[Expatriation] Trois ans à Shanghai

Trois ans. Je me revois encore trépigner d’impatience de partir enfin rejoindre Papa Lou à Shanghai. Le temps passe finalement bien vite. Le premier contrat, de trois ans, de Papa Lou est déja terminé. Dorénavant c’est annuellement que son contrat sera renouvelé, ou non. Nous étions théoriquement parti pour 5 ans. Il devrait donc nous rester encore deux ans à Shanghai. Mais rien n’est moins sûr… Rentrerons-nous en France plus tôt que prévu? Resterons-nous finalement en Chine plus longtemps que ce que nous pensions au départ? Poursuivrons-nous cette expatriation en Chine par une autre dans un autre pays? Il n’y a pour l’instant que des questions qui se profilent devant nous. Et nous avons bien l’intention de profiter du moment présent et de nous laisser guider par les mois à venir…

Pour nous, rien à changer quant à notre plaisir de vivre à Shanghai en Chine. Nous sommes toujours dans cette phase de lune de miel, avec le plaisir en plus de comprendre la langue et parfois l’agacement face à certains comportements des Chinois qui nous dérangeaient déja il y a trois ans et qui n’on pas vraiment évolué! Si nous pouvions y rester encore plusieurs années, nous le ferions volontiers…

Cette troisième année aura été un peu particulière, j’ai presque envie de dire que je la vois comme une année de transition. Notamment en ce qui me concerne. Après trois ans à la maison, j’ai ressenti un vif besoin de reprendre une activité à l’extérieur qui me permette de continuer à m’épanouir auprès de mes enfants tout en nous laissant à tous un peu plus de « liberté ». Cette transition, c’est donc Ma transition entre la vie de maman au foyer que j’ai si fortement désirée et une vie un peu plus active. Ma reconversion professionnelle m’aura occupé une belle partie de l’année et m’aura largement convaincu que je prends la bonne voie…

Cette troisième année à Shanghai aura été marqué par:

Cette quatrième année s’annonce bien différente des précédentes. Je vais retravailler. Et les enfants iront tous les deux à l’école. Little Miss Sunshine rentre au CP. Avec toutes les contraintes que cela nous posent, notamment au niveau des vacances. Nous y avons déja bien réfléchi. Nous ne rentrerons pas en France à Noël, pour la première fois. Mais Nonna et GrandPapa viendront nous rejoindre et ensemble nous feront un voyage. Pour le Nouvel An Chinois, c’est Papapa et Mamama qui vont venir nous rendre visite et nous voyagerons alors avec eux. Au mois d’avril, nous rentrerons deux semaines en France, à l’occasion du mariage de Parrain et Tata. Nous allons donc passer quelque huit mois sans rentrer en France. Et nous avons dores et deja programmé toutes nos vacances et les différentes destinations pour cette année à venir.

Cette année s’annonce donc très riche et pleine de nouveautés. Et j’ai déja hâte de rentrer à Shanghai et de m’y lancer! 

[Voyage] JiuZhaiGou avec un tour chinois

Lors de notre séjour dans le Sichuan, dans la famille d’Ayi, elle a beaucoup insisté pour que nous allions visiter un lieu absolument magnifique, mais vraiment difficile d’accès: JiuZhaiGou. D’après elle, un des plus beaux endroits du Sichuan.

Situé au nord de la province du Sichuan, entre 2000 et 4000m d’altitude, c’est une ville majoritairement tibétaine. Le parc naturel qui s’y trouve est juste sublime. Un des plus beaux de Chine.

C’est Ayi qui a organisé le voyage. Je n’avais aucune idée de comment, ni dans quelles conditions il allait se dérouler. J’ai décidé de lui faire confiance. C’est donc la veille de notre départ pour le Sichuan que j’ai appris que JiuZhaiGou se situait à 9h de bus de Chengdu, elle-même à 2h de route de la ville natale d’Ayi, là où nous logions. Bon, je vous avoue, je n’étais pas plus inquiète que ça, les enfants ont l’habitude de voyager, et en dehors de quelques petites crises de fatigue, ça se passe toujours bien. Je connais leurs limites.

Le souci, c’est que durant ce séjour, je n’ai pas pu gérer pour ne pas atteindre – ou au moins pas trop souvent – leurs limites. Je n’ai appris que la veille de notre départ que nous devions nous lever à 3h45 du matin, alors qu’il était quasiment 20h… Il a donc fallu que nous nous adaptions tous assez rapidement. Et il faut bien avouer que ça n’a pas tous les jours été facile.

Le rythme de notre séjour dans le Sichuan n’était clairement pas adapté aux enfants. Entre les très longues attentes dans le bus, les visites aux pas de course, les stimulations de toutes parts de la part des Chinois… Les enfants sont revenus exténués.

Et pourtant, Little Smiling Buddha ne cesse de répéter « Sichuan » depuis notre retour à qui veut bien l’entendre. Little Miss Sunshine a voulu ramener nos photos de voyage à l’école pour partager son aventure à tous ses camarades. Elle était impatiente de raconter son voyage à Papa Lou également à notre retour. Ils en gardent de superbes souvenirs et moi aussi.

Nous avions déja passé deux jours dans la famille d’Ayi, quand nous sommes partis pour JiuZhaiGou. J’ai appris vers 20h, alors que nous étions invité à aller passer une soirée au karaoké avec une partie de la famille d’Ayi, que nous devions nous lever à 3h45 pour prendre la voiture en direction de Chengdu, où un bus nous attendait à 7h pour partir pour JiuZhaiGou. J’ai donc décliné l’invitation (bien qu’on me conseillait d’y aller parce que ça nous permettrait de ne pas nous coucher et de dormir le lendemain dans le bus!!!)

C’est dans l’urgence que j’ai dû préparer les affaires pour ces trois jours, car Ayi refusait que j’emmène ma valise (et je ne comprend toujours pas pourquoi!). Je me suis retrouvée avec trois sacs, que nous avons finalement dû mettre dans la valise d’Ayi le lendemain matin. Le moment du coucher aura donc été un moment de stress réel  pour tous les trois – je n’avais le droit de rien oublier pour ces trois jours, le reste de nos affaires partant avec notre valise chez la petite soeur d’Ayi le soir même – Little Smiling Buddha pleurait de fatigue et je ne pouvais pas m’occuper de lui puisqu’il fallait que je me concentre sur mes bagages, Little Miss Sunshine me réclamait son lait à corps et à cris en refusant qu’un Chinois ne s’approche à moins d’un mètre d’elle et Ayi et trois de ses copines papotaient et allaient chacune de son conseil sur ma manière de gérer mes bagages. J’ai fini par mettre celle qui s’est mise à fumer dans notre chambre à la porte. Il ne faut pas non plus exagérer…

Moins de dix minutes après leur départ avec notre « excédent » de bagages, nous étions au lit. J’ai expliqué aux enfants ce qui nous attendait le lendemain. Je me suis excusée mille fois des déboires de cette soirée. Et après une bonne séance de câlins à trois, nous nous sommes tous endormis pour quelques heures.

