[Sortie] Shanghai Wild Animal Park

Voilà un parc animalier, situé à une quarantaine de kilomètres de Shanghai, que nous avions envie de visiter il y a longtemps déjà avec les enfants. Le problème à Shanghai, c’est le temps et la température. Et je sais par expérience combien il est fatiguant pour toute la famille de se promener dans un parc, même ombragé, par 40 degrés. Nous avions donc prévu d’aller le visiter au printemps ou à l’automne, quand les températures sont encore clémentes et le temps au beau fixe. Finalement, entre nos week-ends et le temps, il aura fallu attendre un bon bout de temps! Mais c’est enfin chose faite!

Il y a deux zoos à Shanghai. Le premier est assez vieux, en partie rénové seulement, mais facilement accessible (30 minutes du centre-ville) près de l’aéroport de HonqQiao. Nous nous y sommes rendus très régulièrement depuis que nous sommes à Shanghai, parce qu’il est facile d’accès, que le tarif est très raisonnable (l’équivalent de 5€ pour un adulte et les enfants ne paient pas jusqu’à 1,20m). Le second – dont je vous parle aujourd’hui – est plus grand, plus neuf et les animaux plus nombreux, mais il est également plus loin de Shanghai (proche de l’aéroport de Pudong, il faut compter quasi 50 minutes de taxi à partir du centre-ville).  

Un samedi matin du début du mois de mai (oui vous remarquez comme je suis à jour dans mes articles!), nous avons donc pris le taxi en famille un peu avant 10h. Nous sommes arrivés au parc un peu avant 11h. Le temps d’acheter les billets (compter 130RMB par adulte – gratuit pour les enfants de moins de 1,30cm), de passer aux toilettes et de faire la queue pour entrer dans le parc, il était presque 11h30.

Le parc se divise en deux parties. Une première partie qui se visite à pied, comme tous les zoos. Et une sorte de safari qu’il faut visiter en bus. Avec le billet d’entrée, un bus de tourisme classique est compris dans le prix pour visiter cette partie du parc. Mais l’attente est longue! Il y en avait au moins pour une heure d’attente le jour où nous y étions et finalement assis dans un bus classique, on ne voit pas grand chose, puisque les animaux sont vraiment au bord de la route au pied du bus (et non au loin).

Après avoir visité une petite partie du zoo qui se visite à pied et avoir déjeuner d’un burger et de frites (pour faire plaisir aux enfants), nous avons choisi, mais un peu par hasard, il faut bien le dire, de payer un billet supplémentaire (20RMB par adulte) pour prendre le bus grillagé qui nourrit les animaux. Et c’était finalement un très bon choix car les enfants ont été émerveillé de voir les animaux juste à leur pied.

Bien installé devant les grilles, les enfants étaient aux premières loges pour observer les animaux. Régulièrement le bus s’arrêtait, le guide lançait quelques morceaux de nourriture au travers de trappes et on pouvait observer les animaux de très très près!

La partie safari est divisée en plusieurs zones. Dans la première, on rencontre entre autres, des paons, des chèvres ou des chameaux. Le bus fait un arrêt pour nourrir les animaux. Là ce sont les chèvres qui sont venus voir ce qu’il y avait à manger…

La seconde partie est la partie « savane », sans les carnivores. Les animaux sont clairement habitué à recevoir de la nourriture, ils attendent le bus le long de la route… Et puis il faut dire que les bus se succèdent et à quelques minutes d’écart à longueur de journée.

Mais c’est tout de même impressionnant de les voir de si près. On pourrait presque les toucher.

Ensuite on passe dans les espaces des grands animaux et des carnivores qui se succèdent les uns les autres: les lions, les ours, les tigres, les léopards… A chaque nouvel enclos, le bus s’arrête et lance de la nourriture aux animaux. Pour augmenter le côté « impressionnant », ils narguent parfois les animaux avec de la nourriture au bout d’une pique. Résultat un ours était accroché aux barreaux du bus pendant toute une partie de notre passage dans l’enclos des ours… Les enfants ont adoré!

Le bus fini par nous ramener à notre point de départ après avoir réaliser une sorte de boucle dans le parc.

Et puis nous avons poursuivi notre promenade à pied à travers le zoo. Les enclos sont beaux et grands. On recroise tous les animaux que l’on a vu durant notre safari. Je suppose que les soigneurs font tourner les animaux entre ceux qui sont dans les enclos à l’intérieur du zoo et ceux qui sont dans le safari.

A chaque enclos ou presque, pour quelques RMB, on peut entrer, toucher, nourrir et se photographier avec les animaux. Que ce soit les kangourous, les aras, les hippopotames ou les singes. Nous avons d’ailleurs essuyé une grosse crise de larmes et d’incompréhension de la part de Little Miss Sunshine quand nous lui avons expliqué que nous ne voulions pas qu’elle caresse les kangourous. Nous lui avons longtemps expliqué nos raisons, en la prenant en point de comparaison, elle, qui ne supporte plus que les Chinois la touchent systématiquement quand ils passent à côté d’elle. Mais il n’empêche que ça a été un moment difficile.

Ici, un soigneur accompagnait un touriste pour nourrir un hippopotame et faire des photos.

Son petit était installé à l’abri dans un plus petit enclos juste à côté de sa maman qui se faisait photographier.

 

Les animaux sont beaux, ils semblent vraiment bien soigné et les enclos sont plutôt bien conçu. 

Il n’empêche que j’ai été très mal à l’aise dans ce zoo durant toute ma visite. Le principe d’accepter qu’on touche les animaux contre rémunération me met particulièrement mal à l’aise. Peut être que si j’avais eu plus d’informations sur ce zoo avant d’y aller, je n’y aurai pas été. Surtout pas avec les enfants.

En Chine, dans les zoos, les Chinois  lancent tout et n’importe quoi à manger aux animaux: carottes, chips, gâteau, paquet plastique… malgré les interdictions. Ils tapent contre les vitres, hurlent ou font des flash avec leurs appareils juste pour réveiller les animaux. Ces comportements m’insupportent particulièrement. Je comprend tout à fait l’intérêt pour ce nouveau zoo d’offrir une solution intermédiaire. Nous n’avons vu personne lancer de la nourriture dans les cages. Les gens ont eu l’air de respecter le fait de ne les toucher, les nourrir que contre rémunération. Mais il n’empêche que ça me gêne.

  

En parallèle, les animaux sont aussi mis en scène avec des spectacles comme celui de la nourriture des fauves où l’on fait délibérément sauter un tigre sur les vitres pour assouvir les envies des spectateurs.

Ou alors on peut faire un tour sur les éléphants…

Et puis il y a un spectacle plusieurs fois par jour, avec de la musique très forte, où de nombreux animaux sont présentés sur scène, mais nous ne sommes pas allés le voir.

Vous comprendrez que je suis mitigée sur ce zoo et que nous n’y retournerons certainement pas. Même si nous avons passé une belle journée. Leurs principes sont trop contraire aux nôtres.

[Voyage] JiuZhaiGou avec un tour chinois

Lors de notre séjour dans le Sichuan, dans la famille d’Ayi, elle a beaucoup insisté pour que nous allions visiter un lieu absolument magnifique, mais vraiment difficile d’accès: JiuZhaiGou. D’après elle, un des plus beaux endroits du Sichuan.

Situé au nord de la province du Sichuan, entre 2000 et 4000m d’altitude, c’est une ville majoritairement tibétaine. Le parc naturel qui s’y trouve est juste sublime. Un des plus beaux de Chine.

C’est Ayi qui a organisé le voyage. Je n’avais aucune idée de comment, ni dans quelles conditions il allait se dérouler. J’ai décidé de lui faire confiance. C’est donc la veille de notre départ pour le Sichuan que j’ai appris que JiuZhaiGou se situait à 9h de bus de Chengdu, elle-même à 2h de route de la ville natale d’Ayi, là où nous logions. Bon, je vous avoue, je n’étais pas plus inquiète que ça, les enfants ont l’habitude de voyager, et en dehors de quelques petites crises de fatigue, ça se passe toujours bien. Je connais leurs limites.

Le souci, c’est que durant ce séjour, je n’ai pas pu gérer pour ne pas atteindre – ou au moins pas trop souvent – leurs limites. Je n’ai appris que la veille de notre départ que nous devions nous lever à 3h45 du matin, alors qu’il était quasiment 20h… Il a donc fallu que nous nous adaptions tous assez rapidement. Et il faut bien avouer que ça n’a pas tous les jours été facile.

Le rythme de notre séjour dans le Sichuan n’était clairement pas adapté aux enfants. Entre les très longues attentes dans le bus, les visites aux pas de course, les stimulations de toutes parts de la part des Chinois… Les enfants sont revenus exténués.

