[Expatriation] Vivre dans une grande ville polluée

La pollution était une de mes principales craintes quand nous avons emménagé à Shanghai. Je vous en avais parlé dès le mois de mars avant notre départ, mais aussi peu de temps après notre arrivée alors que nous n’avions pas encore vécu de réels pics de pollution.

Alors il faut tout de même le dire, mais depuis que nous sommes arrivés à Shanghai, la situation ne fait que s’améliorer. Nous avons eu le dernier grand pic de pollution l’hiver où nous sommes arrivés: trois semaines à près de 500. Heureusement, c’était les vacances de Noël, nous les avons passé en France et nous n’avons eu à vivre que les quelques derniers jours de ce pic. Depuis, nous avons eu un pic à 500 durant deux jours en janvier dernier et sinon des pics à 250 maximum mais juste sur une journée de temps à autre.

Cet hiver, avec le froid, la pollution stagne au-dessus de Shanghai. Depuis début janvier les taux étaient assez élevés (régulièrement 180), mais depuis près d’une semaine la pollution est vraiment élevée, les taux sont montés à 280 et même la nuit rien n’a changé. Après trois jours au-delà de 250, je commence vraiment à en sentir les effets. 

Les effets de la pollution ne sont pas très agréable: je me sens fatiguée, las, je n’ai envie de rien, j’ai les membres lourds, j’ai mal à la tête, j’ai la tête qui tourne quand les taux sont vraiment élevés et que je dois faire un effort (escaliers, ménage, vélo) même avec un masque, je me sens nauséeuse. Dès que le taux baisse en-dessous de 100, je me sens tout de suite mieux. Le souci est vraiment qu’on ne connaît pas les effets de cette pollution à long terme, ou plutôt qu’on s’en doute compte tenu du taux de cancer respiratoire dans des pays comme la Chine…

Protéger les enfants est une de mes priorités. Quand j’étais encore maman au foyer, j’ai toujours gardé Little Miss Sunshine à la maison les jours de forte pollution. Chez nous, nous avons un purificateur dans chaque pièce qui tourne 24h/24 365 jours par an. Les jours de forte pollution, je les pousse au maximum pour abaisser les taux le plus rapidement possible en-dessous de 100 à l’intérieur de la maison. Le problème est que l’isolation en Chine est vraiment extrêmement mauvaise. On sent l’air qui passe partout au niveau des portes et des fenêtres et c’est partout pareil. Donc dès qu’une porte ou une fenêtre est mal fermée, les taux montent extrêmement rapidement et tardent à redescendre. Je me bats quotidiennement avec Ayi dans ces cas-là pour qu’elle n’ouvre pas les fenêtres, n’accroche pas mon linge à l’extérieur, ferme les portes le plus rapidement possible. Mais malheureusement les Chinois ne se soucient que peu de la pollution. Ils sont relativement défaitistes et pensent que c’est ainsi et qu’ils doivent vivre avec…

Chez nous, la routine est relativement bien réglée en cas de pollution. Nous avons un moniteur qui calcule en temps réel le taux de particules dans la pièce principale. Nous savons donc toujours exactement quel niveau de pollution nous atteignons à l’intérieur de la maison.

Nous allumons les purificateurs à fond, nous évitons au maximum les sorties et nous croisons les doigts pour que les taux baissent rapidement. Le souci étant que depuis septembre je travaille. Je ne peux donc plus simplement garder les enfants à la maison à surveiller les taux de pollution.

Personnellement, je suis obligée d’aller à l’école en vélo pour arriver à l’heure. Je suis donc contrainte de mettre un masque qui filtre les particules fines (ce qui n’est pas le cas de tous les masques) et de rouler dans la pollution et la circulation shanghaienne. J’ai choisi un masque de la marque vogmask, mais nous utilisons également régulièrement les masques avec filtres à particules jetables de 3M. Ces masques sont pour la plupart équipé d’un filtre à charbon et doivent être changé plus ou moins régulièrement en fonction des marques et des modèles. Je dois bien avouer que je n’aime pas porter ce type de masque. Je trouve qu’il est difficile de respirer à l’intérieur, puisque le masque va venir se plaquer contre le visage au moment de l’inspiration ce qui rend plus difficile le remplissage des poumons et se décoller légèrement au moment de l’expiration. Je suis très facilement en hyper-ventilation avec ce type de chose sur le nez…

J’ai les même types de masque pour les enfants. Et ils n’aiment pas les porter. Tout comme moi, je ne vais donc pas leur en vouloir. Et les enfants passent chaque matin et chaque soir 1h10 dans le bus scolaire au milieu de la circulation et donc de la pollution. Et rien n’est fait de la part de l’école dans le bus. Ils ont donc régulièrement un masque (qu’ils perdent ou ne portent pas ou abîment…) ce qui me semble totalement inefficace. Tant que la pollution n’atteint pas des sommets, j’essaie de ne pas trop y penser. Mais depuis quelques jours, ce n’est juste pas possible. J’ai donc apporté mes enfants en taxi (quinze minutes) pour leur éviter ce temps dans le bus. Et nous leur avons acheté un modèle de purificateur d’air portatif qui se porte autour du cou. Il s’agit d’un filtre à charbon et/ou un ionisateur suivant les marques qui va éliminer les particules fines aux alentours des voies respiratoires. J’imagine bien que ce n’est pas magique, mais j’espère que les effets sont assez importants pour au moins abaisser légèrement le taux de pollution. Nous avons acheté une marque chinoise, air angel. Nous attendons de voir si les enfants les portent vraiment et s’ils ne les abîment pas trop rapidement avant d’investir dans quelque chose de plus cher.

A l’école, les normes sont claires, mais parfois difficilement applicables avec le personnel chinois. Ils ne comprennent pas toujours l’intérêt de fermer une porte ou alors sont persuadés que quoi qu’il arrive l’air extérieur est toujours meilleur que l’air intérieur… Nous avons des purificateurs dans tous les salles qui sont allumés dès que la pollution est supérieure à 150. Quand la pollution est supérieure à 180, nous ne sortons plus à l’extérieur, nous avons un espace de jeu souterrain avec de nombreux purificateurs. Mais il n’empêche, les taux de pollution dû au va-et-vient du personnel entre l’intérieur et l’extérieur, à la mauvaise isolation voire à l’absence de portes ou de fenêtres dans certains espaces, demeurent trop élevés à mon sens. Et c’est quelque chose qui m’inquiète parce que j’ai réussi à protéger Little Miss Sunshine jusqu’à présent en la gardant systématiquement à la maison, mais que je ne pourrai pas faire pareil avec Little Smiling Buddha. Et c’est donc un réel combat que je vais essayer de mener de l’intérieur avec les parents d’élèves.

