[Expatriation] Un an à Shanghai

Little Miss Sunshine et moi avons quitté la France avec 26kg de bagages le 15 août, il y a un an. Ce départ nous l’attendions depuis des années, mais surtout depuis dix semaines que Papa Lou avait déja pris le chemin de la Chine.

A Paris, plus rien ne nous retenait. La ville, magnifique pour un week-end, nous semblait de plus en plus fade et angoissante au bout de sept ans. Professionnellement parlant, nous avions fait le tour de ce que nous faisions à l’époque. Et aucune opportunité, que ce soit en terme d’emploi ou de déménagement, ne s’était présentée à nous. Nous quittions donc la France, le coeur léger, prêt à vivre un nouveau départ.

Un an plus tard, où en sommes nous? 

Nous avons découvert une ville fantastique, entre tradition et modernité, entre culture chinoise et culture occidentale, où le dépaysement est à chaque coin de rue. Nous avons reconstruit notre quotidien, pas si différent de celui que nous vivions en France et pourtant totalement neuf, dans notre magnifique appartement de 160m2.

Déja fusionnels, nos liens familiaux se sont encore re-serrés. Par la force des choses, parce que nous sommes juste tous les trois – tous les quatre maintenant -, mais aussi parce que nous avons enfin l’occasion de passer beaucoup de temps ensemble, chaque soir, chaque matin et les week-end qui ne sont plus amputés par mon travail. Nous en profitons pour faire de la pâtisserie, de la cuisine, visiter la ville, faire du shopping, organiser des sorties, nous reposer, regarder des films et des dessins animés, aller au restaurant, boire du thé, … Passer ensemble du temps de qualité en quelque sorte.

Papa Lou s’épanouit dans son nouveau travail. Il travaille finalement moins qu’à Paris et on peut donc plus profiter de lui. Il est plus régulièrement en déplacement mais pas trop non plus.

Je suis enfin maman au foyer sans culpabiliser. Personne pour me juger – la plupart des femmes d’expat le sont – et pas de question financière. J’ai le temps de me consacrer totalement à l’éducation de mes enfants. Et c’est un choix que je n’arrivais ni à assumer, ni à mettre en place de manière viable en France, bien que nous étions tous les deux d’accord sur le principe. Aujourd’hui, je suis heureuse d’être disponible à 100% pour mon fils et de pouvoir m’occuper de ma fille dès qu’elle sort de l’école.

Cette année en Chine, c’est aussi

  • la première rentrée de Little Miss Sunshine, dans une magnifique école que nous n’aurions jamais pu nous offrir en France.
  • l’apprentissage d’une nouvelle langue pour toute la famille: le Chinois. Et il faut bien dire que suivant les membres de la famille, la facilité d’apprentissage et le niveau d’apprentissage n’est pas le même!
  • l’utilisation de l’anglais au quotidien – sauf entre nous où nous gardons bien évidement le Français! Little Miss Sunshine sera trilingue, c’est sûr!
  • deux voyages en Chine. Un roadtrip dans le Yunnan avec Papapa et Mamama, suivi d’un week-end prolongé à Xi’an avec Nonna et GrandPapa. Et un roadtrip hivernal dans les Alpes japonaises.
  • une grossesse et un accouchement à Shanghai dans un hôpital international. Et un magnifique bébé dont l’acte de naissance est écrit en chinois…
  • la découverte de la vie avec une gouvernante à la maison. Et qui plus est qui ne parle que Chinois! Et par la même occasion la découverte de la cuisine traditionnelle chinoise et surtout sichuanaise.

Et puis toutes ses petites découvertes qui rythment nos sorties. Le dépaysement n’est jamais très loin. On garde au quotidien les yeux grands ouverts, on s’émerveille régulièrement comme des enfants, et pour le bonne humeur et le bonheur familial, il n’y a rien de mieux!

Bien sûr, il y a les moments plus difficile où notre famille et nos amis nous manque. La naissance de Petit Poisson, la naissance toute récente de mon premier neveu, les fêtes de famille dont on reçoit des photos… Mais nous avons eu la chance de rentrer deux semaines en Alsace pour les fêtes de fin d’année, Papapa et Mamama ainsi que Nonna et GranPapa sont venus nous voir deux fois (en octobre/novembre et en avril/mai) et la Marraine de Little Miss Sunshine a également passé une semaine avec nous au mois de mars. Après huit mois sans retour en France, nous sommes impatient de rentrer au mois de septembre, de revoir tout le monde, de passer du temps avec eux.

