[Bac sensoriel] Nourir les oisillons

Cette idée de bac sensoriel, je l’ai eu bien avant de le réaliser, je crois que ça remonte à cet hiver. Mais je le gardais en tête pour une saison qui se prêterait plus à sa création et un moment où les enfants y seraient vraiment sensible. Alors quand j’ai vu qu’à l’école, les enfants s’étaient lancé sur le thème des animaux, qu’en parallèle, j’ai retrouvé des graines de courges, tout s’est enchaîné. J’ai d’abord créé le bac pour Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Et puis, comme l’idée collait parfaitement au thème des animaux de l’école, j’ai tenté le même bac, ou presque avec ma classe de TPS.

Avec mes enfants, l’atelier s’est déroulé en deux étapes: la création des oisillons puis la présentation du bac sensoriel. J’avais prévu de faire la même chose avec mes TPS, mais finalement le temps m’a manqué, et c’est finalement mes enfants qui ont également préparé les oisillons pour l’école.

Pour préparer nos oisillons, j’ai donné à chacun des enfants une boule de pâte à modeler auto-durcissante de couleur. Ils ont formé de belles boules pour faire des oiseaux, puis y on placé deux yeux, un bec – découpé dans du papier cartonné orange -, des pattes – découpées dans des pailles de couleurs – et enfin ils ont piqué trois plumes pour faire une belle queue.

Une fois les oisillons prêts, nous les avons laissé sécher deux jours avant de les utiliser dans notre bac sensoriel.

En proposant ce bac sensoriel, j’avais deux idées derrière la tête. Un peu de biologie, en faisant comprendre aux enfants que chez les oiseaux, comme chez tous les animaux, les parents prennent soin de leurs enfants en leur apportant ou donnant à manger le temps qu’ils sont bébés.

Et un peu de motricité fine, en utilisant une pince à linge pour attraper les vers de terre avec lesquels nous allions nourrir les oisillons.

Après leur avoir lu la jolie histoire de l’oiseau de la collection Petite Nature d’Amaterra, je leur ai expliqué qu’ils allaient pouvoir jouer à la maman oiseau qui apporte à manger à ses bébés oisillons. Pour cela, ils pouvaient utiliser la pince à linge, comme un bec, pour aller attraper les vers de terre – des morceaux de filin chenille – et les déposer dans le nid.

Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha ont adoré ce bac sensoriel. C’est le premier bac que je leur ai préparé pour eux deux. D’habitude, je préparai toujours deux bacs pour éviter les disputes et surtout que chacun puisse découvrir à son rythme. Mais compte tenu du succès de ce bac, je vais peut être leur donner un bac commun plus souvent dorénavant. Nous l’avons gardé plusieurs semaines à disposition et pour une fois ils n’y ont rien ajouté. Ils aimaient jouer avec les oiseaux, leur donner des graines ou des vers de terre.  J’ai admiré la façon dont Little Smiling Buddha manipulait sa pince à linge du haut de ses 2 ans.

Le matériel utilisé pour le bac sensoriel de mes enfants:

  • Des graines de courges colorés
  • Des morceaux de filins chenille,
  • Des plumes, 
  • Quatre oiseaux, 
  • Des coquilles d’oeuf vident
  • Deux nids fabriqués avec un sac en carton
  • Deux pinces à linge

Pour poursuivre sur le thème des oiseaux, nous avons lu plusieurs histoires sur le thème. Et puis Little Miss Sunshine a choisi un beau coloriage d’oiseau-mouche pour clore notre thématique.

Quant à Little Smiling Buddha, il a collé des gommettes en toute autonomie pour colorier un oiseau.

Avec ma classe de TPS, le bac sensoriel était moins élaboré. J’avais mis de la paille dans le fond de mon bac et j’ai préparé des nids avec des protections que l’on trouve autour des fruits à Shanghai. Chaque enfant avait son oiseau, son nid et sa pince à linge.

Pour le bac sensoriel mes 7 TPS, j’ai utilisé:

  • 7 oiseaux
  • Des plumes
  • Des morceaux de filins chenille
  • Des protections pour les fruits transformés en nid 
  • 7 pinces à linge

Avant de proposer le bac aux enfants – que j’avais placé dans la cour de récréation pour profiter du beau temps – je leur ai lu l’histoire de l’Oiseau. Comme à mes enfants, je leur ai expliqué l’activité et j’ai précisé à leur maîtresse habituelle que je voulais qu’ils puissent manipuler le matériel sans intervention de notre part.

Malheureusement, ils n’ont pas accroché du tout, ou alors pas du tout de la manière dont je m’imaginais. En cinq minutes, ils avaient détruit tous les nids, tous les oiseaux, ils avaient arrachés tout ce qu’ils pouvaient et étaient entrain de se lancer la paille après. J’ai eu du mal à les faire remettre la paille dans le bac en leur rappelant la règle: « ce qui est dans le bac reste dans le bac ». Et j’ai finalement opté pour aller les défouler au toboggan plutôt que de poursuivre l’activité!

Un succès mitigé donc avec les enfants de la classe, dont il faut bien le dire, la patience est parfois proche de zéro en ce qui concerne une activité! Mais je garde en mémoire la jolie réussite de mon bac de la ferme avec eux Et j’en proposerai rapidement à ma classe l’année prochaine!