Contrairement à ce que je pensais, le réveil à 3h45 n’a pas été trop difficile. Il faut dire que Little Miss Sunshine est très difficile à réveiller, quelle que soit l’heure, et que finalement ça n’a pas été pire que d’habitude, peut être même plus facile… Nous avons rassemblé nos dernières affaires, et nous sommes descendu rendre nos clefs à la réception de l’hôtel. La réceptionniste dormait couchée sur deux chaises, avec une couette sur elle et des oreillers. Une autre partie du personnel dormait sur les canapés de l’entrée avec de grosses couvertures et des couettes. La porte de l’hôtel était grande ouverte.

Pour le voyage à JiuZhaiGou, JiaJia, une des meilleures amies d’Ayi nous a accompagnés. Une voiture avec un chauffeur nous attendait devant l’hôtel. Nous nous sommes installés dans la voiture et nous nous sommes tous aussitôt rendormis. Nous avons mis deux bonnes heures à rejoindre Chengdu. Là, il y avait une dizaine de bus et des tonnes de Chinois avec leurs bagages qui attendaient pour partir vers JiuZhaiGou. Les gens attendaient debout au milieu de la route avec leurs bagages. Les voitures et les bus klaxonnaient pour passer. Et quelques vendeurs ambulants avaient dores et déja saisi l’opportunité de vendre leurs produits et s’étaient installés tout le long de la route. Ayi et JiaJia sont partis acheter aux vendeurs ambulants de quoi nous offrir un petit-déjeuner: du doujiang (sorte de lait de soja chaud), des youtiao (sorte de beignets ni salé, ni sucré) et des baozi (sorte de pain cuit à la vapeur et fourrés à la viande).

A 7h30, notre guide, qui ne parlait pas trois mots d’anglais, est venu nous chercher pour nous faire monter dans le bus. Dans le bus, nous avons pris notre petit-déjeuner, et puis nous avons goûter aux joies des voyages organisés, à savoir le guide qui parle de tout et n’importe quoi dans son micro à l’avant du bus pendant des heures alors que tu ne rêves que de te rendormir…

Little Miss Sunshine s’est rapidement rendormi. Little Smiling Buddha était bel et bien réveillé et avait apparemment envie de profiter de tous les Chinois présents dans le bus. Une femme étrangère, seule, avec deux enfants en bas âge aux cheveux clairs, dans un bus de Chinois, vous pouvez bien vous imaginer qu’on a fait sensation

Je ne savais rien de notre trajet. Je sais que les Chinois ne peuvent pas passer deux heures sans manger et aller aux toilettes, je savais donc que les arrêts allaient être réguliers, mais je ne savais pas du tout comment ça allait se passer. A peine une heure après notre départ, le guide nous proposait un premier arrêt à la base des pandas de DuJiangYan. Little Smiling Buddha venait de s’endormir quelques minutes plus tôt, Little Miss Sunshine dormait toujours et nous avions déja visité plusieurs bases de panda au mois d’octobre quand nous avions visité le Sichuan avec Nonna et GrandPapa. La visite n’était pas incluse dans le forfait, il fallait donc payer l’entrée en supplément, et j’ai décidé de ne pas y aller. Malheureusement, le guide n’a pas du tout compris que des étrangers viennent dans le Sichuan, avec des enfants, et ne veulent pas aller voir les pandas. J’ai eu beau lui expliquer que nous avions déja visité le Sichuan et plusieurs bases de panda quelques mois plus tôt, il n’a pas voulu comprendre. Entre temps, Little Miss Sunshine s’est réveillée et nous sommes finalement partis visiter le parc sous la pluie.

Nous avons eu 40 minutes pour visiter le parc. Nous aurions facilement pu y passer une journée ou au moins une demi-journée. Nous avons couru comme tous les autres chinois du groupe d’un enclos à l’autre en espérant photographier le plus facilement possible un panda, luttant avec les parapluies autour de nous… Little Miss Sunshine a été ravie de revoir des pandas, Little Smiling Buddha a fini par se réveiller et s’est révélé très efficace dans la « chasse » aux pandas. Et moi, je me demandais toujours ce qui m’avait pris de sortir de ce bus et pourquoi je n’avais pas tout simplement dit « non » à notre guide. Fatigués, trempés, nous avons repris place dans le bus pour la suite de l’aventure…

Quelques heures plus tard, nous nous sommes arrêtés en plein milieu de nul part, dans la montagne, devant la baraque d’un petit vendeur, pour une pause pipi. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait du lieu de l’épi-centre du grand tremblement de terre de 2008 – à moins que ce soit l’endroit où les dégats ont été les plus important. En fait, il ne restait rien. On voyait de nombreux bâtiments très abîmés et puis la montagne, à nu, qui semblait s’être déchirée en son milieu…

A midi, nous nous sommes arrêté dans une espèce de restaurant d’aire d’autoroute où nous avons tous eu le même repas. Un espèce de fast-food à la Chinoise. Aussitôt assis, aussitôt servi et à peine le temps de terminer les plats qu’il fallait déja remonter dans le bus…

Vers 16h, nous avons fait notre dernière halte au bord de la route. C’est là que nous avons croisé des yacks blancs. Je n’en avais jamais vu auparavant. Les pauvres étaient attachés à un anneau dans leur nez et leur propriétaire les promenaient le long de la route pour que les touristes (chinois) les caressent et se prennent en photo avec eux moyennant rémunération… C’est là que nous avons acheté un kilo de marron chaud pour patienter jusqu’au repas du soir. Les enfants et moi nous sommes régalés!

La dernière partie du trajet a été difficile. Nous avons tous eu, dans différentes proportions quand même, le mal des montagnes. Nous avions largement dépassé les 2000m d’altitude et entre les routes tortueuses, la tempête de neige, le chauffeur de bus qui dépassait des semi-remorques dans les virages sans aucune visibilité, nous avons été servi! J’ai cru mourir dix fois. Mon coeur s’arrêtait de battre et je priais intérieurement à chaque fois que le chauffeur de bus décidait de dépasser un semi-remorque alors qu’il n’y avait de la place sur la route que pour deux gros engins. A un moment, une voiture qui venait dans l’autre sens, (et qui était sur sa voie!) s’est même glissé entre nous et le semi-remorque que nous dépassions. Au bout d’un moment, pour ma santé cardiaque et mentale, j’ai arrêté de regarder dehors… Je pense que tous les Chinois dans le bus ont vomi. Nous trois, nous avons été épargné. Même si nous nous sentions vaseux et que nous avions un sacré mal de tête.

