[Expatriation] Vivre dans une grande ville polluée

La pollution était une de mes principales craintes quand nous avons emménagé à Shanghai. Je vous en avais parlé dès le mois de mars avant notre départ, mais aussi peu de temps après notre arrivée alors que nous n’avions pas encore vécu de réels pics de pollution.

Alors il faut tout de même le dire, mais depuis que nous sommes arrivés à Shanghai, la situation ne fait que s’améliorer. Nous avons eu le dernier grand pic de pollution l’hiver où nous sommes arrivés: trois semaines à près de 500. Heureusement, c’était les vacances de Noël, nous les avons passé en France et nous n’avons eu à vivre que les quelques derniers jours de ce pic. Depuis, nous avons eu un pic à 500 durant deux jours en janvier dernier et sinon des pics à 250 maximum mais juste sur une journée de temps à autre.

Cet hiver, avec le froid, la pollution stagne au-dessus de Shanghai. Depuis début janvier les taux étaient assez élevés (régulièrement 180), mais depuis près d’une semaine la pollution est vraiment élevée, les taux sont montés à 280 et même la nuit rien n’a changé. Après trois jours au-delà de 250, je commence vraiment à en sentir les effets. 

Les effets de la pollution ne sont pas très agréable: je me sens fatiguée, las, je n’ai envie de rien, j’ai les membres lourds, j’ai mal à la tête, j’ai la tête qui tourne quand les taux sont vraiment élevés et que je dois faire un effort (escaliers, ménage, vélo) même avec un masque, je me sens nauséeuse. Dès que le taux baisse en-dessous de 100, je me sens tout de suite mieux. Le souci est vraiment qu’on ne connaît pas les effets de cette pollution à long terme, ou plutôt qu’on s’en doute compte tenu du taux de cancer respiratoire dans des pays comme la Chine…

Protéger les enfants est une de mes priorités. Quand j’étais encore maman au foyer, j’ai toujours gardé Little Miss Sunshine à la maison les jours de forte pollution. Chez nous, nous avons un purificateur dans chaque pièce qui tourne 24h/24 365 jours par an. Les jours de forte pollution, je les pousse au maximum pour abaisser les taux le plus rapidement possible en-dessous de 100 à l’intérieur de la maison. Le problème est que l’isolation en Chine est vraiment extrêmement mauvaise. On sent l’air qui passe partout au niveau des portes et des fenêtres et c’est partout pareil. Donc dès qu’une porte ou une fenêtre est mal fermée, les taux montent extrêmement rapidement et tardent à redescendre. Je me bats quotidiennement avec Ayi dans ces cas-là pour qu’elle n’ouvre pas les fenêtres, n’accroche pas mon linge à l’extérieur, ferme les portes le plus rapidement possible. Mais malheureusement les Chinois ne se soucient que peu de la pollution. Ils sont relativement défaitistes et pensent que c’est ainsi et qu’ils doivent vivre avec…

Chez nous, la routine est relativement bien réglée en cas de pollution. Nous avons un moniteur qui calcule en temps réel le taux de particules dans la pièce principale. Nous savons donc toujours exactement quel niveau de pollution nous atteignons à l’intérieur de la maison.

Nous allumons les purificateurs à fond, nous évitons au maximum les sorties et nous croisons les doigts pour que les taux baissent rapidement. Le souci étant que depuis septembre je travaille. Je ne peux donc plus simplement garder les enfants à la maison à surveiller les taux de pollution.

Personnellement, je suis obligée d’aller à l’école en vélo pour arriver à l’heure. Je suis donc contrainte de mettre un masque qui filtre les particules fines (ce qui n’est pas le cas de tous les masques) et de rouler dans la pollution et la circulation shanghaienne. J’ai choisi un masque de la marque vogmask, mais nous utilisons également régulièrement les masques avec filtres à particules jetables de 3M. Ces masques sont pour la plupart équipé d’un filtre à charbon et doivent être changé plus ou moins régulièrement en fonction des marques et des modèles. Je dois bien avouer que je n’aime pas porter ce type de masque. Je trouve qu’il est difficile de respirer à l’intérieur, puisque le masque va venir se plaquer contre le visage au moment de l’inspiration ce qui rend plus difficile le remplissage des poumons et se décoller légèrement au moment de l’expiration. Je suis très facilement en hyper-ventilation avec ce type de chose sur le nez…

