[Livre jeunesse] Le loup qui voulait faire le tour du monde

C’est un peu par hasard, en cherchant un livre qui traitait de voyage, juste avant notre départ pour la chine, que je suis tombée sur ce livre sur lequel j’ai totalement craqué.

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Little Miss Sunshine connaissait déja Le Loup au travers du livre Le loup qui voulait changer de couleurs et aimait beaucoup ce personnage. Alors je n’ai pas hésité un instant à acheter ce beau livre.

Le Loup s’ennuie dans sa forêt.

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Alors il décide de faire sa valise et de partir en tour du monde. On le suit dans ses aventures à Paris,

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en Angleterre,

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en Italie,

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en Egypte et au Kenya,

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à Madagascar et au Népal,

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en Chine et en Australie,

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en Amérique du Sud et à New York,

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et au Canada. Et puis il est fatigué de parcourir le monde et décide de rentrer narrer ses aventures à ses amis de la forêt.

Ce petit livre est extrêmement riche. Il convient à mon sens à des enfants d’âge très différent et à des stades de compréhension très différents également. Les plus petits aimeront les mésaventures amoureuses du Loup, les couleurs et les dessins. Les petits commenceront peut être à poser des questions sur les différentes destinations du Loup. Et les plus grands pourront totalement se plonger dans le tour du monde du Loup.

C’est aussi une base géniale, un outil de réflexion et de travail sur les pays, les continents, le monde, le voyage. C’est bien simple, nous l’utilisons très régulièrement avec Little Miss Sunshine et j’ai encore mille et une idée d’activités autour de ce livre.

Suite à notre départ en Chine, Little Miss Sunshine a été très demandeuse en ce qui concerne la géographie. Et ce n’est pas évident de parler de géographie à un enfant de même pas trois ans. Nous avions bien investi dans un super atlas qui nous a beaucoup servi et nous sert toujours, mais rien ne vaut une histoire d’aventures… Et la mappemonde qui se trouve au dos de la couverture nous permet à chaque lecture de situer le Loup dans ses aventures (ce qu’elle arrive à faire d’elle-même maintenant).

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Ce livre est vraiment un véritable coup de coeur pour toutes les deux. Et encore aujourd’hui, nous le relisons très régulièrement et nous l’utilisons régulièrement dans nos activités géographiques!

[Expatriation] La difficulté du décalage horaire en famille

C’est la première fois que nous venons d’effectuer un voyage aller-retour entre la France et la Chine. Et il va sans dire que ces voyages étaient particulièrement éprouvant, notamment au niveau du décalage horaire. Nous avons actuellement 7h de décalage avec la France. Nous sommes 7h en avance sur la France. En été, il s’agit de 6 heures de décalage.

Le décalage horaire n’est jamais une chose facile à gérer. Tout dépend de son état de fatigue au moment du voyage, de l’heure de départ et d’arrivée, de la manière dont on arrive à dormir dans l’avion,… Bref de nombreux facteurs entrent en jeu. Mais cette fois-ci, j’ai trouvé ce décalage particulièrement violent. Enceinte et malade moins d’une semaine avant notre départ, j’étais exténuée au départ, il faut bien l’avouer. Et ça a été pareil pour Little Miss Sunshine et Papa Lou. Nous avons mis plus d’une semaine à nous en remettre à l’aller. Et il va sans dire que les horaires de coucher décalés dus aux fêtes n’ont rien arrangé.

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Survol des Vosges enneigées le 2 janvier 2015.

Mais j’ai l’impression que ça a été pire au retour. Les horaires de vol n’étaient de loin pas idéaux, mais nous n’avons pas vraiment eu le choix. Nous avons quitté l’Alsace en avion en fin de matinée. Nous avons dû courir à Paris pour rattraper notre avion en partance pour Shanghai qui a été obligé de nous attendre… Merci Air France! Ne nous restait plus qu’à passer une bonne nuit de sommeil dans l’avion avant d’arriver à 8h du matin à Shanghai. Mais ni Papa Lou, ni moi n’avons réussi à fermer l’oeil de la nuit et Little Miss Sunshine a très mal dormi également. Elle était d’ailleurs tellement déphasée à notre arrivée qu’elle a vomit deux fois. Nous avons donc passé notre journée à comater sur le canapé sans pouvoir nous réveiller vraiment. Nos bagages avaient été « oublié » à Bâle-Mulhouse par Air France et l’aéroport de Shanghai a choisi de nous les livrer ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là à 2h du matin. On était content de les retrouver, mais impossible de nous rendormir ensuite…