Quoiqu’il en soit, cette première année a été vraiment très épanouissante pour toute la famille. Et nous entamons notre deuxième année en Chine avec un large sourire sur les lèvres…

[Education bienveillante] [Grossesse] Plan d’organisation

Dans le but de faciliter au mieux l’intégration de notre nouveau membre de la famille dès son arrivée et de chambouler au moins les membres de la famille déja présent, nous avons réfléchit à un plan d’organisation. Bien sûr, rien n’est définitif et tout peut encore varier, mais nous voulions connaître les grandes lignes de ses prochains mois afin de préparer au mieux Little Miss Sunshine – et nous-même également. L’anticipation – même si elle n’est pas toujours possible – est depuis toujours ce qui fonctionne le mieux avec Little Miss Sunshine.

A plus ou moins cinq semaines de la naissance de Petit Poisson, j’ai eu beaucoup de discussion avec Little Miss Sunshine sur la manière dont vont se passer les choses le jour où Petit Poisson aura décidé de pointer le bout de son nez. Point d’ambulance, ni de pompiers à Shanghai, ils nous faudra donc compter uniquement sur la bonne volonté des taxis pour m’emmener à la maternité. En dehors des heures de pointe, je ne me pose pas trop de questions, mais si nous devions quitter la maison entre 8h et 9h ou entre 16h et 20h, je pense que ça serait déja plus compliqué. Mais j’avoue, je compte sur la bienveillance des Chinois, et surtout de nos gardiens d’immeuble, pour nous appeler un taxi le cas échéant.

Le Jour J, il y a de fortes chances que Little Miss Sunshine soit à l’école. Dans ce cas, elle sait que je passerai le message à la directrice française de son école pour qu’elle lui annonce que Maman et Papa sont partis à la maternité. La directrice est adorable et bienveillante, je sais qu’elle passera le message à Little Miss Sunshine de manière adéquate. Dans ce cas, c’est Ayi qui la récupérera à la sortie de l’école et qui s’occupera d’elle jusqu’au retour de Papa Lou. Nous en avons discuté, Little Miss Sunshine, sait qu’elle risque de devoir s’endormir sans nous.

Si nous devons quitter la maison un jour de week-end ou en pleine nuit, les choses se corseront un peu. Nous comptons sur l’arrivée rapide d’Ayi – qui habite à environ 20 minutes en taxi de chez-nous – pour pouvoir quitter la maison serein. Little Miss Sunshine sait que dans ce cas, elle devra rester avec Ayi jusqu’au retour de Papa Lou.

Dans ce deuxième cas de figure, Little Miss Sunshine verra certainement le début du travail. Pour la rassurer – car elle est vraiment très empathique, surtout avec moi actuellement -, je lui ai expliqué le principe de l’accouchement. Avec des mots simples, mais je lui ai parlé de la douleur, du bébé et de Maman qui vont pousser ensemble pour qu’il puisse sortir de mon ventre, de la normalité de la douleur dans ce cas et surtout que tout se passera bien pour tous les deux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter outre mesure.

Si quelque part, dans nos plans quelque chose devait ne pas fonctionner, notre dernière option est d’emmener Little Miss Sunshine avec nous à l’hôpital. Les infirmières là-bas la connaissent déja et je suis sûre qu’il y en a l’une ou l’autre qui seront ravis de s’occuper d’elle quand Papa Lou sera avec moi. Et lui-même devra alors faire des aller-retour entre toutes les deux jusqu’à l’arrivée d’Ayi.

J’ai demandé à rester maximum trois jours à l’hôpital si tout se passe bien. En Chine, les femmes restent entre une et deux semaines à l’hôpital. C’est donc Ayi et Papa Lou qui prendront le relai avec Little Miss Sunshine durant ce laps de temps. J’ai dores et déja demandé à Ayi de m’amener Little Miss Sunshine à l’hôpital, chaque soir, après son retour de l’école. Elle pourra ainsi passer un maximum de temps avec moi et le bébé en attendant l’arrivée de Papa Lou.