Si vous avez les mêmes problématiques, n’hésitez pas à me donner votre avis, vos idées! 

[Education] Parler de sa journée

Avec le retour à l’école, j’entends à nouveau tout un tas de parents se plaindre du fait que leurs enfants ne leur racontent pas ce qu’il se passe à l’école. J’avoue, avec Little Miss Sunshine, je n’ai pas trop de problème. Elle papote énormément, du matin au soir et ça en devient même parfois fatiguant – vous savez, quand à minuit on est tous dans la même chambre et qu’elle n’arrive plus à arrêter de raconter tout ce qui lui passe par la tête! Je l’ai vécu tout l’été! 😉

Little Miss Sunshine, dès son entrée à l’école maternelle, à 33 mois, parlait très bien et elle nous a toujours raconté ce qui se passait à l’école. Surtout les moments marquants de sa journée évidement, mais c’était déja beaucoup! Evidement, à certaines périodes, la fatigue aidant, elle parle moins, est plus évasive… Mais ce qui est sûr, c’est que si je lui demande: « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école? ». J’ai invariablement droit à la même réponse: « Je ne sais pas. »

Tout d’abord, je pense qu’il faut qu’on garde en tête que nous, parents, et nos enfants, n’avons pas les priorités. Si nous cherchons à savoir ce que nos enfants ont mangé à midi ou quelles leçons ils ont apprises / quels activités ils ont réalisées, ils retiennent surtout les anecdotes rigolotes avec les copains ou les moments marquants pour eux (ceux qui sortent de l’ordinaire: les pleurs d’un enfant, les disputes entre deux autres, le maître qui gronde quelqu’un…) Ce qui est vraiment important, c’est d’accorder la même importance à ce que l’on pense être des anecdotes qu’à ce qu’on cherche effectivement à savoir. Ce n’est que si l’enfant se sent écouté qu’il va parler. Et ces anecdotes sont le meilleur moyen de rentrer en communication.

Ensuite, il faut également garder en tête que pour un enfant de maternelle ou de début de l’école primaire, il est vraiment difficile de reparler de quelque chose de passé, sans n’avoir rien qui leur rappelle ce moment (photos, mots clefs, …) Pour faciliter les échanges à la maison, c’est aussi à l’école que ça se prépare. L’an dernier, nous avons eu la chance d’avoir chaque jour des photos de nos enfants à différents moments de la journée. Il était alors beaucoup plus facile d’entrer en communication avec Little Miss Sunshine. Il suffisait de lui montrer la photo pour qu’elle nous raconte la moitié de sa journée! Malheureusement, ce n’est pas toujours possible d’avoir des photos de l’école, et c’est bien dommage. Cette année, nous aurons des photos à chaque fin de semaine normalement. Mais c’est également aux maîtres et maîtresses de prendre le temps de créer des moments-clefs de regroupement pour faire le bilan de leurs activités. Cela permet aux enfants de reconstruire mentalement leur journée et donc facilite les échanges avec les parents le soir venu. Je l’ai remarqué l’an dernier, avec son maître français les regroupements étaient systématique à la fin de leur journée et elle me parlait toujours de ces journées avec une grande facilité. Alors qu’avec sa maîtresse chinoise, les rassemblements étaient loin d’être systématique et elle m’en parlait avec beaucoup plus de mal. Bien qu’il faut également prendre en compte la différence de langues dans ce cas-là (vécu en Chinois et expliqué en Français).

Il faut également garder en tête que poser une question trop généraliste ne mène à rien. Au mieux, on obtient la réponse qu’ils pensent que nous attendons. Au pire, on a droit à l’éternel « Je ne sais pas. » Il vaut donc mieux cibler précisément les questions. Poser des questions sur des moments précis de la journée, sur des ressentis bien particuliers, aident l’enfant à s’y retrouver. Si je demande à Little Miss Sunshine quel a été son moment préféré de la journée ou quel a été le moment où elle a le plus rigolé dans sa journée, elle me répond très facilement. En cas d’échec, c’est moi qui commence par répondre à ma question en lui racontant mon moment préféré. Et c’est là l’astuce qui fonctionne le mieux. Parler de sa journée à soi. On ne s’aidera jamais assez du pouvoir d’imitation des enfants pour se faciliter la tâche!Si quand elle rentre, je commence par lui raconter les chouettes moments de ma journée, assez facilement elle va prendre la suite pour me raconter la sienne, sans que je ne lui pose aucune question…

Il faut enfin relativiser! On n’a jamais accès à toutes les informations qui nous intéressent, mais il faut aussi savoir laisser une part d’intimité à l’enfant et accepter que certains enfants raconteront plus de choses que d’autres.

Et chez vous, ça se passe comment au retour de l’école? Ils vous racontent beaucoup de choses ou vous nagez dans le mystère? 

[Education bienveillante] Respecter son rythme de sommeil

Vous avez déja remarquez comme il est difficile de respecter les besoins et les rythmes de sommeil de chacun? Je parle de vraie écoute des besoins de sommeil de chacun. De ne pas coucher un enfant juste parce qu’il pleurniche un peu, ou de ne pas étirer la soirée au-delà du rythme de sommeil de chacun juste parce qu’on a envie de regarder la fin du film. Et vous avez remarqué comme tout se passe tout de suite beaucoup mieux quand chacun à dormi selon son propre rythme?

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Chez nous, le rythme de l’année scolaire nous épuise, non pas parce que les journées sont surchargées, au contraire elles correspondent bien au rythme de Little Miss Sunshine, mais parce qu’il faut se coucher à un horaire qui n’est pas celui qui serait adopté naturellement. Il nous a épuisé à la longue parce que le rythme de sommeil de Little Smiling Buddha est rentré en collision avec le coucher de Little Miss Sunshine imposé par l’école durant les derniers mois de l’année et que les deux avaient du coup beaucoup de mal à s’endormir.

Alors un des grands avantages de l’été, et des vacances en règle générale, c’est que le rythme de sommeil de chacun peu à nouveau être respecté sans soucis.

Little Miss Sunshine n’a jamais été une grande dormeuse. Aujourd’hui, à quatre ans et demi, elle dort mieux et plus longtemps. Pourtant, les jours d’école, le coucher s’avère tout de même régulièrement difficile, et en conséquence, le lever également.