J’ai les même types de masque pour les enfants. Et ils n’aiment pas les porter. Tout comme moi, je ne vais donc pas leur en vouloir. Et les enfants passent chaque matin et chaque soir 1h10 dans le bus scolaire au milieu de la circulation et donc de la pollution. Et rien n’est fait de la part de l’école dans le bus. Ils ont donc régulièrement un masque (qu’ils perdent ou ne portent pas ou abîment…) ce qui me semble totalement inefficace. Tant que la pollution n’atteint pas des sommets, j’essaie de ne pas trop y penser. Mais depuis quelques jours, ce n’est juste pas possible. J’ai donc apporté mes enfants en taxi (quinze minutes) pour leur éviter ce temps dans le bus. Et nous leur avons acheté un modèle de purificateur d’air portatif qui se porte autour du cou. Il s’agit d’un filtre à charbon et/ou un ionisateur suivant les marques qui va éliminer les particules fines aux alentours des voies respiratoires. J’imagine bien que ce n’est pas magique, mais j’espère que les effets sont assez importants pour au moins abaisser légèrement le taux de pollution. Nous avons acheté une marque chinoise, air angel. Nous attendons de voir si les enfants les portent vraiment et s’ils ne les abîment pas trop rapidement avant d’investir dans quelque chose de plus cher.

A l’école, les normes sont claires, mais parfois difficilement applicables avec le personnel chinois. Ils ne comprennent pas toujours l’intérêt de fermer une porte ou alors sont persuadés que quoi qu’il arrive l’air extérieur est toujours meilleur que l’air intérieur… Nous avons des purificateurs dans tous les salles qui sont allumés dès que la pollution est supérieure à 150. Quand la pollution est supérieure à 180, nous ne sortons plus à l’extérieur, nous avons un espace de jeu souterrain avec de nombreux purificateurs. Mais il n’empêche, les taux de pollution dû au va-et-vient du personnel entre l’intérieur et l’extérieur, à la mauvaise isolation voire à l’absence de portes ou de fenêtres dans certains espaces, demeurent trop élevés à mon sens. Et c’est quelque chose qui m’inquiète parce que j’ai réussi à protéger Little Miss Sunshine jusqu’à présent en la gardant systématiquement à la maison, mais que je ne pourrai pas faire pareil avec Little Smiling Buddha. Et c’est donc un réel combat que je vais essayer de mener de l’intérieur avec les parents d’élèves.

Si vous avez les mêmes problématiques, n’hésitez pas à me donner votre avis, vos idées! 

[Expatriation] [Choc culturel] Passer une visite médicale en Chine

Depuis que nous sommes en Chine, j’ai eu l’occasion de passer deux visites médicales. La première, juste après mon arrivée, était celle nécessaire pour l’obtention d’un permis de résidence. La deuxième, que je viens de passer il y a quelques jours, était celle nécessaire avant mon embauche par mon nouvel employeur.

Rien de nouveau sous le soleil, mais les Chinois sont quelque peu nombreux. Et s’il y a bien quelque chose que les Chinois craignent par-dessus tout, ce sont les maladies qui se propagent. Tout est donc fait pour que les Chinois soient le moins malade possible. Et d’ailleurs la Médecine Traditionnelle Chinoise est une médecine qui est avant tout destinée à prévenir les maladies. Quand ils sont malades, les arrêts de travail ou même les fermetures d’école pleuvent. Pour une grippe, c’est trois semaines d’arrêt avec interdiction de sortir de chez soi. Pour six enfants avec une maladie infantile comme pied-main-bouche ou quelque chose d’aussi banal que des poux dans une école, c’est toute l’école qui risque la fermeture (une classe peut être fermée si deux enfants ont la même maladie contagieuse ou des poux). Bref, on ne rigole pas avec la contagion.

Vous pouvez donc bien vous douter que les visites médicales sont assez complètes en règle générale.

