Ma première rentrée

Nous sommes rentrés de nos vacances françaises à la mi-août. Le lendemain, le quotidien reprenait déjà le dessus. C’est fou comme il nous rattrape vite celui-ci, même après deux mois de vacances… Mais la routine, après un temps aussi long loin de chez nous, ça fait aussi du bien. 

Le lendemain donc était dédié au repos pour récupérer du décalage horaire, au rangement des valises et à la lessive. Le surlendemain, nous sommes allés faire refaire le passeport de Little Miss Sunshine. Et les démarches sont longues et compliquées quand il faut en plus remettre à jour le nouveau passeport auprès des autorités chinoises et refaire le permis de résident…  Le jour suivant, je faisais ma pré-rentrée. 

C’est donc Ayi qui s’est occupé des enfants à plein temps durant dix jours, alors que je travaillais. J’ai commencé à plein temps pour organiser ma classe et mon programme.

La première semaine était donc consacrée à la préparation de la salle de classe, à la rencontre avec mon équipe (nous sommes trois pour six enfants: une maîtresse française, une maîtresse chinoise et une Ayi – assistante de vie), à l’organisation des premières semaines, au remplissage des papiers administratifs, aux réunions pour organiser l’année scolaire, à la première rencontre avec les parents. Et la semaine a été bien remplie. Je suis rentrée touts les soirs vers 18h.

J’en ai notamment profité pour fabriquer un grand tableau sensoriel, des bouteilles sensorielles aux couleurs de l’arc-en-ciel et aussi créer une cabane dans la salle de classe. J’ai préparé de la pâte à modeler maison non toxique pour les premières semaines.

J’ai créé un coin retour au calme dans la cabane. Un espace où les enfants peuvent lire des livres, s’asseoir et jouer avec les bouteilles sensorielles arc-en-ciel ou encore s’isoler du reste de la classe s’ils en ressentent le besoin.

J’ai également organisé un coin construction: avec des Lego duplo, des cubes en bois et des cubes en mousse géant. Un coin garage en bois et petites voitures en bois. Un coin poupées et cuisinière en bois.

J’ai privilégié des objets en bois aux couleurs douces. Bien que je trouve les Lego inégalables. Je voulais vraiment créer une ambiance douce et chaleureuse, ou tout le monde peut se sentir bien, les enfants comme les adultes.

Enfin, un coin puzzle et jeux de société, ainsi qu’un coin dessin (feuilles de papier brouillon et crayon de couleur) rangés dans les étagères près des tables. Le but étant d’apprendre progressivement aux enfants que ce type de jeux restent sur les tables. J’y ajouterai à terme notre coin manipulation (pâte à modeler, sable magique…) et motricité fine en autonomie (des plateaux avec des jeux de transvasement ou d’enfilage par exemple).

J’ai aimé la coopération qu’il y a pu y avoir durant cette semaine, entre les anciens et les nouveaux, les Chinois et les étrangers, l’émulation autour de projet de décor de portes.

Et puis le 1er septembre, ça a été la première rentrée pour tous. Pour moi, et pour les enfants. Six enfants. Deux filles et quatre garçons.

Une des filles à beaucoup pleuré, pendant plusieurs jours. Au point de se faire vomir au départ de sa maman ou de son Ayi à plusieurs reprises. Malgré notre présence bienveillante. Mais aujourd’hui, deux semaines après la rentrée, c’est une petite fille qui vient avec plaisir à l’école et qui communique autant avec moi qu’avec la maîtresse chinoise. Une belle victoire!

L’autre petite fille est la plus âgée de la classe. Elle a deux ans et demi. C’est presque une grande. Elle avait déjà passé une partir de son été au camp d’été de l’école et elle a tout de suite été à l’aise.

Un des garçons est le plus jeune de la classe. 19 mois à peine. Mais il n’est vraiment pas en retard en terme de motricité, de motricité fine et de concentration. Il me fait un peu penser à Little Smiling Buddha. Et à finalement tout à fait sa place dans cette classe.

L’un des garçons vient d’avoir 2 ans hier. Il a beaucoup pleurniché les premiers jours. Pas vraiment pleuré, mais pleurniché à chaque changement dans la classe (quand quelqu’un sort, quand quelqu’un rentre, quand on passe dans une autre salle..) Il est vraiment dans la découverte de tout. Il va sortir tous les jeux, tout mettre parterre mais dès que cette étape est passée, il ne s’y intéresse plus… c’est assez déroutant! Il a été pas mal absent en deux semaines, il est enrhumé. Il a donc toujours autant de mal quand il revient…

Le dernier garçon va avoir deux ans également. Il est dans une phase où il parle beaucoup avec ses mains… Nous avons eu beaucoup de mal à gérer avec lui la frustration durant les premiers jours. Il nous tapait systématiquement. Il avait également du mal avec les camarades de classe qui s’approchaient de lui et les tapaient systématiquement. C’est pourtant un petit garçon très attachant. Après une réelle collaboration avec ses parents, et la décision de ne le mettre à l’école que jusqu’à 14h dans un premier temps, les journées se passent déja mieux pour lui et pour nous.