Depuis son plus jeune âge, Little Miss Sunshine est une couche tard. Son rythme de sommeil naturel varie entre 21h30 et 22h30 pour le coucher et entre 8h30 et 9h30 pour le lever. Durant les vacances, et même le week-end d’ailleurs, je la laisse respecter ce rythme. Je pense ne l’avoir jamais envoyé au lit avant qu’elle n’en réclame le besoin depuis qu’elle est en âge de parler. Je connais les signes et la plupart du temps, elle en est totalement consciente aussi et le verbalise assez rapidement.

Après le repas, et à la place de l’habituel rituel du coucher des soirs d’école, elle joue calmement jusqu’à ce qu’elle sente la fatigue. Elle vient alors nous voir, réclame son lait – elle boit toujours encore un biberon de lait matin et soir – ensuite, il suffit de l’accompagner dans son lit, de lui faire un bisou et elle s’endort. En maximum trois minutes, elle dort profondément.

Je suis particulièrement fière de la voir ainsi respecter son corps et ses cycles de sommeil. Quand je vois la difficulté avec laquelle, nous, adultes, nous gérons notre sommeil, je me dis qu’au moins, pour ça, nous avons réussi quelque chose! Elle s’écoute.

Mais au-delà du fait de s’écouter, il y a aussi le fait de ne pas avoir l’impression de renoncer à quelque chose en allant se coucher. Là, je pense que c’est un travail de confiance de longue haleine. Si je lui dis que ses jouets restent en place comme elle les a abandonné pour pouvoir continuer de jouer le lendemain, c’est le cas. Si je lui dis qu’elle peut regarder la fin du dessin animé/film le lendemain, c’est le cas. Si c’est une partie de jeu ou une lecture qui s’interrompt, c’est pareil. Little Miss Sunshine nous fait confiance. Elle sait qu’elle peut compter sur nous et que nous ne revenons jamais sur notre parole. C’est donc absolument sereine qu’elle quitte ses jeux ou la télévision, sans regret, avec la promesse de pouvoir continuer le lendemain.

Et pour moi, c’est un réel bonheur de la voir ainsi épanouit et en confiance, dans un moment qui, les jours d’école, est parfois bien difficile à gérer. Vous l’aurez compris, pour se lever à 6h45 les jours d’école, pas moyen de la laisser respecter son rythme de sommeil naturel. C’est là que la lutte commence… Et c’est une situation qui me désole absolument. Malheureusement, je ne vois pas d’alternative.

Evidemment, suivant les périodes et la fatigue de Little Miss Sunshine, les couchers et les réveils sont plus ou moins difficiles les jours d’école. Notre rituel est bien rôdé. Il débute tôt dans la soirée, les étapes se succèdent doucement sans se bousculer. L’apéro, le dessin animé, le dîner, puis arrive le moment calme, avec le biberon de lait, le brossage des dents et les 100 coups de brosse, l’histoire du soir, les câlins, les dernières confidences. Même les rappels sont intégrés au rituel. On n’hésite pas à le modifier pour s’adapter au besoin du moment. On aime notamment remplacer l’histoire du soir par une partie de jeu de société calme de temps à autre, pour remplir les réservoirs affectifs de tout le monde. Et c’est une alternative qui plaît à toute la famille. On aime aussi intégrer un jeu de chahut juste avant le repas en cas de besoin d’évacuer les tensions de la journée. Là encore, ça fonctionne plutôt pas mal.

Mais malgré ça, certains couchers sont plus difficiles que d’autres, puisqu’il s’agit d’aller à l’encontre d’un rythme de sommeil naturel. Alors les vacances font du bien. Même si finalement, avec l’heure tardive du coucher du soleil ici en France, le cycle du sommeil de Little Miss Sunshine a encore tendance à être plus tardif. Il est régulièrement 23h ces derniers temps, et 10h pour l’heure du réveil. Mais c’est les vacances, alors on s’adapte! Tout est possible! 

Little Smiling Buddha, de son côté, n’a pas encore un rythme de sommeil aussi marqué. Il est encore petit. Il commence, quand tout va bien, qu’aucune dent ne le chatouille, qu’il ne fait pas trop chaud, qu’il n’a pas le nez bouché, à faire des nuits relativement bonne, avec un ou deux réveils maximum. Pourtant, je peux déja affirmer que son rythme de sommeil n’a rien à voir avec celui de sa soeur. C’est un très bon dormeur – dans la mesure où rien ne vient le perturber, ce qui est rare à cet âge.

Il se réveille tôt le matin, souvent vers 6h ou 6h30. Il peut se rendormir assez facilement, au bout d’une trentaine de minutes, si rien ne bouge dans la chambre et qu’il peut téter et il ne se réveille alors définitivement que vers 8h ou 8h30.

Le soir, il commence à râler, à tomber, après 20h. Il se frotte les yeux, baille, pleurniche. C’est le signe pour moi qu’il est temps de le coucher. Il s’endort alors au sein, alors que je suis couchée dans son lit à côté de lui. Il se couche donc vers 21h. Actuellement, il commence à tenir un peu plus longtemps quand on sort, alors qu’il y a peu, il était encore impossible de sortir à ses heures de coucher.

Progressivement, son cycle de sommeil se fixe. D’ici quelques mois, nous en saurons plus et nous pourrons alors aussi nous adapter à ses propres besoins. En attendant, nous l’observons, nous faisons notre possible pour répondre à ses besoins de sommeil, même si parfois, avec un bébé qui ne fait quasiment pas de sieste – et quand il en fait c’est 30 minutes maximum dans les bras de maman et au sein – ça n’est pas évident.

J’espère qu’il arrivera un jour à s’écouter comme sa soeur y arrive, même si pour l’instant il me semble qu’il résiste pas mal à l’endormissement. Mais seul l’avenir nous le dira!

Et chez vous, comment se passe le coucher pendant les vacances? 

[Parentalité] Dormir avec ses enfants

Cododo. Ce mot comprend deux réalités proches et tout de même différentes. Deux définitions en quelque sorte. Le cododo ça peut aussi bien vouloir dire, dormir avec son bébé, dans le même lit. Mais aussi dormir avec son bébé, dans la même chambre.

Nous pratiquons le cododo avec Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Dans les deux sens du terme. Nous avons pratiquée le cododo avec Little Miss Sunshine et le pratiquons toujours. Nous avons pratiqué le cododo avec Little Smiling Buddha et le pratiquons toujours. Dans les deux sens du terme, pour les deux enfants.