Pour la première, j’y étais allée seule. Je prenais d’ailleurs le taxi seule à Shanghai pour la première fois. C’était quelque trois jours après mon arrivée. Un samedi matin. La visite médicale avait lieu dans un hôpital spécialisé. Tous les étrangers qui demandent un permis de résidence y passent. En arrivant, après quelques questions d’ordre administrative, on m’a envoyé vers un numéro de salle. Là-bas, je découvre des vestiaires. On me dit de me mettre en culotte et d’enfiler un peignoir mis à disposition pour l’occasion. Nous sommes nombreuses dans les vestiaires et chacune attend qu’une cabine (avec une porte qui se ferme d’ailleurs à clef, un luxe! Je l’apprendrais plus tard, mais c’est spécial pour les étrangers ça!) En ressortant, en peignoir, on m’envoie vers une autre salle, devant laquelle hommes et femmes en peignoir et chaussons prêtés pour l’occasion attendent déjà. C’est une salle d’examens. Chaque examen a lieu dans une salle différente, et on passe les uns après les autres, à la queue leu leu, la porte grande ouverte, le suivant déjà debout dans la salle et souvent au moins deux ou trois personnes qui passent le même examen côte à côte. À chaque fois que l’on termine un examen, on nous donne un autre numéro de salle. Les médecins et infirmières ne parlent pas. Ils nous examinent machinalement. En fait, en voyant faire le précédent, on sait ce qu’il va falloir faire… j’ai l’impression d’être totalement déshumanisé, cette désagréable impression de n’être qu’un numéro. Et finalement, c’est exactement ce que je suis. Ni homme, ni femme, juste un numéro à examiner.

Les examens sont très rapide. Prises de sang, radio des poumons, auscultation générale, électrocardiogramme, … tout y passe de salle en salle. Et toujours la même attente. Le même schéma.

Papa Lou ayant passé cet examen quelques semaines avant moi m’avait prévenu. Heureusement. Pour un premier contact avec la Chine, il m’a plutôt déstabilisé. Cette impression de déshumanisation, cette impression de devoir faire comme tout le monde, de n’avoir aucun libre arbitre, aucune considération de la part des médecins et infirmières qui ne nous ont jamais ou presque adressé la parole. Et en même temps, cette efficacité dans la gestion du nombre. Nous étions des centaines. Les examens se faisaient à la chaîne, avec une rapidité hallucinante. Ca a été mon premier choc culturel.

Je ne m’attendais pas à revivre une visite médicale en Chine. Je prend toujours grand soin d’accompagner les enfants quand ils doivent faire une visite dans un hôpital chinois ou qu’un médecin chinois vient à l’école pour les vérifications annuelles. J’ai trop peur de les traumatiser, je ne veux pas qu’il ressentent cette impression de n’être qu’un numéro parmi d’autres…

Il s’avère donc que pour se protéger en Chine, l’employeur demande une visite médicale très poussée à celui qu’il emploie. Les examens pratiqués sont à la discrétion de l’employeur, mais demeurent assez standardisés. Il faut vérifier que la personne est apte à travailler, mais surtout qu’elle n’a pas de maladies qui pourrait être transmises à d’autres. Si quoi que ce soit est découvert tout est mis en œuvre, avec l’aide de l’employeur, pour remédier au « problème ». On m’a raconté qu’un jour c’est ainsi qu’un employé a découvert qu’il était atteint de la syphilis lors d’un de ces contrôles et que l’employeur avait été obligé de lui « offrir » trois semaines de traitement dans un centre spécialisé.

Je ne pensais pas remettre les pieds dans un hôpital chinois de si tôt, mais finalement, pour nos dernières années en Chine, j’y aurai le droit tous les ans. Et cette nouvelle expérience ne m’a pas franchement donné envie d’y retourner tous les ans…

C’est avec une grande partie de mes collègues féminines chinoises et étrangères que j’y suis allée. Nous étions plusieurs étrangers pour qui une visite médicale dans le cadre d’un emploi était une première. Mais les blagues et autres allusions des collègues masculins la veille ne nous avait pas rassurées. On se demandait un peu à quelle sauce on allait être mangé.