Dimanche, il nous a été impossible de nous lever avant 11h du matin. Nous nous sommes ensuite forcés à sortir manger et aller faire quelques courses pour la semaine. Mais j’ai eu de grosses chutes de tension régulièrement. Papa Lou a repris le travail lundi matin. Il n’a pas encore réussi à dormir plus de quelques heures d’affilés la nuit. Heureusement, j’avais prévenu l’école de Little Miss Sunshine qu’elle ne reviendrait que le mardi. Ca nous laisse une journée de répit.

Nous sommes lundi matin, et nous sommes encore loin d’avoir rattrapé la moindre heure de sommeil. Les prochains jours risquent d’être encore bien difficile, notamment le réveil à 7h demain matin pour aller à l’école…

Notre prochain voyage en France aura lieu cet automne. Nous aurons alors un bébé de quelques mois seulement en plus. Je ne m’imagine même pas la fatigue que je vais ressentir suite au décalage horaire. A ce stade, j’en suis quasiment paniquée!

Si certains d’entre vous ont des trucs ou des astuces à partager, ou même juste leur expérience, je suis preneuse! 

[Expatriation] Nouveau rythme de vie

Voilà un peu plus de quatre mois que nous sommes installés à Shanghai et nous commençons seulement à prendre notre rythme. Plusieurs raisons à cela.

Dans un premier temps, Little Miss Sunshine et moi n’avons pas vraiment changé nos habitudes par rapport à notre dernière période en France. Nous étions juste toutes les deux, toute la journée, nous avons continué nos sorties, nos promenades au parc, nos piques-niques, nos petites activités que je mettais en place tout le long de la journée,… Nos journées ont donc largement ressemblées à celles que nous avions pu vivre en Alsace durant deux mois, la découverte de la Chine en plus.

Mi-octobre, nous avons subi un premier changement de rythme avec la rentrée de Little Miss Sunshine. Du lundi au vendredi, je devais emmener Little Miss Sunshine à l’école en taxi et la rechercher le soir de la même manière. L’école se situe à 15 minutes en voiture de chez nous. Mais les 15 minutes peuvent vite se transformer en 30 minutes en cas de bouchon. Sans compter le délai d’attente du taxi, qui pouvait aussi bien être de quelques minutes que de plus d’une heure, surtout le matin. Nous quittions la maison à 8h le matin, j’y revenais entre 9h et 9h45 puis je repartais vers 15h pour y revenir toutes les deux vers 16h30. Je passais donc entre 50 minutes et 2h10 à apporter Little Miss Sunshine à l’école le matin et environ 1h15 pour la rechercher le soir. Un temps conséquent qui ne me permettait pas  d’organiser ma journée comme je l’aurai souhaité.

Enfin, depuis début décembre, Little Miss Sunshine a accès au bus de l’école. Chaque matin, ils viennent donc la chercher au pied de notre immeuble à 8h10 et la ramène au pied de l’immeuble le soir à 16h10. Et je dois bien l’avouer, ça le change la vie! Je n’aurai jamais pensé être heureuse de laisser Little Miss Sunshine, même pas trois ans, partir seule à l’école en bus, mais c’est le cas. Et quand je vois son sourire le matin, quand elle retrouve ses petits camarades dans le bus, je me dis que cette solution lui convient bien aussi! Pour elle, c’est à ce moment-là que la journée avec les copains débute et c’est une bonne chose. Je sais si parlent entre eux, jouent et chantent ensemble dans le bus. Pour le retour, l’adaptation a été un peu plus difficile. La fatigue, la hâte de retrouver Maman, la frustration de ne pas toujours comprendre le personnel chinois qui s’occupe d’eux, la frustration de ne pas encore arriver à communiquer en Chinois et le fait qu’elle soit la dernière à être déposé à la maison y ont certainement contribué. Je l’ai récupéré en pleurs deux fois. Je l’ai récupéré fâchée, frustrée, sans qu’elle ne veuille rien me dire deux ou trois fois. Mais depuis ca va mieux. Dès que je la récupère, elle me saute dans les bras et me raconte sa journée avant même que j’ai eu le temps de récupérer le sac d’école que me tend l’Ayi