A la naissance de Little Miss Sunshine, je n’avais aucune connaissance du cododo. Et puis la deuxième nuit à l’hôpital, pendant une tétée qui s’éternisait, alors que j’étais dans ma quatrième nuit sans fermer l’œil (les contractions, l’accouchement, un nouveau-né, tout ça…), je me suis légèrement assoupie avec bébé au sein. C’est ce moment qu’a choisi une infirmière (ou une sage-femme, ou une puéricultrice, je ne sais plus) pour faire irruption dans ma chambre (il devait être vers les 4h du matin, je ne comprend pas ce besoin de vérifier la tension et je ne sais quoi d’autres à cette heure! Mais c’est un autre sujet) et me hurler dessus qu’on ne dormait pas avec son bébé. Que c’est dangereux. Qu’est-ce que je cherchais? A l’étouffer? Il pouvait tomber du lit! Je pouvais l’écraser de tout mon poids! Est-ce que j’étais bien consciente du mal que je pouvais lui faire? Un bébé, ça dort dans son lit. Un point c’est tout. Et puis elle allait me fournir une plaquette pour m’expliquer! (Ça me rappelle qu’elle ne me l’a jamais donné sa plaquette et tant mieux) Entre temps, Little Miss Sunshine ne dormait plus. Et moi non plus d’ailleurs. Elle avait vraiment hurlé l’infirmière, je vous le disais. J’étais atteré. Je n’osais plus bouger. Je ne sais même plus si elle a pratiqué les examens qu’elle avait à faire. Je me vois encore figée, glacée par ses paroles. Morte de peur. Morte de culpabilité. Morte de honte.

Little Miss Sunshine a été, et est toujours, une très petite dormeuse. Oui. Ca existe les nouveaux-nés qui dorment 30mn par ci, 30mn par là, 1h ou 2h consécutive la nuit quand tout va bien… Le temps de lâcher prise pour moi. D’être sûre qu’elle dorme, pour qu’elle soit de nouveau réveillé… J’étais épuisée. Traumatisée par les paroles si violentes de cette infirmière en pleine nuit. De retour à la maison, la nuit, à chaque réveil de Little Miss Sunshine, chaque tétée, je me forçais à me lever. J’allais dans le salon. Je m’asseyais sur le canapé. J’allumais la télé pour être sûre de ne pas m’endormir pour fixer quelque chose, et ne pas m’endormir avec mon bébé au sein. Moi, la mauvaise mère qui avait failli écraser son bébé son deuxième jour de vie. Ses paroles résonnaient toujours en moi, nuit après nuit. Trois semaines. J’ai tenu trois semaines à ce rythme. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même.

Une nuit, assise sur mon canapé, devant une énième émission hypnotisante, je me suis assoupie. Malgré tout mes efforts. Je me couvrais d’ailleurs un minimum -en plein hiver- pour être sûre d’avoir froid et de me tenir éveillée… Je me suis assoupie. Quelques secondes, quelques minutes, je n’en ai aucune idée. Et puis je me suis réveillée en sursaut. J’ai eu peur. Très peur. J’aurai pu lâcher mon bébé. Il aurait pu tomber du canapé. Je n’arrivais même pas à rester éveillé pour nourrir mon tout-petit! J’étais à bout! J’ai pleuré longuement.

Après une longue discussion avec Papa Lou, nous avons convenu qu’il était bien moins risqué d’allaiter Little Miss Sunshine couchée dans notre lit, avec son petit lit à barreaux contre le nôtre pour éviter qu’elle ne tombe et que si je m’assoupissait, ce ne serait que pour quelques minutes, et je la remettrais aussitôt dans son petit lit. Et que nous allions garder tout ça pour nous. Que ça ne regardait que nous. Et c’est ce que nous avons fait. Et de jours en jours, de semaines en semaines, de mois en mois, nous avons enfin pris confiance en nos capacités de parents. Nous avons compris qu’on n’écrase pas un enfant en dormant avec lui. Nous avons remarqué que nous étions tous les trois bien moins exténué, même les mauvaises nuits. Et Little Miss Sunshine passait une partie de la nuit dans son lit, et puis une autre partie dans le nôtre. Parfois plus dans l’un que dans l’autre. Parfois plusieurs fois dans l’un et plusieurs fois dans l’autre. Notre cohabitation a duré 16 mois. Jusqu’à ce qu’elle fasse ses nuits. Jusqu’à ce qu’elle n’ait plus besoin de moi la nuit par ce qu’elle ne se réveillait plus et s’endormait seule. Elle et son petit lit on alors intégré la pièce juste à côté de notre chambre, la porte toujours ouverte entre les deux pièces. Et nous n’avons jamais parlé à personne (ou si peu) de notre expérience de cododo. Ce n’est qu’à 2 ans et demi qu’elle a véritablement eu sa chambre. Elle y a dormi sans aucun soucis durant 5 mois. Elle s’y endormait. Ne se réveillait que rarement. Et venait rarement nous rejoindre avant le matin. Finalement, elle a eu 3 ans. Et puis elle a eu peur de la nuit. Et puis des monstres. Et puis des ombres. On a accompagné. On a expliqué. On a donné des astuces pour les combatte ces monstres. Pour se rassurer par elle-même. On a combattu avec elle. Rien n’y a fait. On s’est battu, un peu. On a perdu notre bienveillance, un peu. On a eu honte, beaucoup. On s’est excusé. On a négocié. Ca a duré une grosse semaine. Et puis on a lâché prise. On a installé un matelas d’appoint au sol dans notre chambre. On a tout de suite vu la différence. Les endormissement étaient plus doux et les réveils moins fréquents. On s’est de nouveau inquiété pour la naissance de Little Smiling Buddha. Comment allions-nous faire? Et puis elle est restée. Et tout c’est bien passé. Nous dormons tous les quatre. Elle a 4 ans (presque et demi) et elle dort toujours avec nous. Elle n’a plus peur de la nuit. Elle n’a plus peur des monstres (enfin, quand même un petit peu, parfois) mais elle n’est pas encore prête. Alors on lui fait confiance…

A la naissance de Little Smiling Buddha la question ne s’est même pas posé. Il allait dormir avec nous. J’allais le prendre dans le lit pour l’allaiter. Et puis il dormirait là où il dormirait. Dans son lit. Dans notre lit. Après tout, quelle importance? Il a dormi dans notre lit. Beaucoup. Il a dormi dans son petit lit, collé au nôtre. Un peu. Et puis il a fait ses nuits. Et puis il ne les a plus fait. Mais qu’importe. Il a gigoté beaucoup. Et puis je me suis rendue compte que je le gênais à dormir avec lui. Alors j’ai essayé de le remettre plus régulièrement dans son petit lit. Et puis il s’est cogné la tête dans les barreaux. Et puis on s’est dit qu’il serait temps de trouver une autre solution. Il avait 8 mois. On a installé un deuxième matelas au sol. A côté de celui de Little Miss Sunshine. Et la transition a été douce. Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha se cherchent instinctives  la nuit. Ils vont l’un vers l’autre dans leur sommeil. Et c’est beau à voir. Et émouvant.