Lors de notre retour de la maternité, nous avons décidé de continuer à mettre Little Miss Sunshine à l’école régulièrement. Elle passera donc son mois de juillet en camp d’été dans son école avec du personnel qu’elle connaît déja. Cela lui permettra de conserver un rythme régulier et de ne pas être encore plus chamboulé par ma fatigue et l’arrivée de Petit Frère. J’aurai toute la journée pour me reposer et j’essaierai de partager un maximum de moment avec elle chaque soir à son retour. Comme à mon habitude. C’est Papa Lou qui prendra le relais avec Petit Poisson dans la soirée, notamment pour le bain.

Nous allons essayé de passer les premiers jours du mois de juillet à quatre. Papa Lou a trois jours de congé à poser pour l’arriver de Petit Poisson et comme il s’agit d’une moitié de semaine seulement, j’ai décidé de garder Little Miss Sunshine à la maison – elle termine l’école le 30 juin. Ayi viendra nous soutenir pour les courses et la préparation des repas, nous adapterons certainement ses horaires à notre rythme durant ses quelques jours.

J’espère avoir sorti la tête de l’eau au début du mois d’août. J’espère que Petit Poisson et moi auront commencé à trouver un semblant de rythme tous les deux afin de pouvoir profiter de l’été avec Little Miss Sunshine. Elle passera effectivement son mois d’août avec moi et Ayi. Papa Lou continuera de travailler.

Enfin, nous prendrons l’avion pour notre premier retour en France avec Petit Poisson au début du mois de septembre. D’ici là, aucun membre de la famille n’aura encore pu rencontrer Petit Poisson. Les grands-parents viennent tous de nous rendre visite avant la naissance pour nous laisser tout le loisirs de nous reposer et de construire de nouveaux liens avec ce bébé avant de le présenter à la famille. Nous passerons alors entre trois semaines et un mois en France. Little Miss Sunshine de son côté retardera sa rentrée à la fin des vacances de la fête nationale, à la fin de la première semaine du mois d’octobre…

Voilà donc le déroulement, grossier, des semaines et mois à venir. Mais maintenant que tout est plus ou moins clair et organisé, malgré les imprévus qui arriveront certainement, je suis bien plus sereine…

[Expatriation] La prise en charge médicale à Shanghai

Voilà un peu plus d’une semaine – dix jours pour être précis-, que Little Miss Sunshine vient de passer à la maison avec moi. Ce n’était pas les vacances scolaires, non. Little Miss Sunshine nous a fait sa première vraie bronchiolite.

Ce n’est pas la première, sur son carnet de santé, il y en a trois de noté. Mais je me rend bien compte, qu’en France on dit automatiquement bronchiolite, dès qu’un enfant tousse un peu plus grassement que d’habitude, et on nous envoie chez le kiné d’office. Et la kiné respiratoire, quelle torture! On essaie de nous convaincre que c’est pour le bien de l’enfant, mais cela s’apparente à mon sens plutôt à de la barbarie. En temps qu’adulte, jamais on n’oserait nous proposer un traitement pareil. Little Miss Sunshine a fait cinq séances de kiné respiratoire dans sa vie – réparties sur les trois « bronchiolites » – et suite à la cinquième séance, j’ai décidé que plus jamais je n’y mettrai les pieds. Pour couronner le tout, je me rend bien compte avec le recul et la bronchiolite que vient de me faire Little Miss Sunshine qu’il ne s’agissait en fait que de suspicion de bronchiolites pour les trois premières!

Bref, nous avons testé le système de santé chinois. Nous l’avions déja fait pour les adultes – Papa Lou et moi avons été bien malade juste avant de rentrer en Alsace -, cette fois c’était à Little Miss Sunshine de nous faire découvrir les joies de la pédiatrie en Chine. A vrai dire, c’est plutôt le système de santé international en Chine que nous avons testé. Rien à voir avec le système de santé chinois. Mais ce qui est sûr c’est que nous avons très bien été pris en charge.

Nous avons eu un rendez-vous dans la journée lorsque j’ai appelé. Malheureusement, il n’y avait pas de médecin parlant français disponible avant la fin du week-end, j’ai donc dû me contenter d’une pédiatre chinoise parlant l’anglais, mais elle a été vraiment très bien. J’ai toujours beaucoup d’appréhension face à l’anglais quand il s’agit de médecine. J’ai l’impression de me sentir totalement démunie et puis au final, ça se passe toujours très bien!

Nous avons été très bien pris en charge que ce soit par le personnel à l’accueil, l’infirmière ou la pédiatre. Ils ont tous été très gentils et doux avec Little Miss Sunshine. Ils m’ont à chaque fois expliqué ce qu’ils allaient lui faire et j’ai pu tout lui traduire en Français pour qu’elle sache exactement ce qui se passe. Et elle a été super calme. Et super courageuse. Et au passage, j’ai découvert qu’en plus de comprendre parfaitement le Français, de commencer à comprendre le Chinois (sans encore le parler), Little Miss Sunshine comprend également certaines choses en Anglais… On lui a fait deux prélèvements pour vérifier que ce n’était pas une grippe et que c’était bien une bronchiolite. Nous avons eu les résultats quelques dizaines de minutes plus tard. Elle a alors reçu son traitement. La première partie de son traitement à directement été mis en place à l’hôpital, ensuite on m’a montré comment préparer la ventoline et le nébuliseur et nous sommes repartis avec un appareil en location sous le bras. C’est le seul traitement que nous avons eu. J’ai dû insister pour qu’on me prescrive du paracétamol pour faire baisser la fièvre, parce qu’il ne m’en restait presque plus. Comme dans de nombreux autres pays, en Chine, on ne s’embarrasse pas de médicaments de confort… Et après réflexion, c’est très bien comme ça, on nous en donne beaucoup trop en France qui ne servent à rien et terminent à la poubelle – à défaut de retourner à la pharmacie.

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Nous avions rendez-vous deux jours plus tard pour refaire un point sur la situation. En effet, les résultats n’étaient pas très bons pour cette première et ils voulaient s’assurer que tout rentrerait dans l’ordre très vite. Et nous avons eu de la chance, tout est rentré dans l’ordre dès notre deuxième visite. La pédiatre nous a alors demandé de garder Little Miss Sunshine à la maison pour toute la semaine afin de la protéger des autres virus qui circulent. Elle avait raison. A l’école, beaucoup d’enfants ont la grippe et/ou la gastro.

Cette semaine de répit nous aura permis de nous retrouver et de me souvenir pourquoi j’aime tant passer du temps avec ma fille, mais aussi à quel point des journées entières avec un enfant de trois ans peuvent être fatigante 😉 Mais je vous en parle très vite dans un autre billet!

[Éducation bienveillante] Le temps des monstres et l’angoisse de séparation #2

Voilà un peu plus d’une semaine que nous avons mis en place une première alternative, qui nous a semblé la plus bienveillante et la plus gagnant-gagnant pour tous les trois qui nous soit venu à l’esprit, en place. Elle n’est pas idéale, car basée sur un gros compromis, mais elle a déja eu le mérite d’apaiser nos soirées à tous les trois.

Comme je vous l’expliquais dans mon dernier billet à ce sujet, Little Miss Sunshine a intégré notre chambre avec un petit lit d’appoint et dort depuis dans notre chambre. Cela a permis d’apaiser les cris, les pleurs et les angoisses de Little Miss Sunshine. Le rituel du coucher est à nouveau en place et l’endormissement n’est plus trop long – 5 à 30 minutes après le dernier « Bonne nuit ». Little Miss Sunshine ne nous quitte pas et peu se remplir son réservoir affectif de notre présence à toute heure du jour ou de la nuit. Elle ne s’endort plus dans le noir. Nous retrouvons un semblant d’intimité dans notre lit. Et nous passons à nouveau des soirées plus agréables et moins stressantes pour tous. C’est déja un début…

Mais le fond du problème demeure. Little Miss Sunshine a toujours peur du noir ou plus exactement de la solitude – angoisse de séparation quand tu nous tiens!  La lumière principale de notre chambre doit rester allumer jusqu’à ce qu’elle s’endorme et la porte de la chambre ouverte. Cela ne lui permet clairement pas d’être dans de bonnes dispositions pour l’endormissement. En parallèle, elle n’a pas encore réussi à combattre sa peur par ses propres moyens – même si elle est active dans cette étape et propose elle-même des solutions.