Nous étions 15 femmes. 4 étrangères et 11 chinoises. Le plus long a été à notre arrivée de faire enregistrer nos noms d’étrangères dans la base de données. Je pense qu’ils y ont bien passé 10 à 15 minutes. Les Chinois ne savent absolument pas faire la différence entre un nom et un prénom (pourtant ils ont la même chose) et je ne vous raconte pas quand il y a deux noms de famille ou plusieurs prénoms sur votre passeport…

Ensuite, nous avons eu droit, dans la file d’attente, à la prise de notre tension avec un appareil électronique. On nous a ensuite donné deux étiquettes avec nos noms et on nous a envoyé vers un autre numéro de salle. Devant la-dite salle, on nous a donné un tube à essai avec un long coton-tige. C’est là qu’on croit comprendre à quel type d’examen on va avoir droit…

Il y a plusieurs femmes qui attendent devant deux portes. Les infirmières nous dispatchent entre les deux portes. Les portes ne sont pas complètement fermées. Dès qu’une femme sort, la suivante entre. C’est à mon tour, j’entre. C’est effectivement un examen gynécologique auquel nous allons avoir droit. Mon premier réflexe, fermer la porte derrière moi. Le médecin me tend une feuille de plastique nouée au milieu. C’est là que je lève les yeux et que je me rend compte qu’en fait nous sommes deux dans la salle, une de mes collègues est juste à côté avec un autre médecin. Les deux portes menaient dans la même salle… Le médecin grommelle. Je suppose que je suis trop lente à son goût. Je lui demande à quoi sert le plastique qu’elle vient de me tendre. Elle me montre qu’il faut que je le pose sous mes fesses pour protéger le siège d’examen. Sans même m’adresser la parole, alors que je viens de lui parler en Chinois. Bref, je ne prend pas le temps d’enlever mes habits, je laisse mon pantalon sur mes chevilles et je m’exécute rapidement, histoire de sortir de là au plus vite. Durant le temps que j’ai passé dans la salle d’examen, qui a duré au plus deux minutes, la porte s’est ouverte au moins trois fois… Je me rhabille en quatrième vitesse, le médecin me râle dessus pour que je jette mon fameux plastique dans la poubelle en sortant, et me rend le tube à essai avec le coton-tige. En sortant, je remarque que la femme suivante ne ferme pas la porte. On m’envoie vers une autre salle.

La salle suivante est en fait le laboratoire où déposer le prélèvement. On m’envoie encore vers une autre salle. J’y retrouve mes collègues étrangères. Deux qui sont entrain de se faire piquer pour prélever leur sang, une autre qui attend comme moi dans la salle. On blague sur l’examen gynécologique qu’on vient de vivre, histoire de détendre l’atmosphère. Une des collègues que l’on vient de piquer crie « Aïe! ». On vient d’en parler, elle a pourtant l’habitude de donner son sang. J’apprendrai plus tard que l’infirmière ne trouvait pas sa veine et farfouillait dans son bras avec l’aiguille. A mon tour. L’infirmière me réclame la deuxième étiquette qu’elle colle sur un tube à essai pour le prélèvement. Elle me pique. Puis me renvoie vers le laboratoire pour déposer mes prélèvements. Et encore vers une autre salle. On est de nouveau ensemble avec mes collègues. Toutes dans la même salle pour l’examen de palpation du médecin. Tour à tour, on se couche sur la table d’examen le temps que le médecin nous tripatouille le ventre. On nous informe que c’était le dernier examen. On se retrouve toutes les quatre dans la grande salle où tout à commencer. On est toutes soulagé que ce soit terminé. Finalement, ce type d’expérience, ça rapproche!

Niveau efficacité par contre, rien à redire. 15 personnes: 30 minutes. Entre notre arrivée et notre départ. Dont facilement 10 minutes de perdues pour écrire nos noms d’étrangers…

Je tiens à souligner que l’expérience n’a pas été traumatisante non plus. Je ne suis pas pudique (heureusement!) et je me doutais de ce qui nous attendait, même si personne ne nous en avait informé. Je commence à connaître un peu le système chinois. Il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas des expériences agréables. Et que ma première envie quand je me suis retrouvée dans la salle d’examen gynécologique a été de prendre mes jambes à mon cou et ensuite un sentiment de révolte en me disant que ce n’était quand même pas normal de nous imposer ça. Et quasiment en parallèle un immense sentiment d’impuissance. De toute façon, si je veux l’emploi, pas d’autres alternative… Quand je pense que j’ai toujours refusé de faire pipi dans un pot lors de mes visites à la médecine du travail en France…

Tiens, si j’y pense, je vous parlerai une fois des toilettes en Chine… Sans porte, avec des murets bas… Si,si…

L’expatriation est une merveilleuse aventure, où l’on doit chaque jour repousser un peu ses limites, mais c’est vrai qu’on se passerai bien de certaines expériences! 