Finalement, l’Homme n’est pas fait pour dormir seul. A l’époque des hommes de cro-magnons et compagnie, la nuit était pleine de dangers, on se regroupait. Aujourd’hui encore, je n’aime pas dormir seule quand Papa Lou est absent. Et c’est pareil pour lui. Je me vois mal imposer à mes enfants de dormir seul. C’est d’ailleurs une phrase de Little Miss Sunshine qui m’avait fait me remettre en question: « Mais pourquoi Papa et toi vous dormez ensemble et moi je suis TOUTE SEULE? » C’est elle qui m’a ouvert les yeux.

Aujourd’hui j’aime me réveiller la nuit et en un seul coup d’oeil savoir que toute la famille dort bien, est apaisée. J’aime entendre leurs respirations calmes et reposantes. J’aime cet esprit de « meute » que ce cododo implique.

Alors bien sûr ce n’est pas rose tous les jours. Il y a des jours où je donnerai tout pour que Little Miss Sunshine réintègre sa chambre. Il y a des jours où Papa Lou perd patience et insiste pour qu’elle regagne sa chambre. Il y a des jours où j’ai vraiment l’impression de faire du camping en continu. Il y a ses nuits où après un énième réveil, je grogne que j’aimerai dormir alors même que tout le monde dort autour de moi ou presque… Mais finalement, il y a toujours ces moments qui nous crient qu’on a fait le bon choix. Ces moments d’harmonie, le matin au réveil quand on voit leur sourire et qu’on se sent relativement reposé malgré plusieurs réveils nocturnes. Papa Lou et moi, et même Little Miss Sunshine, savons que ces moments sont précieux. Et qu’ils sont provisoires, à plus ou moins longues échelles. Je ne sais pas combien de temps nous allons encore dormir à quatre. 2 mois? 6 mois? 1 an? Plus? Moins? Seul l’avenir nous le dira. Mais j’ai confiance en mes enfants, quand ils seront prêt, ils sauront nous le dire. Et en attendant, je savoure les instants de bonheur familial que cela nous procure…

[Education bienveillante] Se découvrir grande soeur

Je n’ai jamais eu d’attente particulière en ce qui concerne la relation entre Little Miss Sunshine et Little Smiling Buddha. Je suis l’aînée et j’ai un petit frère de quatre ans plus jeune. Nous avons toujours eu une bonne relation tous les deux et nous n’avons pas eu trop à souffrir de cette relation (peut être mon jeune frère a-t-il eu à souffrir un peu plus de comparaisons). Mais j’ai eu le cas autour de moi de fratrie qui se déchirait ou de soeurs qui se détestaient. Je ne pensais pas qu’une petite fille de 3 ans et demi et un nourrisson pouvait nouer des liens, surtout pas aussi fort. Que peut-il y avoir de réellement intéressant pour une enfant de même pas 4 ans à un nourrisson qui ne fait que dormir, manger ou pleurer. Il est pourtant évident que je souhaite que mes enfants aient une belle relation.

Première rencontre. On m’avait dit que mon aînée allait me paraître tellement grande face à mon nouveau-né. Mais je ne l’ai pas vu différente de d’habitude quand elle est arrivée. Elle était émue, elle avait besoin de moi après deux jours sans sa maman. Elle avait besoin de savoir que j’étais toujours là, que rien n’avait changé dans notre relation. Je l’ai sentie vulnérable, apeurée, pleine de questions face à son nouveau statut. Et moi aussi j’avais besoin d’être rassuré. Alors nous avons commencé par de longs câlins, avant de lui présenter son frère sereinement quelques dizaine de minutes plus tard.

Répondre à ses besoins le plus rapidement possible, malgré la présence de son frère a été une priorité pour moi les premières semaines. Je voulais qu’elle sache que rien ne changeait, que j’étais toujours là pour elle. Cela n’a rien de facile ou d’évident avec un nouveau-né, mais j’ai réussi a toujours trouvé une solution, une alternative, lorsque j’étais trop occupé pour faire ce qu’elle me demandait. Je continue à prendre du temps avec elle, régulièrement. Nous nous octroyons régulièrement des moments juste toutes les deux, ou nous parlons de nous, de nos attentes l’une envers l’autre, sans jamais mentionner son frère. Ses moments sont nos moments à toutes les deux, nous ne faisons intervenir personne d’autres.

Malgré cela, dans les deux-trois semaines qui ont suivi notre retour à la maison, j’avais du mal à être positive avec Little Miss Sunshine. Je passais une grande partie de la journée à lui dire « attention! » ou « doucement! » ou tout simplement « non! ». Je n’arrivais plus être bienveillante quand elle s’approchait de son frère. Je ne pouvais m’empêcher d’intervenir au point de la frustrer. Je le savais, je le sentais, mais je n’ai pas réussi faire autrement. Et puis j’ai lu quelque part qu’il s’agissait d’une réaction tout à fait naturelle, qu’à la naissance d’un second bébé, on se focalise sur ce nouveau bébé et on chasse instinctivement le premier né. C’est le plus souvent la norme dans le règne animal. Le tout est d’en prendre conscience. Et dès que j’en ai pris conscience, j’ai su lâcher prise.

Inspirée par ma lecture de Frères et soeurs sans rivalité juste avant mon accouchement, j’ai décidé de leur faire confiance. C’est à eux deux, frère et soeur, de construire leur relation. Je n’ai pas à m’en mêler si je ne veux pas créer de déséquilibre dans leur relation. J’ai décidé de prendre Little Miss Sunshine à part, de lui expliquer qu’elle devait prêter attention à son frère, qu’il était particulièrement fragile et vulnérable, qu’il avait besoin d’attention, de douceur et d’amour, que je savais qu’elle saurait bien s’en occuper et que je lui faisais confiance. Et depuis, je n’interviens plus qu’en cas de réel danger.

Je ne dis plus rien. Et ils ont déja tissé une magnifique relation. Il faut voir le regard de Little Smiling Buddha quand il voit entrer sa soeur dans son champs de vision. « Maman, regarde, il a des étoiles dans les yeux! » comme elle me dit. Et je suis fière de voir l’empathie et la bienveillance dans les gestes et les paroles de Little Miss Sunshine.

