Deux ans

J’ai du mal à réaliser que toi, mon tout-petit, mon bébé, tu ais déjà deux ans aujourd’hui.

Quand je te regarde découvrir le monde ces dernières semaines, je vois bien que tu n’es plus le même. Tu n’es plus mon bébé, mais un magnifique petit garçon, charmeur et souriant, dont la soif de connaissance et d’apprentissage n’a que peu de limite. Tu veux tout dévorer. Croquer la vie à pleine dent.

J’aime, autant qu’elle me frustre, ton impatience. Ta capacité à passer du rire aux larmes et aux cris en un quart de seconde.

J’aime nos tétées, autant qu’elles peuvent parfois m’exaspérer. Nos tétées de la nuit – trop nombreuses à mon goût, mais si douce quand je plonge mon nez dans tes cheveux. Nos tétées du jour – qui peuvent être quasi-inexistante quand je ne suis pas à la maison et qui peuvent vite se multiplier sans limite dans le cas contraire. Je me pose actuellement mille questions sur cet allaitement long, des questions que je n’aurai jamais pensé me poser. Mais notre prochaine rentrée scolaire commune me pose question…

J’aime ton sourire et tes grimaces. Ta manière bien à toi de t’exprimer dans un charabia mêlant des intonations françaises et chinoises quand tu joues, alors que tu sais très bien parler français et chinois. J’aime tes grimaces qui en disent long, tes yeux qui se lèvent au ciel, tes sourcils qui se froncent, ton air sérieux ou fâché…

J’aime la belle relation qui te lie à ta sœur. Vous pouvez passer de longs moments à jouer dans une quasi-osmose. Elle, répondant à tes envies et toi, essayant tant bien que mal de suivre ses jeux. J’aime la bienveillance dont elle fait preuve avec toi. Et puis parfois, les cris, les chamailleries… le lot de tous les frères et sœurs!

J’aime te regarder jouer avec Ayi. Elle t’adore. Tu vas lui manquer à la rentrée quand tu vas commencer l’école. Mais vous aurez passé de beaux et longs moments ensemble ces derniers mois! Et vous continuerez de passer du temps ensemble tous les après-midi…

Dans deux mois et demi, tu vas faire ta première rentrée. Ce n’était pas prévu, que tu entres aussi tôt à l’école. Mais ce sera une rentrée un peu particulière, puisque ce sera moi, ta maîtresse… Quoiqu’il en soit, je te sens prêt. Tu seras ravi d’avoir des copains autour de toi, de prendre le bus avec ta sœur le matin et de faire tout un tas d’activités et de jeux. Nous commencerons par la matinée seulement et puis ce sera à toi de nous guider…

À deux ans, tu: 

  • parles français et chinois. Dès qu’un mot est acquis dans une langue, tu l’apprends naturellement dans l’autre langue. J’adore quand tu mêles les deux langues, quand tu appliques au français les tournures chinoises, quand Ayi t’envoie me dire quelque chose en Chinois et que tu me le traduis naturellement en français. Tu manies déjà les pronoms personnels avec beaucoup de conviction, nous répétant des « moi! », « à moi! », « le mien! » ou « toi » sans relâche. 
  • ne fais toujours pas nos nuits. Tu ne fais que peu de sieste. Mais ça fait longtemps que tu n’es plus un gros dormeur!

  • adore chanter. Tu chante en français, en anglais, en chinois. Tu as appris un nombre incalculable de comptines dans les trois langues et il suffit que ta sœur entonne une nouvelle chanson pour que tu la suive.
  • adore les bouillons d’Ayi. Ton plat préféré du moment: la soupe de poisson et de tofu, c’est d’ailleurs ce que tu réclames à Ayi à chaque fois qu’elle te demande ce que tu veux manger. Tu aimes les pâtes aussi. Mais tu ne manges toujours pas grand chose – sans doute en rapport avec les quantités de mon lait que tu avales encore!

  • joue inlassablement aux voitures actuellement. Tu voues une véritable passion aux pelles-mécaniques. Et ça tombe bien parce qu’à Shanghai, on en voit tous les jours!
  • charme tout ton petit monde et même ceux que tu ne connais pas. Un regard, un mot, de ta part suffisent à concentrer tout le monde sur toi. C’est parfois vraiment impressionnant!

  • as découvert de nombreuses contrées: la France, le Japon, le Cambodge, mais aussi Yixing, le Sichuan, Pékin, Hangzhou et les montagnes jaunes en Chine. Tu as déja un nombre de kilomètres en avion incalculable à ton actif et pas mal de voyages en train également. Ton troisième prénom te sied à merveille…

Ce que je veux retenir cette année, ce sont tes regards qui en disent long, ta manière de jouer la comédie quand tu nous racontes quelque chose, ton intérêt pour toutes les activités que je te propose, ta patience et ton impatience.

Joyeux anniversaire mon tout-petit! 

Les 5 ans Reine des Neiges de Little Miss Sunshine

L’an dernier, elle avait hésité entre un anniversaire Totoro et un anniversaire Reine des Neiges. Mais son coeur avait vite penché du côté de son héro de toujours, Totoro. Cette année, nous ne sommes pas passé à travers la folie de la Reine des Neiges, encore qu’il y a eu un très petit moment d’hésitation avec un thème Petit Poney…

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Question timing, je dois bien avouer que, nous avons pris les devants. Little Miss Sunshine est née le 31 décembre. L’an dernier, nous avions choisi de faire sa fête d’anniversaire début janvier, juste après la rentrée. Cette année, nous sommes rentrés en Chine seulement le 9 janvier et le 20 janvier, les vacances du Nouvel An Chinois débutent déjà. Elle a également un autre camarade né en janvier et qui a fêté son anniversaire au début du mois. Notre choix était donc vite fait. Nous avons choisi de faire sa fête le dernier week-end où nous étions à Shanghai avant les vacances de Noël.