Nous sommes arrivés à JiuZhaiGou vers 19h. Le bus nous a déposé devant un restaurant à thème tibétain. J’avais un mal de tête carabiné. Nous avons dû nous aligné dans la cour, les animateurs du restaurant chantaient et nous ont mis des écharpes oranges autour du cou. Les enfants étaient fatigués. Ils n’avaient besoin que d’une chose, de calme. Et c’était largement loupé! Après les chants de bienvenus nous avons dû nous prêter au jeu des photos. Tour à tour, nous devions posé à deux à côté d’un Chinois déguisé en panda.

Puis nous avons pu rentrer dans le restaurant. A l’intérieur, les personnes de notre bus (oui parce qu’il y avait des dizaines de bus dehors qui arrivaient et repartaient!) ont pu s’assoir autour de trois tables. Pas une de plus. Evidement, nous n’en savions rien. Tout le monde s’est bousculé pour s’assoir. Je me suis retrouvée seule debout avec les enfants sans place où m’assoir. Ayi m’a dit de m’assoir à une table à côté. Et là, la serveuse est venue en hurlant (littéralement! Je ne me suis jamais fait hurler dessus d’une telle manière de toute ma vie!) me dire qu’il fallait que je m’assois à une des tables prévues pour le bus. Mais nous étions trois et il restait une place. Elle m’a rétorqué qu’on était pas dans un restaurant pour les étrangers et que je devais me plier aux règles chinoises. Les enfants n’ont pas de places assises. Oui et je les mets où mes enfants? J’ai hurlé aussi en Chinois. Elle m’a mis hors de moi. J’avais envie de vomir sur la table et de quitter ce restaurant. Et le tout dans un brouhaha assourdissant de quatre bus de Chinois entrain de manger.

Mais je n’ai pas bougé de ma table avec les enfants. Finalement ils ont installé d’autres gens avec nous et allumés le feu de la fondue tibétaine qu’ils nous proposaient. Ayi et JiaJia nous ont rejoint. Le repas était vraiment sans plus. La viande de yack n’était vraiment pas à mon goût. J’en avais pourtant déja mangé lors de notre précédent séjour dans le Sichuan et j’avais beaucoup aimé. Mais je pense qu’entre le mal des montagnes, l’accueil et le bruit.. j’en étais largement arrivé à saturation…

Vous l’aurez certainement deviné… Qui dit restaurant à thème, dit…spectacle! Heureusement, Little Miss Sunshine n’en était pas au même niveau de saturation que moi. Et quand le spectacle a commencé, qu’ils se sont mis à danser, elle – qui adore danser – s’est vite joint à eux… pour le plus grand plaisir des Chinois et de leur appareil photo! Mais bon, je dois bien avoué que sa bonne humeur m’a redonné envie de sourire. Elle était tellement belle, tellement elle, à danser sans se soucier de rien…

C’est le coeur et l’esprit plus léger, mais pas sans mal de tête, que j’ai finalement quitté le restaurant. Nous avons repris le bus pour enfin aller à l’hôtel. Là-bas, Ayi nous avait réservé une chambre avec deux lits. Little Miss Sunshine avait donc son lit, Little Smiling Buddha et moi le nôtre. Comme à notre habitude. Et cette bonne nuit de sommeil nous a fait du bien. Même si elle a été courte. Au lit vers 22h, le réveil était à 5h30 pour quitter l’hôtel à 6h. Avec un tour chinois, ça ne rigole pas sur le lever!

 

C’est donc bien tôt, après un petit déjeuner bien chinois, que nous sommes partis à pied pour explorer la réserve naturelle de JiuZhaiGou. Il ne faisait pas très chaud, peut-être quelques degrés. Mais nous avions un magnifique ciel bleu au-dessus de nos têtes qui laissait présager d’une belle journée. Comme toujours dans les réserves naturelles chinoises, il s’agit d’acheter un billet, de prendre un bus (ou un mini-bus) qui nous emmène à quelques pas du premier lieu à visiter. JiuZhaiGou ne déroge pas à la règle. Sauf qu’à JiuZhaiGou, la vallée est en Y, il y a donc deux endroits à visiter. En une journée avec deux enfants, nous n’avons eu le temps que de faire la partie gauche. Nous n’avons donc rien vu de la partie droite.

Dans cette vallée, les lacs se succèdent, plus beaux les uns que les autres. Entre ceux où la montagne se reflète, ceux aux mille-couleurs, les cascades et les ruisseaux, on en prend vraiment plein les yeux. Je pense que c’est une des plus belles montagnes que j’ai vu. Le bus nous a emmené tout en haut de la vallée et nous l’avons donc doucement redescendu à pied tout au long de la journée.

Le matin, en arrivant tout en haut de la vallée, il restait encore de la neige. Il avait certainement dû neiger durant la nuit. Mais elle a bien vite disparu avec l’arrivée du soleil. Petite précision pour comprendre la suite: nous ne nous déplacions pas en groupe ce jour-là – le guide ne nous a pas accompagné, nous avions rendez-vous à 16h à un endroit précis avec tout le groupe.

Les couleurs des différents lacs sont juste époustouflantes. Je n’aurai jamais pensé qu’un lac puisse se teindre de ces magnifiques couleurs… Et partout, les eaux sont magnifiquement limpides. On voit le fond, même quand il est à plusieurs mètres de profondeur.

Autour du lac aux mille-couleur, Ayi a voulu que nous nous prêtions au jeu des déguisements et des photos comme le font la plupart des Chinois. Les enfants, surtout Little Miss Sunshine, étaient ravis de se prêter à l’expérience. Ils ont donc été déguisé par une jeune chinoise – moyennant rémunération – et pris en photo par une autre – moyennant également rémunération. Mais on pouvait également simplement photographier avec nos appareils personnels.

Little Miss Sunshine a changé trois fois de tenues et de coiffes. Et puis elle a demandé à refaire des photos avec le costume qu’elle avait préféré. J’ai adoré la voir aussi à l’aise devant l’objectif, alors que ça fait maintenant près de trois ans – depuis notre arrivée en Chine – qu’elle refuse quasi-systématiquement de se faire photographier.