Reconversion professionnelle

Avec notre retour en Alsace pour les vacances d’été, mon stage à l’école s’est terminé. Et avec lui, le début de mon parcours de reconversion. Dès mi-août, c’est officiellement en tant que maîtresse que j’enseignerai à ma classe de TPS.

Après avoir passé trois ans, en tant que maman au foyer, à m’occuper de tout le monde et à m’oublier souvent, j’avais un peu peur de ce que pouvait signifier reprendre le travail. J’avais peur de négliger mes enfants, j’avais peur de m’oublier encore un peu plus moi, de remettre en cause tout l’équilibre que j’avais réussi à construire ces derniers mois autour de notre famille à quatre.

Mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me sentir utile ailleurs, pour autre chose, de m’investir auprès des enfants – mais pas seulement des miens – de sortir de chez moi, d’avoir plus de discussion d’adultes, de revoir plus régulièrement du monde…

Cette possibilité de reconversion est arrivée un peu comme par magie (enfin presque, j’ai quand même donné beaucoup de mon temps aux enfants de l’école durant deux ans…). Et elle était idéale pour moi dans tout ce qu’elle me laissait envisager. 

Être maîtresse en maternelle, c’est avoir toujours le temps de profiter de mes enfants le soir, le week-end et durant toutes les vacances scolaires – ce que ne me permettait pas mon précédent emploi -, c’est n’avoir pas trop de préparation pour les activités du lendemain – ce qui me dégage la soirée avec ma famille -, en plus, c’est un mi-temps qui devrait me permettre d’effectuer mes préparations entre midi et deux heures. J’aurai donc toujours l’opportunité d’avoir du temps en solo avec Little Smiling Buddha – que je ramènerai dans un premier temps à la maison avec moi à 14h, au réveil de la sieste – jusqu’au retour de sa sœur vers 16h30. Et je pourrai toujours facilement organiser des soirées mère-fille à la piscine avec Little Miss Sunshine. En parallèle, Ayi changera ses horaires de travail, elle viendra toutes les matins vers 11h et préparera le repas du soir du lundi au jeudi. Je suis donc sereine et rassurée par rapport à cet aspect.

Quand j’ai commencé à travailler à l’école, j’ai adoré l’attitude des enfants à mon égard. Ils étaient plein de curiosité et d’amour à revendre. J’avais un peu peur de ne pas savoir comment réagir à certaines situations et finalement je me suis toujours laissée guider par ma bienveillance et j’ai réussi à dénouer tous les soucis qui se sont présentés à moi. J’ai passé beaucoup de temps à observer les enfants, à tenter de trouver une réponse adéquate à ceux qui étaient « plus difficile ». J’ai réussi a bien calmer le jeu avec un petit très en colère, qui avait beaucoup de mal à gérer la présence d’un autre camarade et la frustration en générale. Lors de chacune de mes présence, nous nous sommes isolés dans le couloir ensemble, à une ou plusieurs reprises, pour souffler notre colère ensemble. J’ai pris le temps d’accueillir ses émotions, de l’écouter, de tenter de le comprendre ou de comprendre en partie d’où venait le problème. J’étais très fière de notre coopération. Et il a fini par être beaucoup plus calme et posé en ma présence. J’ai également beaucoup observé les autres maîtres et maîtresses, français, chinois et anglais. J’ai puisé chez chacun des idées, des comportements, des solutions, des organisations. Et aujourd’hui, je me sens prête.

Je me suis dores et déja attelée à la tâche de créer mon programme pour cette année scolaire à partir des thèmes globaux définis par l’école et du choix du personnage de littérature enfantine qui va nous suivre toute l’année: P’tit Loup. J’aimerai définir le plus précisément possible mes journées jusqu’à fin décembre – ce qui ne m’empêchera pas du tout de changer d’activités si les enfants en ressentent le besoin – et définir une trame assez claire pour mes activités jusqu’à la fin de l’année scolaire. J’espère ainsi me libérer un maximum de temps pour profiter avec mes enfants dans l’après-midi et le soir.

Je sais bien que cette année est une année test. Est-ce que je vais y arriver avec les enfants? Avec les parents? – et ça, ça m’inquiète beaucoup plus! Est-ce que ce que je vais faire avec les enfants correspondra à ce que la direction attend de moi? à ce que les parents attendent de moi? J’ai une idée bien précise de la manière dont il faut laisser évoluer un enfant, avec les miens c’est une chose, mais avec ceux des autres, comment cela sera-t-il perçu? La directrice me connait et le sait. Mais que penseront les parents du fait que je ne punisse pas les enfants? Que je ne les mettent pas à l’écart du groupe? Que je suis contre les menaces? Et comment moi je m’en sortirai à ma manière alors que les enfants ont pour la plupart l’habitude de ne réagir qu’à la peur de la punition, de la menace? Autant de question qui se pose encore pour moi. Au terme de cette année, la direction et moi prendront ensemble la décision de renouveler ou non l’expérience pour une année supplémentaire. Mais bizarrement, je ne suis pas très inquiète, j’y crois! Je me sens bien dans ce boulot, je m’épanouis auprès des petits et c’est LA reconversion qu’il me fallait, j’en suis sûre.