C’est en tout 12 copains et le même nombre de parents qui nous ont rejoint pour faire la fête chez nous. Nous avons choisi de faire le même type de fête que l’an dernier. Les enfants ont pu jouer et s’amuser en toute liberté dans l’appartement sous le regard attentif d’Ayi. Les parents ont pu tranquillement papoter et grignoter les gourmandises que j’avais préparé.

Pour l’occasion, afin de coller au thème, j’avais l’intention de créer un bonhomme de neige géant en gobelet, d’après une vidéo que j’ai trouvé sur YouTube. Je me suis mise au travail, mais très vite, ça n’était finalement pas aussi simple que sur la vidéo. Rapidement, je me suis retrouvée avec des lignes et des lignes de gobelet et pas moyen de les faire se refermer en une belle boule… Bref, je ne sais pas si c’était ma technique ou la qualité de mes gobelets chinois, mais c’était galère… Alors j’ai appelé Papa Lou à la rescousse!

Et là, il a décidé de rectifier le tir et de commander des gobelets plus petits pour réaliser un vrai Olaf et pas simplement un bonhomme de neige. Merci à lui! Notre Olaf était splendide et il a fait son petit effet!

Comme l’an dernier, nous avons tout préparé nous-même. Pour son gâteau d’anniversaire, à sa demande, j’ai repris le même concept que l’an dernier. Mais cette fois-ci, j’ai fait un gâteau au chocolat fourré à la pâte à tartiner. Papa Lou a fait une pâte d’amandes maison, qu’il a pris soin de colorer pour créer le décor Reine des Neiges. Voici donc la création originale de Papa Lou!

J’avais également préparé deux sortes de sablés en forme de flocon de neige ou plutôt en forme d’étoiles que j’ai transformé en flocon de neige avec un stylo alimentaire. Les premiers étaient de simples sablés au beurre, les seconds étaient aux épices.

J’avais également préparé des rochers coco sur lesquelles j’avais saupoudré de jolis perles de sucre bleu.

Pour encore plus de gourmandises, j’avais également dessiné un visage sur des marshamallow pour représenter l’espèce de monstre de glace créé par Elsa pour chasser sa soeur de son château de glace. Et j’ai ajouté quelques bonbons…

En outre, j’avais fait du popcorn et j’avais prévu des fruits – fraises et mandarines – pour le début de la fête.

Pour le déjeuner, l’anniversaire avait lieu de 11h à 14h comme la majorité des anniversaires ici, j’avais préparé deux pizza maison ainsi qu’un plateau de fromages du Fromager de Pékin et de la charcuterie.

Tout le monde a bien aimé la décoration. Un des jeux préférés des enfants étaient d’attraper les ballons que nous avions gonflés à l’hélium et qui créaient une véritable forêt dans le salon… Les parents ont également apprécié de pouvoir papoter autour d’une coupe de champagne et de quelques gourmandises. Comme l’an dernier, tout le monde était à l’aise!

Encore une fois, nous avons adoré organiser cet anniversaire! 

Dix huit mois

Il y a deux jours, tu as eu 18 mois.

Il y a tout juste un an, lors de nos vacances de Noël en France, nous discutions du Noël suivant, ce Noël où tu aurais 18 mois, où tu marcherais, où il faudrait certainement t’empêcher de grimper dans le sapin, où tu ferais pour la première fois les 400 coups avec ton cousin, qui tout juste deux mois de moins que toi. Et nous y voilà déjà. Je me souviens pourtant de cette conversation comme si elle avait eu lieu hier, de ma curiosité à savoir quel grand bébé tu serais devenu. Et puis nous y voilà…

Au lendemain de notre arrivée en Alsace cet été, tu te lançais pour faire tes premiers pas seul, avec une agilité phénoménale. Quelques jours plus tard, tu commençais à grimper sur les chaises et sur tout ce qui te permettait de monter plus haut que le sol. La motricité libre que nous avons pratiqué avec toi de manière plus poussé qu’avec ta soeur, a largement porté ses fruits. Tu as un équilibre et une confiance en toi qui sont vraiment exceptionnels.

Tu ne fais toujours pas MES nuits. Et finalement, ça n’a pas grande importance. Mais tu t’endors dans ton lit, avec ta soeur depuis tes 14 mois et demi. Quand tu te réveille la nuit, tu te lèves et tu viens nous rejoindre. Je n’ai même pas besoin de me lever. Tu trouves ton chemin dans la nuit, et tu me demandes juste de t’aider à grimper dans notre lit, avant de te rendormir pendu à mon sein.

Dix huit mois, c’est aussi un magnifique parcours d’allaitement. Tu es toujours allaité à la demande. Tu peux téter trois fois en 24h, comme deux cents fois le lendemain, juste parce que tu l’as décidé ou que tu as mal aux dents. Et je découvre avec délice, et avec quelques douleurs de temps à autre, la joie d’allaiter un bambin!

Avec tout ce lait, tu n’es pas un grand mangeur. Ce que tu préfères, c’est manger seul, à la petite cuillère ou avec les mains. Mais quand c’est Ayi qui s’occupe du repas, tu préfère te laisser nourrir. Ta nourriture préférée actuellement? Le riz sur une petite cuillère trempée dans un verre d’eau quand Ayi te donne à manger. Si je ne suis pas là à l’heure du déjeuner, tu manges. Puisque tu n’as pas eu l’occasion de téter tout ton saoul cinq minutes avant! Ton fruit préféré est la mandarine. Côté légume, je pense que c’est… le riz! Tu manges de tout, mais uniquement quand c’est toi qui le décide.