Little Smiling Buddha aussi a été ravi de se prêter à l’expérience, jusqu’à ce que la jeune femme lui mette un chapeau sur la tête et lui demande de poser… Il s’est mis à hurler. Il était inconsolable. Pas moyen de faire une seule photo. Je l’ai donc changé et je lui ai donné la tétée pour le calmer…

Nous nous sommes promener autour de ce beau lac. Nous avons pris notre temps. Pour laisser les enfants apprécier la promenade et pour faire des photos…  J’ai apprécié qu’Ayi et JiaJia nous laisse aller à notre rythme et qu’on ait pas à courir la vallée juste pour prendre trois photos et repartir à chaque nouvel endroit. Papa Lou m’a beaucoup manqué lors de ce voyage. J’aurai vraiment aimé qu’il soit avec nous pour profiter de ces magnifiques paysages.

Finalement, le temps est passé vite cette première matinée. Et vers 11h, – heure de déjeuner des Chinois – nous avons sorti notre pique-nique. L’avant-veille Ayi avait acheter de la viande séchée de canard, de lapin et de boeuf aux piments dans sa ville natale. Et je me suis vraiment régalée. Il y avait aussi des cacahuètes entières, des pommes, des bananes, des mandarines. Des chips qu’ils avaient spécialement achetés pour les enfants. Nous avons pris notre temps, nous avons papoté, nous avons bien mangé. J’ai vraiment apprécié cette première matinée…

Puis nous avons repris la marche vers le lac miroir et la cascade des perles. La promenade a été très agréable. Little Smiling Buddha s’est endormi dans le Boba assez rapidement.

Le soleil a vraiment réchauffé l’atmosphère. Et c’est en petit t-shirt à manche longue que nous avons terminé la journée…

Tout le long de la promenade, il y avait de l’eau, des rivières, des cascades plus ou moins grandes… C’était magnifique et le bruit de l’eau très ressourçant.

Et finalement, comme la vallée est très grande, et que nous avons pris notre temps, le gros du flux des Chinois étaient partis et nous nous sommes retrouvés relativement seul.

Contrairement à d’autres parcs naturels chinois, la marche était vraiment très facile. Même pour Little Miss Sunshine. Pas de grosses montées, d’escalades ou d’énormes dénivellés. C’était vraiment agréable.

Ayi nous a juré que l’été, la vallée de JiuZhaiGou est encore plus belle, quand elle se pare de la belle couleur verte des feuilles des arbres et de fleurs. Elle nous a assuré que nous étions encore trop tôt dans la saison pour apprécier toute la beauté de la vallée. Et pourtant, je l’ai trouvé absolument splendide.

Evidemment, nous avons fait de nombreuses pauses avec les enfants. Pour les laisser jouer, leur donner quelque chose à grignoter ou à boire, laisser Little Smiling Buddha se dégourdir les jambes, offrir l’opportunité à Little Miss Sunshine de dessiner ce qu’elle voyait…

Et puis, il fallait aussi du temps pour laisser les adultes s’amuser… 😉

Nous sommes redescendu de la vallée pour 16h. Nous avions rendez-vous avec notre guide sur un parking. Comme d’habitude, je n’avais aucune idée de la suite du programme. Bien fatiguée, je pensais naïvement que nous allions juste dîner et nous coucher (les Chinois dînent tôt et se couchent relativement tôt). Mais non, c’était pour nous donner nos billets pour un spectacle que nous avions rendez-vous à cet endroit.

Little Miss Sunshine qui aime beaucoup la danse, apprécie toujours ce type de spectacle. Little Smiling Buddha aime beaucoup ça aussi. Je n’avais donc aucun souci à me faire quand au fait qu’ils seraient attentif ou non durant le spectacle.

En fait, dans chaque lieu touristique en Chine, on trouve ce type de spectacle. On y retrouve les danses traditionnelles de la minorité majoritaire de l’endroit, ainsi que quelques traditions du lieu. Et moi, je suis toujours impressionnée par le nombre de danseurs que ce type de spectacle emploie. Il y en a facilement une cinquantaine dans les plus petits…

Après le spectacle, il a été l’heure de rentrer à l’hôtel pour dîner. La nourriture n’était vraiment pas bonne. Et pourtant je ne suis pas particulièrement exigeante. Je me doutais de ce que nous allions recevoir, mais là, ce n’était vraiment pas bon. Et c’est ce qui me désole dans ce type de voyage. Quand je voyage, j’aime goûter les spécialités, me régaler autant avec les yeux (pour les paysages) qu’avec mes papilles, et durant ce séjour à JiuZhaiGou, ça m’a cruellement manqué – sauf lors du pique-nique du midi!

Et puis, il a été l’heure d’aller se coucher. Enfin.Il était 22h passé. La journée avait été bien remplie. Nous étions bien fatigué. Et le lendemain, le réveil était encore prévu à 5h du matin pour un départ à 5h30. Il serait alors déja temps de redescendre la montagne et de reprendre la route vers Chengdu.

Le lendemain, après un petit déjeuner rapide et le rangement de nos valises, nous sommes allés prendre le bus. Pour commencer le voyage, il nous a emmené au point culminant de la montagne. Autant vous dire que les effets du mal de montagne se sont à nouveau rapidement fait sentir.

Mais arrivé à destination, j’ai tout de suite repérée un bar à oxygène. J’y ai emmené Little Miss Sunshine qui se plaignait déja d’un violent mal de tête. Et ça lui a fait beaucoup de bien. Little Smiling Buddha ne donnait aucun signe de gêne et moi je me sentais encore relativement bien à part un léger vertige. Nous n’avons donc pas utilisé le bar à oxygène.

Mais Ayi n’était vraiment pas bien durant notre trajet en bus. Alors quand je lui ai proposé de tester, elle n’a pas hésité à profiter du bar à oxygène.

A cet endroit, il y avait un peu plus loin à pied, une grande cascade que le guide nous avait conseillé d’aller voir. J’y suis finalement allée en laissant les enfants à Ayi. Little Miss Sunshine refusait de marcher. Mais comme nous n’étions pas encore à la saison de la fonte des glaces, la cascade ne laissait finalement passer qu’un mince filet d’eau. Rien de bien impressionnant. A mon retour, par contre, j’ai été ravie de constater que grâce à l’oxygène, le mal de tête de Little Miss avait complètement disparu et qu’elle jouait avec entrain sur le parking des bus avec Little Smiling Buddha.

Et puis, nous sommes remontés dans le bus. Les enfants se sont rapidement endormis – nous n’avions pas fait d’excès de sommeil ces derniers temps! Et j’ai profité des paysages. Comme il faisait beau, les paysages étaient magnifiques.