[Expatriation] La difficulté du décalage horaire en famille (2)

Lors de notre premier voyage de retour vers la France, il y a à peine un peu plus d’un an, je vous faisais part de la difficulté de gérer le décalage horaire en famille. Je vous parlais également de ma peur de notre prochain voyage hivernal vers la France avec un bébé de quelques mois.

A ce jour, nous avons effectué d’autres voyages, à trois et à quatre, et j’ai donc quelques expériences en plus à partager.

Le choix de l’horaire de départ est un des critères important pour bien gérer le décalage horaire en famille. Malheureusement, nous n’avons pas des tonnes de choix quand à nos horaires de départ et d’arrivée entre Shanghai et l’Alsace. Le départ de Shanghai s’effectue habituellement le soir tard. Et c’est une bonne chose. Tout le monde est fatigué et s’endort relativement vite dans l’avion. L’arrivée à Paris est plus compliquée puisqu’il est très tôt le matin et que nous devons patienter 4 à 5h à l’aéroport. Nous en profitons habituellement pour prendre un petit déjeuner et acheter une babiole ou deux à chacun d’entre nous (livre de coloriage, sucrerie, livre, magazine,…) Nous reste alors 1h d’avion et 1h de trajet en voiture pour enfin arriver dans nos familles. Nous avons pris l’habitude de déjeuner tous ensemble – avec Papapa, Mamama, Nonna et GrandPapa – et de sortir faire une promenade tout de suite après le repas. Ce qui nous évite de nous endormir. Et les enfants, même s’ils dorment dans le porte-bébé ou la poussette ont aussi le bénéfice d’une promenade au grand air. Cette promenade est vraiment ce qui nous sauve d’un décalage horaire trop difficile à gérer en arrivant en France. 

Pour le retour, c’est plus compliqué. Aucun vol ne nous semble vraiment faciliter le décalage horaire. Le plus gérable pour nous est de quitter l’Alsace par un vol en soirée, de patienter 4 ou 5h à Paris  – d’y dîner et de se promener un peu dans l’aéroport – et de reprendre le vol de nuit direction Shanghai. Avec la fatigue des vacances, tout le monde dort relativement bien dans l’avion. Le plus difficile est l’arrivée à Shanghai vers 17h. Nous ne sommes pas de retour chez nous avant 19h et il fait donc déjà nuit. Impossible de sortir se promener. Impossible de se recoucher a 21h ou 22h alors que nous venons de nous réveiller quelques heures auparavant. On étire la soirée tant que possible, on est fatigué, on s’endort, on se réveille en plein milieu de la nuit et la lutte contre le décalage horaire débute…

Et je n’ai malheureusement pas encore trouvé de solutions pour ce vol retour. Les réveils se multiplient en plein milieu de la nuit durant la semaine qui suit notre retour. Toute la famille fini par se retrouver à papoter au lit à 3h du matin quasiment tous les jours. Finalement, au bout d’une semaine, l’effet du décalage horaire s’estompe…

Ce que nous avons donc retenu de notre premier retour en France en famille, c’est qu’il ne faut jamais faire de sieste l’après-midi suite à un retour en France matinal. La seule solution pour se remettre tous ensemble le plus vite possible à l’heure française, est de sortir s’aérer au moins une heure tout de suite après le repas.

 

[Expatriation] La prise en charge médicale à Shanghai

Voilà un peu plus d’une semaine – dix jours pour être précis-, que Little Miss Sunshine vient de passer à la maison avec moi. Ce n’était pas les vacances scolaires, non. Little Miss Sunshine nous a fait sa première vraie bronchiolite.