Je suis heureuse de la tournure que prend ma vie ces dernières années, et cette reconversion est encore une nouvelle étape vers une vie qui me correspond plus, une vie plus douce, plus calme, une vie où je m’écoute et j’écoute ma famille, une vie avec laquelle je suis en paix et dans laquelle je peux trouver le bonheur à chaque instant…

Vacances d’été

Ce soir, je prends l’avion seule avec les enfants. Je ne suis pas inquiète. Ils savent comment ça se passe et ils dormiront une grande partie du trajet. En plus, à deux ans, Little Smiling Buddha aura son propre siège et trois sièges à trois, c’est juste le méga luxe! Ces voyages en solo avec les enfants sont fatiguant, mais pas insurmontables.

Nous profitons de la dernière année où je ne travaille pas pour rentrer en France deux mois complets. Comme l’an dernier, Papa Lou ne viendra en France qu’une courte période (deux semaines au mois d’août). Nous avons fait le choix de rentrer à deux à Shanghai pour éviter que je n’ai l’aller-retour à effectuer seule avec les enfants. Mais pour la peine, nous serons séparés cinq semaines.

Nous allons passer une grande partie de l’été en Alsace, logeant alternativement chez Papapa et Mamama ou chez Nonna et GrandPapa. Nous avons également prévu d’aller passer une semaine en région parisienne chez Parrain, Tata et Petit O.

Cette année, je n’ai pas de grand programme. L’année dernière, nous avions envie de faire tellement de choses, nous en avons fait tellement, mais finalement nous n’avons de loin pas fait tout ce que nous avions prévu. Donc pour éviter les déceptions, je ne prévois rien. Ou plutôt si. Je me prévois deux impératifs: une soirée et une nuit en amoureux avec Papa Lou pendant ses vacances et l’organisation de mon année scolaire 2017/2018 en TPS.

J’ai donc prévu de laisser les enfants aux grands-parents tous les matins, pour m’organiser. Evidement je m’autoriserai quelques sorties sur des journées complètes. Et puis, je ne travaillerai pas le week-end, mais j’ai vraiment envie d’en faire un maximum cet été – alors que mes enfants peuvent profiter de leurs grands-parents – afin d’avoir le temps de profiter de mes enfants durant toute l’année scolaire!

J’ai pas mal de billets en attente, comme toujours. Certains devraient rapidement être publié – nos efforts pour réduire nos déchets, la place de la nature dans nos vies citadines, le choc culturel des toilettes en Chine,… – d’autres prendront un peu plus de temps, mais devraient être publié cet été – nos différents voyages de cette année (Angkor, le Sichuan,Hangzhou, Pékin, les montagnes jaunes )-, sans compter les billets plein des nouveautés de cet été que j’espère partager avec vous! N’hésitez pas à me dire si certains billets vous intéressent plus que d’autres!

Je vous souhaite à toutes et tous un bel été!

[Peinture] Le bassin aux nymphéas 

Pour la première fois, avec la classe de TPS dont je suis en charge durant mon stage de reconversion, j‘ai eu envie de tenter un atelier « Peindre à la manière de… » Cela fait longtemps que je voulais proposer un atelier de ce type à Little Miss Sunshine, mais je n’en avais pas encore eu l’occasion.

Comme nous étions alors en plein dans le thème du printemps, j’ai eu envie de leur faire peindre des fleurs, mais je voulais aussi qu’ils puissent peindre de différentes manières (avec un pinceau, avec les mains, des éponges ou des tampons) C’est le tableau « Le bassin aux nymphéas » de Claude Monet qui m’a le plus parlé à ce moment-là. Ce n’est pas tout à fait le thème du printemps, les nymphéas fleurissant plutôt à l’été et j’aurai tout aussi bien pu faire cet atelier lors du thème « l’eau et l’été » de ce mois de juin, mais j’avais à coeur de réaliser quelque chose qui me parlait avant tout à moi, pour passer mon enthousiasme plus facilement aux enfants. C’était une première pour moi.

Pour commencer, j’ai fait quelques recherches pour parler de l’auteur, Claude Monet, aux enfants. Il ne faut pas oublier qu’à deux ans et demi – trois ans, leur capacité de concentration est relativement réduite. Je me suis aidé du site Wikimini, écrit par des enfants pour dégrossir le sujet et puis j’ai sélectionné moi-même ce que j’allais leur expliquer. J’ai préparé une photo de l’auteur et une autre photo de l’oeuvre que j’avais prévu de leur faire copier. J’ai plastifier le tout pour qu’ils puissent observer les photos, se les passer, en parler.

J’ai commencé par leur montrer la photo du « Bassin aux nymphéas ». On a parlé des couleurs, de ce qu’on voyait sur la peinture. Puis nous avons parlé du peintre, de son métier, de son époque et de son lieu de vie. Et puis on est revenu sur l’oeuvre. Quelles couleurs allions-nous utiliser? Qu’est-ce qu’on voit quand on se met très très près du tableau? Comment allions-nous pouvoir faire comme le peintre? Ils m’ont paru étonnement intéressé par le sujet (je pensais les perdre beaucoup plus tôt!)