Enfin, il y a Little Smiling Buddha. 27 mois. Il est à l’aise. Il évolue dans l’école comme s’il était chez lui ou presque. Il reste proche de moi quand je rassure ses petits copains qui pleurent, mais semble comprendre que je reste sa maman, même si à ce moment-là, je suis la maîtresse. Par contre, c’est plus difficile au moment de notre séparation: le temps de la sieste. C’est à moi de l’endormir, il n’accepte personne d’autres. Il dort une trentaine de minutes – ce qui me laisse le temps de manger – et pleure pour me rejoindre dès qu’il se réveille. Je me retrouve donc à tous les meetings avec lui ou je dois faire mes préparations tout en m’occupant de lui. Je compte sur le fait qu’il va finir par prendre le rythme, comprendre que je reste là pour l’attendre et que je le retrouve à son réveil.

Voilà donc mes six P’tits Loups. Je suis déja très attaché à ses enfants. C’est un bonheur de les voir évoluer de jour en jour et de les aider dans leurs nouvelles acquisitions. De ce côté-là, mon emploi correspond exactement à ce que j’imaginais. Là où je ne m’attendais pas à avoir autant de travail, c’est du côté administratif. Entre la gestion du matériel (quand je commande quoi pour l’avoir au bon moment pour ma programmation), la gestion des meetings (hebdomadaire voire deux fois par semaine), le blog de la classe, la préparation du résumé de la semaine pour le cahier de vie que les enfants ramènent à la maison chaque vendredi, le rangement et l’organisation de la salle de classe (alors que je ne suis présente que de 8h à 14h tous les jours), les programmations hebdomadaire, mensuelle, semestrielle à rendre, les mails aux parents, les préparations journalières pour les activités du lendemain… et le fait que les ordinateurs soient entièrement en Chinois… J’ai l’impression de perdre un temps immense. Mais je suppose qu’une fois que j’aurai pris le rythme, ça sera plus simple…

Encore quelques semaines, et je serai définitivement dans le bain! 

[Bac sensoriel] Nourir les oisillons

Cette idée de bac sensoriel, je l’ai eu bien avant de le réaliser, je crois que ça remonte à cet hiver. Mais je le gardais en tête pour une saison qui se prêterait plus à sa création et un moment où les enfants y seraient vraiment sensible. Alors quand j’ai vu qu’à l’école, les enfants s’étaient lancé sur le thème des animaux, qu’en parallèle, j’ai retrouvé des graines de courges, tout s’est enchaîné. J’ai d’abord créé le bac pour Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Et puis, comme l’idée collait parfaitement au thème des animaux de l’école, j’ai tenté le même bac, ou presque avec ma classe de TPS.

Avec mes enfants, l’atelier s’est déroulé en deux étapes: la création des oisillons puis la présentation du bac sensoriel. J’avais prévu de faire la même chose avec mes TPS, mais finalement le temps m’a manqué, et c’est finalement mes enfants qui ont également préparé les oisillons pour l’école.

Pour préparer nos oisillons, j’ai donné à chacun des enfants une boule de pâte à modeler auto-durcissante de couleur. Ils ont formé de belles boules pour faire des oiseaux, puis y on placé deux yeux, un bec – découpé dans du papier cartonné orange -, des pattes – découpées dans des pailles de couleurs – et enfin ils ont piqué trois plumes pour faire une belle queue.

Une fois les oisillons prêts, nous les avons laissé sécher deux jours avant de les utiliser dans notre bac sensoriel.

En proposant ce bac sensoriel, j’avais deux idées derrière la tête. Un peu de biologie, en faisant comprendre aux enfants que chez les oiseaux, comme chez tous les animaux, les parents prennent soin de leurs enfants en leur apportant ou donnant à manger le temps qu’ils sont bébés.

Et un peu de motricité fine, en utilisant une pince à linge pour attraper les vers de terre avec lesquels nous allions nourrir les oisillons.

Après leur avoir lu la jolie histoire de l’oiseau de la collection Petite Nature d’Amaterra, je leur ai expliqué qu’ils allaient pouvoir jouer à la maman oiseau qui apporte à manger à ses bébés oisillons. Pour cela, ils pouvaient utiliser la pince à linge, comme un bec, pour aller attraper les vers de terre – des morceaux de filin chenille – et les déposer dans le nid.

Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha ont adoré ce bac sensoriel. C’est le premier bac que je leur ai préparé pour eux deux. D’habitude, je préparai toujours deux bacs pour éviter les disputes et surtout que chacun puisse découvrir à son rythme. Mais compte tenu du succès de ce bac, je vais peut être leur donner un bac commun plus souvent dorénavant. Nous l’avons gardé plusieurs semaines à disposition et pour une fois ils n’y ont rien ajouté. Ils aimaient jouer avec les oiseaux, leur donner des graines ou des vers de terre.  J’ai admiré la façon dont Little Smiling Buddha manipulait sa pince à linge du haut de ses 2 ans.

Le matériel utilisé pour le bac sensoriel de mes enfants:

  • Des graines de courges colorés
  • Des morceaux de filins chenille,
  • Des plumes, 
  • Quatre oiseaux, 
  • Des coquilles d’oeuf vident
  • Deux nids fabriqués avec un sac en carton
  • Deux pinces à linge

Pour poursuivre sur le thème des oiseaux, nous avons lu plusieurs histoires sur le thème. Et puis Little Miss Sunshine a choisi un beau coloriage d’oiseau-mouche pour clore notre thématique.

Quant à Little Smiling Buddha, il a collé des gommettes en toute autonomie pour colorier un oiseau.

Avec ma classe de TPS, le bac sensoriel était moins élaboré. J’avais mis de la paille dans le fond de mon bac et j’ai préparé des nids avec des protections que l’on trouve autour des fruits à Shanghai. Chaque enfant avait son oiseau, son nid et sa pince à linge.

Pour le bac sensoriel mes 7 TPS, j’ai utilisé:

  • 7 oiseaux
  • Des plumes
  • Des morceaux de filins chenille
  • Des protections pour les fruits transformés en nid 
  • 7 pinces à linge

Avant de proposer le bac aux enfants – que j’avais placé dans la cour de récréation pour profiter du beau temps – je leur ai lu l’histoire de l’Oiseau. Comme à mes enfants, je leur ai expliqué l’activité et j’ai précisé à leur maîtresse habituelle que je voulais qu’ils puissent manipuler le matériel sans intervention de notre part.

Malheureusement, ils n’ont pas accroché du tout, ou alors pas du tout de la manière dont je m’imaginais. En cinq minutes, ils avaient détruit tous les nids, tous les oiseaux, ils avaient arrachés tout ce qu’ils pouvaient et étaient entrain de se lancer la paille après. J’ai eu du mal à les faire remettre la paille dans le bac en leur rappelant la règle: « ce qui est dans le bac reste dans le bac ». Et j’ai finalement opté pour aller les défouler au toboggan plutôt que de poursuivre l’activité!

Un succès mitigé donc avec les enfants de la classe, dont il faut bien le dire, la patience est parfois proche de zéro en ce qui concerne une activité! Mais je garde en mémoire la jolie réussite de mon bac de la ferme avec eux Et j’en proposerai rapidement à ma classe l’année prochaine!

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…

[Peinture] Le bassin aux nymphéas 

Pour la première fois, avec la classe de TPS dont je suis en charge durant mon stage de reconversion, j‘ai eu envie de tenter un atelier « Peindre à la manière de… » Cela fait longtemps que je voulais proposer un atelier de ce type à Little Miss Sunshine, mais je n’en avais pas encore eu l’occasion.

Comme nous étions alors en plein dans le thème du printemps, j’ai eu envie de leur faire peindre des fleurs, mais je voulais aussi qu’ils puissent peindre de différentes manières (avec un pinceau, avec les mains, des éponges ou des tampons) C’est le tableau « Le bassin aux nymphéas » de Claude Monet qui m’a le plus parlé à ce moment-là. Ce n’est pas tout à fait le thème du printemps, les nymphéas fleurissant plutôt à l’été et j’aurai tout aussi bien pu faire cet atelier lors du thème « l’eau et l’été » de ce mois de juin, mais j’avais à coeur de réaliser quelque chose qui me parlait avant tout à moi, pour passer mon enthousiasme plus facilement aux enfants. C’était une première pour moi.

Pour commencer, j’ai fait quelques recherches pour parler de l’auteur, Claude Monet, aux enfants. Il ne faut pas oublier qu’à deux ans et demi – trois ans, leur capacité de concentration est relativement réduite. Je me suis aidé du site Wikimini, écrit par des enfants pour dégrossir le sujet et puis j’ai sélectionné moi-même ce que j’allais leur expliquer. J’ai préparé une photo de l’auteur et une autre photo de l’oeuvre que j’avais prévu de leur faire copier. J’ai plastifier le tout pour qu’ils puissent observer les photos, se les passer, en parler.

J’ai commencé par leur montrer la photo du « Bassin aux nymphéas ». On a parlé des couleurs, de ce qu’on voyait sur la peinture. Puis nous avons parlé du peintre, de son métier, de son époque et de son lieu de vie. Et puis on est revenu sur l’oeuvre. Quelles couleurs allions-nous utiliser? Qu’est-ce qu’on voit quand on se met très très près du tableau? Comment allions-nous pouvoir faire comme le peintre? Ils m’ont paru étonnement intéressé par le sujet (je pensais les perdre beaucoup plus tôt!)