Alors voilà, j’ai une petite fille de presque trois ans qui part à l’école en bus le matin à 8h, mange à la cantine tous les jours – mais ça c’est systématique en Chine – et rentre seule en bus à 16h le soir. Du lundi au vendredi. Tout le contraire de ce que j’aurai pu espérer il y a quelques mois encore. Et pourtant ce rythme très régulier lui convient très bien. Je ne peux même pas dire qu’elle est fatiguée par ce rythme. Elle est souriante, rarement grognon, se couche toujours d’elle-même vers 21h et me réclame régulièrement des activités qui demandent de la concentration en rentrant – jeux de société, coloriage, divers apprentissages,… Les réveils le matin sont relativement simples – une fois qu’on a compris qu’elle n’est pas du matin, comme sa maman…

Voilà un rythme que je n’aurai jamais pensé devoir imposer à un enfant de trois ans, mais qui finalement convient très bien à toute la famille… Comme quoi…

 

[Promenade] Le quartier des Antiquaires

S’il est un endroit qu’il ne faut pas louper à Shanghai en tant que touristes ou qu’expatriés, c’est le quartier des antiquaires. Un joli quartier, au coeur de la ville, où l’on trouve toutes sortes de vieilles chinoiseries. De fausses antiquités surtout – des usines sont installées sur l’extérieur de Shanghai pour fournir du faux-vieux au quartier des antiquaires – mais du vieux savoir-faire tout de même.

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C’est un quartier où j’ai pris plaisir à me promener de nombreuses fois depuis notre arrivée. Mais juste avant nos vacances de Noël en France, mi-décembre, j’y ai certainement fait ma dernière promenade. Ce quartier, comme beaucoup d’autres à Shanghai, est voué à la destruction. En fait, depuis que nous étions arrivés à Shanghai il ne restait déja plus que deux rues et les façades des maisons et des lilongs qui bordent ce marché. D’ici quelques mois, le quartier sera remplacé par un énième grand centre commercial, rattaché au quartier branché de Xitiandi.

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La destruction des lilongs autour du marché est déja bien avancée.

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Les habitants et les antiquaires ont été délogés et relogés sur l’extérieur de Shanghai et pour beaucoup cela signifie la fin de leur commerce. Certains seront apparemment relocalisés à l’intérieur même du centre commercial dans un coin dédié aux antiquités, mais ils seront bien peu nombreux. Ce quartier avait été créé par le gouvernement pour assouvir la soif d’antiquités chinoises des occidentaux de Shanghai. C’est donc sans surprise qu’on y croise essentiellement des occidentaux et que les vendeurs parlent tous plus ou moins bien anglais. Mais cela n’enlève en rien au charme du lieu… Un magnifique bric-à-brac, recouvert de poussière, mais ô combien tentant pour des fan de chinoiserie comme la famille Kangourou!

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Ce matin-là, en faisant quelques achats de dernière minute avant Noël, j’ai découvert l’imminence de la fermeture du marché. Ils n’ont pas payé de loyer pour le premier semestre 2015. On pourra donc leur demander de quitter les lieux du jour au lendemain. Une page de l’histoire de ce quartier se tourne…

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On ressent la tristesse et l’incompréhension de certains commerçants. Et pourtant, en Chine, le bâti n’a pas la même valeur culturel qu’en occident. L’architecte, l’utilisation de la maison, la famille qui y vit priment sur le bâti en lui-même. Une maison est bâti pour le temps de vie d’une famille. Lorsque cette famille s’éteint, la maison est détruite, démontée pièce par pièce et le matériaux est récupéré pour la construction d’un autre bâtiment.