A l’école, nous utilisons beaucoup un matériau super sympa et qui permet de faire vraiment beaucoup de chose, le KT Board, une espèce de tableau de mousse que l’on peut très facilement découper ou peindre.  C’est ce que j’ai utilisé comme toile de fond. Le mien était vert, pour faciliter le travail des enfants. Je l’avais séparé en deux avec du washi tape afin de créer deux espaces de coloriage: un espace bleu et un espace vert. Chacun a pu choisir l’endroit où il avait envie de peindre en me précisant la couleur qu’il allait peindre. Les enfants se sont tous prêtés au jeu. Ils ont peint avec beaucoup d’entrain. Je n’avais fait passer que deux consignes simples: respecter les zones de couleurs et remplir tout le tableau sans laisser de blanc.

Quelques uns ont essayé de peindre par petites touches, comme nous en avions parlé. Mais très vite, face à leur enthousiasme, j’ai laissé tomber cet aspect pour les laisser exprimer leur propre sens artistique. Et ils s’en sont donné à coeur joie. Tout y est passé, le pinceau, les doigts, la main,… Mais ils ont consciencieusement remplis le tableau sans laisser de « blanc ». Et c’était pour moi l’essentiel de cet exercice.

Lors d’une seconde séance, une fois que le fond de notre tableau était bien sec, je leur ai proposé de créer les nymphéas. J’avais prédécoupé les feuilles des nénuphars dans du papier vert cartonné. J’ai commencé la séance en leur redonnant les photos plastifiées de Claude Monet et du tableau. Et puis nous nous sommes rappelés ce que nous avions fait la fois précédente.

Puis nous nous sommes installés à table, je leur ai donné à chacun une feuille de nénuphar et une bouteille de soda vide. Nous avons utilisé le fond de la bouteille pour créer les fleurs. La consigne était de tremper le fond de la bouteille dans la peinture rose puis de la poser trois fois sur la feuille de nénuphar. Ce travail a été très rapide. J’avoue que j’en ai interrompu l’un ou l’autre dans leur élan de remplir la feuille de nénuphar de rose. Une seule a relativement respecté la consigne des trois fleurs.

Pour terminer le travail, j’ai découpé un pont en bois dans du papier mousse marron. Et quand tout a été bien sec, j’ai collé le pont et les feuilles de nénuphars au pistolet à colle chaude. Les enfants ont été ravi de voir le résultat de leur travail, de chercher quelles feuilles de nénuphars est à qui, et depuis, leur oeuvre trône au milieu de la salle de classe.

Je suis ravie de cette première tentative. Elle est loin d’être parfaite, mais j’ai essayé au maximum de ne pas brider les enfants dans leur envie de créer (même si je l’ai un peu moins respecté sur le deuxième atelier). Dans l’idéal, j’aurai aimé qu’ils peignent plus par touche, que je trouve un moyen de les faire participer à la réalisation du pont (mais j’ai eu une idée pour les faire participer après coup: aller ramasser des bâtons dans le parc et les laisser me les passer pendant que je les colle à la colle chaude). Je retenterai l’expérience de la peinture à la manière de … avec ma propre classe l’année prochaine! 

[DIY] Une ferme en carton

En ce moment, Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha sont très inspirés par les thèmes de l’école. En effet, entre Little Miss Sunshine qui lui raconte ses journées et moi qui prépare mes activités à la maison, même Little Smiling Buddha s’y met.

Le mois de mai était placé sous le thème de l’agriculture et des animaux. J’ai donc entre autre préparé plusieurs activités sur les animaux de la ferme aux TPS (dont le bac sensoriel que vous pouvez revoir là-bas) et très spontanément, Little Miss Sunshine m’a demandé de lui fabriquer une ferme avec un carton pendant ses dernières vacances.

Il nous aura fallu:

  • un carton
  • de la peinture rouge et de la peinture blanche
  • un pinceau
  • un pistolet à colle chaude
  • des bâtons de bois 
  • un morceau de tissu jaune (récupéré d’un bouquet)

A la demande de Little Miss Sunshine, nous avons construit une grange/étable. Elle voulait une grande porte et deux fenêtres. C’est la première chose que j’ai commencé par découper dans le carton. Puis, c’est Little Miss Sunshine qui a peint la ferme selon son envie. Sur le balcon, couchée par terre, elle a vraiment apprécié ce moment!

Quand la peinture a été sèche, nous avons découpé la forme du toit et collé le toit à la colle chaude. Ensuite, j’ai découpé le tissu jaune à la taille de l’intérieur de la ferme et je l’ai également collé à la colle chaude. A la demande de Little Miss Sunshine, nous avons récupéré le morceau de carton que nous avions enlevé pour faire la porte, pour en faire un mur et séparer la grange en deux.

Lors de notre sortie quotidienne au parc avec Little Smiling Buddha, nous avons ramassé pas mal de bâton de bois sec. Bâtons que j’ai lavé, laissé sécher puis cassé en petits tronçons de 4cm environ. Pour commencer, je les ai rassemblé sous forme de barrière et je les ai collé à la colle chaude. Puis je leur ai ajouté des pieds au pistolet à colle pour qu’ils tiennent debout seuls. Puis Little Miss Sunshine m’a demandé de créer une mangeoire pour y mettre du foin. Je l’ai créé de la même manière que mes barrières avec des morceaux de bois que j’ai finalement collé directement sur le mur de la ferme.

On est allé faire le tri dans notre énorme caisse d’animaux (parce qu’ici c’est vraiment le jouet coup de coeur n°1 des enfants) et ils ont installé leur ferme.

