2014, nous sommes encore là et nous attendons toujours la date de notre départ.

Pour compenser, nous avons réalisé un magnifique second voyage au Japon. Little Miss Sunshine a pu découvrir ce pays que nous aimons tant. Nous avons aussi réalisé un très beau roadtrip dans le sud de l’Angleterre. Là encore Little Miss Sunshine a pu découvrir un pays et une culture qu’elle ne connaissait pas encore.

Côté boulot, on ne peut pas dire que 2013 aura été mon année. Je me suis sentie très mal dans mon boulot à partir du début de cette année. Changement d’image de mon entreprise, changement de responsable, aucun soutien de la part du siège bien occupé à penser à autre chose – cf. le changement d’image… Bref, la galère. J’ai d’abord demandé à ne travailler qu’à 80% dans le cadre d’un congé parental à l’été, avant de poser ma démission fin septembre et d’être libérée au 1er décembre.

Le côté positif, c’est que grâce à mon 80% puis à ma démission, j’ai pu passer beaucoup de temps avec Little Miss Sunshine. Je la vois grandir, je profite d’elle et de toutes ses avancés… J’ai enfin l’impression de profiter de ma maternité après près de 6 mois où j’ai eu l’impression de passer totalement au travers.

Pour 2014, nous espérons enfin un grand départ… 

Et nous vous souhaitons également la réalisation de vos projets pour cette nouvelle année qui s’annonce…

Retour au foyer

Ca y est. On y est. Aujourd’hui, je suis officiellement mère au foyer.

C’est un statut que j’ai choisi. C’est un statut dont nous avons longuement débattu avec Papa Lou. C’est une décision qui a été prise en connaissance de causes. Et j’en suis absolument ravie!

Pourtant, je sais qu’être mère au foyer n’a rien d’évident. Pas de congés payés. Pas de RTT. Pas de week-end. Quand on est maman au foyer, c’est 24h/24 et 7j/7, 365 jours par an qu’on doit assurer. Et puis « mère au foyer », c’est un statut encore difficile à porter dans notre société. Le regard des autres ne nous met pas vraiment en valeur.

Pour toutes ses raisons, j’aimerai mettre par écrit, tout ce qui m’a fait choisir ce statut pour les prochaines années. Je veux pouvoir m’en souvenir quand ce sera difficile. Quand je souffrirais de n’avoir une vie sociale qu’aléatoire. Quand j’en aurai ras-le-bol de passer toutes mes journées à parler avec un petit enfant et de n’avoir des conversations d’adultes que trop rarement. Quand les fins de mois seront difficiles.

Je ne veux pas oublier que cette dernière année, travailler ça a été pour moi:

  • Rentrer tard le soir au moins trois fois par semaine et ne passer que 15 à 20 minutes maximum avec Little Miss Sunshine ces soirs-là.
  • Devoir travailler les samedis et les dimanches alors que je laissais Papa Lou et Little Miss Sunshine en tête à tête pour la journée.
  • Entendre pleurer Little Miss Sunshine derrière la porte quand je quittais la maison alors que Papa Lou restait seul avec elle
  • Devoir employer une nounou 40h par semaine sur 4 jours et dépenser la moitié de mon salaire
  • N’avoir qu’une seule journée par semaine à passer avec ma fille
  • Devoir courir 7j/7 entre la nounou, les courses, le ménage, le repassage, le médecin,…
  • Ne pas pouvoir profiter de Little Miss Sunshine comme je l’aurai aimé

Je ne parle ici que des mauvais côtés du travail. Mais je ferai un bilan de mon expérience professionnelle dans les prochaines semaines.

Je ne veux pas oublier que si j’ai voulu être mère au foyer, c’est pour:

  • Profiter autant que possible des jeunes années de Little Miss Sunshine
  • Bricoler, dessiner, peindre, me promener, m’amuser avec Little Miss Sunshine
  • Cuisiner, faire de la pâtisserie autant que j’en ai envie
  • Avoir le temps de m’occuper un peu de moi
  • Chouchouter Papa Lou autant qu’il le mérite
  • Me requinquer après cette période difficile et faire d’autres enfants…

En quelques mots, j’ai choisi d’être mère au foyer pour remettre ma vie de couple et ma vie de maman au cœur de mes réflexions…