Tu es de plus en plus indépendant, en dehors de tes crises de « tétous » où tu ne lâches plus mes seins pendant une journée complète. Mais le médecin m’a confirmé que tes dernières dents étaient sur le point de sortir… J’ai donc l’espoir que d’ici peu nos nuits seront plus paisibles et que tu seras encore plus indépendant. Je sais dores et déja que ses jolis moments lactés où tu redeviens mon tout-petit se feront plus rare et je savoure d’autant plus les journées « tétous » actuelles.

Tu voues une passion aux dinosaures, aux animaux et aux petites voitures. Tu adores manipuler toutes sortes de petits objets, remplir et vider. Tu m’as récemment bluffé en peignant avec un pinceau avec une application, une concentration et un bonheur impressionnant. Comme ta soeur, tu aimes bricoler et pas moyen de proposer une activité à ta soeur sans te proposer la même ou une alternative proche pour éviter de te frustrer. Je ne sais pas si c’est parce que tu voues un véritable culte à ta grande soeur ou si c’est juste toi, mais j’ai parfois l’impression d’avoir un petit bonhomme de trois ans devant moi et pas un tout-petit de dix huit mois.

Je sais dores et déjà, qu’en septembre prochain, je reprendrai le travail – je vous en parlerai certainement de manière plus détaillé dans un autre article bientôt. Tu auras 26 mois et demi. Je me pose un millier de question, mais je sais que tu t’épanouira chez les tout-petits en maternelle. Tu adores les autres enfants, tu joues déja avec les autres, tu partages avec une facilité qui m’étonne. Sans doute, l’effet d’avoir une grande soeur. Tu seras ravi de te mêler aux autres enfants et de découvrir le monde de l’école. Tu pleurniche chaque matin quand tu vois le bus de l’école partir sans toi et emporter ta soeur.

Ta relation avec ta soeur est idyllique. Evidement vous vous chamaillez. Evidement parfois elle a juste envie de t’étriper. Mais la plupart du temps, j’observe la douceur de ta soeur dans ses gestes. Je me délecte de tes regards plein de fierté et d’admiration que tu lui jettes. Il suffit qu’elle te chante une chanson une fois, pour que tu la chante. Il suffit qu’elle t’apprenne une chose pour que tu la fasse. Tu bois ses paroles. Tu l’observe avec attention dans l’espoir de l’imiter au mieux. Je n’aurai pu rêver une relation plus apaisée…

Je me dis souvent qu’à ton âge, Little Miss Sunshine avait un vocabulaire déja bien plus développé (et c’est certainement le cas, mais chaque enfant suit un développement bien particulier!). Je mets ça sur le dos des deux langues que tu côtoies au quotidien et de la troisième que tu entends régulièrement. Mais finalement, quand le pédiatre m’a demandé quels sont les mots que tu prononce déja, je me suis rendu compte de la richesse de ton vocabulaire. En plus des mots que tu prononçais déja pour tes un an, tu as bien enrichi ton vocabulaire. Tu dis 阿姨 (Ayi) à longueur de journée, GrandPapa, Papapa. Tu adores les animaux et tu prononces très joliement 猫 (mao/chat), 鱼 (yu/poisson), 狗狗 (gougou/chien) en chinois, et dinosaures (tinoso) en Français. Tout ce qui ce mange est gâteau (tato) et tout ce qui se boit de l’eau (delo). Mais si tu t’adresse à moi pour parler d’un poisson, tu me diras d’abord « de l’eau » avant de me dire « 鱼 ». D’autres mots te servent également beaucoup « assis », « ici », « 帮帮我“ (bangbang wo/aide-moi), « bye bye », « 再见 » (zaijian/aurevoir), « 明天见 » (mingtian jian/à demain) et puis « non » et très rarement « oui » ou « 不要 » (bu yao/ je ne veux pas). Et puis ces derniers jours, tu dis au moins un nouveau mot par jour…

Et puis tu chantes. Et on reconnais très bien les chansons. Tu adores celles que ta soeur te chantent, les chansons qu’elle a appris à l’école sur le thème des indiens. « Ani Couni » est de loin ta préférée. Mais tu chantes aussi « Nagawika ». La première fois que tu as chanté une chanson, c’était cet été. Et c’était le thème de la Reine des Neiges!?! Bref, on comprendra l’impact de ta soeur sur tes apprentissages! Tu aimes aussi chanter « Joyeux anniversaire », mais ne me demander pas en quelle langue, je suis incapable de comprendre ce qu’il raconte!

Je pourrai encore longtemps continuer cette énumération un peu à la Prévert, tant j’adore t’observer… Mais ce que je veux retenir aujourd’hui, c’est ce beau petit bonhomme blond, avec ses quelques cheveux blonds, qui est avide de tout faire comme un grand.

Joyeux 18 mois mon grand bonhomme! 