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A Shanghai, traditionnellement les maisons sont construites en petites briques grises très solides reliées entre elle par un joint très friable qui permet de démonter les constructions très facilement. On voit à quel point, culturellement parlant, nous n’avons pas la même vision des choses. Même si cela explique en partie ses destructions massives, cela ne les rend pas plus facile à comprendre à nos yeux…

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Pour en revenir au marché, on y trouve toutes sortes de chinoiseries. Des petits livres rouges, des bandes dessinées de Tintin en chinois, de jolies boites chinoises de toutes les couleurs et de toutes les formes, …

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… des théières, des tasses, des gaiwans, de la poterie, …

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… des pinceaux de calligraphie de toutes les grandeurs et de toutes les couleurs,…

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… de la poterie, des valises et des coffres, du petit et moins petit mobilier,…

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des bibelots de tous les genres – boudha, Mao, bracelet en jade,…

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… des vases, des déesses, des soldats en terre cuite, …

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C’est émue que j’ai quitté le marché des antiquaires ce matin-là. J’espère avoir la chance de pouvoir y retourner début janvier, dès notre retour de France. J’aurai encore aimé avoir le temps de flâner et d’acheter quelques petites choses. J’ai vu de beaux portiques pour pinceaux à calligraphie que j’aimerai recycler pour accrocher mes colliers. J’ai craquer sur de tout petits tabourets rouges et j’aurai aimé en offrir un à chacun de mes enfants. J’ai repéré de jolies tasses en porcelaine et en céladon qui plairaient beaucoup à Papa Lou. Mais rien n’est moins sûr…

Une page de l’histoire se tourne et je me rends compte que je ai eu une magnifique chance de découvrir ce lieu avant sa fermeture. 

[Bienveillance éducative] Les principes éducatifs à l’épreuve de l’expatriation

Je ne reviendrai pas dans cet article, sur ce qui se passe chez nous au quotidien, sur la manière dont nous avons mis en place bienveillance, écoute active et non-violence et sur la manière dont nous essayons au mieux de l’appliquer chaque jour. Mais confrontés à un contexte nouveau, face à notre expatriation, surtout dans les premiers temps, quand on est encore totalement face à l’inconnu, on est malheureusement obligé de faire des aménagements, de tâtonner, de faire des erreurs,  de se remettre en questions sur notre manière de réagir à l’extérieur. Laissez-moi vous conter un des principal questionnement qui m’a obnubilé durant plusieurs semaines suite à notre arrivée en Chine.

Je ne vous apprend certainement rien, mais en Chine, les blonds et les châtains clairs ne courent pas vraiment les rues. Alors quand on arrive en Chine avec une jolie blonde de deux ans et demi, d’un coup tous les regards se tournent vers nous. Tant que ce ne sont que les regards, ça passe encore. Mais très vite, ce sont les appareils photos et les mains de tous les passants aussi.

Moi qui ait éduqué Little Miss Sunshine dans le respect de son corps, ça m’a beaucoup pesé. Je vous explique. Depuis toute petite, elle sait que son corps lui appartient, que personne ne peut la toucher, l’embrasser, la prendre dans les bras si tel n’est pas son désir. Il est important qu’un enfant sache que son corps appartient à lui seul et que personne ne peut en disposer selon son bon vouloir. Cela implique par exemple que nous avons très tôt mis en place, le principe du « bisou de loin », avec la main, lorsque Little Miss Sunshine n’avait pas envie d’embrasser nos amis, ses grands-parents ou ses arrières-grands-parents. Pas toujours facile de le faire comprendre autour de nous, surtout dans la famille. Mais un enfant n’est pas un jouet. Et ce n’est pas parce qu’on aime la douceur de la peau des bébés qu’on doit s’autoriser à les toucher contre leur gré, sans leur avis. Autre exemple, je me suis longtemps battus avec les passants dans la rue à Paris, souvent des personnes âgés d’ailleurs, qui voulaient toucher les pieds, les mains, les joues de Little Miss Sunshine. Je trouvais ça tellement déplacé, sans compter du problème d’hygiène qui se pose également à chaque fois. De ce point de vue, le seul endroit où Little Miss Sunshine a toujours été en sécurité, c’est contre moi, sur le ventre, dans l’écharpe ou le porte-bébé physiologique.