Et pourtant, Little Smiling Buddha ne cesse de répéter « Sichuan » depuis notre retour à qui veut bien l’entendre. Little Miss Sunshine a voulu ramener nos photos de voyage à l’école pour partager son aventure à tous ses camarades. Elle était impatiente de raconter son voyage à Papa Lou également à notre retour. Ils en gardent de superbes souvenirs et moi aussi.

Nous avions déja passé deux jours dans la famille d’Ayi, quand nous sommes partis pour JiuZhaiGou. J’ai appris vers 20h, alors que nous étions invité à aller passer une soirée au karaoké avec une partie de la famille d’Ayi, que nous devions nous lever à 3h45 pour prendre la voiture en direction de Chengdu, où un bus nous attendait à 7h pour partir pour JiuZhaiGou. J’ai donc décliné l’invitation (bien qu’on me conseillait d’y aller parce que ça nous permettrait de ne pas nous coucher et de dormir le lendemain dans le bus!!!)

C’est dans l’urgence que j’ai dû préparer les affaires pour ces trois jours, car Ayi refusait que j’emmène ma valise (et je ne comprend toujours pas pourquoi!). Je me suis retrouvée avec trois sacs, que nous avons finalement dû mettre dans la valise d’Ayi le lendemain matin. Le moment du coucher aura donc été un moment de stress réel  pour tous les trois – je n’avais le droit de rien oublier pour ces trois jours, le reste de nos affaires partant avec notre valise chez la petite soeur d’Ayi le soir même – Little Smiling Buddha pleurait de fatigue et je ne pouvais pas m’occuper de lui puisqu’il fallait que je me concentre sur mes bagages, Little Miss Sunshine me réclamait son lait à corps et à cris en refusant qu’un Chinois ne s’approche à moins d’un mètre d’elle et Ayi et trois de ses copines papotaient et allaient chacune de son conseil sur ma manière de gérer mes bagages. J’ai fini par mettre celle qui s’est mise à fumer dans notre chambre à la porte. Il ne faut pas non plus exagérer…

Moins de dix minutes après leur départ avec notre « excédent » de bagages, nous étions au lit. J’ai expliqué aux enfants ce qui nous attendait le lendemain. Je me suis excusée mille fois des déboires de cette soirée. Et après une bonne séance de câlins à trois, nous nous sommes tous endormis pour quelques heures.

Contrairement à ce que je pensais, le réveil à 3h45 n’a pas été trop difficile. Il faut dire que Little Miss Sunshine est très difficile à réveiller, quelle que soit l’heure, et que finalement ça n’a pas été pire que d’habitude, peut être même plus facile… Nous avons rassemblé nos dernières affaires, et nous sommes descendu rendre nos clefs à la réception de l’hôtel. La réceptionniste dormait couchée sur deux chaises, avec une couette sur elle et des oreillers. Une autre partie du personnel dormait sur les canapés de l’entrée avec de grosses couvertures et des couettes. La porte de l’hôtel était grande ouverte.

Pour le voyage à JiuZhaiGou, JiaJia, une des meilleures amies d’Ayi nous a accompagnés. Une voiture avec un chauffeur nous attendait devant l’hôtel. Nous nous sommes installés dans la voiture et nous nous sommes tous aussitôt rendormis. Nous avons mis deux bonnes heures à rejoindre Chengdu. Là, il y avait une dizaine de bus et des tonnes de Chinois avec leurs bagages qui attendaient pour partir vers JiuZhaiGou. Les gens attendaient debout au milieu de la route avec leurs bagages. Les voitures et les bus klaxonnaient pour passer. Et quelques vendeurs ambulants avaient dores et déja saisi l’opportunité de vendre leurs produits et s’étaient installés tout le long de la route. Ayi et JiaJia sont partis acheter aux vendeurs ambulants de quoi nous offrir un petit-déjeuner: du doujiang (sorte de lait de soja chaud), des youtiao (sorte de beignets ni salé, ni sucré) et des baozi (sorte de pain cuit à la vapeur et fourrés à la viande).

A 7h30, notre guide, qui ne parlait pas trois mots d’anglais, est venu nous chercher pour nous faire monter dans le bus. Dans le bus, nous avons pris notre petit-déjeuner, et puis nous avons goûter aux joies des voyages organisés, à savoir le guide qui parle de tout et n’importe quoi dans son micro à l’avant du bus pendant des heures alors que tu ne rêves que de te rendormir…

Little Miss Sunshine s’est rapidement rendormi. Little Smiling Buddha était bel et bien réveillé et avait apparemment envie de profiter de tous les Chinois présents dans le bus. Une femme étrangère, seule, avec deux enfants en bas âge aux cheveux clairs, dans un bus de Chinois, vous pouvez bien vous imaginer qu’on a fait sensation

Je ne savais rien de notre trajet. Je sais que les Chinois ne peuvent pas passer deux heures sans manger et aller aux toilettes, je savais donc que les arrêts allaient être réguliers, mais je ne savais pas du tout comment ça allait se passer. A peine une heure après notre départ, le guide nous proposait un premier arrêt à la base des pandas de DuJiangYan. Little Smiling Buddha venait de s’endormir quelques minutes plus tôt, Little Miss Sunshine dormait toujours et nous avions déja visité plusieurs bases de panda au mois d’octobre quand nous avions visité le Sichuan avec Nonna et GrandPapa. La visite n’était pas incluse dans le forfait, il fallait donc payer l’entrée en supplément, et j’ai décidé de ne pas y aller. Malheureusement, le guide n’a pas du tout compris que des étrangers viennent dans le Sichuan, avec des enfants, et ne veulent pas aller voir les pandas. J’ai eu beau lui expliquer que nous avions déja visité le Sichuan et plusieurs bases de panda quelques mois plus tôt, il n’a pas voulu comprendre. Entre temps, Little Miss Sunshine s’est réveillée et nous sommes finalement partis visiter le parc sous la pluie.

Nous avons eu 40 minutes pour visiter le parc. Nous aurions facilement pu y passer une journée ou au moins une demi-journée. Nous avons couru comme tous les autres chinois du groupe d’un enclos à l’autre en espérant photographier le plus facilement possible un panda, luttant avec les parapluies autour de nous… Little Miss Sunshine a été ravie de revoir des pandas, Little Smiling Buddha a fini par se réveiller et s’est révélé très efficace dans la « chasse » aux pandas. Et moi, je me demandais toujours ce qui m’avait pris de sortir de ce bus et pourquoi je n’avais pas tout simplement dit « non » à notre guide. Fatigués, trempés, nous avons repris place dans le bus pour la suite de l’aventure…

Quelques heures plus tard, nous nous sommes arrêtés en plein milieu de nul part, dans la montagne, devant la baraque d’un petit vendeur, pour une pause pipi. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait du lieu de l’épi-centre du grand tremblement de terre de 2008 – à moins que ce soit l’endroit où les dégats ont été les plus important. En fait, il ne restait rien. On voyait de nombreux bâtiments très abîmés et puis la montagne, à nu, qui semblait s’être déchirée en son milieu…

A midi, nous nous sommes arrêté dans une espèce de restaurant d’aire d’autoroute où nous avons tous eu le même repas. Un espèce de fast-food à la Chinoise. Aussitôt assis, aussitôt servi et à peine le temps de terminer les plats qu’il fallait déja remonter dans le bus…

Vers 16h, nous avons fait notre dernière halte au bord de la route. C’est là que nous avons croisé des yacks blancs. Je n’en avais jamais vu auparavant. Les pauvres étaient attachés à un anneau dans leur nez et leur propriétaire les promenaient le long de la route pour que les touristes (chinois) les caressent et se prennent en photo avec eux moyennant rémunération… C’est là que nous avons acheté un kilo de marron chaud pour patienter jusqu’au repas du soir. Les enfants et moi nous sommes régalés!

La dernière partie du trajet a été difficile. Nous avons tous eu, dans différentes proportions quand même, le mal des montagnes. Nous avions largement dépassé les 2000m d’altitude et entre les routes tortueuses, la tempête de neige, le chauffeur de bus qui dépassait des semi-remorques dans les virages sans aucune visibilité, nous avons été servi! J’ai cru mourir dix fois. Mon coeur s’arrêtait de battre et je priais intérieurement à chaque fois que le chauffeur de bus décidait de dépasser un semi-remorque alors qu’il n’y avait de la place sur la route que pour deux gros engins. A un moment, une voiture qui venait dans l’autre sens, (et qui était sur sa voie!) s’est même glissé entre nous et le semi-remorque que nous dépassions. Au bout d’un moment, pour ma santé cardiaque et mentale, j’ai arrêté de regarder dehors… Je pense que tous les Chinois dans le bus ont vomi. Nous trois, nous avons été épargné. Même si nous nous sentions vaseux et que nous avions un sacré mal de tête.