[Education] Parler de sa journée

Avec le retour à l’école, j’entends à nouveau tout un tas de parents se plaindre du fait que leurs enfants ne leur racontent pas ce qu’il se passe à l’école. J’avoue, avec Little Miss Sunshine, je n’ai pas trop de problème. Elle papote énormément, du matin au soir et ça en devient même parfois fatiguant – vous savez, quand à minuit on est tous dans la même chambre et qu’elle n’arrive plus à arrêter de raconter tout ce qui lui passe par la tête! Je l’ai vécu tout l’été! 😉

Little Miss Sunshine, dès son entrée à l’école maternelle, à 33 mois, parlait très bien et elle nous a toujours raconté ce qui se passait à l’école. Surtout les moments marquants de sa journée évidement, mais c’était déja beaucoup! Evidement, à certaines périodes, la fatigue aidant, elle parle moins, est plus évasive… Mais ce qui est sûr, c’est que si je lui demande: « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école? ». J’ai invariablement droit à la même réponse: « Je ne sais pas. »

Tout d’abord, je pense qu’il faut qu’on garde en tête que nous, parents, et nos enfants, n’avons pas les priorités. Si nous cherchons à savoir ce que nos enfants ont mangé à midi ou quelles leçons ils ont apprises / quels activités ils ont réalisées, ils retiennent surtout les anecdotes rigolotes avec les copains ou les moments marquants pour eux (ceux qui sortent de l’ordinaire: les pleurs d’un enfant, les disputes entre deux autres, le maître qui gronde quelqu’un…) Ce qui est vraiment important, c’est d’accorder la même importance à ce que l’on pense être des anecdotes qu’à ce qu’on cherche effectivement à savoir. Ce n’est que si l’enfant se sent écouté qu’il va parler. Et ces anecdotes sont le meilleur moyen de rentrer en communication.

Ensuite, il faut également garder en tête que pour un enfant de maternelle ou de début de l’école primaire, il est vraiment difficile de reparler de quelque chose de passé, sans n’avoir rien qui leur rappelle ce moment (photos, mots clefs, …) Pour faciliter les échanges à la maison, c’est aussi à l’école que ça se prépare. L’an dernier, nous avons eu la chance d’avoir chaque jour des photos de nos enfants à différents moments de la journée. Il était alors beaucoup plus facile d’entrer en communication avec Little Miss Sunshine. Il suffisait de lui montrer la photo pour qu’elle nous raconte la moitié de sa journée! Malheureusement, ce n’est pas toujours possible d’avoir des photos de l’école, et c’est bien dommage. Cette année, nous aurons des photos à chaque fin de semaine normalement. Mais c’est également aux maîtres et maîtresses de prendre le temps de créer des moments-clefs de regroupement pour faire le bilan de leurs activités. Cela permet aux enfants de reconstruire mentalement leur journée et donc facilite les échanges avec les parents le soir venu. Je l’ai remarqué l’an dernier, avec son maître français les regroupements étaient systématique à la fin de leur journée et elle me parlait toujours de ces journées avec une grande facilité. Alors qu’avec sa maîtresse chinoise, les rassemblements étaient loin d’être systématique et elle m’en parlait avec beaucoup plus de mal. Bien qu’il faut également prendre en compte la différence de langues dans ce cas-là (vécu en Chinois et expliqué en Français).

Il faut également garder en tête que poser une question trop généraliste ne mène à rien. Au mieux, on obtient la réponse qu’ils pensent que nous attendons. Au pire, on a droit à l’éternel « Je ne sais pas. » Il vaut donc mieux cibler précisément les questions. Poser des questions sur des moments précis de la journée, sur des ressentis bien particuliers, aident l’enfant à s’y retrouver. Si je demande à Little Miss Sunshine quel a été son moment préféré de la journée ou quel a été le moment où elle a le plus rigolé dans sa journée, elle me répond très facilement. En cas d’échec, c’est moi qui commence par répondre à ma question en lui racontant mon moment préféré. Et c’est là l’astuce qui fonctionne le mieux. Parler de sa journée à soi. On ne s’aidera jamais assez du pouvoir d’imitation des enfants pour se faciliter la tâche!Si quand elle rentre, je commence par lui raconter les chouettes moments de ma journée, assez facilement elle va prendre la suite pour me raconter la sienne, sans que je ne lui pose aucune question…

Il faut enfin relativiser! On n’a jamais accès à toutes les informations qui nous intéressent, mais il faut aussi savoir laisser une part d’intimité à l’enfant et accepter que certains enfants raconteront plus de choses que d’autres.

Et chez vous, ça se passe comment au retour de l’école? Ils vous racontent beaucoup de choses ou vous nagez dans le mystère? 

[Parentalité] Bébé sans couche

A la naissance de Little Miss Sunshine, nous étions déja convaincu par l’utilisation des couches lavables. Nous avions loué pour tester, puis acheté, notre lot de couches lavables que nous avons utilisé exclusivement jusqu’à ses 13 mois, puis en mixte avec des couches écologiques – de la marque Naty – jusqu’à ses presque 2 ans. Elle a été continente de jour à environ 30 mois. Nous n’avons utilisé que des couches Naty durant ce laps de temps. Une fois à Shanghai, nous avons malheureusement dû utiliser des couches Huggies pour la nuit, alors même que chaque matin ses couches étaient sèchent. Elle a fini par accepter de s’en passer la nuit vers 38 mois. Je dis malheureusement, parce qu’en arrivant c’est tout ce que nous avons été capable de trouver… Depuis, pour son frère, nous avons trouvé d’autres alternative plus écologique.

Avec Little Smiling Buddha, tout a été très différent. J’avais entendu parlé de l’Hygiène Naturelle Infantile lors d’un atelier Signe avec bébé que j’avais réalisé avec Little Miss Sunshine. J’avais de suite accroché à l’idée, mais je ne me voyais pas du tout l’appliquer, à mon niveau de réflexion sur la parentalité à cette époque.

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En Chine, quasiment tous les enfants vivent sans couches. Bien évidement, dans les grandes villes et dans les classes plus aisées les couches ont aussi envahit le quotidien, mais même à Shanghai, une grande partie des enfants vivent encore sans couche.