A Shanghai, c’est différent. Déja il y a le problème de communication. Et puis le problème de culture – ça porte bonheur de toucher un/une blonde! Et puis, nous voilà à vouloir vivre dans un pays de culture totalement différente de la nôtre, et pour moi, c’est à nous de nous adapter aux moeurs chinoises et pas l’inverse. Little Miss Sunshine est vite devenue agressive face à tous ces Chinois qui voulaient la toucher et/ou la photographier. Mon pire souvenir est une promenade sur le Bund, où nous nous sommes retrouvées entouré de dix-neuf personnes avec des téléphones portables qui nous filmaient ou nous photographiaient tout en nous bloquant le passage pour qu’on ne puisse pas aller plus loin… Dans un premier temps, la seule alternative que j’ai pu offrir à Little Miss Sunshine était mes bras. Elle enfouissait alors la tête contre mes seins pour que les photos cessent, mais les gens venaient alors souvent vers nous pour la toucher et nous devions littéralement nous enfuir… J’ai été très étonnée que Little Miss Sunshine, qui ne connaît pas la violence, se soit mis à répondre par des tapes de la main ou du pied aux gens qui s’approchaient trop près d’elle. C’est là que j’ai compris qu’elle le vivait vraiment comme une agression. Et qu’elle avait raison…

Soucieuse de lui dire clairement ce qui se passait, je lui ai expliqué clairement que les Chinois aimaient voir sa peau claire et ses cheveux blonds parce que c’était rare en Chine, qu’ils étaient très maladroit dans leur manière faire, mais que nous ne pouvions pas comparer puisque nous n’avons pas la même culture, que j’étais là pour elle, qu’il ne fallait pas qu’elle se laisse faire et que mes bras étaient toujours ouverts. Grâce à la répétition de cette explication, nous avons réussi à combattre l’incompréhension, mais nous n’avons de loin pas réglé le problème.

Quelques semaines, après notre arrivée, une Maman m’a donné un bon conseil pour éviter les photos. L’enfant doit mettre sa main sur sa bouche et son nez, mais pas sur ses yeux – comme Little Miss Sunshine avait commencé spontanément à le faire pour se cacher – pour que ça n’entrave en rien sa liberté de mouvement. Et ça marche! Après de rapides explications, Little Miss Sunshine a tout de suite adopté ce geste simple. Et les Chinois comprennent. Pour ceux qui la touche, j’ai demandé à Little Miss Sunshine de prendre leur main et de l’enlever avant de venir se réfugier chez moi. Elle avait tendance à taper. Et ce simple geste – qu’elle a tout de même parfois du mal à pratiquer sans violence, mais je la comprend! – l’a beaucoup aidé. Les gens n’osent pas recommencer en général.

Et puis sa compréhension du Chinois a aussi quelque peu apaisé sa relation avec ces-derniers. Cette situation a été quelque peu stressante pour moi et pour Little Miss Sunshine. Elle aura duré quelques semaines, m’aura valu quelques réveils nocturnes et beaucoup de triturage de méninges, mais je suis ravie de la manière dont nos sorties se passent aujourd’hui. Nous avons trouvé des solutions simples et efficaces, en accord avec nos idéaux

[Vivre en Chine] Circuler à Shanghai

Quand on parle de Shanghai, on pense souvent à la ville des vélos. C’était peut être le cas il y a quelques années encore, mais aujourd’hui, même si ils sont encore nombreux, ils ont largement été remplacé par des scooters électriques et des voitures.

La plupart des femmes d’expat ont leur chauffeur et ne se pose donc que peu la question de savoir quel moyen de transport utiliser, mais comme je n’ai pas de chauffeur, c’est une question qui s’est vite posé.

Il y a tout d’abord le métro. C’est un moyen de transport pratique et rapide si on habite proche d’une station et que l’endroit où l’on veut aller n’impose pas plusieurs changements de lignes. A Shanghai, les changements de ligne sont particulièrement long et peuvent vite rallonger le temps de trajet. Je n’habite pas vraiment très près d’une station et la ligne la plus proche est loin d’être la plus pratique pour me déplacer vers l’école de Little Miss Sunshine ou le vieux centre ville. Je ne prend donc le métro que rarement.