Ce n’est pas la première, sur son carnet de santé, il y en a trois de noté. Mais je me rend bien compte, qu’en France on dit automatiquement bronchiolite, dès qu’un enfant tousse un peu plus grassement que d’habitude, et on nous envoie chez le kiné d’office. Et la kiné respiratoire, quelle torture! On essaie de nous convaincre que c’est pour le bien de l’enfant, mais cela s’apparente à mon sens plutôt à de la barbarie. En temps qu’adulte, jamais on n’oserait nous proposer un traitement pareil. Little Miss Sunshine a fait cinq séances de kiné respiratoire dans sa vie – réparties sur les trois « bronchiolites » – et suite à la cinquième séance, j’ai décidé que plus jamais je n’y mettrai les pieds. Pour couronner le tout, je me rend bien compte avec le recul et la bronchiolite que vient de me faire Little Miss Sunshine qu’il ne s’agissait en fait que de suspicion de bronchiolites pour les trois premières!

Bref, nous avons testé le système de santé chinois. Nous l’avions déja fait pour les adultes – Papa Lou et moi avons été bien malade juste avant de rentrer en Alsace -, cette fois c’était à Little Miss Sunshine de nous faire découvrir les joies de la pédiatrie en Chine. A vrai dire, c’est plutôt le système de santé international en Chine que nous avons testé. Rien à voir avec le système de santé chinois. Mais ce qui est sûr c’est que nous avons très bien été pris en charge.

Nous avons eu un rendez-vous dans la journée lorsque j’ai appelé. Malheureusement, il n’y avait pas de médecin parlant français disponible avant la fin du week-end, j’ai donc dû me contenter d’une pédiatre chinoise parlant l’anglais, mais elle a été vraiment très bien. J’ai toujours beaucoup d’appréhension face à l’anglais quand il s’agit de médecine. J’ai l’impression de me sentir totalement démunie et puis au final, ça se passe toujours très bien!

Nous avons été très bien pris en charge que ce soit par le personnel à l’accueil, l’infirmière ou la pédiatre. Ils ont tous été très gentils et doux avec Little Miss Sunshine. Ils m’ont à chaque fois expliqué ce qu’ils allaient lui faire et j’ai pu tout lui traduire en Français pour qu’elle sache exactement ce qui se passe. Et elle a été super calme. Et super courageuse. Et au passage, j’ai découvert qu’en plus de comprendre parfaitement le Français, de commencer à comprendre le Chinois (sans encore le parler), Little Miss Sunshine comprend également certaines choses en Anglais… On lui a fait deux prélèvements pour vérifier que ce n’était pas une grippe et que c’était bien une bronchiolite. Nous avons eu les résultats quelques dizaines de minutes plus tard. Elle a alors reçu son traitement. La première partie de son traitement à directement été mis en place à l’hôpital, ensuite on m’a montré comment préparer la ventoline et le nébuliseur et nous sommes repartis avec un appareil en location sous le bras. C’est le seul traitement que nous avons eu. J’ai dû insister pour qu’on me prescrive du paracétamol pour faire baisser la fièvre, parce qu’il ne m’en restait presque plus. Comme dans de nombreux autres pays, en Chine, on ne s’embarrasse pas de médicaments de confort… Et après réflexion, c’est très bien comme ça, on nous en donne beaucoup trop en France qui ne servent à rien et terminent à la poubelle – à défaut de retourner à la pharmacie.

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Nous avions rendez-vous deux jours plus tard pour refaire un point sur la situation. En effet, les résultats n’étaient pas très bons pour cette première et ils voulaient s’assurer que tout rentrerait dans l’ordre très vite. Et nous avons eu de la chance, tout est rentré dans l’ordre dès notre deuxième visite. La pédiatre nous a alors demandé de garder Little Miss Sunshine à la maison pour toute la semaine afin de la protéger des autres virus qui circulent. Elle avait raison. A l’école, beaucoup d’enfants ont la grippe et/ou la gastro.

Cette semaine de répit nous aura permis de nous retrouver et de me souvenir pourquoi j’aime tant passer du temps avec ma fille, mais aussi à quel point des journées entières avec un enfant de trois ans peuvent être fatigante 😉 Mais je vous en parle très vite dans un autre billet!