A la naissance de Little Smiling Buddha, le sans couche avait fait du chemin dans ma tête. Mais je ne savais pas comment l’appliquer au quotidien. J’avais donc en tête de faire quelque chose de mixte entre les couches lavables et le sans couche. Finalement, Little Smiling Buddha a grandit très vite. Le lot de sur-couches lavables que j’avais alors à ma disposition est devenu trop petit dès ces deux mois. En parallèle, les températures étant ici bien différentes d’en France, l’épaisseur des couches et le plastique des sur-couches n’étaient pas agréable à porter pour Little Smiling Buddha. Pour achever de me faire abandonner l’idée des couches lavables, Ayi était totalement réfractaire à cause de la chaleur et du fait que, pour elle, les couches lui semblaient trop serrés.

Little Smiling Buddha est donc rapidement repassé aux couches jetables. Et comme nous ne trouvions pas grand chose d’autres, il a porté des Pampers. Entre temps, nous avons mené notre enquête pour trouver en Chine, des marques de couches écologiques et relativement naturelles. Nous avons trouvé plusieurs marques sur le marché, notamment Bambo Nature. Mais cette marque, bien qu’intéressante, ne nous a aussi bien convenu que les Naty. Depuis, nous avons trouvé un importateur qui reçoit de temps à autre des stocks de Naty invendus et qui nous prévient pour que l’on puisse se réapprovisionner.

En parallèle, nous tentons de pratiquer le sans-couche sur une partie de la journée. Le plus souvent, Little Smiling Buddha se promène sans couche dans la matinée. Après son petit-déjeuner, je le change et je le laisse les fesses à l’air. La plupart du temps, il a fait ses besoins au moment du change – soit juste avant, soit au moment où je lui ai proposé de faire se besoins dans le lavabo au moment du change. La première heure sans couche, c’est assez rare qu’il fasse pipi. Il reste sans couche entre une heure et toute la matinée. Au plus tard, je lui remets une couche au moment du déjeuner.

Le but du sans couche, de l’Hygiène Naturelle Infantile ou Communication Elimination, n’est pas simplement de ramasser les pipis au sol, vous vous en douter. Le but est de reconnaitre les signes qui indiquent que l’enfant va faire. Pour les cacas, je n’ai pas de souci. Je reconnais très bien les grimaces qu’il fait pour me l’indiquer et jusqu’à présent, je n’ai eu qu’un loupé. Pour les pipis, par contre, c’est plus compliqué. J’avoue que je ne les attrape de loin pas tous. Quand il joue, je les loupe le plus souvent. Mais j’ai toujours une bassine et des langes à portée de main, au cas où. J’ai bon espoir d’y arriver un jour plus ou moins systématiquement! D’autant plus qu’Ayi rattrape beaucoup plus facilement que moi les pipis dans la bassine…

Je pense que pour nous, la difficulté réside surtout dans le fait que nous n’avons jamais vu personne pratiquer. Ici, quand nous jouons dans le parc de la résidence, la plupart des enfants sont sans couche. Les Ayi, les grands-parents ou les parents rattrapent tous les pipis. Le plus souvent, ils attrapent leur bébé et les placent au-dessus d’une poubelle. Je trouve ça magique! Je n’ai jamais pratiqué le sans couche à l’extérieur de chez nous. Je ne m’en sens pas capable pour le moment. Peut être pour le prochain bébé? Qui sait…

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Je trouve cette technique vraiment très intéressante. Et finalement, il s’agit juste de communication. Une communication entre une maman et son bébé, dont nous avons oublié qu’elle existait depuis que les couches jetables existent. Mais une communication qui devrait être aussi naturelle que celle que nous pratiquons avec notre bébé lorsque nous décryptons son envie de téter.

Et vous? Avez-vous tester de laisser vos enfants sans couche? 

[Parentalité] Dormir avec ses enfants

Cododo. Ce mot comprend deux réalités proches et tout de même différentes. Deux définitions en quelque sorte. Le cododo ça peut aussi bien vouloir dire, dormir avec son bébé, dans le même lit. Mais aussi dormir avec son bébé, dans la même chambre.

Nous pratiquons le cododo avec Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Dans les deux sens du terme. Nous avons pratiquée le cododo avec Little Miss Sunshine et le pratiquons toujours. Nous avons pratiqué le cododo avec Little Smiling Buddha et le pratiquons toujours. Dans les deux sens du terme, pour les deux enfants.

A la naissance de Little Miss Sunshine, je n’avais aucune connaissance du cododo. Et puis la deuxième nuit à l’hôpital, pendant une tétée qui s’éternisait, alors que j’étais dans ma quatrième nuit sans fermer l’œil (les contractions, l’accouchement, un nouveau-né, tout ça…), je me suis légèrement assoupie avec bébé au sein. C’est ce moment qu’a choisi une infirmière (ou une sage-femme, ou une puéricultrice, je ne sais plus) pour faire irruption dans ma chambre (il devait être vers les 4h du matin, je ne comprend pas ce besoin de vérifier la tension et je ne sais quoi d’autres à cette heure! Mais c’est un autre sujet) et me hurler dessus qu’on ne dormait pas avec son bébé. Que c’est dangereux. Qu’est-ce que je cherchais? A l’étouffer? Il pouvait tomber du lit! Je pouvais l’écraser de tout mon poids! Est-ce que j’étais bien consciente du mal que je pouvais lui faire? Un bébé, ça dort dans son lit. Un point c’est tout. Et puis elle allait me fournir une plaquette pour m’expliquer! (Ça me rappelle qu’elle ne me l’a jamais donné sa plaquette et tant mieux) Entre temps, Little Miss Sunshine ne dormait plus. Et moi non plus d’ailleurs. Elle avait vraiment hurlé l’infirmière, je vous le disais. J’étais atteré. Je n’osais plus bouger. Je ne sais même plus si elle a pratiqué les examens qu’elle avait à faire. Je me vois encore figée, glacée par ses paroles. Morte de peur. Morte de culpabilité. Morte de honte.