Bien sûr, parfois elle ne veut plus de son frère, comme elle le dit. Je lui réponds simplement que je conçois tout à fait que ce soit difficile pour elle, qu’elle a le droit de ne pas l’aimer à ce moment précis, que ce n’est pas tous les jours faciles dans une fratrie. Je l’écoute et la rassure sur mes propres sentiments à son égard. Elle repart jouer et quelques minutes plus tard revient rassurée. Je veux qu’elle sache qu’elle a le droit de s’exprimer, qu’elle a le droit de ressentir ce qu’elle ressent, que je suis là pour l’accompagner. Parfois, nous avons besoin de remettre les choses à plat. Parfois, elle se sent un peu frustré et c’est bien normal, alors nous essayons de trouver des solutions toutes les deux. Et pour le moment, ça fonctionne très bien.

En parallèle, je la laisse participer au maximum aux soins que je prodigue à son frère. Elle m’aide à changer les couches – elle a d’ailleurs un tabouret à côté de la table à langer pour être au bon niveau pour m’aider -, à l’habiller, à choisir ses vêtements, à essuyer sa bouche lorsqu’un peu de lait ressort,… Elle a pris goût à ces soins et m’aide avec plaisir. En même temps, cela la responsabilise quelque peu.

Little Smiling Buddha a eu quatre mois. Et on ne cesse de me demander si Little Miss Sunshine est jalouse. Comme si c’était un passage obligé et en même temps inadmissible. Pour moi, Little Miss Sunshine n’est pas jalouse. Elle a simplement le comportement d’un enfant qui voit sa vie bouleversée, et encore grâce à notre écoute et à notre patience, elle gère vraiment très bien ce passage. Alors je réponds simplement que non, elle n’est pas jalouse.

Je suis vraiment fière de la manière dont cette nouvelle relation s’est mise en place. Je suis fière de Little Smiling Buddha et de Little Miss Sunshine. Je suis fière de la manière dont nous avons su accueillir ses émotions et ses craintes. Et tout cela me conforte vraiment dans notre manière de faire grandir nos enfants. La bienveillance porte ses fruits! Et nos enfants ont pour le moment chacun trouvé leur place dans notre nouvelle vie à quatre…

Et chez vous, comment s’est passé l’arrivée du petit frère ou de la petite soeur? 

La rentrée 2015 de Little Miss Sunshine

Cette rentrée n’aura été qu’une formalité pour Little Miss Sunshine, presque un jour ordinaire.

Little Miss Sunshine aime l’école. C’est une petite fille très sociable qui aime être en interaction régulière avec d’autres enfants et d’autres adultes. Elle aime beaucoup parler, raconter sa manière de vivre et de voir le monde. Les difficultés que nous avons pu rencontrer à la fin de l’année dernière pour la mettre à l’école n’étaient que le reflet de son inquiétude face à mon accouchement et à l’arrivée d’un bébé dans la famille. Depuis la naissance de Petit Poisson, tout se passe de nouveau beaucoup mieux.

Le lundi 31 août, nous avions donc rendez-vous à l’école en milieu de matinée pour la pré-rentrée. Nous avons rencontré son maître – qu’elle connait déja puisque c’est lui qui s’est occupé de la partie française du camp d’été -, sa maîtresse chinoise et son Ayi – les mêmes que l’an dernier. Cette année, ils sont 13 enfants dans sa classe. Une classe au complet (ils étaient 8 l’an dernier, puis 10 en janvier et 12 à la fin de l’année) Une seule petite camarade a quitté le groupe, et deux nouveaux copains sont venus s’ajouter à cette petite classe déja bien soudée.

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Le lendemain, c’était la rentrée. La vraie. Le retour du bus scolaire, de la cantine et des longues journées. Dorénavant, Little Miss Sunshine prend le bus dès 7h30 le matin. Le réveil est matinal, à 6h30. Notre rituel du matin n’est pas encore complètement au point cette année, mais ce qui est sûr c’est que nous prenons le petit-déjeuner tous ensemble et que Papa Lou quitte la maison en même temps que Little Miss Sunshine, ce qui nous laisse un peu plus de temps pour profiter de lui. Malheureusement, il n’y a plus le temps pour des jeux libres, mais on continue d’écouter de la musique et de chanter.

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Le soir, Little Miss Sunshine rentre à 17h avec le bus. Sauf le jeudi soir où c’est moi qui me déplace pour la chercher à cette même heure après sa classe d’initiation au ballet. Il nous reste donc à goûter et à organiser un jeu ou une ou deux petites activités, à regarder un dessin animé ou à lire des livres suivant l’envie de Little Miss Sunshine. Puis vient l’heure du bain ou de la douche. Et l’heure du retour de Papa Lou que nous aimons beaucoup attendre à l’extérieur actuellement. Les temps de jeux en semaine sont donc écourtés suite à cette nouvelle rentrée. Je ne sais pas comment Little Miss Sunshine va le vivre à long terme. Mais normalement, après une période d’adaptation, les horaires du bus devraient s’avancer dans la soirée. Je l’espère.

En attendant, je me dis que nous profiterons au maximum des vacances françaises pour garder Little Miss Sunshine à la maison (les Chinois n’ayant que deux semaines de vacances, la première semaine d’octobre et la semaine du nouvel an chinois). Et que je ne me priverai pas de la sortir de l’école un jour ou l’autre pour profiter de sa présence…

Et chez vous, comment s’est passée la rentrée?  

[Education bienveillante] [Grossesse] Plan d’organisation

Dans le but de faciliter au mieux l’intégration de notre nouveau membre de la famille dès son arrivée et de chambouler au moins les membres de la famille déja présent, nous avons réfléchit à un plan d’organisation. Bien sûr, rien n’est définitif et tout peut encore varier, mais nous voulions connaître les grandes lignes de ses prochains mois afin de préparer au mieux Little Miss Sunshine – et nous-même également. L’anticipation – même si elle n’est pas toujours possible – est depuis toujours ce qui fonctionne le mieux avec Little Miss Sunshine.

A plus ou moins cinq semaines de la naissance de Petit Poisson, j’ai eu beaucoup de discussion avec Little Miss Sunshine sur la manière dont vont se passer les choses le jour où Petit Poisson aura décidé de pointer le bout de son nez. Point d’ambulance, ni de pompiers à Shanghai, ils nous faudra donc compter uniquement sur la bonne volonté des taxis pour m’emmener à la maternité. En dehors des heures de pointe, je ne me pose pas trop de questions, mais si nous devions quitter la maison entre 8h et 9h ou entre 16h et 20h, je pense que ça serait déja plus compliqué. Mais j’avoue, je compte sur la bienveillance des Chinois, et surtout de nos gardiens d’immeuble, pour nous appeler un taxi le cas échéant.