[Vie du blog] Quelques nouvelles

Bonjour à tous,

Je manque décidément à tous mes devoirs et passe de moins en moins de temps par ici. Mais je vous rassure, j’aurai bientôt à nouveau beaucoup plus de temps. En effet, nous avons trouvé une école maternelle pour Little Miss Sunshine et elle va faire sa rentrée mi-octobre. Nous l’avons inscrite dans une école internationale et elle aura deux professeurs, un Français et un Chinois. Elle passera donc la moitié de la semaine à apprendre le Français et l’autre moitié le Chinois. Elle sera alors absente toute la journée et je vais me retrouver complètement seule!

J’ai déja beaucoup de projets pour cette période qui risque d’être un peu dur émotionnellement pour moi et bloguer en fait partie. Je me suis, entre autres, inscrite à diverses conférences sur le thème de la Chine, à des cours de cuisine chinoise, j’ai pris le numéro de quelques autres mamans françaises pour sortir et me changer les idées, je vais enfin commencer des cours de chinois (dès que Papa Lou m’aura trouvé un prof!) mais j’ai aussi l’intention de me mettre à écrire, comme j’en ai toujours rêvé, et de continuer à visiter Shanghai, notamment à vélo (dès que j’en aurai trouvé un qui me convient!).

En attendant, nous allons accueillir Papapa et Mamama chez nous dès demain matin et nous partirons tous ensemble à la découverte du Yunnan dès mercredi pour une semaine – ce sont les congés de la Fête Nationale en Chine. J’aurai donc énormément de choses à vous raconter d’ici notre retour.

A très bientôt,

Loutarwen

PS: Je continue à publier quotidiennement sur Instagram… Bien que je ferai très certainement une pause d’une semaine pour profiter à fond de notre découverte du Yunnan!

[Vivre en Chine] La pollution

Je vous en avais déjà parlé bien avant mon départ, la pollution, c’est une des choses qui m’inquiétaient le plus dans notre nouvelle vie à Shanghai.

Papa Lou nous avait en partie rassurées en nous disant que même si les jours de forte pollution, il sentait la différence cela ne l’empêchait absolument pas de vivre normalement. Mais il n’empêche que j’avais besoin de voir ou plutôt de sentir pour le croire.

Nos premiers jours à Shanghai ont été pluvieux. La pollution était donc relativement basse. Ce n’est que le premier mercredi que le seuil est monté au-delà de 150. En sortant ce jour-là, j’ai eu un choc. Je la sentais vraiment bien la pollution. Il faisait d’ailleurs beau et chaud en parallèle. Je me suis tout de suite sentie fatiguée, étouffée et essoufflée. Ca ne m’a pas vraiment rassuré. Bien au contraire.

Mais finalement, je pense que ce n’était que le choc de la première. Depuis, je ne la sens plus vraiment ou à peine. Les seuils sont montés à 200 ses derniers jours et nous avons vécu tout à fait normalement avec Little Miss Sunshine.

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Il faut dire qu’à l’intérieur, nous avons investit dans des purificateurs d’air. Avant même notre arrivée, Papa Lou avait acheté deux purificateurs d’air – un pour chaque chambre – ainsi qu’un purificateur/ionisateur/humidificateur et un ionisteur pour la pièce à vivre. Cela permet d’assainir l’air que nous respirons à l’intérieur. Je ne sais pas si c’est vraiment efficace, mais je me suis bien rendu compte que dans le bureau – où nous n’avons pas de purificateur et où la porte reste fermée la plupart du temps – l’air est beaucoup moins respirable que dans les autres pièces à la fin d’une journée à forte pollution.

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J’ai pris l’habitude de contrôler le niveau de pollution dès mon réveil le matin. Cela me permet de savoir si je vais aérer l’appartement ou pas. Dès que le seuil dépasse les 100, je préfère garder mes fenêtres fermées. Les purificateurs permettent d’assainir l’air. Ca n’est donc pas dérangeant de laisser les fenêtres fermées plusieurs jours de suite.

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Par contre, dès que j’aère, je préfère forcer la marche des purificateurs pendant une trentaine de minutes. Surtout dans la chambre de Little Miss Sunshine où elle passe pas mal de temps.

La pollution ne nous dérange pas tant que ça finalement. Bien que je ne sache pas vraiment ce que ça donnera à long terme. Pour l’instant, nous sommes parés et nous le vivons plutôt bien.

Si certains d’entre vous ont une telle expérience à partager, je suis preneuse!