Voilà plusieurs semaines qu’ils jouent inlassablement avec la ferme, qui trône au milieu de notre salon. Depuis un certain temps, les arc-en-ciel de Grimms sont venus créer des barrières supplémentaires. Et puis de temps à autre, il y a aussi quelques voitures ou des animaux qui n’ont rien à voir dans la ferme qui s’ajoutent…

Et c’est même devenu mon petit plaisir d’aller jeter un oeil à la ferme en rentrant du travail le soir pour découvrir de quelle manière Little Smiling Buddha a joué avec durant la journée

[Expatriation] [Choc culturel] Passer une visite médicale en Chine

Depuis que nous sommes en Chine, j’ai eu l’occasion de passer deux visites médicales. La première, juste après mon arrivée, était celle nécessaire pour l’obtention d’un permis de résidence. La deuxième, que je viens de passer il y a quelques jours, était celle nécessaire avant mon embauche par mon nouvel employeur.

Rien de nouveau sous le soleil, mais les Chinois sont quelque peu nombreux. Et s’il y a bien quelque chose que les Chinois craignent par-dessus tout, ce sont les maladies qui se propagent. Tout est donc fait pour que les Chinois soient le moins malade possible. Et d’ailleurs la Médecine Traditionnelle Chinoise est une médecine qui est avant tout destinée à prévenir les maladies. Quand ils sont malades, les arrêts de travail ou même les fermetures d’école pleuvent. Pour une grippe, c’est trois semaines d’arrêt avec interdiction de sortir de chez soi. Pour six enfants avec une maladie infantile comme pied-main-bouche ou quelque chose d’aussi banal que des poux dans une école, c’est toute l’école qui risque la fermeture (une classe peut être fermée si deux enfants ont la même maladie contagieuse ou des poux). Bref, on ne rigole pas avec la contagion.

Vous pouvez donc bien vous douter que les visites médicales sont assez complètes en règle générale.

Pour la première, j’y étais allée seule. Je prenais d’ailleurs le taxi seule à Shanghai pour la première fois. C’était quelque trois jours après mon arrivée. Un samedi matin. La visite médicale avait lieu dans un hôpital spécialisé. Tous les étrangers qui demandent un permis de résidence y passent. En arrivant, après quelques questions d’ordre administrative, on m’a envoyé vers un numéro de salle. Là-bas, je découvre des vestiaires. On me dit de me mettre en culotte et d’enfiler un peignoir mis à disposition pour l’occasion. Nous sommes nombreuses dans les vestiaires et chacune attend qu’une cabine (avec une porte qui se ferme d’ailleurs à clef, un luxe! Je l’apprendrais plus tard, mais c’est spécial pour les étrangers ça!) En ressortant, en peignoir, on m’envoie vers une autre salle, devant laquelle hommes et femmes en peignoir et chaussons prêtés pour l’occasion attendent déjà. C’est une salle d’examens. Chaque examen a lieu dans une salle différente, et on passe les uns après les autres, à la queue leu leu, la porte grande ouverte, le suivant déjà debout dans la salle et souvent au moins deux ou trois personnes qui passent le même examen côte à côte. À chaque fois que l’on termine un examen, on nous donne un autre numéro de salle. Les médecins et infirmières ne parlent pas. Ils nous examinent machinalement. En fait, en voyant faire le précédent, on sait ce qu’il va falloir faire… j’ai l’impression d’être totalement déshumanisé, cette désagréable impression de n’être qu’un numéro. Et finalement, c’est exactement ce que je suis. Ni homme, ni femme, juste un numéro à examiner.

Les examens sont très rapide. Prises de sang, radio des poumons, auscultation générale, électrocardiogramme, … tout y passe de salle en salle. Et toujours la même attente. Le même schéma.

Papa Lou ayant passé cet examen quelques semaines avant moi m’avait prévenu. Heureusement. Pour un premier contact avec la Chine, il m’a plutôt déstabilisé. Cette impression de déshumanisation, cette impression de devoir faire comme tout le monde, de n’avoir aucun libre arbitre, aucune considération de la part des médecins et infirmières qui ne nous ont jamais ou presque adressé la parole. Et en même temps, cette efficacité dans la gestion du nombre. Nous étions des centaines. Les examens se faisaient à la chaîne, avec une rapidité hallucinante. Ca a été mon premier choc culturel.

Je ne m’attendais pas à revivre une visite médicale en Chine. Je prend toujours grand soin d’accompagner les enfants quand ils doivent faire une visite dans un hôpital chinois ou qu’un médecin chinois vient à l’école pour les vérifications annuelles. J’ai trop peur de les traumatiser, je ne veux pas qu’il ressentent cette impression de n’être qu’un numéro parmi d’autres…

Il s’avère donc que pour se protéger en Chine, l’employeur demande une visite médicale très poussée à celui qu’il emploie. Les examens pratiqués sont à la discrétion de l’employeur, mais demeurent assez standardisés. Il faut vérifier que la personne est apte à travailler, mais surtout qu’elle n’a pas de maladies qui pourrait être transmises à d’autres. Si quoi que ce soit est découvert tout est mis en œuvre, avec l’aide de l’employeur, pour remédier au « problème ». On m’a raconté qu’un jour c’est ainsi qu’un employé a découvert qu’il était atteint de la syphilis lors d’un de ces contrôles et que l’employeur avait été obligé de lui « offrir » trois semaines de traitement dans un centre spécialisé.