A l’école, nous utilisons beaucoup un matériau super sympa et qui permet de faire vraiment beaucoup de chose, le KT Board, une espèce de tableau de mousse que l’on peut très facilement découper ou peindre.  C’est ce que j’ai utilisé comme toile de fond. Le mien était vert, pour faciliter le travail des enfants. Je l’avais séparé en deux avec du washi tape afin de créer deux espaces de coloriage: un espace bleu et un espace vert. Chacun a pu choisir l’endroit où il avait envie de peindre en me précisant la couleur qu’il allait peindre. Les enfants se sont tous prêtés au jeu. Ils ont peint avec beaucoup d’entrain. Je n’avais fait passer que deux consignes simples: respecter les zones de couleurs et remplir tout le tableau sans laisser de blanc.

Quelques uns ont essayé de peindre par petites touches, comme nous en avions parlé. Mais très vite, face à leur enthousiasme, j’ai laissé tomber cet aspect pour les laisser exprimer leur propre sens artistique. Et ils s’en sont donné à coeur joie. Tout y est passé, le pinceau, les doigts, la main,… Mais ils ont consciencieusement remplis le tableau sans laisser de « blanc ». Et c’était pour moi l’essentiel de cet exercice.

Lors d’une seconde séance, une fois que le fond de notre tableau était bien sec, je leur ai proposé de créer les nymphéas. J’avais prédécoupé les feuilles des nénuphars dans du papier vert cartonné. J’ai commencé la séance en leur redonnant les photos plastifiées de Claude Monet et du tableau. Et puis nous nous sommes rappelés ce que nous avions fait la fois précédente.

Puis nous nous sommes installés à table, je leur ai donné à chacun une feuille de nénuphar et une bouteille de soda vide. Nous avons utilisé le fond de la bouteille pour créer les fleurs. La consigne était de tremper le fond de la bouteille dans la peinture rose puis de la poser trois fois sur la feuille de nénuphar. Ce travail a été très rapide. J’avoue que j’en ai interrompu l’un ou l’autre dans leur élan de remplir la feuille de nénuphar de rose. Une seule a relativement respecté la consigne des trois fleurs.

Pour terminer le travail, j’ai découpé un pont en bois dans du papier mousse marron. Et quand tout a été bien sec, j’ai collé le pont et les feuilles de nénuphars au pistolet à colle chaude. Les enfants ont été ravi de voir le résultat de leur travail, de chercher quelles feuilles de nénuphars est à qui, et depuis, leur oeuvre trône au milieu de la salle de classe.

Je suis ravie de cette première tentative. Elle est loin d’être parfaite, mais j’ai essayé au maximum de ne pas brider les enfants dans leur envie de créer (même si je l’ai un peu moins respecté sur le deuxième atelier). Dans l’idéal, j’aurai aimé qu’ils peignent plus par touche, que je trouve un moyen de les faire participer à la réalisation du pont (mais j’ai eu une idée pour les faire participer après coup: aller ramasser des bâtons dans le parc et les laisser me les passer pendant que je les colle à la colle chaude). Je retenterai l’expérience de la peinture à la manière de … avec ma propre classe l’année prochaine! 

[Bac sensoriel] La ferme 

Voici le premier bac sensoriel que j’ai proposé à l’école à la classe de TPS dont je m’occupe par alternance durant mon stage de reconversion professionnelle. Je pense que c’est le premier bac sensoriel qui leur était proposé de l’année au vu de leur réaction. C’est aussi la première fois, certainement qu’on les laissait jouer avec de la boue! C’est dingue les enfants de la ville! Rien que pour ça je suis ravie de leur avoir proposé!

Je dois bien avouer que je ne savais pas trop comment ils allaient réagir, à 7 autour d’un bac sensoriel. J’ai plutôt l’habitude de préparer deux bacs distincts pour Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha pour éviter les crises et les disputes. De temps à autre, ils ont un seul et même bac sensoriel, comme ça a été avec le bac sensoriel des engins de chantier, mais ça reste assez rare. Comme ils ne patouillent pas à la même vitesse et de la même manière, je préfère qu’ils aient l’opportunité d’expérimenter chacun à leur rythme.

Le thème du mois de mai à l’école, c’est les animaux et l’agriculture. Mon bac sensoriel était donc tout trouvé. Heureusement, niveau bac de transvasement, ils ont de quoi faire à l’école. J’ai donc emprunté un des bacs à sable pour créer mon bac.