Le moyen qui me semble le moins cher et le plus pratique, c’est le bus. Les lignes de bus sont très développées à Shanghai et pour l’équivalent de 25 centimes d’euros, le bus vous emmène jusqu’à l’autre bout de la ville. Le problème s’est qu’il faut savoir où monter, où descendre, quel bus prendre,… Et c’est quasi impossible si on ne comprend pas le Chinois. Sauf que Papa Lou, dès son arrivée à trouvé une application en Chinois certes, mais une fois quelques petits trucs compris, on peut trouver n’importe quel trajet. C’est le moyen de transport que j’utilise le plus quand je ne suis pas pressée par le temps.

Enfin, il y a le taxi. Les taxis à Shanghai sont nombreux. Très nombreux. Il suffit de se mette au bord de la route, de tendre le bras et un taxi s’arrête. Ou presque. Ça dépend quand même des horaires… C’est le moyen de transport que j’utilise quotidiennement pour emmener et rechercher Little Miss Sunshine de l’école. Il n’y a ni métro, ni bus qui vont de chez nous à son école. Je n’ai donc pas le choix. Ou presque. Matin et soir, je prend donc le taxi. Et pour l’équivalent de 2,75 euros, il m’emmène à l’école ou me ramène chez moi.

C’est une drôle d’habitude de prendre le taxi. Je ne m’y fais pas vraiment. Je n’avais d’ailleurs quasi-jamais pris le taxi en France. Je me souviens de mon déménagement de Nantes à Paris, j’avais pris le taxi de chez moi à la gare de Nantes – 6 minutes de trajet – pour 20€ avec deux valises et d’un retour de l’aéroport dans un bouchon de Charles De Gaulle à Paris pour 75€. Je crois que ça m’a vacciné du taxi. Alors même si ici ça me coûte quelques euros seulement, j’ai toujours du mal…

Mais il faut l’avouer, le taxi s’est quand même le moyen de transport le plus pratique, quand on connaît l’adresse où l’on doit se rendre. Et puis ça me permet d’apprendre le Chinois, les chauffeurs de taxi Shanghaiens ne parlant pas du tout l’anglais!!!

[Expatriation] [Education bienveillante] Etre baigné dans un milieu multilingue

Une des grandes conséquences de notre expatriation pour Little Miss Sunhsine est qu’elle a été plongée dans un milieu multilingue. Du jour au lendemain, elle est passée d’une langue, le Français, avec parfois un peu d’Alsacien – notamment lors de notre long séjour en Alsace et de la venue de ses grands parents – à un milieu trilingue: Chinois, Anglais et Français.

Depuis mi-octobre, Little Miss Sunshine a fait sa première rentrée dans une école internationale. Elle suit un cursus bilingue et passe donc la moitié de sa semaine en Français et l’autre moitié en Chinois. Elle est également inscrite à la danse tous les lundis où son professeur ne parle qu’Anglais et elle est amenée à rencontrer du personnel et des enfants qui ne parlent qu’Anglais à l’école. Nous passons nous-même nos journées à nous exprimer en Anglais et un peu en Chinois avec les personnes que nous croisons.

Les professeurs de Little Miss Sunshine ne cessent de me parler de ses progrès et de ses efforts pour parler Chinois. Pourtant, quand je lui demande si elle a appris des mots en Chinois, elle me répond invariablement: « Mais Maman, je suis Française moi! » Même réponse à son père quand il essaie de travailler son Chinois avec elle. Impossible de lui faire dire le moindre mot en Chinois devant nous. Ce qui n’est en soit absolument pas anormal, mais quelque peu frustrant pour les parents! Par contre, en l’observant je suis tout à fait rassurée sur sa compréhension de cette nouvelle langue. Elle est beaucoup plus à l’aise avec les gens qui viennent vers elle en lui parlant Chinois, moins sur la défensive, moins agressive, et je l’ai récemment surprise à répondre à une question d’un chauffeur de taxi. De temps à autre, pour mon seul plaisir, je l’observe de loin quand je vais la chercher à l’école, entrain de communiquer avec sa maîtresse chinoise…

Avec l’Anglais, ce n’est pas la même chose. Elle dit assez spontanément des mots en anglais devant nous. Peut être parce que nous lui racontons de temps à autre des histoires dans cette langue ou parce qu’elle sait que nous comprenons cette langue parce que nous la parlons quotidiennement à l’extérieur. Et là, je peux facilement observer ses progrès.