Nous sommes arrivés à JiuZhaiGou vers 19h. Le bus nous a déposé devant un restaurant à thème tibétain. J’avais un mal de tête carabiné. Nous avons dû nous aligné dans la cour, les animateurs du restaurant chantaient et nous ont mis des écharpes oranges autour du cou. Les enfants étaient fatigués. Ils n’avaient besoin que d’une chose, de calme. Et c’était largement loupé! Après les chants de bienvenus nous avons dû nous prêter au jeu des photos. Tour à tour, nous devions posé à deux à côté d’un Chinois déguisé en panda.

Puis nous avons pu rentrer dans le restaurant. A l’intérieur, les personnes de notre bus (oui parce qu’il y avait des dizaines de bus dehors qui arrivaient et repartaient!) ont pu s’assoir autour de trois tables. Pas une de plus. Evidement, nous n’en savions rien. Tout le monde s’est bousculé pour s’assoir. Je me suis retrouvée seule debout avec les enfants sans place où m’assoir. Ayi m’a dit de m’assoir à une table à côté. Et là, la serveuse est venue en hurlant (littéralement! Je ne me suis jamais fait hurler dessus d’une telle manière de toute ma vie!) me dire qu’il fallait que je m’assois à une des tables prévues pour le bus. Mais nous étions trois et il restait une place. Elle m’a rétorqué qu’on était pas dans un restaurant pour les étrangers et que je devais me plier aux règles chinoises. Les enfants n’ont pas de places assises. Oui et je les mets où mes enfants? J’ai hurlé aussi en Chinois. Elle m’a mis hors de moi. J’avais envie de vomir sur la table et de quitter ce restaurant. Et le tout dans un brouhaha assourdissant de quatre bus de Chinois entrain de manger.

Mais je n’ai pas bougé de ma table avec les enfants. Finalement ils ont installé d’autres gens avec nous et allumés le feu de la fondue tibétaine qu’ils nous proposaient. Ayi et JiaJia nous ont rejoint. Le repas était vraiment sans plus. La viande de yack n’était vraiment pas à mon goût. J’en avais pourtant déja mangé lors de notre précédent séjour dans le Sichuan et j’avais beaucoup aimé. Mais je pense qu’entre le mal des montagnes, l’accueil et le bruit.. j’en étais largement arrivé à saturation…

Vous l’aurez certainement deviné… Qui dit restaurant à thème, dit…spectacle! Heureusement, Little Miss Sunshine n’en était pas au même niveau de saturation que moi. Et quand le spectacle a commencé, qu’ils se sont mis à danser, elle – qui adore danser – s’est vite joint à eux… pour le plus grand plaisir des Chinois et de leur appareil photo! Mais bon, je dois bien avoué que sa bonne humeur m’a redonné envie de sourire. Elle était tellement belle, tellement elle, à danser sans se soucier de rien…

C’est le coeur et l’esprit plus léger, mais pas sans mal de tête, que j’ai finalement quitté le restaurant. Nous avons repris le bus pour enfin aller à l’hôtel. Là-bas, Ayi nous avait réservé une chambre avec deux lits. Little Miss Sunshine avait donc son lit, Little Smiling Buddha et moi le nôtre. Comme à notre habitude. Et cette bonne nuit de sommeil nous a fait du bien. Même si elle a été courte. Au lit vers 22h, le réveil était à 5h30 pour quitter l’hôtel à 6h. Avec un tour chinois, ça ne rigole pas sur le lever!

 

C’est donc bien tôt, après un petit déjeuner bien chinois, que nous sommes partis à pied pour explorer la réserve naturelle de JiuZhaiGou. Il ne faisait pas très chaud, peut-être quelques degrés. Mais nous avions un magnifique ciel bleu au-dessus de nos têtes qui laissait présager d’une belle journée. Comme toujours dans les réserves naturelles chinoises, il s’agit d’acheter un billet, de prendre un bus (ou un mini-bus) qui nous emmène à quelques pas du premier lieu à visiter. JiuZhaiGou ne déroge pas à la règle. Sauf qu’à JiuZhaiGou, la vallée est en Y, il y a donc deux endroits à visiter. En une journée avec deux enfants, nous n’avons eu le temps que de faire la partie gauche. Nous n’avons donc rien vu de la partie droite.

Dans cette vallée, les lacs se succèdent, plus beaux les uns que les autres. Entre ceux où la montagne se reflète, ceux aux mille-couleurs, les cascades et les ruisseaux, on en prend vraiment plein les yeux. Je pense que c’est une des plus belles montagnes que j’ai vu. Le bus nous a emmené tout en haut de la vallée et nous l’avons donc doucement redescendu à pied tout au long de la journée.

Le matin, en arrivant tout en haut de la vallée, il restait encore de la neige. Il avait certainement dû neiger durant la nuit. Mais elle a bien vite disparu avec l’arrivée du soleil. Petite précision pour comprendre la suite: nous ne nous déplacions pas en groupe ce jour-là – le guide ne nous a pas accompagné, nous avions rendez-vous à 16h à un endroit précis avec tout le groupe.

Les couleurs des différents lacs sont juste époustouflantes. Je n’aurai jamais pensé qu’un lac puisse se teindre de ces magnifiques couleurs… Et partout, les eaux sont magnifiquement limpides. On voit le fond, même quand il est à plusieurs mètres de profondeur.

Autour du lac aux mille-couleur, Ayi a voulu que nous nous prêtions au jeu des déguisements et des photos comme le font la plupart des Chinois. Les enfants, surtout Little Miss Sunshine, étaient ravis de se prêter à l’expérience. Ils ont donc été déguisé par une jeune chinoise – moyennant rémunération – et pris en photo par une autre – moyennant également rémunération. Mais on pouvait également simplement photographier avec nos appareils personnels.

Little Miss Sunshine a changé trois fois de tenues et de coiffes. Et puis elle a demandé à refaire des photos avec le costume qu’elle avait préféré. J’ai adoré la voir aussi à l’aise devant l’objectif, alors que ça fait maintenant près de trois ans – depuis notre arrivée en Chine – qu’elle refuse quasi-systématiquement de se faire photographier.

Little Smiling Buddha aussi a été ravi de se prêter à l’expérience, jusqu’à ce que la jeune femme lui mette un chapeau sur la tête et lui demande de poser… Il s’est mis à hurler. Il était inconsolable. Pas moyen de faire une seule photo. Je l’ai donc changé et je lui ai donné la tétée pour le calmer…

Nous nous sommes promener autour de ce beau lac. Nous avons pris notre temps. Pour laisser les enfants apprécier la promenade et pour faire des photos…  J’ai apprécié qu’Ayi et JiaJia nous laisse aller à notre rythme et qu’on ait pas à courir la vallée juste pour prendre trois photos et repartir à chaque nouvel endroit. Papa Lou m’a beaucoup manqué lors de ce voyage. J’aurai vraiment aimé qu’il soit avec nous pour profiter de ces magnifiques paysages.

Finalement, le temps est passé vite cette première matinée. Et vers 11h, – heure de déjeuner des Chinois – nous avons sorti notre pique-nique. L’avant-veille Ayi avait acheter de la viande séchée de canard, de lapin et de boeuf aux piments dans sa ville natale. Et je me suis vraiment régalée. Il y avait aussi des cacahuètes entières, des pommes, des bananes, des mandarines. Des chips qu’ils avaient spécialement achetés pour les enfants. Nous avons pris notre temps, nous avons papoté, nous avons bien mangé. J’ai vraiment apprécié cette première matinée…

Puis nous avons repris la marche vers le lac miroir et la cascade des perles. La promenade a été très agréable. Little Smiling Buddha s’est endormi dans le Boba assez rapidement.

Le soleil a vraiment réchauffé l’atmosphère. Et c’est en petit t-shirt à manche longue que nous avons terminé la journée…

Tout le long de la promenade, il y avait de l’eau, des rivières, des cascades plus ou moins grandes… C’était magnifique et le bruit de l’eau très ressourçant.

Et finalement, comme la vallée est très grande, et que nous avons pris notre temps, le gros du flux des Chinois étaient partis et nous nous sommes retrouvés relativement seul.

Contrairement à d’autres parcs naturels chinois, la marche était vraiment très facile. Même pour Little Miss Sunshine. Pas de grosses montées, d’escalades ou d’énormes dénivellés. C’était vraiment agréable.

Ayi nous a juré que l’été, la vallée de JiuZhaiGou est encore plus belle, quand elle se pare de la belle couleur verte des feuilles des arbres et de fleurs. Elle nous a assuré que nous étions encore trop tôt dans la saison pour apprécier toute la beauté de la vallée. Et pourtant, je l’ai trouvé absolument splendide.