Le Jour J, il y a de fortes chances que Little Miss Sunshine soit à l’école. Dans ce cas, elle sait que je passerai le message à la directrice française de son école pour qu’elle lui annonce que Maman et Papa sont partis à la maternité. La directrice est adorable et bienveillante, je sais qu’elle passera le message à Little Miss Sunshine de manière adéquate. Dans ce cas, c’est Ayi qui la récupérera à la sortie de l’école et qui s’occupera d’elle jusqu’au retour de Papa Lou. Nous en avons discuté, Little Miss Sunshine, sait qu’elle risque de devoir s’endormir sans nous.

Si nous devons quitter la maison un jour de week-end ou en pleine nuit, les choses se corseront un peu. Nous comptons sur l’arrivée rapide d’Ayi – qui habite à environ 20 minutes en taxi de chez-nous – pour pouvoir quitter la maison serein. Little Miss Sunshine sait que dans ce cas, elle devra rester avec Ayi jusqu’au retour de Papa Lou.

Dans ce deuxième cas de figure, Little Miss Sunshine verra certainement le début du travail. Pour la rassurer – car elle est vraiment très empathique, surtout avec moi actuellement -, je lui ai expliqué le principe de l’accouchement. Avec des mots simples, mais je lui ai parlé de la douleur, du bébé et de Maman qui vont pousser ensemble pour qu’il puisse sortir de mon ventre, de la normalité de la douleur dans ce cas et surtout que tout se passera bien pour tous les deux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter outre mesure.

Si quelque part, dans nos plans quelque chose devait ne pas fonctionner, notre dernière option est d’emmener Little Miss Sunshine avec nous à l’hôpital. Les infirmières là-bas la connaissent déja et je suis sûre qu’il y en a l’une ou l’autre qui seront ravis de s’occuper d’elle quand Papa Lou sera avec moi. Et lui-même devra alors faire des aller-retour entre toutes les deux jusqu’à l’arrivée d’Ayi.

J’ai demandé à rester maximum trois jours à l’hôpital si tout se passe bien. En Chine, les femmes restent entre une et deux semaines à l’hôpital. C’est donc Ayi et Papa Lou qui prendront le relai avec Little Miss Sunshine durant ce laps de temps. J’ai dores et déja demandé à Ayi de m’amener Little Miss Sunshine à l’hôpital, chaque soir, après son retour de l’école. Elle pourra ainsi passer un maximum de temps avec moi et le bébé en attendant l’arrivée de Papa Lou.

Lors de notre retour de la maternité, nous avons décidé de continuer à mettre Little Miss Sunshine à l’école régulièrement. Elle passera donc son mois de juillet en camp d’été dans son école avec du personnel qu’elle connaît déja. Cela lui permettra de conserver un rythme régulier et de ne pas être encore plus chamboulé par ma fatigue et l’arrivée de Petit Frère. J’aurai toute la journée pour me reposer et j’essaierai de partager un maximum de moment avec elle chaque soir à son retour. Comme à mon habitude. C’est Papa Lou qui prendra le relais avec Petit Poisson dans la soirée, notamment pour le bain.

Nous allons essayé de passer les premiers jours du mois de juillet à quatre. Papa Lou a trois jours de congé à poser pour l’arriver de Petit Poisson et comme il s’agit d’une moitié de semaine seulement, j’ai décidé de garder Little Miss Sunshine à la maison – elle termine l’école le 30 juin. Ayi viendra nous soutenir pour les courses et la préparation des repas, nous adapterons certainement ses horaires à notre rythme durant ses quelques jours.

J’espère avoir sorti la tête de l’eau au début du mois d’août. J’espère que Petit Poisson et moi auront commencé à trouver un semblant de rythme tous les deux afin de pouvoir profiter de l’été avec Little Miss Sunshine. Elle passera effectivement son mois d’août avec moi et Ayi. Papa Lou continuera de travailler.

Enfin, nous prendrons l’avion pour notre premier retour en France avec Petit Poisson au début du mois de septembre. D’ici là, aucun membre de la famille n’aura encore pu rencontrer Petit Poisson. Les grands-parents viennent tous de nous rendre visite avant la naissance pour nous laisser tout le loisirs de nous reposer et de construire de nouveaux liens avec ce bébé avant de le présenter à la famille. Nous passerons alors entre trois semaines et un mois en France. Little Miss Sunshine de son côté retardera sa rentrée à la fin des vacances de la fête nationale, à la fin de la première semaine du mois d’octobre…

Voilà donc le déroulement, grossier, des semaines et mois à venir. Mais maintenant que tout est plus ou moins clair et organisé, malgré les imprévus qui arriveront certainement, je suis bien plus sereine…

[Parentalité bienveillante] Vivre à son rythme

Comme je vous le disais, je viens de passer dix jours complets avec Little Miss Sunshine. Les premiers jours n’ont vraiment pas été facile. Ce n’est jamais facile de partager les journées de quelqu’un de malade. Que ce soit un adulte ou un enfant. Mais j’ai pourtant vraiment apprécié ce temps que je viens de passer avec elle.

Little Miss Sunshine n’est habituellement pas une grande dormeuse. Elle ne l’est pas plus quand elle est malade et saute très souvent la sieste. Par contre, dès qu’elle n’a plus de fièvre, elle rattrape son sommeil. A chaque lendemain de fortes fièvres, elle me fait une sieste immense. Cinq heures de sieste dans un après-midi cette fois-ci. Mais c’est la seule et unique sieste qu’elle aura fait de la semaine, ou presque…

Mais elle est quand même plus calme qu’à l’ordinaire. Bien qu’elle ait, notamment en soirée, des accès d’énergie non dépensés qu’il faut arriver à accueillir de manière bienveillante. Nous avons trouvé la parade. Quand je la sens agitée, je l’emmène dans notre chambre et lui dit qu’elle peut sauter sur le lit, faire des galipettes et crier aussi fort qu’elle veut dans les coussins, aussi longtemps que nécessaire. Au bout d’une dizaine de minutes, tout est rentré dans l’ordre.