Nous aurons passé la journée dans le bus. Nous nous sommes arrêtés dans la montagne pour déjeuner. Cette fois-ci, le repas était déja bien meilleur, même si c’était également un restaurant au bord de la route. C’est là également qu’Ayi a acheté un kilo de poivre du Sichuan frais. Il sentait délicieusement bon. Les valises ont été bien parfumées et même une fois dans l’armoire de ma cuisine, c’est toute la cuisine qui sentait bon le poivre du Sichuan! On a l’habitude du poivre du Sichuan. Il y a un kilo qui arrive en provenance directe de la famille d’Ayi dans le Sichuan tous les deux mois, mais celui-ci était vraiment délicieusement parfumé.

Vers 18h, nous sommes arrivés à Chengdu. Le temps de remercier et de dire au revoir à notre guide et nous sommes remontés dans une voiture qui nous attendait pour rentrer à MianZhu, la ville natale d’Ayi à 2h de route de là.

Nous sommes arrivés un peu avant 20h. La petite soeur d’Ayi, sa fille et sa petite fille nous attendait pour aller dîner au restaurant. Encore une fois, nous ne sommes pas allés nous coucher très tôt… Heureusement, nous avions largement eu l’occasion de nous reposer dans le bus. Mais il n’empêche que nous étions bien fatigués. C’est donc heureux, que nous sommes finalement allés nous coucher un peu après 22h!

Petit bilan de cette aventure: 

Je pense que de toute ma vie, ce voyage avec les enfants aura été le plus aventureux que j’ai vécu! Notamment parce que j’ai l’habitude de voyager avec Papa Lou qui organise nos voyages en fonction de nos enfants ET de nos envies et qui fait toujours en sorte d’habillement combiné les deux. J’ai donc l’habitude d’essayer de prévenir les enfants de notre programme avant notre départ, mais aussi le matin de chaque jour et même au fur et à mesure de la journée. Là, c’était impossible! Je ne pouvais même pas vraiment parer aux éventuelles urgences. Durant ce voyage, je n’ai rien pu contrôler, ni le rythme, ni les pauses, ni l’heure du coucher, ni l’heure du réveil. En plus, les horaires trop matinaux n’étaient clairement pas adapté à mes enfants! Mais malgré les quelques déboires que nous avons vécu – et notamment la difficulté du voyage en bus à l’aller -, c’est la beauté des paysages et les moments heureux à nous amuser comme des petits fous que nous retenons de cette épuisante aventure. Et puis comme à chaque voyage en solo avec les enfants j’en apprends un peu plus sur moi, sur mes capacités à lâcher prise, à gérer les urgences, à gérer les problèmes de langue (dois-je préciser que personne ne parlait plus de trois mots d’anglais autour de nous? et que nous ne pouvions communiquer qu’en Chinois?), à redoubler d’inventivité pour faire avancer Little Miss Sunshine qui ne veut plus marcher, à ne pas m’énerver ou au moins à m’excuser auprès des enfants le cas échéant. Un peu comme lors d’une expatriation, c’est une expérience qui nous sort de notre zone de confort, de nos rituels et de nos habitudes… Et quelle fierté on a quand on se rend compte que finalement on a réussi! 

Nous sommes dores et déja invité dans le Sichuan l’année prochaine! Nous ne retournerons pas à JiuZhaiGou – ça c’est sûr! c’est quand même l’autre bout du monde! – mais je suis sûre que nous vivrons d’autres belles et épuisantes aventures avec Ayi! 

[Recette] Bouillon de radis blanc et boulettes de porc au gingembre

Voici une recette chinoise que Little Smiling Buddha adore. C’est certainement son plat chinois préféré avec le bouillon de poisson au tofu. Little Miss Sunshine apprécie aussi tout particulièrement ce plat. Elle aime mettre sa soupe directement dans son bol de riz. Vous avez été plusieurs à me réclamer cette recette plusieurs fois sur Instagram. Je suis donc ravie d’avoir enfin pris le temps de demander la recette à Ayi et de la partager avec vous.

La recette est simple et vous devriez trouver les ingrédients assez facilement en France.

Pour un beau bouillon, il vous faudra:

  • un gros radis blanc (on le trouve aussi sous le nom de daikon)
  • un gros morceau de gingembre frais (6cm environ)
  • une poignée de poivre du Sichuan
  • 300g de porc haché
  • un oignon
  • une botte de ciboulette 
  • une cuillère à soupe de sauce soja
  • une cuillère à café de sauce soja épaisse (qu’on peut remplacer par de la sauce soja classique)
  • une pincée de poudre de poivre du Sichuan
  • une cuillère à soupe de fécule de maïs

Laver, peler le radis puis l’émincer en fines lamelles.

Laver et peler le gingembre à l’aide d’une petite cuillère. Couper le morceau de gingembre en trois morceaux de 2cm environ. Trancher grossièrement un des morceaux, et presser les deux autres morceaux dans un presse-ail.

Eplucher et hacher finement un demi oignon. Laver et hacher finement la botte de ciboulette.

Dans un wok, faire chauffer une louche d’huile. Quand l’huile est bien chaude, y jeter le gingembre en tranche, la moitié du gingembre pressé et une poignée de poivre du Sichuan.

Jeter les radis en lamelles dans le wok. Salé à votre convenance. Faire cuire quelques minutes à feu vif tout en remuant régulièrement avec une cuillère en bois, puis recouvrir d’eau chaude et mettre un couvercle. Continuer la cuisson à feu vif.

Penser à surveiller régulièrement vos radis et à ajouter de l’eau chaude si nécessaire.

Pendant ce temps, préparer les boulettes de porc. Pour cela, mélanger le porc haché avec l’oignon haché, la moitié de la ciboulette, un oeuf, une cuillère à soupe de sauce soja, une cuillère à café de sauce soja épaisse, et un peu de poudre de poivre du Sichuan. Bien mélanger avec des baguettes.

Dans un verre mélanger un peu d’eau et de fécule de maïs. L’ajouter à la viande. Mélanger.

Baisser le feu sous le wok. Façonner des boulettes à la main et à la petite cuillère et les plonger directement dans le bouillon du wok.

Quand toutes les boulettes ont été ajoutées au wok, remettre à feu vif sans couvrir pour une quinzaine de minutes.

Avant de servir, parsemer du reste de la ciboulette.

Servir avec un bol de riz.

Le Nouvel An chinois à Yu Garden

Comme chaque année lors du Nouvel An chinois, le dimanche précédant la fête est un jour travaillé. Les écoles sont ouvertes et les parents travaillent. Papa Lou est donc parti travaillé tôt le matin, comme à son habitude, tandis que je gardais Little Miss Sunshine à la maison pour profiter de ces moments un peu particulier avec elle.