Evidemment, nous avons fait de nombreuses pauses avec les enfants. Pour les laisser jouer, leur donner quelque chose à grignoter ou à boire, laisser Little Smiling Buddha se dégourdir les jambes, offrir l’opportunité à Little Miss Sunshine de dessiner ce qu’elle voyait…

Et puis, il fallait aussi du temps pour laisser les adultes s’amuser… 😉

Nous sommes redescendu de la vallée pour 16h. Nous avions rendez-vous avec notre guide sur un parking. Comme d’habitude, je n’avais aucune idée de la suite du programme. Bien fatiguée, je pensais naïvement que nous allions juste dîner et nous coucher (les Chinois dînent tôt et se couchent relativement tôt). Mais non, c’était pour nous donner nos billets pour un spectacle que nous avions rendez-vous à cet endroit.

Little Miss Sunshine qui aime beaucoup la danse, apprécie toujours ce type de spectacle. Little Smiling Buddha aime beaucoup ça aussi. Je n’avais donc aucun souci à me faire quand au fait qu’ils seraient attentif ou non durant le spectacle.

En fait, dans chaque lieu touristique en Chine, on trouve ce type de spectacle. On y retrouve les danses traditionnelles de la minorité majoritaire de l’endroit, ainsi que quelques traditions du lieu. Et moi, je suis toujours impressionnée par le nombre de danseurs que ce type de spectacle emploie. Il y en a facilement une cinquantaine dans les plus petits…

Après le spectacle, il a été l’heure de rentrer à l’hôtel pour dîner. La nourriture n’était vraiment pas bonne. Et pourtant je ne suis pas particulièrement exigeante. Je me doutais de ce que nous allions recevoir, mais là, ce n’était vraiment pas bon. Et c’est ce qui me désole dans ce type de voyage. Quand je voyage, j’aime goûter les spécialités, me régaler autant avec les yeux (pour les paysages) qu’avec mes papilles, et durant ce séjour à JiuZhaiGou, ça m’a cruellement manqué – sauf lors du pique-nique du midi!

Et puis, il a été l’heure d’aller se coucher. Enfin.Il était 22h passé. La journée avait été bien remplie. Nous étions bien fatigué. Et le lendemain, le réveil était encore prévu à 5h du matin pour un départ à 5h30. Il serait alors déja temps de redescendre la montagne et de reprendre la route vers Chengdu.

Le lendemain, après un petit déjeuner rapide et le rangement de nos valises, nous sommes allés prendre le bus. Pour commencer le voyage, il nous a emmené au point culminant de la montagne. Autant vous dire que les effets du mal de montagne se sont à nouveau rapidement fait sentir.

Mais arrivé à destination, j’ai tout de suite repérée un bar à oxygène. J’y ai emmené Little Miss Sunshine qui se plaignait déja d’un violent mal de tête. Et ça lui a fait beaucoup de bien. Little Smiling Buddha ne donnait aucun signe de gêne et moi je me sentais encore relativement bien à part un léger vertige. Nous n’avons donc pas utilisé le bar à oxygène.

Mais Ayi n’était vraiment pas bien durant notre trajet en bus. Alors quand je lui ai proposé de tester, elle n’a pas hésité à profiter du bar à oxygène.

A cet endroit, il y avait un peu plus loin à pied, une grande cascade que le guide nous avait conseillé d’aller voir. J’y suis finalement allée en laissant les enfants à Ayi. Little Miss Sunshine refusait de marcher. Mais comme nous n’étions pas encore à la saison de la fonte des glaces, la cascade ne laissait finalement passer qu’un mince filet d’eau. Rien de bien impressionnant. A mon retour, par contre, j’ai été ravie de constater que grâce à l’oxygène, le mal de tête de Little Miss avait complètement disparu et qu’elle jouait avec entrain sur le parking des bus avec Little Smiling Buddha.

Et puis, nous sommes remontés dans le bus. Les enfants se sont rapidement endormis – nous n’avions pas fait d’excès de sommeil ces derniers temps! Et j’ai profité des paysages. Comme il faisait beau, les paysages étaient magnifiques.

Nous aurons passé la journée dans le bus. Nous nous sommes arrêtés dans la montagne pour déjeuner. Cette fois-ci, le repas était déja bien meilleur, même si c’était également un restaurant au bord de la route. C’est là également qu’Ayi a acheté un kilo de poivre du Sichuan frais. Il sentait délicieusement bon. Les valises ont été bien parfumées et même une fois dans l’armoire de ma cuisine, c’est toute la cuisine qui sentait bon le poivre du Sichuan! On a l’habitude du poivre du Sichuan. Il y a un kilo qui arrive en provenance directe de la famille d’Ayi dans le Sichuan tous les deux mois, mais celui-ci était vraiment délicieusement parfumé.

Vers 18h, nous sommes arrivés à Chengdu. Le temps de remercier et de dire au revoir à notre guide et nous sommes remontés dans une voiture qui nous attendait pour rentrer à MianZhu, la ville natale d’Ayi à 2h de route de là.

Nous sommes arrivés un peu avant 20h. La petite soeur d’Ayi, sa fille et sa petite fille nous attendait pour aller dîner au restaurant. Encore une fois, nous ne sommes pas allés nous coucher très tôt… Heureusement, nous avions largement eu l’occasion de nous reposer dans le bus. Mais il n’empêche que nous étions bien fatigués. C’est donc heureux, que nous sommes finalement allés nous coucher un peu après 22h!

Petit bilan de cette aventure: 

Je pense que de toute ma vie, ce voyage avec les enfants aura été le plus aventureux que j’ai vécu! Notamment parce que j’ai l’habitude de voyager avec Papa Lou qui organise nos voyages en fonction de nos enfants ET de nos envies et qui fait toujours en sorte d’habillement combiné les deux. J’ai donc l’habitude d’essayer de prévenir les enfants de notre programme avant notre départ, mais aussi le matin de chaque jour et même au fur et à mesure de la journée. Là, c’était impossible! Je ne pouvais même pas vraiment parer aux éventuelles urgences. Durant ce voyage, je n’ai rien pu contrôler, ni le rythme, ni les pauses, ni l’heure du coucher, ni l’heure du réveil. En plus, les horaires trop matinaux n’étaient clairement pas adapté à mes enfants! Mais malgré les quelques déboires que nous avons vécu – et notamment la difficulté du voyage en bus à l’aller -, c’est la beauté des paysages et les moments heureux à nous amuser comme des petits fous que nous retenons de cette épuisante aventure. Et puis comme à chaque voyage en solo avec les enfants j’en apprends un peu plus sur moi, sur mes capacités à lâcher prise, à gérer les urgences, à gérer les problèmes de langue (dois-je préciser que personne ne parlait plus de trois mots d’anglais autour de nous? et que nous ne pouvions communiquer qu’en Chinois?), à redoubler d’inventivité pour faire avancer Little Miss Sunshine qui ne veut plus marcher, à ne pas m’énerver ou au moins à m’excuser auprès des enfants le cas échéant. Un peu comme lors d’une expatriation, c’est une expérience qui nous sort de notre zone de confort, de nos rituels et de nos habitudes… Et quelle fierté on a quand on se rend compte que finalement on a réussi! 

Nous sommes dores et déja invité dans le Sichuan l’année prochaine! Nous ne retournerons pas à JiuZhaiGou – ça c’est sûr! c’est quand même l’autre bout du monde! – mais je suis sûre que nous vivrons d’autres belles et épuisantes aventures avec Ayi! 

[Expatriation] [Choc culturel] Passer une visite médicale en Chine

Depuis que nous sommes en Chine, j’ai eu l’occasion de passer deux visites médicales. La première, juste après mon arrivée, était celle nécessaire pour l’obtention d’un permis de résidence. La deuxième, que je viens de passer il y a quelques jours, était celle nécessaire avant mon embauche par mon nouvel employeur.

Rien de nouveau sous le soleil, mais les Chinois sont quelque peu nombreux. Et s’il y a bien quelque chose que les Chinois craignent par-dessus tout, ce sont les maladies qui se propagent. Tout est donc fait pour que les Chinois soient le moins malade possible. Et d’ailleurs la Médecine Traditionnelle Chinoise est une médecine qui est avant tout destinée à prévenir les maladies. Quand ils sont malades, les arrêts de travail ou même les fermetures d’école pleuvent. Pour une grippe, c’est trois semaines d’arrêt avec interdiction de sortir de chez soi. Pour six enfants avec une maladie infantile comme pied-main-bouche ou quelque chose d’aussi banal que des poux dans une école, c’est toute l’école qui risque la fermeture (une classe peut être fermée si deux enfants ont la même maladie contagieuse ou des poux). Bref, on ne rigole pas avec la contagion.

Vous pouvez donc bien vous douter que les visites médicales sont assez complètes en règle générale.