Je pense qu’en tant que parent, nous projetons inconsciemment ou pas, d’énormes attentes sur nos enfants en ce qui concerne les langues dans le cadre d’une expatriation. Nous savons la richesse que cela peut être. L’enfant n’y voit qu’une utilité pour la communication avec ses camarades, ou pas. Nous savons aussi la complexité de l’apprentissage d’une nouvelle langue comme le Chinois à l’âge adulte. Alors qu’avant huit ans, un enfant a la capacité d’apprendre une langue naturellement, sans effort et n’est absolument pas limité dans le nombre de langues qu’il peut apprendre en parallèle. Mais malgré toutes nos attentes, il faut rester à l’écoute de notre enfant. L’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est aussi l’apprentissage d’une nouvelle culture. Après le départ de son pays d’origine, l’enfant peut vivre l’apprentissage d’une nouvelle culture comme une réelle trahison à l’égard de sa culture maternelle.

Alors je reste à l’affut. Le Français est et restera toujours la seule et unique langue dans laquelle nous nous exprimerons à la maison, comme cela l’a été jusqu’à présent. Bien sûr, je rêve de voir Little Miss Sunshine se débrouiller facilement et naturellement en Chinois. Je ne vois que la facilité que ça lui apportera à apprendre d’autres langues, l’importance qu’une telle langue pourra avoir plus tard sur son CV, la richesse et l’ouverture d’esprit qu’une telle expérience pourra lui apporter. Mais peut être que ça n’arrivera pas. Peut être qu’elle décidera qu’il est plus facile pour elle de continuer à parler Français avec ses camarades qui parlent tous Français dans sa classe, peut être qu’elle ne verra aucune utilité à l’apprentissage du Chinois. Mais ça,… seul le temps nous le dira!  

[Expatriation] Le déménagement international Part.II

Voilà bien longtemps que j’avais prévu de vous parler de notre déménagement international. J’aurai dû commencer à vous en parler dès la réception de nos affaires en Alsace, mais je ne voulais pas réagir trop à chaud, le déménagement s’étant mal passé. J’ai voulu attendre la résolution complète du déménagement pour me faire une idée globale sur le sujet, mais cette date n’arrivera finalement peut être jamais.

Nous venons d’apprendre aujourd’hui que nos affaires en provenance de France sont arrivées à Shanghai par voie aérienne dans une caisse en bois non-homologué pour le déménagement international. Pour les douanes, il n’y a que deux solutions: la destruction ou la quarantaine. Pour rappel, nous n’avons emmené que des choses auxquelles nous tenions vraiment, des choses qui font un peu partis de nous et dont nous ne voulions pas être séparé durant plusieurs années. Nos meubles et une grande partie de nos affaires sont restés en Alsace. Se retrouve donc dans cette caisse nos souvenirs de voyage,  les jouets et les livres de Little Miss Sunshine, nos affaires de thé, nos albums de mariage, notre cocotte en fonte, nos plats alsaciens, notre table basse chiné chez un brocanteur et vieille de plus de 100 ans, un coffre en cuir chinois d’une centaine d’années également que nous nous étions offert pour la naissance de Little Miss Sunshine… Des biens qui ont une valeur matériel, bien sûr et nous avons dû détailler cette valeur lors de l’inventaire valorisé exhaustif, mais surtout des biens irremplaçables qui font partis de nos vies et de nos souvenirs… La décision tombera certainement dans les jours qui viennent.

Je vous ai raconté notre déménagement en juin dernier. Le départ de nos affaires de Paris. Laissez moi déja vous raconter leur arrivée en Alsace