Nous l’avions prévu. Nous voulions allé visiter Yu Garden ensemble, avec Little Smiling Buddha cette fois-ci. Pour éviter le plus gros de la foule, nous avons choisi de partir dès la fin de la matinée. Papa Lou avait prévu de nous rejoindre pour que l’on puisse déjeuner tous ensemble.

Malgré mon appréhension, la date était bien choisie. Une semaine avant le Nouvel An chinois, les touristes ne sont pas encore nombreux à Shanghai et comme les Shanghaiens travaillent encore, la foule était plus que raisonnable! Nous avons largement pu profiter des belles décorations colorées!

Nous avons commencé notre promenade dans l’enceinte de la vieille ville. Comme l’an dernier, sur chaque petite place, des décorations colorées sur le thème de l’animal de l’année: le coq, ou sur le thème des héros légendaires chinois nous en mettent plein les yeux.

 

Peu après midi, nous sommes allés faire la queue dans le fameux restaurant de Xiao Long Bao, ces sortes de raviolis typiquement shanghaien dans lesquels on rencontre un délicieux jus de viande ou de crabe lorsque l’on croque, le NanXiang. Pour déguster des Xiao Long Bao à emporter, l’attente est toujours très longue dans ce restaurant, mais pour manger sur place, le temps d’attente est relativement raisonnable – 15/20 minutes.

Juste au moment où nous avons pu nous installer à table, Papa Lou est arrivé. Pour le plus grand plaisir de tous, et surtout de Little Miss Sunshine qui m’a dit plusieurs fois que c’est la première fois que nous mangions avec Papa Lou alors qu’il travaillait…

En plus des traditionnels Xiao Long Bao, nous avons dégusté quelques autres gourmandises, comme un énorme raviolis dont on ne boit que la soupe de crabe qui est à l’intérieur, du tofu puant ou des shaomai, sorte de raviolis farcis au riz gluant.

En sortant du restaurant, Papa Lou nous a assez rapidement quitté pour retourner au travail. Et avec les enfants, nous avons continué notre promenade…

Sur la grande place principale, qui mène à la jolie maison de thé sur l’eau, c’est le paon qui est à l’honneur cette année.

Pour la promenade autour de la maison de thé sur l’eau, il y avait bien moins de monde que l’an dernier et c’était vraiment très agréable…



Le ciel était d’un beau bleu. Et j’aime toujours autant voir le contraste entre l’univers traditionnel chinois et l’univers moderne qui règne à Shanghai.

On a encore fait quelques photos avec les enfants pour garder de jolis souvenirs de cette journée…

Et pour la deuxième fois, depuis que nous vivons en Chine, Little Miss Sunshine a reçu une barbe à papa en forme de fleur…

Nous avons passé une très belle journée dans l’ambiance du Nouvel An chinois. Et je sais que les enfants en garde également un joli souvenir…

En sortant de la vieille ville pour aller prendre le taxi, j’ai jeté un dernier regard en arrière, vers cet univers que j’aime tant…

[Livre jeunesse] Réunis

Réunis est un album absolument magnifique qui traite parfaitement de la réalité du Nouvel An Chinois en Chine. Ici pas de stéréotype à l’Occidental.

Lors de la fête du livre de l’école de Little Miss Sunshine l’an dernier, nous avons eu la grande chance de rencontrer l’illustrateur de ce magnifique album. Nous avons échangé quelques mots en Chinois, il a dédicacé le livre à Little Miss Sunshine, mais surtout, il a tenu à faire une photo souvenir avec chacun d’entre nous. Cette anecdote, forte de sens à mes yeux, me fait encore sourire aujourd’hui.

Dans cet album, le dessin est pur et beau. Il retranscrit avec beaucoup de douceur et de couleurs la Chine telle qu’elle est. On y reconnait les canaux et les jolies maisons blanches aux tuiles noires de Suzhou. Les joues joliment rouges de Maomao, typique des enfants chinois en hiver toujours trop couvert. La petite fille qui s’endort paisiblement entre ses deux parents, alors que ceux-ci ne se retrouvent que quelques jours par an.

L’histoire nous raconte ce que vivent la plupart des Chinois chaque année. Malgré le développement des transports en commun, nombre de Chinois, compte tenu du coût ou des contraintes de travail, n’ont pas l’occasion de retrouver leur famille plus d’une ou deux fois par an. Le Nouvel An Chinois est donc la période idéal pour les retrouver. L’autre moment privilégié est la fête nationale chinoise autour du 1er octobre.

C’est le cas d’Ayi par exemple. Elle rentre dans le Sichuan, sa région natale où vit encore une grande partie de sa famille, une ou deux fois par an. Elle privilégie l’été puisque nous sommes absent deux mois complets. Elle voit son fils une fois par an et n’a pas vu son mari qui travaille au Tibet depuis quatre ans. La vie de famille n’est de loin pas identique à la nôtre en Chine.


Ce livre revient donc sur ce phénomène d’éloignement que vivent beaucoup de Chinois, mais également sur les grandes traditions qui rythment les jours qui précèdent et suivent le Nouvel An Chinois. A la fin du livre, comme souvent chez cet éditeur jeunesse de grande qualité, on retrouve des explications plus concrètes sur les traditions du Nouvel An Chinois. Un album d’une grande richesse.

C’est un énorme coup de coeur pour nous! Et nous le lisons toujours avec la même émotions.

Réunis, Yu LiQiong et Zhu ChengLiang, HongFei Cultures, 14,50€

[Roadtrip] Fujian – Jour 7: les Tulou et Xiamen

Voici déja arriver notre dernier jour dans le Fujian. Nous nous sommes réveillés tôt pour profiter de la vue magnifique de l’hôtel sur les Tulou, maisons rondes traditionnelles, avoisinantes.

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L’hôtel en lui-même, le Hakka Earth Building Prince Hotel de Yongding, n’était pas extraordinaire. C’est un énorme bâtiment moderne comme tous les grands hôtels chinois. Mais la vue des chambres était magnifique. Et il y avait même des terrasses pour profiter de cette vue. Par contre, en arrivant, j’ai été choqué par cet immense bâtiment qui défigure totalement le décor à mon sens…

Nous avons fait le choix de dormir dans un grand hôtel, et non dans un Tulou, à cause des enfants. Voyager avec des enfants en bas-âge contraint parfois à des choix… A quatre, nous n’aurions pas pu rentrer dans une petite chambre d’un Tulou, et nos enfants étant encore trop jeune pour dormir dans une chambre séparée, le choix a été vite fait… Mais si nous y avions été en amoureux, c’est sûr qu enotre choix aurait été différent!