Pour la première, j’y étais allée seule. Je prenais d’ailleurs le taxi seule à Shanghai pour la première fois. C’était quelque trois jours après mon arrivée. Un samedi matin. La visite médicale avait lieu dans un hôpital spécialisé. Tous les étrangers qui demandent un permis de résidence y passent. En arrivant, après quelques questions d’ordre administrative, on m’a envoyé vers un numéro de salle. Là-bas, je découvre des vestiaires. On me dit de me mettre en culotte et d’enfiler un peignoir mis à disposition pour l’occasion. Nous sommes nombreuses dans les vestiaires et chacune attend qu’une cabine (avec une porte qui se ferme d’ailleurs à clef, un luxe! Je l’apprendrais plus tard, mais c’est spécial pour les étrangers ça!) En ressortant, en peignoir, on m’envoie vers une autre salle, devant laquelle hommes et femmes en peignoir et chaussons prêtés pour l’occasion attendent déjà. C’est une salle d’examens. Chaque examen a lieu dans une salle différente, et on passe les uns après les autres, à la queue leu leu, la porte grande ouverte, le suivant déjà debout dans la salle et souvent au moins deux ou trois personnes qui passent le même examen côte à côte. À chaque fois que l’on termine un examen, on nous donne un autre numéro de salle. Les médecins et infirmières ne parlent pas. Ils nous examinent machinalement. En fait, en voyant faire le précédent, on sait ce qu’il va falloir faire… j’ai l’impression d’être totalement déshumanisé, cette désagréable impression de n’être qu’un numéro. Et finalement, c’est exactement ce que je suis. Ni homme, ni femme, juste un numéro à examiner.

Les examens sont très rapide. Prises de sang, radio des poumons, auscultation générale, électrocardiogramme, … tout y passe de salle en salle. Et toujours la même attente. Le même schéma.

Papa Lou ayant passé cet examen quelques semaines avant moi m’avait prévenu. Heureusement. Pour un premier contact avec la Chine, il m’a plutôt déstabilisé. Cette impression de déshumanisation, cette impression de devoir faire comme tout le monde, de n’avoir aucun libre arbitre, aucune considération de la part des médecins et infirmières qui ne nous ont jamais ou presque adressé la parole. Et en même temps, cette efficacité dans la gestion du nombre. Nous étions des centaines. Les examens se faisaient à la chaîne, avec une rapidité hallucinante. Ca a été mon premier choc culturel.

Je ne m’attendais pas à revivre une visite médicale en Chine. Je prend toujours grand soin d’accompagner les enfants quand ils doivent faire une visite dans un hôpital chinois ou qu’un médecin chinois vient à l’école pour les vérifications annuelles. J’ai trop peur de les traumatiser, je ne veux pas qu’il ressentent cette impression de n’être qu’un numéro parmi d’autres…

Il s’avère donc que pour se protéger en Chine, l’employeur demande une visite médicale très poussée à celui qu’il emploie. Les examens pratiqués sont à la discrétion de l’employeur, mais demeurent assez standardisés. Il faut vérifier que la personne est apte à travailler, mais surtout qu’elle n’a pas de maladies qui pourrait être transmises à d’autres. Si quoi que ce soit est découvert tout est mis en œuvre, avec l’aide de l’employeur, pour remédier au « problème ». On m’a raconté qu’un jour c’est ainsi qu’un employé a découvert qu’il était atteint de la syphilis lors d’un de ces contrôles et que l’employeur avait été obligé de lui « offrir » trois semaines de traitement dans un centre spécialisé.

Je ne pensais pas remettre les pieds dans un hôpital chinois de si tôt, mais finalement, pour nos dernières années en Chine, j’y aurai le droit tous les ans. Et cette nouvelle expérience ne m’a pas franchement donné envie d’y retourner tous les ans…

C’est avec une grande partie de mes collègues féminines chinoises et étrangères que j’y suis allée. Nous étions plusieurs étrangers pour qui une visite médicale dans le cadre d’un emploi était une première. Mais les blagues et autres allusions des collègues masculins la veille ne nous avait pas rassurées. On se demandait un peu à quelle sauce on allait être mangé.

Nous étions 15 femmes. 4 étrangères et 11 chinoises. Le plus long a été à notre arrivée de faire enregistrer nos noms d’étrangères dans la base de données. Je pense qu’ils y ont bien passé 10 à 15 minutes. Les Chinois ne savent absolument pas faire la différence entre un nom et un prénom (pourtant ils ont la même chose) et je ne vous raconte pas quand il y a deux noms de famille ou plusieurs prénoms sur votre passeport…

Ensuite, nous avons eu droit, dans la file d’attente, à la prise de notre tension avec un appareil électronique. On nous a ensuite donné deux étiquettes avec nos noms et on nous a envoyé vers un autre numéro de salle. Devant la-dite salle, on nous a donné un tube à essai avec un long coton-tige. C’est là qu’on croit comprendre à quel type d’examen on va avoir droit…

Il y a plusieurs femmes qui attendent devant deux portes. Les infirmières nous dispatchent entre les deux portes. Les portes ne sont pas complètement fermées. Dès qu’une femme sort, la suivante entre. C’est à mon tour, j’entre. C’est effectivement un examen gynécologique auquel nous allons avoir droit. Mon premier réflexe, fermer la porte derrière moi. Le médecin me tend une feuille de plastique nouée au milieu. C’est là que je lève les yeux et que je me rend compte qu’en fait nous sommes deux dans la salle, une de mes collègues est juste à côté avec un autre médecin. Les deux portes menaient dans la même salle… Le médecin grommelle. Je suppose que je suis trop lente à son goût. Je lui demande à quoi sert le plastique qu’elle vient de me tendre. Elle me montre qu’il faut que je le pose sous mes fesses pour protéger le siège d’examen. Sans même m’adresser la parole, alors que je viens de lui parler en Chinois. Bref, je ne prend pas le temps d’enlever mes habits, je laisse mon pantalon sur mes chevilles et je m’exécute rapidement, histoire de sortir de là au plus vite. Durant le temps que j’ai passé dans la salle d’examen, qui a duré au plus deux minutes, la porte s’est ouverte au moins trois fois… Je me rhabille en quatrième vitesse, le médecin me râle dessus pour que je jette mon fameux plastique dans la poubelle en sortant, et me rend le tube à essai avec le coton-tige. En sortant, je remarque que la femme suivante ne ferme pas la porte. On m’envoie vers une autre salle.

La salle suivante est en fait le laboratoire où déposer le prélèvement. On m’envoie encore vers une autre salle. J’y retrouve mes collègues étrangères. Deux qui sont entrain de se faire piquer pour prélever leur sang, une autre qui attend comme moi dans la salle. On blague sur l’examen gynécologique qu’on vient de vivre, histoire de détendre l’atmosphère. Une des collègues que l’on vient de piquer crie « Aïe! ». On vient d’en parler, elle a pourtant l’habitude de donner son sang. J’apprendrai plus tard que l’infirmière ne trouvait pas sa veine et farfouillait dans son bras avec l’aiguille. A mon tour. L’infirmière me réclame la deuxième étiquette qu’elle colle sur un tube à essai pour le prélèvement. Elle me pique. Puis me renvoie vers le laboratoire pour déposer mes prélèvements. Et encore vers une autre salle. On est de nouveau ensemble avec mes collègues. Toutes dans la même salle pour l’examen de palpation du médecin. Tour à tour, on se couche sur la table d’examen le temps que le médecin nous tripatouille le ventre. On nous informe que c’était le dernier examen. On se retrouve toutes les quatre dans la grande salle où tout à commencer. On est toutes soulagé que ce soit terminé. Finalement, ce type d’expérience, ça rapproche!

Niveau efficacité par contre, rien à redire. 15 personnes: 30 minutes. Entre notre arrivée et notre départ. Dont facilement 10 minutes de perdues pour écrire nos noms d’étrangers…

Je tiens à souligner que l’expérience n’a pas été traumatisante non plus. Je ne suis pas pudique (heureusement!) et je me doutais de ce qui nous attendait, même si personne ne nous en avait informé. Je commence à connaître un peu le système chinois. Il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas des expériences agréables. Et que ma première envie quand je me suis retrouvée dans la salle d’examen gynécologique a été de prendre mes jambes à mon cou et ensuite un sentiment de révolte en me disant que ce n’était quand même pas normal de nous imposer ça. Et quasiment en parallèle un immense sentiment d’impuissance. De toute façon, si je veux l’emploi, pas d’autres alternative… Quand je pense que j’ai toujours refusé de faire pipi dans un pot lors de mes visites à la médecine du travail en France…

Tiens, si j’y pense, je vous parlerai une fois des toilettes en Chine… Sans porte, avec des murets bas… Si,si…

L’expatriation est une merveilleuse aventure, où l’on doit chaque jour repousser un peu ses limites, mais c’est vrai qu’on se passerai bien de certaines expériences! 