Je ne pensais pas remettre les pieds dans un hôpital chinois de si tôt, mais finalement, pour nos dernières années en Chine, j’y aurai le droit tous les ans. Et cette nouvelle expérience ne m’a pas franchement donné envie d’y retourner tous les ans…

C’est avec une grande partie de mes collègues féminines chinoises et étrangères que j’y suis allée. Nous étions plusieurs étrangers pour qui une visite médicale dans le cadre d’un emploi était une première. Mais les blagues et autres allusions des collègues masculins la veille ne nous avait pas rassurées. On se demandait un peu à quelle sauce on allait être mangé.

Nous étions 15 femmes. 4 étrangères et 11 chinoises. Le plus long a été à notre arrivée de faire enregistrer nos noms d’étrangères dans la base de données. Je pense qu’ils y ont bien passé 10 à 15 minutes. Les Chinois ne savent absolument pas faire la différence entre un nom et un prénom (pourtant ils ont la même chose) et je ne vous raconte pas quand il y a deux noms de famille ou plusieurs prénoms sur votre passeport…

Ensuite, nous avons eu droit, dans la file d’attente, à la prise de notre tension avec un appareil électronique. On nous a ensuite donné deux étiquettes avec nos noms et on nous a envoyé vers un autre numéro de salle. Devant la-dite salle, on nous a donné un tube à essai avec un long coton-tige. C’est là qu’on croit comprendre à quel type d’examen on va avoir droit…

Il y a plusieurs femmes qui attendent devant deux portes. Les infirmières nous dispatchent entre les deux portes. Les portes ne sont pas complètement fermées. Dès qu’une femme sort, la suivante entre. C’est à mon tour, j’entre. C’est effectivement un examen gynécologique auquel nous allons avoir droit. Mon premier réflexe, fermer la porte derrière moi. Le médecin me tend une feuille de plastique nouée au milieu. C’est là que je lève les yeux et que je me rend compte qu’en fait nous sommes deux dans la salle, une de mes collègues est juste à côté avec un autre médecin. Les deux portes menaient dans la même salle… Le médecin grommelle. Je suppose que je suis trop lente à son goût. Je lui demande à quoi sert le plastique qu’elle vient de me tendre. Elle me montre qu’il faut que je le pose sous mes fesses pour protéger le siège d’examen. Sans même m’adresser la parole, alors que je viens de lui parler en Chinois. Bref, je ne prend pas le temps d’enlever mes habits, je laisse mon pantalon sur mes chevilles et je m’exécute rapidement, histoire de sortir de là au plus vite. Durant le temps que j’ai passé dans la salle d’examen, qui a duré au plus deux minutes, la porte s’est ouverte au moins trois fois… Je me rhabille en quatrième vitesse, le médecin me râle dessus pour que je jette mon fameux plastique dans la poubelle en sortant, et me rend le tube à essai avec le coton-tige. En sortant, je remarque que la femme suivante ne ferme pas la porte. On m’envoie vers une autre salle.

La salle suivante est en fait le laboratoire où déposer le prélèvement. On m’envoie encore vers une autre salle. J’y retrouve mes collègues étrangères. Deux qui sont entrain de se faire piquer pour prélever leur sang, une autre qui attend comme moi dans la salle. On blague sur l’examen gynécologique qu’on vient de vivre, histoire de détendre l’atmosphère. Une des collègues que l’on vient de piquer crie « Aïe! ». On vient d’en parler, elle a pourtant l’habitude de donner son sang. J’apprendrai plus tard que l’infirmière ne trouvait pas sa veine et farfouillait dans son bras avec l’aiguille. A mon tour. L’infirmière me réclame la deuxième étiquette qu’elle colle sur un tube à essai pour le prélèvement. Elle me pique. Puis me renvoie vers le laboratoire pour déposer mes prélèvements. Et encore vers une autre salle. On est de nouveau ensemble avec mes collègues. Toutes dans la même salle pour l’examen de palpation du médecin. Tour à tour, on se couche sur la table d’examen le temps que le médecin nous tripatouille le ventre. On nous informe que c’était le dernier examen. On se retrouve toutes les quatre dans la grande salle où tout à commencer. On est toutes soulagé que ce soit terminé. Finalement, ce type d’expérience, ça rapproche!

Niveau efficacité par contre, rien à redire. 15 personnes: 30 minutes. Entre notre arrivée et notre départ. Dont facilement 10 minutes de perdues pour écrire nos noms d’étrangers…

Je tiens à souligner que l’expérience n’a pas été traumatisante non plus. Je ne suis pas pudique (heureusement!) et je me doutais de ce qui nous attendait, même si personne ne nous en avait informé. Je commence à connaître un peu le système chinois. Il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas des expériences agréables. Et que ma première envie quand je me suis retrouvée dans la salle d’examen gynécologique a été de prendre mes jambes à mon cou et ensuite un sentiment de révolte en me disant que ce n’était quand même pas normal de nous imposer ça. Et quasiment en parallèle un immense sentiment d’impuissance. De toute façon, si je veux l’emploi, pas d’autres alternative… Quand je pense que j’ai toujours refusé de faire pipi dans un pot lors de mes visites à la médecine du travail en France…

Tiens, si j’y pense, je vous parlerai une fois des toilettes en Chine… Sans porte, avec des murets bas… Si,si…

L’expatriation est une merveilleuse aventure, où l’on doit chaque jour repousser un peu ses limites, mais c’est vrai qu’on se passerai bien de certaines expériences! 