Little Miss Sunshine a été, et est toujours, une très petite dormeuse. Oui. Ca existe les nouveaux-nés qui dorment 30mn par ci, 30mn par là, 1h ou 2h consécutive la nuit quand tout va bien… Le temps de lâcher prise pour moi. D’être sûre qu’elle dorme, pour qu’elle soit de nouveau réveillé… J’étais épuisée. Traumatisée par les paroles si violentes de cette infirmière en pleine nuit. De retour à la maison, la nuit, à chaque réveil de Little Miss Sunshine, chaque tétée, je me forçais à me lever. J’allais dans le salon. Je m’asseyais sur le canapé. J’allumais la télé pour être sûre de ne pas m’endormir pour fixer quelque chose, et ne pas m’endormir avec mon bébé au sein. Moi, la mauvaise mère qui avait failli écraser son bébé son deuxième jour de vie. Ses paroles résonnaient toujours en moi, nuit après nuit. Trois semaines. J’ai tenu trois semaines à ce rythme. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même.

Une nuit, assise sur mon canapé, devant une énième émission hypnotisante, je me suis assoupie. Malgré tout mes efforts. Je me couvrais d’ailleurs un minimum -en plein hiver- pour être sûre d’avoir froid et de me tenir éveillée… Je me suis assoupie. Quelques secondes, quelques minutes, je n’en ai aucune idée. Et puis je me suis réveillée en sursaut. J’ai eu peur. Très peur. J’aurai pu lâcher mon bébé. Il aurait pu tomber du canapé. Je n’arrivais même pas à rester éveillé pour nourrir mon tout-petit! J’étais à bout! J’ai pleuré longuement.

Après une longue discussion avec Papa Lou, nous avons convenu qu’il était bien moins risqué d’allaiter Little Miss Sunshine couchée dans notre lit, avec son petit lit à barreaux contre le nôtre pour éviter qu’elle ne tombe et que si je m’assoupissait, ce ne serait que pour quelques minutes, et je la remettrais aussitôt dans son petit lit. Et que nous allions garder tout ça pour nous. Que ça ne regardait que nous. Et c’est ce que nous avons fait. Et de jours en jours, de semaines en semaines, de mois en mois, nous avons enfin pris confiance en nos capacités de parents. Nous avons compris qu’on n’écrase pas un enfant en dormant avec lui. Nous avons remarqué que nous étions tous les trois bien moins exténué, même les mauvaises nuits. Et Little Miss Sunshine passait une partie de la nuit dans son lit, et puis une autre partie dans le nôtre. Parfois plus dans l’un que dans l’autre. Parfois plusieurs fois dans l’un et plusieurs fois dans l’autre. Notre cohabitation a duré 16 mois. Jusqu’à ce qu’elle fasse ses nuits. Jusqu’à ce qu’elle n’ait plus besoin de moi la nuit par ce qu’elle ne se réveillait plus et s’endormait seule. Elle et son petit lit on alors intégré la pièce juste à côté de notre chambre, la porte toujours ouverte entre les deux pièces. Et nous n’avons jamais parlé à personne (ou si peu) de notre expérience de cododo. Ce n’est qu’à 2 ans et demi qu’elle a véritablement eu sa chambre. Elle y a dormi sans aucun soucis durant 5 mois. Elle s’y endormait. Ne se réveillait que rarement. Et venait rarement nous rejoindre avant le matin. Finalement, elle a eu 3 ans. Et puis elle a eu peur de la nuit. Et puis des monstres. Et puis des ombres. On a accompagné. On a expliqué. On a donné des astuces pour les combatte ces monstres. Pour se rassurer par elle-même. On a combattu avec elle. Rien n’y a fait. On s’est battu, un peu. On a perdu notre bienveillance, un peu. On a eu honte, beaucoup. On s’est excusé. On a négocié. Ca a duré une grosse semaine. Et puis on a lâché prise. On a installé un matelas d’appoint au sol dans notre chambre. On a tout de suite vu la différence. Les endormissement étaient plus doux et les réveils moins fréquents. On s’est de nouveau inquiété pour la naissance de Little Smiling Buddha. Comment allions-nous faire? Et puis elle est restée. Et tout c’est bien passé. Nous dormons tous les quatre. Elle a 4 ans (presque et demi) et elle dort toujours avec nous. Elle n’a plus peur de la nuit. Elle n’a plus peur des monstres (enfin, quand même un petit peu, parfois) mais elle n’est pas encore prête. Alors on lui fait confiance…

A la naissance de Little Smiling Buddha la question ne s’est même pas posé. Il allait dormir avec nous. J’allais le prendre dans le lit pour l’allaiter. Et puis il dormirait là où il dormirait. Dans son lit. Dans notre lit. Après tout, quelle importance? Il a dormi dans notre lit. Beaucoup. Il a dormi dans son petit lit, collé au nôtre. Un peu. Et puis il a fait ses nuits. Et puis il ne les a plus fait. Mais qu’importe. Il a gigoté beaucoup. Et puis je me suis rendue compte que je le gênais à dormir avec lui. Alors j’ai essayé de le remettre plus régulièrement dans son petit lit. Et puis il s’est cogné la tête dans les barreaux. Et puis on s’est dit qu’il serait temps de trouver une autre solution. Il avait 8 mois. On a installé un deuxième matelas au sol. A côté de celui de Little Miss Sunshine. Et la transition a été douce. Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha se cherchent instinctives  la nuit. Ils vont l’un vers l’autre dans leur sommeil. Et c’est beau à voir. Et émouvant.