[Roadtrip] Fujian – Jour 6: les Tulou des Hakka

Après notre belle journée à Xiamen et sur la GulangYu, nous avons repris la route le lendemain pour un des autres temps forts de ce Roadtrip dans le Fujian, la visite des Tulou, maisons rondes traditionnelles de cette région.

Le temps de prendre un rapide petit-déjeuner, de rassembler nos affaires et de refermer notre valise, et notre guide et notre chauffeur sont venus nous chercher à l’hôtel vers 9h pour prendre la route…

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La route a été relativement longue. Trois heures avant d’y arriver. Mais les paysages, notamment les paysages de montagnes, juste avant d’arriver dans la région où se concentrent les Tulou – maisons rondes collectives traditionnelles -, sont magnifiques. On en prend plein les yeux…

Nous avons déjeuner dans une sorte de restaurant de route à la chinoise. Il y en a des dizaines qui bordent les routes de lieux touristiques.

Notre première visite n’en fut pas vraiment une. En effet, un des Tulous les plus connus, n’est pas visitable. Les familles qui y vivent veulent garder leur tranquillité, ce qui ce comprend tout à fait et il n’est donc que photographiable de loin.

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Il s’agit en fait d’un groupement de maison. Quatre maisons rondes où vivent à chaque fois une centaines de personnes, et une maison carré au centre. Sans compter sur les côté, plusieurs maisons rectangulaires plus petites. C’est une des vues les plus connues de cette région.

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Il y a d’ailleurs deux points de vue, un au-dessus des Tulous et un en-dessous…

Puis nous sommes allés visité un grand et beau Tulou rond où vivent encore 150 personnes.

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Il va sans dire que dans tous ces Tulous visitables, les familles encore présentent vivent totalement du tourisme pour la plupart. On y trouve donc des tonnes de petites échoppes tout autour de la cour centrale…

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Enfin, nous sommes allés visiter le joli village de TaXia, où il y a de nombreux Tulou plus petit.

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Dans ce village, il y avait une vingtaine de petits Tulou, rond et carré et même un demi-Tulou. Il y a avait aussi un joli temple destiné aux familles dont les enfants – très nombreux – sont devenus fonctionnaires.

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Chacune de ses familles avaient fait construire une sorte d’énorme poteau sculpté avec le nom de ceux qui ont réussi gravé dessus.

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Dois-je le rappelé, mais nous étions dans le Fujian au temps des fêtes du Nouvel An. Nous croisions donc régulièrement ce genre de petits tas encore fumant…

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Les pétards se pètent par milliers dans chaque famille en Chine à l’époque du Nouvel An et chaque nouvelle journée est propice à en claquer encore plus! C’est une coutume assourdissante qui éloigne les mauvais esprits…

Dans la soirée, nous sommes allés dîner dans un petit restaurant de rue… On a pu observer la préparation de nos plats!

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Et comme c’était Nouvel An, notre gentille guide nous a fait la surprise d’acheter des pétards pour Little Miss Sunshine. Je n’étais pas très chaude pour qu’elle en utilise, mais finalement, elle avait les yeux qui brillaient de voir la guide lui tendre les fontaines, alors j’ai craqué, elle les a tenu et elle a adoré! Ca lui fait finalement un fantastique souvenir, même si je la trouvais un peu petite pour se genre d’exercice…

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Nous avons passé une belle journée à la hauteur de nos attentes! 


Et pour revoir l’ensemble de ce voyage:

[Expatriation] Avoir une gouvernante à la maison – Bilan des 1 an

Cela fait déja un peu plus d’un an, qu’Ayi partage notre vie, s’occupe de nous et nous aide au quotidien. Je parlais d’elle dans un article quelque trois semaines après son arrivée si vous voulez savoir comment ça se passait alors… Aujourd’hui, j’ai envie de faire un bilan de cette expérience si particulière. Un an après son arrivée, et depuis la naissance de Little Smiling Buddha.

Je dois bien me l’avouer avec le recul, mais j’étais plutôt angoissée par l’arrivée de quelqu’un d’inconnu dans notre famille, d’une culture qu’on ne maitrisait alors que très peu, et qui parlait une langue que je commençais alors tout juste à découvrir. Sans parler du fait que j’avais peur que l’on se « marche dessus » dans l’appartement, de ne plus avoir d’intimité, d’être observé en permanence. Je me suis rassurée comme je pouvais en me disant que c’était son boulot, qu’elle avait l’habitude et qu’elle devait être assez discrète pour qu’on l’oubli plus ou moins quand elle était là.

Les premiers jours ont été difficile pour toutes les deux. Elle était très stressée de ne pas pouvoir communiquer avec moi et de ne pas savoir ce que j’attendais d’elle. Personnellement, je ne savais pas vraiment ce que j’attendais d’elle, rien qu’en me faisant la vaisselle, le repas de midi et le repassage des chemises de Papa Lou, j’avais déja une tonne de temps de libéré pour moi dont je ne savais pas quoi faire! Puis une routine c’est mise en place, d’elle-même.

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La communication a été vraiment difficile le premier mois. Il faut dire que je ne parlais alors pas Chinois et que je ne comprenais que quelques mots. Et puis au fil du temps, avec la routine, on a toutes les deux su mieux communiquer, le plus souvent dans le quasi-silence, ou à demi-mots, encore qu’Ayi est une grande bavarde et que ça ne la gênait pas de papoter toute seule, à me raconter sa vie et celle du quartier tout entier alors que je ne comprenais absolument rien… Mais la confiance s’est tout de suite installée entre nous deux. Je savais que je pouvais compter sur elle. Elle essayait par tous les moyens de comprendre ce que j’essayais de lui demander. Elle essayait de faire comme nous – et non pas à la Chinoise – et ne s’est jamais plaint des dizaines de chocs culturels qu’elle avait par jour à vivre chez nous. Et puis surtout, elle est tout de suite entrée en relation avec Little Miss Sunshine – qui faisait alors un réel blocage avec le Chinois – au travers de chansons notamment, et j’ai vu, petit à petit, ma fille commencer à communiquer dans cette langue qu’elle rejetait jusqu’alors, et surtout chanter avec plaisir en Chinois…

Ayi nous est d’une grande aide pour parler chinois. C’est elle qui m’apprend finalement le plus de vocabulaire. C’est grâce à elle que je comprend aussi bien le Chinois aujourd’hui. Il ne me reste plus qu’à continuer à faire des efforts pour parler… Depuis peu, je lui ai même demandé de me corriger quand je raconte des âneries pour me forcer à progresser. Pour Little Miss Sunshine, c’est pareil. Au travers des chansons et de la lecture d’histoires en Chinois – qu’elle ramène de l’école ou que nous lui avons acheté – elle approfondi sa compréhension et son vocabulaire.

Aujourd’hui, on a notre rythme dans les tâches que l’on effectue toutes les deux. Je sais qu’elle déteste nettoyer les vitres, je ne lui demande que rarement et me débrouille pour le faire moi-même quand elle n’est pas là. Elle adore faire à manger, donc de temps à autre je lui demande de faire un repas de plus qu’à l’habitude. Elle a une technique de rangement plutôt particulière – je prends ce qui traîne et je le mets dans le premier tiroir/armoire/panier qui me tombe sous la main – et je m’organise donc pour ranger avant son arrivée. Elle n’a pas l’habitude d’utiliser une machine à laver et ne connait que très peu le sèche-linge, c’est donc moi qui me charge des lessives. Et ces arrangements nous conviennent bien à toutes les deux…

Les lundis, mercredis et vendredi, Ayi arrive à 10h. Avant son arrivée, j’ai déja rangé l’appartement et fait tourner une machine. A son arrivée, elle se charge de la vaisselle, de la préparation du repas et commence à nettoyer la pièce principale. Après le repas, je couche Little Smiling Buddha et me pose sur le canapé pour me reposer, bloguer ou faire ce que j’ai à faire à ce moment-là. Pendant ce temps, Ayi nettoie la cuisine, la chambre de Little Miss Sunshine, la pièce principale, le bureau et la salle de bain. Quand Little Smiling Buddha se réveille, il crapahute jusqu’au retour de sa soeur à 16h ou alors on sort ensemble pour aller jouer dans le parc avec ses petits copains chinois. Ayi se charge alors de faire les lits, nettoyer la chambre et la salle de bain parentale. Au retour de Little Miss Sunshine, on prend le goûter puis on dispose d’environ 1h pour faire des activités ou sortir dans le parc. Pendant ce temps Ayi termine sa journée en repassant nos vêtements. Vers 17h30, elle prend le relais et se charge des enfants pour une bonne demi-heure, le temps pour moi de préparer le repas du soir. Elle dîne chez nous vers 18h15 et nous quitte. Papa Lou rentre vers 18h30 – 19h, juste à l’heure pour que l’on dîne ensemble en famille.