Ma reconversion professionnelle 

Cette reconversion, j’en rêve depuis plus de trois ans. J’en rêvais déjà, que je n’avais pas encore arrêté mon précédent boulot. Pas que je n’aimais pas ce que je faisais. Mais je ne supportais plus les horaires et le manque de disponibilité pour ma famille que cela impliquait. Et j’avais besoin de faire une pause professionnelle, j’avais besoin de prendre soin de mes enfants, de leur offrir ce dont ils avaient besoin durant leurs plus jeunes années.

Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Un emploi qui me permette d’avoir du temps pour ma famille, pour moi. C’était l’essentiel. Si cet emploi pouvait en plus me permettre de travailler en lien avec une de mes passions: les livres, le thé ou les enfants, ça aurait été parfait. Je me suis promis d’analyser la situation, de trouver des pistes, de trouver une formation, de m’organiser pour reprendre le travail le jour où on rentrerait en France.

Et puis je suis tombée enceinte, et puis Little Smiling Buddha est arrivé, et puis il avait intensément besoin de moi. Et puis ma reconversion a été mise de côté. Ce n’était de loin plus ma priorité…

En même temps, par l’intermédiaire de l’école de Little Miss Sunshine, j’ai très vite eu l’occasion de m’investir un peu dans quelque chose qui me plaisait: la bibliothèque de l’école. Dès la deuxième rentrée de Little Miss Sunshine, ou les trois mois de Little Smiling Buddha, j’ai participé à son entretien. Un après-midi par semaine. Jusqu’à ce que Little Smiling Buddha ait 8 mois, je l’emmenais chaque mardi. Ensuite, c’est Ayi qui s’en est occupée. J’avais un moment pour moi. Un moment où je m’investissais dans un projet plus grand que moi. Un moment où je sortais de mon train-train. Un moment où je pouvais parler avec des adultes. Et ce moment m’a fait beaucoup de bien.

À la rentrée suivante, j’ai décidé de m’investir plus. J’avais envie de plus. J’étais prête à faire autre chose que pouponner. Même si Little Smiling Buddha, 15 mois à l’époque, n’était pas forcément du même avis. Mais il restait volontiers avec Ayi un après-midi par semaine. J’ai créé les « ateliers du mardi » pour les classes de la section française. Une lecture et un bricolage en lien avec cette lecture par classe, pour chaque niveau, des Tout-Petits au CP, différent chaque semaine. J’avais besoin de beaucoup plus de disponibilité, notamment pour réfléchir mes ateliers – souvent le jeudi ou le vendredi de la semaine précédente – et puis pour les organiser – le mardi matin. Pas toujours simple avec Little Smiling Buddha dans les pattes, mais ce fut une réelle révélation. Je savais ce que je voulais faire. Et j’ai repensé à mes études, à ma première remise en question, il y a de ça presque dix ans maintenant…

J’ai tendance à dire que pour la suite, ma reconversion m’est tombée dessus. Mais à vrai dire, c’est mon investissement sur deux ans qui a payé. Je sais aussi que c’est ce statut un peu particulier d’expat qui me permet cette reconversion. Il faudra que je valide mes acquis lors de notre retour en France, mais j’ai déja des projets en tête pour le moment où ça arrivera.

Cette semaine, je commence un stage de deux jours par semaine à l’école qui durera jusqu’à la fin de l’année. Je passerai mes journées dans les classes des TPS, des PS, et des MS-GS. En observation ou en renfort. J’effectuerai des remplacements si nécessaire (comme je l’ai déjà fait en décembre).

J’ai aussi des formations de prévu. Notamment une formation à la pédagogie Reggio Emilia dès fin février. Je réfléchi aussi beaucoup à ma manière de mettre en place la bienveillance dans ma future classe. Je veux apporter ma contribution à la création d’une société plus bienveillante. Et moi qui ait longtemps réfléchi à faire l’instruction en famille à mes enfants, mais qui ait été mise en défaut par leur besoin de contact avec les autres, par leur ouverture d’esprit, je pense qu’il n’y a pas de meilleure manière de faire bouger les choses que de rentrer dans le système et de faire changer les choses à son niveau…

Et dès la rentrée de septembre, j’aurai ma classe. La classe des Tout-Petits. Et Little Smiling Buddha sera dans ma classe. J’ai déjà des tonnes d’idées, des tonnes d’envies, des tonnes de projets. J’ai aussi des tonnes d’appréhension. Mais je suis certaine que tout se passera bien. Je suis sûre de moi. J’aurai enfin le boulot de mes rêves! 

[Atelier lecture] Petit Bleu et Petit Jaune

Après mon premier atelier auprès des CP, j’ai continué mes lectures avec une partie de la classe de Petite Section. Suite à ma proposition, leur maître avait choisi l’histoire de Petit bleu et Petit jaune de Léo Lionni.

Deux semaines plus tard, j’ai relu cette histoire à la classe des Tout-Petits. Ils n’ont beau avoir qu’entre six mois et un an de différence d’âge, entre ces deux sections, l’écart d’éveil est colossal. J’ai donc proposé deux activités totalement différentes à ces deux classes.