Finalement, l’Homme n’est pas fait pour dormir seul. A l’époque des hommes de cro-magnons et compagnie, la nuit était pleine de dangers, on se regroupait. Aujourd’hui encore, je n’aime pas dormir seule quand Papa Lou est absent. Et c’est pareil pour lui. Je me vois mal imposer à mes enfants de dormir seul. C’est d’ailleurs une phrase de Little Miss Sunshine qui m’avait fait me remettre en question: « Mais pourquoi Papa et toi vous dormez ensemble et moi je suis TOUTE SEULE? » C’est elle qui m’a ouvert les yeux.

Aujourd’hui j’aime me réveiller la nuit et en un seul coup d’oeil savoir que toute la famille dort bien, est apaisée. J’aime entendre leurs respirations calmes et reposantes. J’aime cet esprit de « meute » que ce cododo implique.

Alors bien sûr ce n’est pas rose tous les jours. Il y a des jours où je donnerai tout pour que Little Miss Sunshine réintègre sa chambre. Il y a des jours où Papa Lou perd patience et insiste pour qu’elle regagne sa chambre. Il y a des jours où j’ai vraiment l’impression de faire du camping en continu. Il y a ses nuits où après un énième réveil, je grogne que j’aimerai dormir alors même que tout le monde dort autour de moi ou presque… Mais finalement, il y a toujours ces moments qui nous crient qu’on a fait le bon choix. Ces moments d’harmonie, le matin au réveil quand on voit leur sourire et qu’on se sent relativement reposé malgré plusieurs réveils nocturnes. Papa Lou et moi, et même Little Miss Sunshine, savons que ces moments sont précieux. Et qu’ils sont provisoires, à plus ou moins longues échelles. Je ne sais pas combien de temps nous allons encore dormir à quatre. 2 mois? 6 mois? 1 an? Plus? Moins? Seul l’avenir nous le dira. Mais j’ai confiance en mes enfants, quand ils seront prêt, ils sauront nous le dire. Et en attendant, je savoure les instants de bonheur familial que cela nous procure…

[Education bienveillante] Se découvrir grande soeur

Je n’ai jamais eu d’attente particulière en ce qui concerne la relation entre Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Je suis l’aînée et j’ai un petit frère de quatre ans plus jeune. Nous avons toujours eu une bonne relation tous les deux et nous n’avons pas eu trop à souffrir de cette relation (peut être mon jeune frère a-t-il eu à souffrir un peu plus de comparaisons). Mais j’ai eu le cas autour de moi de fratrie qui se déchirait ou de soeurs qui se détestaient. Je ne pensais pas qu’une petite fille de 3 ans et demi et un nourrisson pouvait nouer des liens, surtout pas aussi fort. Que peut-il y avoir de réellement intéressant pour une enfant de même pas 4 ans à un nourrisson qui ne fait que dormir, manger ou pleurer. Il est pourtant évident que je souhaite que mes enfants aient une belle relation.

Première rencontre. On m’avait dit que mon aînée allait me paraître tellement grande face à mon nouveau-né. Mais je ne l’ai pas vu différente de d’habitude quand elle est arrivée. Elle était émue, elle avait besoin de moi après deux jours sans sa maman. Elle avait besoin de savoir que j’étais toujours là, que rien n’avait changé dans notre relation. Je l’ai sentie vulnérable, apeurée, pleine de questions face à son nouveau statut. Et moi aussi j’avais besoin d’être rassuré. Alors nous avons commencé par de longs câlins, avant de lui présenter son frère sereinement quelques dizaine de minutes plus tard.

Répondre à ses besoins le plus rapidement possible, malgré la présence de son frère a été une priorité pour moi les premières semaines. Je voulais qu’elle sache que rien ne changeait, que j’étais toujours là pour elle. Cela n’a rien de facile ou d’évident avec un nouveau-né, mais j’ai réussi a toujours trouvé une solution, une alternative, lorsque j’étais trop occupé pour faire ce qu’elle me demandait. Je continue à prendre du temps avec elle, régulièrement. Nous nous octroyons régulièrement des moments juste toutes les deux, ou nous parlons de nous, de nos attentes l’une envers l’autre, sans jamais mentionner son frère. Ses moments sont nos moments à toutes les deux, nous ne faisons intervenir personne d’autres.

Malgré cela, dans les deux-trois semaines qui ont suivi notre retour à la maison, j’avais du mal à être positive avec Little Miss Sunshine. Je passais une grande partie de la journée à lui dire « attention! » ou « doucement! » ou tout simplement « non! ». Je n’arrivais plus être bienveillante quand elle s’approchait de son frère. Je ne pouvais m’empêcher d’intervenir au point de la frustrer. Je le savais, je le sentais, mais je n’ai pas réussi faire autrement. Et puis j’ai lu quelque part qu’il s’agissait d’une réaction tout à fait naturelle, qu’à la naissance d’un second bébé, on se focalise sur ce nouveau bébé et on chasse instinctivement le premier né. C’est le plus souvent la norme dans le règne animal. Le tout est d’en prendre conscience. Et dès que j’en ai pris conscience, j’ai su lâcher prise.