Nous n’avons pas baissé les bras pour autant. Je continue de mon côté à chercher mille solutions sur Internet – au passage merci à toutes les mamans qui parlent de ce passage compliqué dans la vie des petits et de leurs solutions, bienveillantes ou pas, mais ça donne des idées et surtout on se sent moins seul! Mais aussi dans ma bibliothèque…

Little Miss Sunshine a elle-même trouvé une solution que nous avons rapidement mis en place. Elle a reçu deux jolies poupées « monstres » à colorier avec des feutres lavables à Noël de la part de Mamama et Papapa. Elle m’a un soir demandé de les colorier. Elle a choisi une couleur pour chacun et une seule. C’était important pour elle, bien que je n’ai pas compris pourquoi. Puis elle a voulu les poser sur le rebord de la fenêtre. Un dans sa chambre, l’autre dans la nôtre. Et elle m’a dit que ces deux poupées la protègeront des monstres et les empêcheront de rentrer. Un grand pas en avant! Si ce n’est qu’au moment du coucher, ça n’a malheureusement rien changé.

Bien évidement, nous continuons à essayer de rassurer Little Miss Sunshine sur la normalité de la peur du noir et des monstres. Nous continuons à lui expliquer que les monstres n’existent que dans les livres et les films. Nous continuons à chercher des solutions ensemble pour lui faire accepter une petite lumière ou une veilleuse seulement, pour la faire réintégrer sa chambre et son lit. Mais nous sommes déja plus serein. Nous avons déjà réglé certaines questions, c’est rassurant et nous prouve que ce n’est qu’une question de temps pour la suite…

J’ai encore quelques idées glanées ça et là lors de mes recherches sur Internet à mettre en place. Inspiré par la lecture ce billet sur ce blog que je ne connaissais pas et que je m’empresse d’ajouter à ma blog-roll (à droite), je pense introduire l’idée de la faire rassurer un de ses doudous pour la rendre active à ce moment-là et donc moins désemparée face à sa peur.

Je suis également tombée sur cette vidéo qui propose une méthode qui me convient tout à fait, puisque totalement dans le respect des émotions de l’enfant et dans l’aide à surmonter sa peur seul. Je ne sais pas encore exactement si je dois l’introduire avant ou après une tentative de réintégration de sa chambre, il faut que j’y réfléchisse plus sérieusement, mais ça me parait vraiment intéressant et efficace comme méthode.

En attendant, je suis toujours preneuse de vos idées et conseils, de vos trucs et astuces si vous en avez! Et je vous en reparle dès qu’il y a du neuf…

[Vivre en Chine] Les joies de l’Internet en Chine

Ce n’est de loin pas la première chose dont j’avais envie de vous parler, mais compte tenu de notre expérience de ce matin avec Instagram, j’ai vraiment envie de faire un article sur Internet et les réseaux sociaux en Chine.

C’est quelque chose dont on a tous entendu parler. On s’est tous étonné en apprenant que Google, le puissant, l’omniprésent Google, était bloqué en Chine. Que quelques 1,3 milliards de personnes sur 7,5 échappent totalement ou presque aux réseaux sociaux… Enfin non, ça c’est pas tout à fait vrai puisqu’ils ont les leurs propres de réseaux sociaux et ils y sont au moins aussi accroc que nous! Mais en tout cas, ils échappent totalement ou presque à une gigantesque source d’informations. D’informations non contrôlées, on s’entend.

Le savoir, vaguement, s’en émouvoir cinq minutes, et le vivre, c’est deux choses bien différentes. Et je dois bien dire que je ne pensais pas en être autant affectée.

Premier choc en arrivant: pas d’accès à ma boite Gmail. Heureusement, le dieu Apple à une connexion sur un serveur spécifique qui permet de récupérer ses mails sur son iPhone quel que soit sa boite mail. Je me suis donc dit que j’allais faire sans boite mail sur mon PC. Mais pour donner des nouvelles à la famille – et satisfaire leur curiosité -, je me suis vite heurtée à un autre problème. Comment faire passer les photos de mon appareil photo vers mon téléphone puisque je ne peux utiliser que mon téléphone pour envoyer des mails… Et puis il va sans dire que j’ai aussi dû renoncer à Google+ que j’utilisais beaucoup avec la famille pour envoyer des photos rapidement à tout le monde…