La veille, à la maison, j’avais préparé une jolie ferme à l’américaine en bâtonnet à glace que j’ai préalablement peint puis collé à la colle chaude. Je voulais une ferme reconnaissable entre toute, et j’ai eu beau me creuser les méninges, cette ferme à l’américaine est la seule qui me paraissait facilement reconnaissable par tous. J’avais également trouvé quelques dessins de légumes que j’ai plastifié pour que les enfants puissent créer un jardin potager dans la ferme. Ainsi que des barrières pour séparer les différents animaux, que j’ai réalisé avec des morceaux de bâtons que nous avions ramassé avec Little Smiling Buddha pendant notre promenade et de la colle chaude.

Le matin même en arrivant à l’école, j’ai préparé le bac sensoriel avec les animaux de la ferme dont les enfants de TPS disposaient dans leur classe. J’ai utilisé de la paille qu’il restait de la fête de Pâques, de la terre et des graines qu’ils restaient des plantations réalisées par les enfants les semaines précédentes ainsi qu’une assiette avec un peu d’eau pour créer une mare.

J’ai prévenu leur maîtresse habituelle que le but de l’exercice était vraiment de les laisser manipuler ce qu’il y avait dans le bac à leur convenance. Que ma seule consigne serait de garder dans le bac ce qui est dans le bac. J’ai présenté mon activité au cours de notre rituel d’accueil. J’ai commencé par leur parler de la ferme et des animaux de la ferme au travers d’un petit livre documentaire que j’ai trouvé dans la bibliothèque de l’école. Puis, j’ai sorti les cartes de nomenclatures que j’avais créé pour l’occasion. Nous avons nommé les différents animaux, nous avons fait leur bruit. Puis j’ai distribué les cartes et appelé les différents animaux. Les enfants devaient répondre par le cri de l’animal. Ils ont beaucoup aimé ce jeu. Ensuite je leur ai expliqué que j’avais construit une ferme pour eux avec les animaux, le tracteur, la mare, le jardin potager. Je leur ai dit une première fois que ce qui était dans le bac de la ferme devait rester dans le bac et nous sommes descendu dans la cour pour profiter du bac sensoriel. Je leur ai répété une dernière fois la consigne avant qu’ils ne se ruent sur le bac. Et j’ai été très étonné par le fait qu’ils n’ont rien sorti du bac. Je m’attendais à avoir un sacré bazar!

Les enfants se sont beaucoup amusés. Je pense que c’est la première fois qu’ils avaient le droit de faire de la boue. Ils se sont éclatés à mettre la terre dans l’eau puis à tout verser dans le bac sur la paille. L’un d’entre eux nous a re-demandé de l’eau que je lui ai redonné avec plaisir. Et ils ont recommencé. Dans une belle coopération. Ils en ont oublié leurs habituelles chamailleries. J’étais ravie!

L’ayi de la classe était catastrophée. Elle les rappelait régulièrement pour leur nettoyer les mains. Je crois qu’elle n’avait jamais vu d’enfants jouer avec de la boue de sa vie! Un seul n’a pas voulu participé et a préféré observer de loin.

Nous avons terminé cette jolie activité en allant laver les animaux et le tracteur. Et chacun a remonté quelques animaux dans la classe. C’est la première fois que je les voyait aussi spontanément participer au rangement d’une activité. J’étais très fière d’eux.

Cette première expérience m’a vraiment donné envie de retenter un autre bac sensoriel  avec eux d’ici quelques semaines!

[DIY] Puzzle botanique: la fleur

Durant le mois d’avril, à l’école, toutes les classes travaillent sur le thème du printemps et du jardinage.

A cette occasion, j’ai créé un puzzle et un dé en papier mousse et en feutrine pour aborder la botanique avec les enfants de la Toute Petite Section (TPS). Ce puzzle me permet d’introduire l’utilisation d’un dé, de poursuivre la compréhension et la réalisation de puzzle, de réviser les couleurs, mais surtout d’introduire le vocabulaire de la fleur. C’est également un jeu sensoriel qui permet de toucher les différences de textures entre le papier mousse et la feutrine.

Ce puzzle est très facilement adaptable pour des enfants plus âgés. On peut utiliser un dé classique et ajouter des autocollants avec un nombre de point ou encore un chiffre sur chaque partie de la fleur. Pour les jeunes lecteurs, on peut ajouter des étiquettes à faire écrire par les enfants avec les noms de chacune des parties de la fleur pour approfondir le puzzle.

 

J’ai tout d’abord commencé par réaliser un dessin, qui m’a servi de gabarit pour réaliser ma fleur.

Ensuite, j’ai découpé partie après partie mon gabarit en prenant soin à chaque fois de dessiner puis découper ladite partie de la fleur dans de la feutrine ou du papier mousse. D’abord la terre, puis les racines, la tige, les feuilles, les pétales et enfin le cœur. J’ai tout fait en double dans le but de réaliser deux puzzles pour créer deux groupes lors de ma présentation du puzzle aux enfants.