Pour cette dernière matinée dans le Fujian, nous avions prévu de prendre un peu de hauteur pour observer certains Tulou de haut avant d’aller les visiter.

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Nous avons donc commencé notre matinée par une belle promenade, agrémentée de nombreuses marches, dans la montagne. Et ce jour-là, Little Miss Sunshine était vraiment motivé pour marcher!

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Vous vous en souvenez certainement, mais c’était la période du Nouvel An Chinois. Et cette période de l’année, les Chinois ont pour habitude d’honorer leurs ancêtres. Ils se rendent alors sur les lieux des tombes, toujours situées dans les montagnes, pour claquer des tonnes de pétards et éloigner les mauvais esprits. Durant cette fameuse promenade, nous avons rencontré de nombreuses familles qui rejoignaient les tombes de leurs ancêtres, des paniers pleins de pétards et de nourriture…

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Voici une tombe, avant l’explosion des tonnes de pétards…

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Et puis après… Le sol est rouge des éclats des pétards…

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Dans cette ville, il y avait de nombreux Tulou. Nous avons largement pu les observer, les compter et les photographier de haut, avant d’aller en visiter certains.

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Les Tulou sont construit sur quatre ou cinq étages. Chaque famille possédant une pièce à chaque étage: une cuisine en bas, un garde-manger au dessus et puis ensuite des chambres à coucher. Certains, très touristiques, sont payant et les pièces du bas sont devenus des petites boutiques. D’autres sont beaucoup moins touristiques, ils sont gratuits et on peut encore mieux observer la structure traditionnelle des bâtiments…

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Au centre de chaque Tulou, il y a le temple des ancêtres de la famille.

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Les Tulou peuvent être rond ou carré, plus ou moins grands, mais il s’agit toujours de construction communautaire en terre, en pierre et en bois. Ce sont ces drôles de maisons que les Américains ont pris pour des réacteurs nucléaires suite à leur surveillance par satellite de la Chine il y a quelques années…

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Après ces dernières visites, nous nous sommes encore un peu promener dans la ville, et puis nous avons repris la route…

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Comme souvent, nous avons déjeuner dans un petit restaurant de route…

Milieu de l’après-midi, nous étions de retour à Xiamen pour aller visiter le quartier universitaire de Jimei: les bâtiements des écoles, le jardin, la plage…

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Et on a pu observer le soleil qui se couchait sur la mer

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Pour terminer ce beau voyage, nous sommes retourné dans une des rues très animée de Xiamen.

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Nous avons dîner de streetfood, avant de prendre le chemin de l’aéroport

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La surprise a été l’annulation de notre avion. Alors même que nous avions choisi le dernier avion de la journée. Nous nous voyions déja devoir passer une nuit supplémentaire à l’hôtel, la dame du service client de notre compagnie aérienne faisait semblant de ne pas comprendre notre chinois, on a finalement dû s’énerver et demander à voir quelqu’un qui parle anglais. Heureusement, une solution a été trouvé, nous avons pu monter dans un avion qui était même censé partir avant le nôtre. On nous a prévenu que l’on avait que dix minutes pour rejoindre notre porte d’embarquement! Et on a réussi! Sauf que finalement l’avion a eu plusieurs heures de retard…

Nous sommes rentrés à Shanghai au milieu de la nuit, fatigués mais heureux de ce magnifique voyage! 


Et pour revoir l’ensemble de ce voyage:

[Roadtrip] Fujian – Jour 6: les Tulou des Hakka

Après notre belle journée à Xiamen et sur la GulangYu, nous avons repris la route le lendemain pour un des autres temps forts de ce Roadtrip dans le Fujian, la visite des Tulou, maisons rondes traditionnelles de cette région.

Le temps de prendre un rapide petit-déjeuner, de rassembler nos affaires et de refermer notre valise, et notre guide et notre chauffeur sont venus nous chercher à l’hôtel vers 9h pour prendre la route…

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La route a été relativement longue. Trois heures avant d’y arriver. Mais les paysages, notamment les paysages de montagnes, juste avant d’arriver dans la région où se concentrent les Tulou – maisons rondes collectives traditionnelles -, sont magnifiques. On en prend plein les yeux…

Nous avons déjeuner dans une sorte de restaurant de route à la chinoise. Il y en a des dizaines qui bordent les routes de lieux touristiques.

Notre première visite n’en fut pas vraiment une. En effet, un des Tulous les plus connus, n’est pas visitable. Les familles qui y vivent veulent garder leur tranquillité, ce qui ce comprend tout à fait et il n’est donc que photographiable de loin.

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Il s’agit en fait d’un groupement de maison. Quatre maisons rondes où vivent à chaque fois une centaines de personnes, et une maison carré au centre. Sans compter sur les côté, plusieurs maisons rectangulaires plus petites. C’est une des vues les plus connues de cette région.

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Il y a d’ailleurs deux points de vue, un au-dessus des Tulous et un en-dessous…

Puis nous sommes allés visité un grand et beau Tulou rond où vivent encore 150 personnes.

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Il va sans dire que dans tous ces Tulous visitables, les familles encore présentent vivent totalement du tourisme pour la plupart. On y trouve donc des tonnes de petites échoppes tout autour de la cour centrale…

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Enfin, nous sommes allés visiter le joli village de TaXia, où il y a de nombreux Tulou plus petit.

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Dans ce village, il y avait une vingtaine de petits Tulou, rond et carré et même un demi-Tulou. Il y a avait aussi un joli temple destiné aux familles dont les enfants – très nombreux – sont devenus fonctionnaires.

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Chacune de ses familles avaient fait construire une sorte d’énorme poteau sculpté avec le nom de ceux qui ont réussi gravé dessus.

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Dois-je le rappelé, mais nous étions dans le Fujian au temps des fêtes du Nouvel An. Nous croisions donc régulièrement ce genre de petits tas encore fumant…

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Les pétards se pètent par milliers dans chaque famille en Chine à l’époque du Nouvel An et chaque nouvelle journée est propice à en claquer encore plus! C’est une coutume assourdissante qui éloigne les mauvais esprits…

Dans la soirée, nous sommes allés dîner dans un petit restaurant de rue… On a pu observer la préparation de nos plats!

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Et comme c’était Nouvel An, notre gentille guide nous a fait la surprise d’acheter des pétards pour Little Miss Sunshine. Je n’étais pas très chaude pour qu’elle en utilise, mais finalement, elle avait les yeux qui brillaient de voir la guide lui tendre les fontaines, alors j’ai craqué, elle les a tenu et elle a adoré! Ca lui fait finalement un fantastique souvenir, même si je la trouvais un peu petite pour se genre d’exercice…

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Nous avons passé une belle journée à la hauteur de nos attentes! 