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Les mardis et jeudis, l’organisation est un peu différente. Ayi arrive à 11h. Comme les autres jours, le rangement et la lessive sont faits. Elle prépare le repas de midi. Nous déjeunons et le mardi juste après le coucher de Little Smiling Buddha, je file à l’école pour m’occuper de la bibliothèque. Ayi se charge de Little Smiling Buddha toute l’après-midi. Elle fait un rapide nettoyage superficiel tant qu’il dort, un peu de repassage si elle a le temps, mais surtout elle sort avec Little Smiling Buddha quand il est réveillé. Je ne rentre qu’à 18h le mardi avec Little Miss Sunshine. Ayi prépare à ce moment à manger alors que je donne le bain aux enfants. Nous dînons tous ensemble avec Ayi vers 19h. Elle nous quitte vers 19h30. Le jeudi, l’après-midi reste le même que les autres jours de la semaine. J’ai donc plus de temps au retour de l’école de Little Miss Sunshine, on en profite donc pour faire des activités et prendre le bain.

Mais Ayi peut également m’aider pour les sorties avec les deux enfants – on peut aller faire du manège avec Little Miss Sunshine  puisqu’en Chine, il faut accompagner les petits sur les manèges – pendant qu’Ayi s’amuse avec Little Smiling Buddha, je peux facilement passer une journée au zoo avec les deux enfants quand elle nous accompagne, ou même aller à la piscine avec les deux en même temps! C’est très pratique lorsque Little Miss Sunshine est en vacances…

Plus exceptionnellement, si Papa Lou est en déplacement et que j’ai des contraintes horaires qui ne me permettent pas d’être assez disponible, je peux lui demander de rester vivre quelques jours à la maison avec nous – comme c’est arrivé pendant que je faisais ma formation de médecine traditionnelle chinoise. Enfin, elle peut rester après ses heures de travail le temps pour nous deux d’aller dîner au restaurant en tête à tête. C’est arrivé une seule fois depuis un an, mais nous pensons que nous allons mettre en place une soirée par mois en tête à tête avec Papa Lou à partir du mois de septembre. Avoir quelqu’un de confiance auquel confier ses enfants est un luxe!

Ayi nous permet également d’entrer dans le monde chinois. Maintenant que j’arrive assez facilement à communiquer avec elle, elle m’explique beaucoup de choses sur la culture chinoise. Je peux lui poser des questions. Et nous sommes maintenant toutes les deux capables de débattre des différences culturelles entre les Français et les Chinois. C’est une expérience particulièrement riche pour moi! Sans parler du fait que grâce à sa délicieuse cuisine, nous découvrons également avec le plus grand plaisir la gastronomie chinoise. Et puis plus récemment, quand elle a vu que je m’intéressais à la Médecine Traditionnelle Chinoise, elle s’est fait un plaisir de m’expliquer certains de leur « remède de grand-mère » pour les petits bobos du quotidien!

Vous l’aurez compris, Ayi me permet de mettre un pied dans la culture chinoise et de profiter de temps de qualité avec mes enfants. Du temps durant lequel je n’ai pas besoin de penser au déjeuner, au dîner ou à la vaisselle. Et c’est un luxe immense dont je mesure bien l’ampleur!

Mais avoir quelqu’un à la maison toute la journée, tous les jours de la semaine, ce n’est pas non plus que du positif! Avec la technique de rangement biscornu d’Ayi, je me retrouve à devoir régulièrement chercher des choses pendant des heures! Moi qui ai toujours eu un bordel organisé, je ne retrouve plus rien si ce n’est pas moi qui range… De plus, comme elle met simplement les choses dans les armoires sans se soucier de ce que c’est, je me retrouve avec des armoires surchargé d’un côté, vide de l’autre et plus du tout organisé. Je suis contrainte de ranger mes armoires toutes les deux-trois semaines si je veux m’y retrouver! Alors que c’est quelque chose que je faisais auparavant deux fois par an… J’ai installé des petites étiquettes avec des dessins et des mots en chinois, ça l’a fait sourire, elle a essayé de s’y tenir une semaine et puis c’était reparti le bordel. Je vais tenter des photos, mais je suis quasiment persuadé que je vais me retrouver avec le même souci dans une semaine 😉

Un autre inconvénient, c’est que parfois, lorsque je suis en pleine période chargée, avec le retour de Little Miss Sunshine de l’école par exemple, la proposition d’activités pour Little Miss Sunshine, et que c’est l’horaire où Little Smiling Buddha commence à être grincheux car la fatigue s’installe, elle se met à me parler sans arrêt, de tout de rien ou de choses sérieuses parfois – je vous le disais plus haut, elle adore parler. Et je n’arrive pas à me concentrer sur plusieurs choses, surtout quand on me parle en Chinois et j’ai alors du mal à profiter pleinement de mon moment avec Little Miss Sunshine, alors même qu’ Ayi me parle et que Little Smiling Buddha pleurniche sur mon dos… C’est pareil quand je prépare les valises pour des vacances, elle ne peut s’empêcher de me parler sans arrêt, de me demander à chaque chose que je prends en main ce que c’est et je n’arrive plus à me concentrer sur ce que je fais 😉 Bref…

Finalement, rien n’est jamais parfait. Alors c’est avec les yeux de l’indulgence et avec en tête tout le travail qu’elle abat et le temps qu’elle me permet de passer avec mes enfants que je la regarde. J’apprécie grandement son aide. Et je l’apprécie encore plus après qu’elle ait passé dix jours dans sa famille loin de nous récemment…

C’est une expérience hors du commun que je suis absolument ravie de vivre! 

[Roadtrip] Fujian – Jour 4: De WuYiShan à Xiamen

Le quatrième jour fut déja le dernier que nous avons passé dans ses magnifiques montagnes WuYi. Le guide nous avait préparé une dernière belle promenade dans la montagne pour faire le plein d’air frais et de souvenirs avant notre départ pour la côte…

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La vue sur les montagnes depuis notre hôtel

Nous avons pu faire une mini-grasse matinée ce jour-là. Et après un bon petit-déjeuner, à la Chinoise, nous sommes donc partis nous promener une dernière fois dans ses magnifiques montagnes.

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Encore une fois, la promenade a commencé dans les jardins de thé. Mais cette fois, nous nous sommes également enfoncé dans la forêt, dans laquelle il y a quelques dizaines d’années encore on trouvait des tigres…

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Un mode de portage que je pensais révolu mais que l’on trouve encore dans tous les endroits montagneux en Chine

Jusqu’à arriver à la magnifique falaise du tigre hurlant (Tiger Roaring Cliff) et son temple construit à même la roche. Le soleil était presque chaud. Nous avons dû tomber les vestes assez rapidement.

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Tiger Roaring Cliff

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Sur les photos, ça ne rend pas très bien. Mais la falaise était vertigineuse et le passage très étroit…

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Tout le long de la falaise, les Chinois déposent des batonnets de bois avec des billets au-dessus. Notre guide nous expliquait que c’est la chose à faire si on veut avoir un ami riche, prêt à nous aider…

Le temple était magnifique également…

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Puis, nous sommes redescendu… Toujours à travers la forêt…

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Et les jardins de thé…

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Et enfin, nous avons terminé notre promenade par une pause au bord d’un joli lac…

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Après un dernière promenade en mini-bus pour retourner à WuYi Shan, nous sommes allés déjeuner.

Papa Lou a absolument voulu nous faire goûter des larves de frelons frites… J’ai goûté et ça n’est finalement pas si écoeurant que ça en à l’air. Ca à même un bon petit goût de miel. Par contre, la texture est bizarre. Little Miss Sunshine, imprévisible comme à son habitude, a choisi de goûter et même d’en manger 5!

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Et puis après une dernière promenade dans la ville, …

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… et quelques tasses de thé…

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… nous sommes repassés à l’hôtel pour récupérer nos valises, avant de prendre la route de la gare.

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TGV chinois

Direction la côte du Fujian… Xiamen. 

Nous sommes arrivés tard dans la soirée. Une nouvelle guide et un chauffeur nous attendaient là-bas. Après les présentations, ils nous ont déposé à l’hôtel et nous ont indiqué un restaurant pour dîner…

Nous nous sommes endormis relativement tôt la tête plein des images de WuYiShan et le coeur impatient d’aller voir la mer le lendemain!