Enfin, j’ai cherché un gabarit de dé sur internet. Avec du carton épais, j’ai réalisé le dé, que j’ai ensuite simplement collé au pistolet à colle pour plus de solidité.

Sur chaque face du dé, j’ai collé une des couleurs de la fleur. Le papier mousse rouge pour les pétales, le papier mousse jaune pour le cœur, la feutrine vert tendre pour la tige, la feutrine blanche pour les racines, le papier mousse marron pour la terre et la feutrine verte foncée pour les feuilles.

J’ai actuellement sept élèves dans la classe de TPS où je suis en formation. Erreur de débutante, lors de la première présentation, je n’ai pas laissé assez de temps aux enfants pour toucher, observer, s’approprier le jeu. Résultat, ils ont beaucoup voulu s’approprier les pièces au cours de la partie. Et je pense que c’était d’autant plus flagrant qu’il y avait un aspect sensoriel au jeu… Mais on va dire que c’était une séance de présentation. J’ai évidemment changer ma manière de faire pour la présentation suivante. Mais si la première présentation était à refaire, je présenterai le jeu une première fois sur le temps d’accueil pour qu’ils puissent se l’approprier avant d’essayer de faire le jeu.

Ils ont eu l’air d’apprécier le jeu. Ils ont aimé toucher les différentes textures, essayer de replacer les différentes parties de la fleur. Lors de la première présentation, j’ai hésité à les laisser construire la fleur comme ils le désiraient. Mais j’ai finalement opté pour guider le jeu. A plus y réfléchir, la prochaine fois que je présenterai ce jeu pour la première fois à un groupe, je pense que je plastifierai une photo du jeu complet que je poserai sur la table pour les guider, mais que je les laisserai créer la fleur comme ils le désirent.

Pour la deuxième présentation, c’est ce que j’ai fait. J’ai posé les pièces de puzzles sur la table, en leur demandant si ils se rappelaient de ce jeu (que nous avions vu pour la première fois ensemble une semaine plus tôt). Trois enfants sur les six ont tout de suite voulu jouer avec le dé. Je les ai donc installé ensemble à une table pour réessayer de les faire jouer avec le dé. Ils ont donc lancé le dé tour à tour, mais je ne les ai pas guidé pour placer les pièces. Les autres ont tour à tour essayé de reconstituer la fleur comme ils l’entendaient sans dé. Et c’était plutôt intéressant à observer. Surtout quand ils ont essayé de s’aider les uns les autres pour se corriger. J’ai vraiment beaucoup aimé ce moment. Pour conclure, nous avons bien reformé notre jolie fleur.

Lors de cette deuxième présentation, nous avons vraiment bien pu aborder les différents termes de la botanique de la fleur que je voulais leur apprendre (les pétales, le coeur de la fleur, la tige, les feuilles, les racines), contrairement à la première présentation, où nous étions, comme je le disais, vraiment dans la découverte du matériel en lui-même.

J’au aussi remarqué, que lancer le dé n’a pas été chose facile pour tout le monde. Pourtant j’avais justement créé un grand dé pour leurs petites mains. Ils ne doivent pas avoir eu l’habitude de jouer avec un dé. Ca m’a donc donné l’idée de leur créé un nouveau jeu, différent, pour le thème du mois de mai, les animaux et l’agriculture.

Ma reconversion professionnelle 

Cette reconversion, j’en rêve depuis plus de trois ans. J’en rêvais déjà, que je n’avais pas encore arrêté mon précédent boulot. Pas que je n’aimais pas ce que je faisais. Mais je ne supportais plus les horaires et le manque de disponibilité pour ma famille que cela impliquait. Et j’avais besoin de faire une pause professionnelle, j’avais besoin de prendre soin de mes enfants, de leur offrir ce dont ils avaient besoin durant leurs plus jeunes années.

Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Un emploi qui me permette d’avoir du temps pour ma famille, pour moi. C’était l’essentiel. Si cet emploi pouvait en plus me permettre de travailler en lien avec une de mes passions: les livres, le thé ou les enfants, ça aurait été parfait. Je me suis promis d’analyser la situation, de trouver des pistes, de trouver une formation, de m’organiser pour reprendre le travail le jour où on rentrerait en France.

Et puis je suis tombée enceinte, et puis Little Smiling Buddha est arrivé, et puis il avait intensément besoin de moi. Et puis ma reconversion a été mise de côté. Ce n’était de loin plus ma priorité…

En même temps, par l’intermédiaire de l’école de Little Miss Sunshine, j’ai très vite eu l’occasion de m’investir un peu dans quelque chose qui me plaisait: la bibliothèque de l’école. Dès la deuxième rentrée de Little Miss Sunshine, ou les trois mois de Little Smiling Buddha, j’ai participé à son entretien. Un après-midi par semaine. Jusqu’à ce que Little Smiling Buddha ait 8 mois, je l’emmenais chaque mardi. Ensuite, c’est Ayi qui s’en est occupée. J’avais un moment pour moi. Un moment où je m’investissais dans un projet plus grand que moi. Un moment où je sortais de mon train-train. Un moment où je pouvais parler avec des adultes. Et ce moment m’a fait beaucoup de bien.