Les premières journées ont donc été très calme. Nous avons beaucoup lu, regardé des dessins animés, fait beaucoup de câlins. Nous sommes restés couchés l’une dans les bras de l’autre sur le canapé sous sa couette pendant de longues heures. Nous avons profité des moments où ça allait mieux pour faire du dessin, jouer aux légos ou avec ses animaux.

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Puis progressivement, nous avons recommencé à sortir pour de courtes promenades et jeux à l’extérieur. Nous avons recommencé à faire de la cuisine et de la pâtisserie à sa demande. Et cuisiner à quatre mains, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Ce n’est pas facile tout le temps de vivre au rythme d’un enfant, et encore moins d’un enfant malade. Il n’est pas forcément prêt pour les mêmes choses que nous au même moment. Il faut parfois décaler de plusieurs heures, voire d’une journée ce qu’on avait initialement prévu. J’avoue que mon ménage a pris un gros coup durant ses dix jours. Je me suis contentée de faire le strict nécessaire, quand Little Miss Sunshine m’en laissait l’occasion.

J’ai particulièrement adoré les dernières journées que nous avons passé toutes les deux. Quand elle était totalement rétablie et que nous avons vraiment pu vivre à nouveau comme nous l’avons fait pendant près d’un an, toutes les deux. Je ne sais pas si c’est le temps que nous avons eu l’occasion de passer ensemble qui en a été le déclencheur ou si elle était tout simplement prête à passer à de nouvelles étapes de sa vie, mais ses quelques jours auront mis mes hormones de femme enceinte et de maman à rude épreuve.

Little Miss Sunshine s’habille quasiment toute seule. Elle mettait déja ses chaussures, ses vestes et ses gilets seule. Depuis quelques semaines, elle se déshabillait seule – si ce n’est qu’elle a encore besoin d’un peu d’aide pour les hauts à manches longues. Elle met désormais ses t-shirt, ses pulls et ses pantalons seule. Elle n’a besoin d’aide que pour les chaussettes, les collants et les robes.

Little Miss Sunshine a également spontanément commencé à écrire les trois premières lettres de son prénom. Ensuite, elle est venue me voir pour que je lui écrive son prénom . Elle est reparti avec sa feuille et son stylo pour terminer d’écrire son nom. Les bras m’en sont tombés. Je me demande bien où est passé mon bébé?

Je ne sais pas si c’est le temps que nous avons passé ensemble qui a déclenché ses nouveaux apprentissages ou si je n’avais simplement pas encore eu l’occasion de les constater, mais elle m’a épaté. Elle m’a donné envie, encore une fois, de la garder avec moi à la maison, de lui faire l’école à la maison, façon unschoolingTiphanya du blog Avenue Reine Mathilde en parle si bien.

C’est un peu ce que nous avons fait spontanément ses derniers jours. Tous les jours, selon ses envies du jour et mes envies du moment, nous avons appris plein de choses en vaquant simplement à nos occupations.

  • Nous avons cuisiné ensemble quasiment tous les midis et tous les soirs. Ce sont des moments qu’elle aime partager avec nous et qui lui apprennent beaucoup. Apprentissage autour des 5 sens: odorat lors de jeux avec les épices, développement du goût ou du toucher par les différentes textures des aliments, sans oublier les divers apprentissages moteurs qui permettent de manipuler les différents instruments de cuisine, ou l’apprentissage de recettes simples, …
  • Nous avons fait de la pâtisserie à quatre mains: des rochers à la noix de coco et au citron, ainsi qu’une tarte aux pommes. Little Miss Sunshine a approfondit sa technique pour couper des pommes et sait désormais utiliser un couteau à bout rond en toute sécurité.

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  • un peu par hasard, parce que ma prof avait emmené une sorte de jeu de cartes pour enfant afin de me faire travailler le vocabulaire des fruits et légumes, Little Miss Sunshine, qui était alors encore bien malade, a pu participer à mon cours de chinois et a donc pu elle-même approfondir ses connaissances de cette langue.
  • Nous avons appris une nouvelle comptine « Petit escargot » et nous avons fait quelques activités autour de cette comptine: identification du lieu de vie de différents animaux, jeu autour des lettres qui composent le mot « escargot », quel animal vit dans le jardin, classer les escargots du plus grand au plus petit …

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  • Nous avons fait un grand tour en trottinette, nous avons rencontré d’autres enfants chinois en allant faire du toboggan et approfondit encore nos talents dans la langue…

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  • Nous nous sommes amusés de différentes manière avec les lettres de son prénom. Et je pense que c’est ces jeux qui ont déclenché son envie d’écrire son prénom pour la première fois…

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  • Nous avons préparé ensemble un bac sensoriel sur le thème de la banquise, avec de l’eau et des glaçons, ce qui l’a tenue occupé pendant un long après-midi…

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  • Little Miss Sunshine m’a fait plusieurs spectacles de marionnettes. Et l’écouter s’inventer des histoires est une de mes grandes passions actuellement!

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  • Nous avons fait de magnifiques construction en légo duplo. Little Miss Sunshine créé même ses propres univers en toute autonomie depuis cette semaine… Un grand pas en avant dans la manipulation des légo et le développement moteur.
  • Little Miss Sunshine a beaucoup colorié et dessiné… Et je l’ai toujours observé du coin de l’oeil pour voir si une main semblait prendre le dessus sur l’autre
  • Nous avons remis à jour la poutre du temps du mois de février et réalisé celle du mois de mars. Nous l’avons changé de place pour une utilisation quotidienne et dorénavant Little Miss Sunshine dépose chaque matin un aimant coloré sur la date du jour. J’ai ajouté des informations qui lui semblaient importantes, comme par exemple les déplacements de Papa Lou et les journées d’école avec la maîtresse française ou la maîtresse chinoise. Elle est donc beaucoup plus autonome sur la compréhension de ses journées et l’anticipation des grands événements.

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  • Nous avons fait de la peinture pour décorer une jolie boite à sa demande. Elle a ensuite peint spontanément sa première mappemonde…
  • Little Miss Sunshine a beaucoup joué librement avec ses animaux – son jouet préféré depuis de long mois – et je lui ai notamment mis de l’eau dans une bassine à sa demande pour leur donner un bain. Un régal d’écouter son imagination qui vagabondait…
  • Little Miss Sunshine a ressorti notre ancien appareil photo numérique. Nous lui avons racheté un chargeur et elle prend désormais des photos en toute autonomie. Je lui ai appris à utiliser l’appareil en mode automatique et elle se débrouille vraiment bien pour cadrer ses photos depuis cette semaine. Encore une fois, ce type de manipulation demande un réel travail de motricité. Mais également d’observation.