Papa Lou et Parrain ayant mis en place un VPN, nous pensions pouvoir régler le problème de l’accès à ses sites bloqués. Que nenni! Parce que, quand le VPN veut bien se connecter, c’est la connexion qui pose problème. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, les soucis d’Internet des expats en Chine. Alors on fait avec. On trouve d’autres moyens de communiquer avec la famille, le reste du monde. J’avais trouvé Instagram. Et à ma très grande surprise, ça fonctionnait bien et facilement. Sauf que ce matin, plus moyen de se connecter. Le gouvernement chinois est passé par là. Papa Lou nous a donc installé le VPN sur les portables… Et ouf, ça a marché!

Par le plus grand des hasards, j’ai pu me connecter également au VPN sur mon PC. Et Ô Miracle! j’ai pu me connecter à Facebook. C’est la deuxième fois que ça arrive en six semaines. Autant vous dire que j’en ai abusé de Facebook et de la page du blog ce matin! C’était la bonne nouvelle du jour!

Et c’est en farfouillant sur Facebook justement, que j’ai compris pourquoi le gouvernement chinois a bloqué l’accès à Instagram. Il y a de nouveau des manifestations étudiantes à Hong Kong pour la démocratie… Voilà. Ca m’a fait un petit choc. Entre le lire dans nos journaux et le vivre, il y a une énorme différence. Je me suis sentie vraiment brimée dans ma liberté d’accès à l’information.

Je ne sais pas du tout comment les Chinois le vivent. Ils font très certainement avec… Se résignent en attendant un jour ou deux qu’Instagram soit débloqué… ou pas. Ils se rabattent certainement sur les réseaux sociaux chinois. Sauf que pour communiquer avec le reste du monde, pour moi, cette solution n’est pas possible. Alors quand ni Instagram, ni Facebook, ni Google ne fonctionnent, j’avoue je me sens coupée du monde. Heureusement il me reste le blog!

En attendant de trouver une solution convenable, je blogue quand la connexion Internet veut bien fonctionner, j’envoie des photos sur Instagram quand ce dernier n’est pas bloqué ou que le VPN fonctionne et j’accède à Facebook une fois par mois en moyenne quand tous les Dieux de l’Internet ont décidé de me bénir de leurs grâces…

Mais il n’empêche… Je ne m’y fait pas…

[Expatriation] Huit semaines d’absence

On y est. Les deux mois tant redoutés viennent de passer sans Papa Lou. Heureusement, en parallèle nous avons reçu tous nos papiers et connaissons désormais notre date de départ.

Les démarches administratives concernant l’obtention de notre visa nous ont tenu assez occupé pour oublier ce nouveau cap que nous venons de franchir. En parallèle, Papa Lou a enfin pu nous prendre nos billets d’avion. Nous savons désormais que nous passerons exactement dix semaines sans nous voir. Vous l’aurez compris, nous quittons la France pour rejoindre Papa Lou à Shanghai le 14 août.

Nous continuons à nous voir au moins une fois par jour via Facetime. Papa Lou et Little Miss Sunshine se voit au moins une fois tous les deux jours – tout dépend de l’horaire de la sieste de Little Miss Sunshine. Nous nous envoyons des dizaines de messages par jour, sans compter les mails et les photos. Leur relation à longue distance a pris une vitesse de croisière. Little Miss Sunshine accumule les questions et les histoires qu’elle veut raconter à son Papa lors de leur séance de Facetime et elle s’impose clairement devant l’écran quand elle a décidé que c’était le moment pour elle de lui parler. Elle lui réclame très régulièrement de voir sa chambre, de voir « la nuit » – car quand Papa Lou nous contacte, il est déja tard le soir chez lui. Et elle dit régulièrement qu’elle aime que l’on soit « tous les trois ensemble » devant l’écran.

Little Miss Sunshine et moi avons entamé nos démarches pour obtenir nos visas fin juillet. Nous avons réussi à rassembler tous les papiers nécessaires assez rapidement. Une semaine plus tard, nous pouvions récupérer nos visas au Consulat de Chine de Strasbourg. Un réel soulagement pour nous.

Entre temps, Papa Lou a pris nos billets d’avion. Il a continué d’équiper notre nouveau chez nous: fer à repasser, table à repasser, cuiseur à riz, télévision,… Et a surtout commandé et fait monter la nouvelle chambre de Little Miss Sunshine.

Vous imaginez bien notre impatience de le revoir. Heureusement que les derniers au revoir, les derniers achats, les derniers préparatifs, les derniers tris, vont nous tenir en haleine jusqu’au bout!

[Expatriation] La lenteur des formalités à remplir

En janvier dernier, quand Papa Lou est rentré d’un déplacement à Shanghai, il nous a annoncé que ce que nous attendions depuis des années allait enfin se concrétiser. L’opportunité d’expatriation que nous attendions depuis des années allait devenir réalité. Il en était quasiment sûr, nous allions quitter la France sous peu pour Shanghai.

Dès notre retour d’Alsace – car oui, souvenez-vous nous sommes restés un temps en Alsace dans la famille toutes les deux -, je me suis attelée au tri, au désencombrement, au listage de nos biens, au listage de ce que nous voulions emmener, au listage de ce qui allait rester en France, au listage de ce que nous devions donner ou jeter.

Administrativement parlant, rien n’a vraiment avancé jusqu’à fin avril. Nous savions que le contrat de Papa Lou et la date de son départ pouvait tomber du jour au lendemain, que nous n’aurions certainement que quelques jours pour préparer son départ. Nous avons donc pris la décision, ensemble, de prendre le temps de préparer correctement le départ et l’arrivée en Chine de Little Miss Sunshine. Nous avons convenu que quelle que serait l’avancée des formalités pour notre arrivée à Shanghai à Little Miss Sunshine et moi, nous ne rejoindrions Papa Lou que lorsqu’il aurait trouvé un logement et aménagé un minimum notre nouveau nid.

La date est tombée le 11 mai. Papa Lou nous quittait dès le 31. Nous n’avions encore réglé aucune question administrative, que ce soit pour ses papiers à lui, pour les nôtre ou pour le déménagement. Tout à dû se faire très vite. L’entreprise de Papa Lou s’est occupé de tout le concernant. Tous ses papiers sont arrivés dans les temps.

Malheureusement, suite à une réforme dans l’accord entre la France et la Chine en ce qui concerne les visas quelques mois avant notre départ, Little Miss Sunshine et moi ne pouvions pas rentré en Chine avant que Papa Lou ait fait toutes les démarches suite à son arrivée sur le territoire chinois.

Il a fait au plus vite. Mais la machine administrative chinoise a besoin de temps. Il a programmé sa visite médicale dès le lendemain de son arrivée dans sa nouvelle entreprise. On lui a promis un permis de travail en quelque cinq jours, qui se sont finalement transformé en dix. Il a trouvé un logement en moins de quinze jours. Il a fait les démarches pour obtenir son permis de séjour et a dû patienter un mois pour l’obtenir. Il a dû faire remettre à jour son permis de travail avec notre nouvelle adresse. Et il a enfin pu nous envoyer tous les papiers nécessaires à notre demande de visas en France, sept semaines après son départ.

Un temps qui nous a paru interminable à Little Miss Sunshine et moi. Il y a eu quelques moments d’incompréhension. J’en ai presque voulu à l’entreprise de Papa Lou de ne pas s’être débrouillé différemment pour qu’il puisse venir avec sa famille. Mais avec un peu de recul, on ne s’oppose pas à la machine administrative. Il faut prendre son mal en patience. Et surtout nous ne sommes finalement que des étrangers qui veulent entrer dans un pays. Ca se serait certainement passé de manière similaire si nous avions été étrangers et que nous avions voulu entrer en France. Je me suis finalement convaincu que nous devions vivre tout un processus avant de pouvoir rejoindre Papa Lou. Et à partir de ce moment-là, je l’ai beaucoup mieux vécu.

Dès le lendemain de la réception de tous les papiers chinois de Papa Lou, nous nous sommes déplacés en personne au consulat de Chine de Strasbourg pour déposer notre demande. La dame a l’accueil était gentille et compréhensive. En effet, plusieurs points sont restés dans le flou du fait de notre situation d’expats – ils n’ont pas l’air d’en voir souvent! Devions-nous avoir nos billets d’avion avant ou après l’obtention des visas, devions-nous effectuer une visite médicale préalable à notre départ? Autant de questions qui seront résolus au courant de la semaine. Si tout se passe bien, nos visas seront prêts vendredi. Mais quoi qu’il arrive, la gentille dame de l’accueil nous a promis que nous pouvions quitter la France au plus tard le 10 août. Papa Lou a pris nos billets d’avion et nous quitterons effectivement la France pour Shanghai mi-août.