Et pour revoir l’ensemble de ce voyage:

[Voyage] La valise de Little Smiling Buddha – 8 mois

Notre premier voyage avec Little Miss Sunshine, nous l’avions réalisé au Japon alors qu’elle avait 14 mois. La seule chose qui nous bloquait dans un départ plus précoce était le fait qu’elle ne fasse pas ses nuits (comprendre qu’elle n’a pas dormi plus de 2h consécutive jusqu’à 1 an). Pour Little Smiling Buddha tout est différent puisque pour nos retours en France, nous avions déja pris l’avion sur de plus longue durée. Nous voilà donc sur les routes pour ses 8 mois…

A noter, nous sommes plus que minimaliste dans l’utilisation de « produits de puériculture »! Mais c’est notre manière de vivre… Et qu’il a fait entre 25 degrés et 5 degrés durant notre voyage. Voici ce que contenait sa valise pour une semaine de roadtrip dans le Fujian.

Administratif

  • Passeport
  • Carte de santé internationale

Vêtements:

  • 9 pyjama fin en coton
  • 2 pulls fin
  • 2 pantalons (Little Smiling Buddha passe la plupart de son temps en pyjama en coton fin, il y est bien plus à l’aise)
  • 4 paires de chaussette
  • 7 body manche courte

Sommeil:

  • 1 gigoteuse
  • 1 body manche longue

=> En ce qui concerne la nuit, nous avons demandé trois lits dans notre chambre à chaque étape de ce voyage. Little Miss Sunshine dort donc dans son lit et Little Smiling Buddha dort entre Papa Lou et moi. Nous pratiquons également le cododo à la maison, donc cette cohabitation à quatre en voyage ne change pas nos habitudes 😉

Change:

  •  35 couches jetables parceque nous achetons des couches jetables écologiques difficilement trouvable en Chine
  • Lingettes (1 paquet)
  • Liniment oléo-calcaire
  • Protection pour table à langer qui me permet de changer le petit n’importe où ou presque 

=> J’ai préféré emmener les couches pour ne pas avoir à acheter des « grandes marques » et risquer les fesses rouges. Mais il est facile de trouver les grandes marques internationales de couches dans les supermarchés chinois.

Alimentation:

  • 1 petite cuillère plus pour l’occuper que pour manger!
  • 1 bavoir intégral

=> Les pots de purée n’existent pas en Chine. Introuvable, même dans les grands magasins internationaux (genre Carrefour). Donc si l’enfant est diversifié et mange des purées, un seul choix: les préparer à l’avance et les stériliser ou les acheter hors de Chine. Little Smiling Buddha ne mange pas de purée. La texture ne lui convient pas du tout. Il mange des morceaux, comme nous, du haut de ses 8 mois. Il a donc mangé des fruits crus essentiellement (ananas, banane, mandarine, orange, pastèque, melon,…), du riz et des pains vapeurs, sans compter l’allaitement à la demande. A noter tout de même que dans plusieurs restaurants on nous a demandé si on voulait faire préparer un plat particulier pour Little Smiling Buddha.

Promenade:

  • 2 gilets épais
  • 1 bonnet
  • Notre Boba (porte-bébé)

=> 90% du temps, pour avoir les mains libres, Little Smiling Buddha a été porté dans le porte-bébé, sur le ventre ou sur le dos suivant la difficulté du terrain. Quand il ne s’agissait que de sortir manger ou faire une courte promenade, il a été porté à bras directement.

Bain / Toilette:

  • Savon d’alep liquide pour éviter les allergies aux savons plein de cochonneries qu’on trouve dans les hôtels! 
  • Ciseau à ongles

=> On prend les enfants avec nous sous la douche le temps de se laver. Celui qui reste à l’extérieur récupère le bébé, le sèche et l’habille pendant que l’autre termine tranquillement sa douche.

Pharmacie:

  • Paracétamol bébé
  • Camilia pour les dents 
  • Thermomètre
  • Crème solaire
  • Stérimar à cause de la grippe attrapé trois jours avant de partir
  • Poire mouche-bébé à cause de la grippe attrapé trois jours avant de partir
  • Ibuprofène à cause de la grippe attrapé trois jours avant de partir
  • Tamiflu à cause de la grippe attrapé trois jours avant de partir

=> Beaucoup de médicaments dans notre trousse à pharmacie cette fois-ci parce que les deux enfants en étaient à leur 4ème jour de la grippe au moment du départ…

Autres:

  • une balle facile à attraper qu’il apprécie tout particulièrement
  • un jouet à mâchouiller pour les dents qui travaillent actuellement

Nous avons eu tout le nécessaire. Il nous restait un change non utilisé à notre retour. Tout aura servi et rien ne nous a manqué… La liste était donc parfaite pour nous.

Et vous, comment vous organisez-vous quand vous voyagez avec bébé? 

[Carnet d’expat] Yu Garden au Nouvel An

L’an dernier, occupée que j’étais entre ma grossesse et la préparation de notre voyage au Japon, j’en ai oublié d’aller visiter Yu Garden au temps du Nouvel An. Cette année, c’est chose faite! Alors que Little Miss Sunshine avait décidé de faire l’école buissonnière, pendant la sieste de Little Smiling Buddha – que nous avons laissé aux mains d’Ayi -, nous avons rassemblé nos affaires et nous sommes allés nous promener dans la vieille ville. Dès le départ, Little Miss Sunshine a voulu être portée. Heureusement, j’avais emmené le Boba. La rue que nous avons empruntée est une jolie rue traditionnelle chinoise. Les maisons aux armatures en bois rouges bordent la rue très animée. Voitures, taxis, bus, vélos, triporteurs, scooters électriques, piétons se côtoient dans un joyeux brouhaha. Des lampions rouges accrochés ça et là, nous rappellent que la Fête approche. Les marchands de décorations rouges et dorés sont nombreux le long de la route. Les odeurs de nourriture se mélangent ce qui ne les rend pas toujours particulièrement alléchantes. Des Chinois, en famille, passent nombreux à côté de nous. Notre duo d’occidentales étonne, interpelle, comme d’habitude. Les Chinois se retournent sur la magnifique petite fille aux cheveux blonds et à la peau blanche qu’est Little Miss Sunshine. Au détour d’un croisement, nous tombons sur un marchand de barbe à papa. Je n’en avais encore jamais vu à Shanghai. Agile, il façonne de jolies barbes à papa colorées en forme de fleurs. Avant même qu’elle ne le réclame, je savais que j’allais lui en offrir une. Little Miss Sunshine a pu choisir les couleurs de sa barbe à papa. Comprendre un peu de Chinois nous facilite maintenant beaucoup la vie! Côte à côte, concentrées sur notre barbe à papa, nous avons continué notre promenade dans les jolies rues typiques autour de Yu Garden. Little Miss Sunshine, la bouche et les doigts maculés de sucre bleu, continue de faire son petit effet. J’ai parfois l’impression d’être son garde du corps, juste là pour chasser les photographes un peu trop insistant. Il faut dire qu’elle est belle, radieuse même avec sa barbe à papa.

En entrant dans l’enceinte du temple de la ville, on est tout de suite plongé dans l’ambiance du Nouvel An. Des décorations en plastique, souvent gonflables, sont accrochés un peu partout. Pour l’entrée dans l’année du Singe, on s’en doute, c’est l’animal favori des Chinois! Mais on trouve également son grand ami le cochon, ainsi que des pêches, le fruit de l’année. La foule se fait plus pressante, plus étouffante quand on approche des scènes géantes représentant les moments clefs de l’histoire et des légendes chinoises. En approchant de la maison de thé sur l’eau, qui se trouve au centre de Yu Garden, la foule gronde. On entend à peine la musique, pourtant assourdissante dans les ruelles alentours. Je prend Little Miss Sunshine dans les bras, remercie le ciel d’avoir laissé Little Smiling Buddha à la maison avec Ayi, dit à Little Miss Sunshine de hurler si quelque chose ne va pas et nous nous laissons porter par le flot humain… Jamais je n’ai ressenti un tel flot humain ailleurs qu’en Chine. La foule est vraiment angoissante ici. On se pousse, on se bouscule, on veut passer devant, l’individualisme atteint son paroxysme. Vieillards, jeunes enfants, bébés, femmes enceintes, tout le monde est poussé, tiré ou bousculé de la même manière. Nous réussissons malgré tout à nous faufiler jusqu’au bord du pont pour observer les différentes scènes et faire très rapidement quelques photos. Et pourtant, malgré le bruit et la foule, nous sommes heureuses de passer ses moments ensemble toutes les deux et nous en profitons au maximum. Little Miss Sunshine me murmure régulièrement des mots doux à l’oreille. Le contraste avec le vacarme ambiant est saisissant. Je suis heureuse!

Encore un dernier tour sur les grandes places de Yu Garden pour regarder les singes et nous avons pris le chemin du retour. Little Miss Sunshine était fatiguée. Et puis d’un coup, elle a réclamé de courir, de faire la course. Et c’est finalement main dans la main, en courant et en riant, que nous avons très rapidement trouvé un taxi pour nous ramener à la maison…