À la rentrée suivante, j’ai décidé de m’investir plus. J’avais envie de plus. J’étais prête à faire autre chose que pouponner. Même si Little Smiling Buddha, 15 mois à l’époque, n’était pas forcément du même avis. Mais il restait volontiers avec Ayi un après-midi par semaine. J’ai créé les « ateliers du mardi » pour les classes de la section française. Une lecture et un bricolage en lien avec cette lecture par classe, pour chaque niveau, des Tout-Petits au CP, différent chaque semaine. J’avais besoin de beaucoup plus de disponibilité, notamment pour réfléchir mes ateliers – souvent le jeudi ou le vendredi de la semaine précédente – et puis pour les organiser – le mardi matin. Pas toujours simple avec Little Smiling Buddha dans les pattes, mais ce fut une réelle révélation. Je savais ce que je voulais faire. Et j’ai repensé à mes études, à ma première remise en question, il y a de ça presque dix ans maintenant…

J’ai tendance à dire que pour la suite, ma reconversion m’est tombée dessus. Mais à vrai dire, c’est mon investissement sur deux ans qui a payé. Je sais aussi que c’est ce statut un peu particulier d’expat qui me permet cette reconversion. Il faudra que je valide mes acquis lors de notre retour en France, mais j’ai déja des projets en tête pour le moment où ça arrivera.

Cette semaine, je commence un stage de deux jours par semaine à l’école qui durera jusqu’à la fin de l’année. Je passerai mes journées dans les classes des TPS, des PS, et des MS-GS. En observation ou en renfort. J’effectuerai des remplacements si nécessaire (comme je l’ai déjà fait en décembre).

J’ai aussi des formations de prévu. Notamment une formation à la pédagogie Reggio Emilia dès fin février. Je réfléchi aussi beaucoup à ma manière de mettre en place la bienveillance dans ma future classe. Je veux apporter ma contribution à la création d’une société plus bienveillante. Et moi qui ait longtemps réfléchi à faire l’instruction en famille à mes enfants, mais qui ait été mise en défaut par leur besoin de contact avec les autres, par leur ouverture d’esprit, je pense qu’il n’y a pas de meilleure manière de faire bouger les choses que de rentrer dans le système et de faire changer les choses à son niveau…

Et dès la rentrée de septembre, j’aurai ma classe. La classe des Tout-Petits. Et Little Smiling Buddha sera dans ma classe. J’ai déjà des tonnes d’idées, des tonnes d’envies, des tonnes de projets. J’ai aussi des tonnes d’appréhension. Mais je suis certaine que tout se passera bien. Je suis sûre de moi. J’aurai enfin le boulot de mes rêves! 

[Parentalité] Les évaluations en Petite Section

Je n’ai jamais eu de problèmes avec les évaluations durant toute ma scolarité. J’étais cette élève qui adore apprendre par coeur, qui adore avoir des devoirs et qui rentrait le soir en demandant à sa mère de l’interroger sur les leçons du lendemain. J’ai toujours aimé l’émulation que provoquait en moi le fait de savoir que j’étais première, deuxième ou troisième de la classe. Je n’ai jamais eu de réels soucis scolaires.

Le système français, mais ce n’est pas le seul, créé une réelle concurrence entre élève. Il faut être bon. Mais ça ne suffit pas. On peut mieux faire. Il faut être le meilleur. Je n’ai jamais eu de problème avec cette logique, j’ai été bien formaté par le système apparemment. Au point d’être passée par les classes préparatoires littéraires, d’avoir passé plusieurs concours. Et je n’en garde pas de mauvais souvenirs!

Mais je suis tout à fait consciente que tout le monde n’a pas mon état d’esprit, que je suis un peu un être à part de ce côté-là. Et je conçois tout à fait que cette course à l’excellence, que cet atmosphère de compétition, peut plonger certains élèves dans un réel mal-être. Pour un bon ou un très bon élève, la notation peut effectivement être un moyen d’émulation, pour un élève moyen ou qui a peu confiance en lui, cela peut vite devenir problématique.

Je savais qu’en France, l’Education Nationale préconise d’évaluer les enfants dès la première année de maternelle. Et j’avoue que ça me dérange énormément. L’école maternelle, en tout cas pour moi est un moment pour l’enfant pour découvrir le monde, la vie en collectivité, jouer en groupe, commencer à manipuler du matériel (crayon, ciseau, pinceau, …). Mais le plus important, c’est que c’est le moment de donner à l’enfant cette curiosité, cette envie d’apprendre qui lui facilitera toute sa scolarité par la suite. Alors de là à l’évaluer…

Le premier semestre de Little Miss Sunshine vient de se terminer. Le temps pour moi de découvrir les fameuses évaluations. Little Miss Sunshine est dans une école internationale, elle est donc doublement évaluée: en français, selon les préceptes de l’Education Nationale et en Chinois, selon les préceptes chinois.

J’avais rendez-vous avec la maîtresse française de Little Miss Sunshine à la fin du mois de janvier. Et j’appréhendais. Je ne voulais pas me retrouver face à quelqu’un qui allait me dire que Little Miss Sunshine avait tel ou tel problème, qu’elle ne faisait pas ceci ou celà comme il lui était demandé,… A la maison, Little Miss Sunshine a toujours eu beaucoup de liberté. A l’école, ce n’est clairement pas le cas. Mais c’est aussi le moment pour elle d’apprendre la vie en communauté car malheureusement personne n’y échappe au cours de sa vie.

Finalement, j’ai été agréablement surprise par notre entretien. Il s’agit bien sûr d’une maîtresse de l’Education Nationale, mais elle est tout à fait consciente que le plus important du premier semestre de l’école maternelle, c’est l’intégration de l’enfant dans sa classe et dans son établissement. Et pour ça, Little Miss Sunshine s’est très bien débrouillée. En fait, on ne m’a fait presque que des compliments sur ma petite fille. Un seul souci, elle n’est vraiment pas à l’aise dans la tenue d’un crayon ou d’un ciseau. Nous avons parlé de plusieurs pistes:

  • Little Miss Sunshine est droitière, mais encore un peu jeune pour avoir eu déja le déclic pour la tenue de ce matériel, malgré la répétition des manipulations.
  • Little Miss Sunshine est gauchère, mais par imitation de son entourage, elle utilise majoritairement la main droite.
  • Little Miss Sunshine est ambidextre et elle n’est pas encore prête a déterminer sa main dominante.

Je penche dans tous les cas pour le fait que Little Miss Sunshine est encore un peu jeune. Elle a un an de moins que les plus âgés de sa classe. Aucune comparaison n’est possible. Alors je vais continuer à l’observer discrètement et à lui proposer des activités de motricité fine. La maîtresse me propose de l’observer pendant un mois ou deux et de refaire un point à ce moment-là. Elle me préconise tout de même de voir un psycho-motricien si rien ne se débloque d’ici la fin de l’année. J’ai envie de dire qu’on verra…

Je verrai la maîtresse chinoise, avec une interprète anglaise, la semaine prochaine. Mais j’ai déja pu voir les observations faites. Et c’est très intéressant. En Chine, on n’attend pas du tout la même chose d’un enfant de première année de maternelle. C’est beaucoup orienté sur l’expression corporelle (savoir marcher sur une ligne, lancer un ballon, monter et descendre un escalier, courir au moins 15m, manger avec une cuillère, s’habiller, se déshabiller seule ou avec l’aide d’un adulte, …), le language, mais pas pour les mêmes raisons que nous ( par exemple savoir donner son nom, le nom de ses parents et son adresse à un policier) En fait, à bien y regarder, les acquisitions sont très ciblées, très détaillées. On demande à l’enfant de savoir s’apaiser en cas de pleurs avec l’aide d’un adulte, de prendre soin des jouets et des affaires de la classe, d’aimer être responsabilisé sur de petites tâches,… Bien évidement, Little Miss Sunshine commence tout juste à dire quelques mots en Chinois et ne comprend que peu de choses pour l’instant, si ce n’est les consignes qui reviennent quotidiennement à l’école, alors pour la partie chinoise, son évaluation sera bien mois avantageuse.

L’enfant n’étant pas présent lors de ses rencontres, j’ai décidé de ne pas trop en parler à Little Miss Sunshine. Je lui ai juste dis que je rencontrai sa maîtresse pour parler de ce qu’ils font à l’école, mais je ne lui ai pas parlé du retour que j’ai eu. Je pense qu’on lui met déja bien assez la pression à l’école pour que je ne lui mette pas la pression à la maison! En fait, je trouve ce système d’évaluation, bien qu’il soit un moyen de communication entre les parents et la maîtresse – mais cela pourrait se passer dans un cadre différent! -, très difficilement adaptable à une éducation bienveillante. On a pas grand chose à dire des choses positives, on passe beaucoup de temps sur le négatif et une fois de retour à la maison on a essentiellement retenu les points négatifs. C’est pour ça que je trouve important de ne pas en parler à l’enfant…

Et vous, comment vivez-vous les différentes évaluations à l’école maternelle? Et en parlez-vous avec eux?