Nous allons enfin nous retrouvé. Après dix semaines de séparation. Mais avec notre arrivée, les démarches administratives sont loin d’être terminés! 

 

[Expatriation] Une expérience de longue haleine

Papa Lou et moi avons eu notre première discussion au sujet de l’expatriation, alors que nous étions encore tous les deux étudiants. Et je dois bien dire que je ne comprenais absolument pas cette envie d’ailleurs. Historienne de France jusqu’au bout des ongles, je ne me voyais pas quitter mon beau pays. Papa Lou a eu beau m’expliquer, me faire part de ses envies, ce n’est que lorsqu’il m’a dit que dans beaucoup d’entreprises de sa future branche, pour évoluer il faut partir que je me suis vraiment remise en question. En parallèle, l’idée s’est insinuée dans mon esprit et a commencé à faire son chemin…

Début de l’année 2009, Papa Lou a fait sa première demande. Nous en avions rediscuté plus concrètement. Papa Lou a bien vu que j’avais fait du chemin depuis notre première discussion. Et nous étions tous les deux prêt à franchir le cap. Avec le recul, je me rends compte que j’étais tout de même encore très fébrile face à cette idée. Son entreprise lui a bien expliqué qu’il faudra certainement patienter entre deux et quatre ans avant de voir s’accomplir nos projets… Ce qui me laissait largement le temps de me faire à l’idée.

Fin 2012, Papa Lou a refait valoir sa demande de manière beaucoup plus appuyé et en précisant que nous voulions partir en Asie. Que de chemin parcouru pour moi. Car oui, Papa Lou pourrait vous le dire mais depuis cette période, mon envie de partir est irrépressible. Nous avons donc décidé de tout mettre en oeuvre pour partir au courant de l’année 2013 ou au plus tard début 2014. Nous avons tout mis en suspens dans nos vies en attendant: bébé numéro 2, déménagement,… Les premières propositions se sont orientées vers Singapour et Kuala Lumpur.

Toute l’année 2013, nous avons été tenu en haleine par un départ à Kuala Lumpur. Les discussions avançaient, et mi-2013 ne restait presque qu’à valider financièrement la création d’un poste pour Papa Lou. Et puis tout s’est éternisé. Plus rien n’avançait. Nous avions décidé de nous donner jusqu’à fin septembre pour prendre une décision – continuer avec la boite de Papa Lou ou chercher directement sur place. Et puis, on s’est dit qu’on n’est pas à un mois prêt, on a attendu fin octobre et on nous a dit que tout devrait être validé fin novembre. Alors j’ai posé ma démission pour être sûre d’être libre au moment de notre départ.

Et début décembre, Papa Lou est rentré un soir en m’annonçant que la validation financière ne se fera pas, que notre projet d’expatriation à Kuala Lumpur tombait à l’eau. Après un an. J’avais posé ma démission. Je nous voyais déja couler financièrement parlant.

Et mi-décembre, Papa Lou me demande si je serai d’accord de partir vivre en Chine. Bien sûr, je lui dit ai dit « Oui! ». Je n’y croyais pas vraiment et puis en même temps, c’était un peu inespéré. Papa Lou est parti en déplacement à Shanghai début janvier et en quelques quinze jours, nous avions la confirmation quasi-certaine que nous partirions en Chine au courant de la première moitié de l’année 2014. Je n’ai pas réussi à me projeter, à m’investir dans ce projet comme il se devait. Ma déception avait été telle pour Kuala Lumpur que j’ai voulu me protéger inconsciemment d’une nouvelle déconvenue.

Mais il a commencé son contrat à Shanghai, le 2 juin. Finalement, il y aura eu même pas six mois entre la première fois que nous avons parlé de la Chine et le départ de Papa Lou. Notre départ, à moi et Little Miss Sunshine, aura été un peu plus long… Mais quand même!

Une expatriation, c’est vraiment un projet de longue haleine!