Et pour revoir l’ensemble de ce voyage:

[Expatriation] Deux ans à Shanghai

Deux ans. J’ai du mal à réaliser. Je me vois encore trépigner d’impatience de partir enfin pour la Chine et de rejoindre Papa Lou au mois de juillet 2014.

Et puis si je jette vraiment un oeil par-dessus mon épaule, je me rends bien compte de ce temps écoulé. La « surprise » de la grossesse de Little Smiling Buddha, le suivi de la grossesse en Chine, mon accouchement dans un hôpital international, la première année de Little Smiling Buddha, ses premiers pas, plusieurs voyages en Chine et ailleurs, deux rentrées scolaires pour Little Miss Sunshine, un an de vie commune avec Ayi, mon apprentissage du chinois,…

Après deux ans, nous sommes toujours encore en phase de découvertes. C’est avec le même plaisir que je me promène aujourd’hui dans les rues de Shanghai. La seule différence, c’est qu’en arrivant à Shanghai, c’est Little Miss Sunshine qui était lové dans le Boba et qu’aujourd’hui c’est Little Smiling Buddha.

Nos liens familiaux sont toujours aussi serrés. Comme lors de chaque naissance, notre vie de couple a été chamboulé, mais nous espérons que nous allons bientôt pouvoir reprendre un peu de temps pour nous et profiter un peu de Shanghai by night.

Cette deuxième année à Shanghai aura été marqué par:

  • Ma compréhension du chinois qui aujourd’hui change complètement ma manière d’appréhender cette expatriation et la culture chinoise. Je profite beaucoup plus des « spécificités » chinoises, je peux débattre des différences culturelles avec Ayi ou nos amis chinois, je peux poser des questions sur ce qui m’intrigue et avoir des réponses à mes questions.
  • Trois retours en France. Suite à la naissance de Little Smiling Buddha, nous avions passé notre premier été à Shanghai. C’est donc au mois de septembre/octobre que nous avons fait notre premier voyage retour à quatre. Nous sommes ensuite revenu en France pour Noël et enfin à la fin du mois de juin pour les deux mois d’été. Nous avons finalement bien profité de ces moments en France, et nous n’avons pas trop ressenti le manque de la famille, même si ce manque reste évidement présent dans de nombreuses occasions.
  • Nous n’avons pas eu beaucoup de visite cette année. Seuls mes parents sont venus passer deux semaines avec nous au mois d’avril.
  • Trois voyages en Chine. Le premier à l’occasion du Nouvel An chinois à Harbin, pour aller voir le festival de glace. Le deuxième juste après le Nouvel An chinois où nous avons réalisé une semaine de roadtrip dans le Fujian. Le troisième lors du festival des bateaux-dragons à Pékin.
  • Deux journées de visite autour de Shanghai. La première dans la jolie ville d’eau de Qibao. La seconde dans la très belle Suzhou, où nous aurions finalement aimé passer plus de temps.
  • Les premiers pas de Little Smiling Buddha au contact de petits camarades chinois dans le parc de notre résidence.
  • La première fête d’anniversaire de Little Miss Sunshine avec les copains et copines de sa classe…
  • La rencontre de nouveaux amis chinois autour de notre résidence: tout d’abord la jolie amitié qui lie Little Miss Sunshine et LiangLiang, son petit camarade chinois qui a un an de plus qu’elle et qui vient de temps à autre passer la soirée chez nous. Et puis l’amitié qui s’est liée entre Little Miss Sunshine et TianZhen, un petit garçon de 8 ans dont les parents sont chinois, mais qui va au lycée français et qui est ravi de retrouver quelqu’un qui parle français dans la résidence. Et puis plus récemment, la nouvelle amitié qui s’est liée entre Little Miss Sunshine et Eva, une petite taïwanaise de 8 ans qui habite dans la résidence en face de chez nous. De notre côté, nous avons lié une belle amitié avec les responsables et employés de notre petite maison de thé favorite où nous passons quasiment tous les week-ends. Nous y sommes accueillis comme si nous faisions partis de la famille. Nous sommes liés par notre passion du thé, mais également par la joie de voir grandir nos enfants respectifs. Nous nous échangeons régulièrement des « cadeaux » et autres recettes de nos pays respectifs. Ma nouvelle amitié avec Anna, la maman de la petite Eva, taïwanaise expatriée à Shanghai et maman au foyer comme moi. Entre nous, la langue de communication est souvent l’anglais, parce que contrairement à beaucoup de Chinois, elle la maitrise très bien, mais il n’empêche que nous parlons de temps à autre chinois toutes les deux.
  • Notre découverte d’un bain coréen proche de Qibao, où nous aimons passer régulièrement du temps en famille dans des bains brûlants…

Contrairement, à ce que j’ai pu entendre des autres expatriés autour de moi, au bout de deux ans, nous sommes toujours dans une phase de lune de miel avec Shanghai et la Chine. Nous nous sentons bien, nous nous sentons à notre place dans cette grande ville cosmopolite. Nous nous y voyons bien encore quelques années…

Les enfants se sont tout à fait bien habitué à cette vie. Ils ont leurs camarades chinois, leurs camardes français et puis des camarades de tas d’autres nationalités avec lesquels ils communiquent en Chinois ou en Anglais. Ils sont à l’aise avec les voyages, les changements d’horaires, de cultures,… Les observer dans leurs découvertes de l’autre avec toute l’innocence des yeux d’enfants est un vrai bonheur. Little Miss Sunshine est totalement à l’aise avec un planisphère. Elle connaît tous les continents, les pays que nous visitons, sait replacer la Chine, Shanghai, la France, Paris et le Japon, nous parlons très régulièrement différences de cultures ou de conventions sociales. C’est une richesse immense dont nous n’,entr’apercevons pour l’instant qu’une infime partie compte tenu de la jeunesse de nos enfants…

J’ai profité à fond de mon temps avec Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Je leur offre du temps en quantité et en qualité grâce à l’aide incommensurable d’Ayi. C’est exactement ce que j’espérais en devenant maman au foyer et en vivant en expatriation.

Cette nouvelle année qui s’ouvre, j’ai envie de faire un peu plus de choses pour moi: j’ai beaucoup de projets en attente que je veux concrétiser ou tout du moins commencer à concrétiser. Je veux aussi réussir à reprendre du temps en couple. Papa Lou est peut être le plus grand perdant dans cette histoire!

C’est avec bonheur que nous entamons cette troisième année d’expatriation à Shanghai…