Pour la classe des Petits, j’ai pris un risque. J’ai réalisé une activité qui n’était que de l’observation: un arc en ciel de couleurs qui prend forme devant nos yeux avec des colorants. J’ai longtemps hésité avant de le faire. Mais après avoir faire plusieurs fois l’expérience, j’ai réussi à réduire le temps d’attente à 10 minutes et je me suis donc dit que l’expérience pouvait être tentée.

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Pour réaliser cette belle expérience, il vous faudra:

  • six pots transparents (type pot à yaourt ou verre)
  • de l’eau
  • 6 feuilles de papier essuie-tout assez épais
  • des colorants alimentaires (jaune, rouge et bleu)

Pour que l’expérience soit rapide, il faut bien remplir les verres d’eau. Plus ils seront plein et plus rapide sera l’expérience. Placer les six verres en rond. Dans un verre sur deux, verser quelques gouttes de colorants alimentaires des couleurs primaires: rouge, bleu et jaune. Replier chaque feuille de papier essuie-tout, sous forme de boudin que l’on aplatit. Elles servent ensuite à créer des ponts entre les différents verres. Il faut bien veiller à ce que chaque pont trempe bien dans l’eau de chaque côté: un côté dans de l’eau coloré, un côté dans de l’eau claire. Ensuite, il ne reste plus qu’à être patient.

Progressivement on va observer les couleurs remonter le long de chaque petit pont et teinter l’eau claire. Au bout d’un temps, on observera les couleurs qui se mélangent.

Enfin, à la fin de l’expérience, on pourra observer toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Avec les Petits, j’ai choisi d’effectuer mon expérience au sol dans la bibliothèque de l’école. Il s’agissait d’un groupe de neuf enfants et de leur maître. Nous nous sommes tous assis en rond autour du plateau où j’effectuais l’expérience. J’ai commencé par mettre en place mon expérience, tout en mettant à leur disposition l’arc-en-ciel moyen de Grimms.

Nous avons parlé des couleurs, nous les avons nommé, nous avons parlé d’arc-en-ciel. Je leur ai expliqué ce que je faisais et ce que nous allions pouvoir observer.

Une fois que tout à été mis en place, je leur ai lu l’histoire Petit Bleu et Petit Jaune

J’essai toujours, au cours de mes lectures, de les faire répéter ce qu’ils ont compris de certaines situations clefs, de les faire observer les images et voir ce qu’ils en comprennent, de leur poser des questions sur des mots de vocabulaire que je ne suis pas sûre qu’ils maîtrisent. Ca permet également de garder l’attention d’un maximum de monde…

Et j’ai été bluffé par l’attention qu’ils m’ont porté. Ils ont observé l’évolution des couleurs avec très grand intérêt. ils m’ont posé des tas de questions sur l’histoire, sur les couleurs, les arc-en-ciel. Ils m’ont raconté des tas de choses de leur vie au fur et à mesure que ça leur passait par la tête et moi j’étais juste là pour les écouter et les inciter à continuer à communiquer. J’ai passé un superbe moment avec ce groupe particulièrement attachant! 

Avec la classe des Tout-petits, c’était différent. C’était ma deuxième intervention dans leur classe. Ma première intervention auprès des tout-petits, à la bibliothèque, quelques semaines à peine après la rentrée, ne m’avait pas convenu. Ils avaient été trop chamboulé à mon goût. Ils sortaient de la sieste, avaient été amené à la bibliothèque où ils n’étaient encore jamais allé, m’avaient rencontré pour la première fois… La plupart ont pleuré à un moment où à un autre… Mais cette deuxième intervention à un horaire différent et dans le cocon de leur classe a été beaucoup plus encourageante.

J’ai commencé par leur donner l’arc-en-ciel de Grimms, qui leur a énormément plu. Ils ont beaucoup joué avec. Nous avons énuméré les couleurs. Et je leur ai laissé l’arc-en-ciel à disposition pendant que je leur ai lu l’histoire. Ils sont 6 enfants dans la classe. Leur maîtresse chinoise et leur Ayi étaient également présentent pour les rassurer. Et ils ont été beaucoup plus réceptif dans un univers connu.

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A la fin de la lecture, je leur ai proposé mon activité de peinture propre. J’ai placé de la peinture dans un sac congélation et nous avons essayé de mélanger les couleurs entre elles. Nous avons réalisé trois mélanges: le bleu et le jaune, le rouge et le bleu et enfin le jaune et le rouge. Alors que lors de mon précédent atelier, j’avais eu beaucoup de mal à les faire participer, cet atelier les a bien intéressé. La moitié d’entre eux à accepter de patouiller et mélanger les couleurs. L’autre moitié était dans l’observation.

Cet atelier m’a renforcé dans ma conviction qu’il fallait que je persévère avec les Tout-Petits, qu’il s’agit juste d’une question de temps et d’univers. Nous avions en effet discuté avec leur maîtresse française pour savoir si nous n’allions pas remettre les ateliers au mois de janvier, quand les enfants seraient déja plus à l’aise avec l’école. Nous nous étions donné une séance de plus pour observer dans d’autres conditions et cette séance a porté ses fruits! Je suis ravie!

Je songe de plus en plus sérieusement à ma reconversion professionnelle…