Quinze jours après le départ de nos affaires de Paris, j’ai réceptionné la partie nationale du déménagement en Alsace chez mes beaux-parents. Ce n’était pas le déménageur avec lequel nous avons signé notre contrat, à savoir Grospiron International qui a effectué la livraison, mais un sous-traitant alsacien. Les déménageurs étaient très symptaiques, ils ont emmené les cartons là où nous leur demandions dans les différentes pièces de la maison, on remonté les meubles, ou plutôt tenté de remonter les meubles. Car dans la précipitation du déménagement parisien, l’équipe de Grospiron International a perdu toute la visserie de notre lit. Au déballage des cartons, qui a eu lieu sous l’oeil de l’équipe de déménageurs, les cartons de vaisselle, très bien protégé étaient tous intact. Pas un verre, pas une assiette n’a été abîmé. Et pour cause, je suis restée le plus possible à surveiller la personne qui s’occupait de l’emballage ne voyant que le côté fragile de ces objets. Par contre, comme je ne pouvais pas être à côté de six déménageurs en même temps, je n’ai pas pu superviser le rangement de nos bibelots, décoration de Noël, affaires de bricolage,… Quand nous avons ouvert ses cartons, ça a été le choc. Mes tubes de peintures, sans aucune protection, avaient explosé dans mes sacs à mains et mes chaussures, ma décoration de Noël avait été broyé sous une pile de papiers administratifs divers, la poubelle de la salle de bain et nos tabourets pliants ont été écrasé dans un carton,… Les dégats étaient important, mais sur des objets quelconques et pas très chers. Après un échange de mails intense et de nombreux appels téléphoniques, Grospiron International a décidé de faire venir un ébéniste à ses frais pour que notre lit soit à nouveau mis en état et ils ont accepté de nous rembourser les objets dégradés. Mais pour moi, la question n’était pas là. Je n’avais plus confiance. J’ai demandé à ce que nos affaires en partance pour Shanghai soient ré-emballés le plus rapidement possible avant leur départ de manière conforme à ce qu’on nous avait promis lors de la visite de leur commercial. On m’a rit au nez, me disant que tout était très bien emballé comme c’était. Nous avons dû passer par la menace de ne pas faire envoyer nos affaires à Shanghai et en demandant à l’employeur de mon mari de ne plus travailler avec Grospiron International pour avoir enfin une réponse positive au bout de près de deux semaines. Nos cartons ont été ré-emballé selon leur norme, photos à l’appui. L’épisode du déménagement national était clos.

On nous avait promis une livraison quinze jours après que mon mari ait fourni à Grospiron International son permis de travail en règle. Ce qui aurait dû faire arriver notre déménagement à Shanghai avant nous, vers la fin juillet. Mais bizarrement, à cette date, on nous a dit que comme notre déménagement contenait des « baby items », comprenez des affaires de bébé, l’arrivée sur le sol chinois de notre déménagement dépendait du permis de résident dudit bébé… Nous avons donc dû attendre fin septembre et l’obtention de nos papiers à Little Miss Sunshine et moi. Dès que nous avons trouvé les quatre jours ouvrés sans nos passeports – enfin surtout sans le passeport de Papa Lou qui est très régulièrement en déplacement – nécessaires pour les douanes, notre déménagement a été envoyé de Paris à Shanghai. Notre déménagement est donc arrivée juste après la semaine des congés de la Fête nationale en Chine. Et depuis, alors qu’on nous avait promis une livraison sous quinze jours, plus de nouvelles.

Nous avons relancé le sous-traitant de Grospiron en Chine au début de la semaine pour connaître notre date de livraison. Aujourd’hui, on nous a répondu qu’après investigation il s’avère que nos affaires sont arrivées sur le sol chinois dans une caisse non homologuée pour un déménagement international. Comment cela a-t-il pu être possible? De la part d’un déménageur international? Je ne comprend pas. Je n’ai pas de mot pour qualifier ce manque de professionalisme, cette faute grave, ce manquement à notre contrat. Grospiron International vient de briser le contrat qui nous liait à lui par son manque de professionalisme. Je suis révoltée. Aujourd’hui, notre contact chez Grospiron International ne pourra pas me dire que c’est de la pure malchance, qu’ils avaient mis leur meilleure équipe sur notre déménagement. Les erreurs se sont cumulées tout au long de ce déménagement et je regrette amèrement d’avoir fait le choix d’emmener ses affaires…

=> Mise à jour du 11/11/2014:

Nous venons d’apprendre que la douane chinoise, qui ne pratique pas la destruction systématique, vient de relâcher nos affaires  après plusieurs semaines de quarantaine. Nous avons eu beaucoup de chance. Suite à d’intenses communications par mail, et quelques menaces de notre part, la livraison de notre déménagement est prévue demain! Je n’ose y croire… et n’ose penser à l’état de nos affaires suite à toutes ses péripéties…