Inspirée par ma lecture de Frères et soeurs sans rivalité juste avant mon accouchement, j’ai décidé de leur faire confiance. C’est à eux deux, frère et soeur, de construire leur relation. Je n’ai pas à m’en mêler si je ne veux pas créer de déséquilibre dans leur relation. J’ai décidé de prendre Little Miss Sunshine à part, de lui expliquer qu’elle devait prêter attention à son frère, qu’il était particulièrement fragile et vulnérable, qu’il avait besoin d’attention, de douceur et d’amour, que je savais qu’elle saurait bien s’en occuper et que je lui faisais confiance. Et depuis, je n’interviens plus qu’en cas de réel danger.

Je ne dis plus rien. Et ils ont déja tissé une magnifique relation. Il faut voir le regard de Little Smiling Buddha quand il voit entrer sa soeur dans son champs de vision. « Maman, regarde, il a des étoiles dans les yeux! » comme elle me dit. Et je suis fière de voir l’empathie et la bienveillance dans les gestes et les paroles de Little Miss Sunshine.

Bien sûr, parfois elle ne veut plus de son frère, comme elle le dit. Je lui réponds simplement que je conçois tout à fait que ce soit difficile pour elle, qu’elle a le droit de ne pas l’aimer à ce moment précis, que ce n’est pas tous les jours faciles dans une fratrie. Je l’écoute et la rassure sur mes propres sentiments à son égard. Elle repart jouer et quelques minutes plus tard revient rassurée. Je veux qu’elle sache qu’elle a le droit de s’exprimer, qu’elle a le droit de ressentir ce qu’elle ressent, que je suis là pour l’accompagner. Parfois, nous avons besoin de remettre les choses à plat. Parfois, elle se sent un peu frustré et c’est bien normal, alors nous essayons de trouver des solutions toutes les deux. Et pour le moment, ça fonctionne très bien.

En parallèle, je la laisse participer au maximum aux soins que je prodigue à son frère. Elle m’aide à changer les couches – elle a d’ailleurs un tabouret à côté de la table à langer pour être au bon niveau pour m’aider -, à l’habiller, à choisir ses vêtements, à essuyer sa bouche lorsqu’un peu de lait ressort,… Elle a pris goût à ces soins et m’aide avec plaisir. En même temps, cela la responsabilise quelque peu.

Little Smiling Buddha a eu quatre mois. Et on ne cesse de me demander si Little Miss Sunshine est jalouse. Comme si c’était un passage obligé et en même temps inadmissible. Pour moi, Little Miss Sunshine n’est pas jalouse. Elle a simplement le comportement d’un enfant qui voit sa vie bouleversée, et encore grâce à notre écoute et à notre patience, elle gère vraiment très bien ce passage. Alors je réponds simplement que non, elle n’est pas jalouse.

Je suis vraiment fière de la manière dont cette nouvelle relation s’est mise en place. Je suis fière de Little Smiling Buddha et de Little Miss Sunshine. Je suis fière de la manière dont nous avons su accueillir ses émotions et ses craintes. Et tout cela me conforte vraiment dans notre manière de faire grandir nos enfants. La bienveillance porte ses fruits! Et nos enfants ont pour le moment chacun trouvé leur place dans notre nouvelle vie à quatre…

Et chez vous, comment s’est passé l’arrivée du petit frère ou de la petite soeur? 

[Comptine] Quand je suis énervé

Il y a quelques mois, j’ai découvert cette comptine sur un blog que j’apprécie énormément Ensemble Naturellement. Apprendre la communication non-violente aux enfants à l’école dès le plus jeune âge pour les aider à gérer leur colère et à sortir des situations de conflits avec leurs camarades, je trouve ça vraiment très intéressant.

Little Miss Sunshine est encore un peu petite, mais elle était à côté de moi le jour où j’ai écouté la comptine pour la première fois et elle a voulu la ré-écouter plusieurs fois de suite. Alors j’en ai profité, je lui ai expliqué un peu les grands principes de la communication non-violente au travers de la comptine. Et elle a retenu plus de choses que je ne l’imaginais.

Ce matin, au réveil, elle m’a réclamé la « comptine où je suis énervé ». Après quelques secondes de réflexion, je me suis souvenue de la comptine de l’Université de la paix. Et ce matin, à la place de chanter notre traditionnel « Il en faut peu pour être heureux », nous avons donc récité cette comptine. Vous trouverez les paroles en téléchargement libre sur le blog Ensemble Naturellement. La gestuelle de la comptine permet finalement d’intéresser des enfants même assez jeunes comme Little Miss Sunshine.

C’est une énorme richesse que d’apprendre à exprimer sainement sa colère, sans la réprimer en étant enfant. En tant qu’adulte, je dois bien dire que j’ai encore beaucoup de travail à ce niveau. Je n’ai jamais appris à parler de mes ressentis, de mes sentiments, de ne pas m’en prendre à celui qui est en face de moi. Je suis loin d’être colérique ou de me mettre facilement en colère, mais c’est quelque chose que j’aimerai vraiment réussir à améliorer. Alors j’ai bien l’intention de le travailler en même temps que Little Miss Sunshine. Nous apprendrons ensemble, et quoi de plus enrichissant pour toutes les deux? 

Comme Ensemble Naturellement, j’espère avoir le réflexe de l’utiliser pour désamorcer la prochaine colère, la mienne ou celle de Little Miss Sunshine. Et ce matin, en partant à l’école, Little Miss Sunshine m’a dit vouloir raconter et expliquer la comptine à ses copines. Je serai curieuse de savoir si elle va faire des émules… Mais quoi qu’il en soit, je suis fière d’elle 😉

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez?